Qu’est-ce que la Réduction du Temps de Travail (RTT) et comment fonctionne-t-elle en 2025 ?

Cristina Sanchez
, Juriste Rédacteur en Droit Social @PayFit
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Instaurée pour compenser un volume de travail supérieur aux 35 heures hebdomadaires, la RTT reste un levier important d’aménagement du temps de travail en 2025. Calcul, gestion, prise des jours, rachat, traitement en paie, le fonctionnement de la RTT varie selon les accords collectifs et les catégories de personnel, notamment les cadres. 

Qu'appelle-t-on RTT en 2025 ? Qui a droit à cette compensation en jours de repos ? Faut-il prévoir une indemnisation de RTT obligatoire ? Quelle est son incidence sur la paie ? PayFit fait le point.

Qu’est-ce que la réduction du temps de travail ou RTT ?

La RTT est un dispositif permettant aux salariés à temps complet de bénéficier de jours de repos lorsque le temps de travail dépasse les 35 heures hebdomadaires

Les RTT concernent tout emploi à temps plein, qu’il soit dans le cadre d’un CDD (Contrat à Durée Déterminée), d’un CDI (Contrat à Durée Indéterminée) ou d’un contrat en apprentissage. Les salariés à temps partiel ou les stagiaires, en revanche, ne peuvent pas en bénéficier.

Bref historique des RTT

Le dispositif de réduction du temps de travail a été mis en place en France, en 2000, dans le cadre du passage de la durée légale du travail de 39 à 35 heures hebdomadaires. L’idée était de compenser en jours de repos les heures effectuées au-delà de 35 heures, sans les rémunérer en heures supplémentaires.

Pour qu’un salarié bénéficie de RTT, un accord collectif ou d’entreprise devait définir :

  • les catégories de salariés concernés (souvent les temps pleins) ;

  • les modalités d’acquisition des jours de RTT ;

  • les règles de cumul et de prise.

Mais ce régime a connu un tournant en 2008. La loi du 20 août 2008 a supprimé le dispositif juridique spécifique des JRTT et réformé l’organisation du temps de travail. Depuis, les entreprises peuvent organiser le temps de travail autrement que de manière hebdomadaire (sur la semaine), avec ou sans accord, en intégrant d’autres formes de compensation.

💡 Bon à savoir : aujourd'hui, la notion de RTT en forfait jour fait référence aux jours de repos annuels, également appelés "jours de RTT", en complément des jours de congés payés prévus par la loi, pour les heures accomplies entre 35 et 39 h par semaine.

Pourquoi parle-t-on encore de RTT en 2025 ?

En pratique, les RTT n’ont pas disparu, car les accords conclus avant le 22 août 2008 restent en vigueur, tant qu’ils ne sont pas dénoncés ou renégociés.

Certaines entreprises continuent à instaurer des systèmes de compensation pour le dépassement des 35 heures, qu’elles appellent encore “RTT” — même si ce terme n’a plus de base juridique spécifique.

Aujourd’hui, le mot RTT recouvre donc deux réalités :

  • les anciens dispositifs (toujours applicables s’ils ont été conservés) ;

  • les nouveaux accords, datant d’après le 22 août 2008, pour aménager le temps de travail en intégrant des jours de repos, souvent désignés, par habitude, comme des “RTT”.


Même si la base juridique a changé, les RTT restent une réalité concrète pour de nombreux salariés, avec des règles précises fixées par l’accord collectif applicable.

Comment calculer le nombre de jours de RTT ?

La méthode de calcul des jours de RTT dépend des modalités prévues par l’accord ou par la convention collective applicable dans l’entreprise. Deux mécanismes sont possibles :

  1. l’acquisition réaliste : les jours sont acquis au fur et à mesure, en fonction du temps réel travaillé au-delà de la durée collective de travail ;

  2. l’acquisition forfaitaire : un nombre de jours est défini à l’avance pour l’année.

Certaines absences (maladie, congé parental, adoption ou autres types de congés) ne sont pas prises en compte dans le calcul, sauf si l’accord les intègre comme temps de travail effectif.

⚠️ Attention : le préavis, même non réalisé, permet l’acquisition de jours de RTT.

💡 Bon à savoir : les modalités de calcul des RTT sous convention Syntec varient selon si le salarié est en forfait jours ou en forfait heures.


Un accord collectif peut prévoir que certaines absences sont assimilées à du temps de travail effectif pour le calcul des jours de RTT. À défaut de disposition en ce sens, les périodes d'absence (congés d’adoption, de paternité) ou les périodes de suspension du contrat de travail (arrêt-maladie, accident du travail) ne permettent pas d'acquérir des jours de RTT, n'étant pas considérées comme du temps de travail effectif.

