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Comment fonctionne une rupture