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Comment les jours de RTT sont-ils indemnisés en paie ?

Lorsque le salarié prend un jour de RTT, sa rémunération est maintenue. Ces jours sont donc payés comme du temps de travail effectif.

La loi de finances rectificative pour 2022 a introduit jusqu’en 2025 un mécanisme de monétisation des RTT : le salarié peut demander à son entreprise de racheter tout ou partie de ses RTT non pris. Le paiement se fait au taux de la première heure supplémentaire (minimum + 10 %).


💡 Bon à savoir : les jours de RTT peuvent être versés sur un compte épargne temps, utilisés ultérieurement ou transformés en rémunération.

Qui décide des dates de prise des RTT ?

Encore une fois, c’est la convention collective ou l’accord d’entreprise qui fixe les règles d’aménagement du temps de travail, notamment :

  • les périodes durant lesquelles les RTT peuvent être pris ;

  • les modalités de validation ou de refus par l’employeur.

À ce propos, il existe deux types de jours de repos :

  1. les RTT fixés par l’entreprise (RTT employeur) ;

  2. les RTT à la main du salarié, avec validation nécessaire.


💡 Bon à savoir  : la loi ne prévoit pas de délai d’acceptation ou de refus des congés payés. En revanche, l’employeur doit respecter un délai de prévenance d’un mois avant le départ en congé s’il souhaite modifier les dates déjà fixées ou refuser une demande dans certaines conditions. Ce délai peut être modifié par accord collectif.

Que se passe-t-il si un jour de RTT n’est pas pris ?

La période de référence des RTT désigne la durée pendant laquelle on évalue le temps de travail réellement effectué par un salarié pour déterminer le nombre de jours de RTT qu’il peut acquérir. Elle permet aussi de fixer la date limite d’utilisation de ces jours.

👉 À noter : la plupart des entreprises se calquent sur la période de référence en année civile pour la prise des RTT et des congés payés.

Par principe, les jours de RTT non pris sont perdus en fin de période de référence. Ils ne sont ni reportables, ni indemnisables, sauf cas particulier :

  • dispositions plus favorables prévues dans l’accord d’entreprise ;

  • rupture de contrat de travail : les jours de RTT non pris sont payés au solde de tout compte.


💡 Bon à savoir : un salarié peut faire un don de RTT afin de céder ses jours de RTT au bénéfice d'un autre salarié dans le cadre d'un congé de solidarité familiale (accompagnement d'enfant malade ou personne handicapée à charge).

Comment gérer les jours de RTT sur la fiche de paie ?

La loi n’impose pas de ligne spécifique pour les RTT sur le bulletin de salaire. Toutefois, il est recommandé d’afficher :

  • un compteur RTT sur le bulletin ou en annexe ;

  • le total des heures travaillées pour les anciens dispositifs de 2008.


Certains outils facilitent cette gestion : l’usage d’un logiciel de paie, comme PayFit, ou d’un outil SIRH (Système d’Information des Ressources Humaines) permet de suivre les droits aux RTT, de calculer automatiquement les soldes et d’assurer une gestion conforme des documents de fin de contrat.

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Un salarié peut-il acquérir des jours de RTT durant une formation professionnelle ?

Oui, il est possible d’acquérir des jours de RTT durant une formation, à condition que celle-ci soit considérée comme du temps de travail effectif. C’est le cas lorsqu’elle est organisée par l’employeur dans le cadre du plan de développement des compétences et se déroule sur le temps de travail. En revanche, si la formation est suivie en dehors du temps de travail ou dans le cadre d’un congé non assimilé à du travail effectif, elle n’ouvre pas droit à l’acquisition de jours de RTT, sauf disposition conventionnelle plus favorable.

Un jour de RTT peut-il être imposé par l’entreprise ?

Oui. L’accord collectif en vigueur peut prévoir que certaines journées de RTT soient fixées par l’employeur, en fonction des nécessités de service ou de l’organisation de l’activité. On parle alors de RTT à l’initiative de l’employeur. L’autre partie des jours, dits RTT à l’initiative du salarié, peuvent être posés librement, sous réserve de validation par l’entreprise et dans le respect des délais de prévenance définis. De même, l’employeur peut imposer des congés payés dans certains cas.

Quelle est la différence entre RTT et congés payés ?

Les congés payés sont un droit garanti par le Code du travail : 2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif, ce qui correspond à 30 jours par an. À l’inverse, les RTT sont un dispositif conventionnel destiné à compenser un temps de travail supérieur à la durée légale (35 heures par semaine ou 218 jours/an). Leur régime est plus souple, mais dépend d’un accord collectif. Autre différence : les congés payés sont acquis même en cas d’absence (arrêt-maladie, congé maternité), ce qui n’est pas toujours le cas des RTT.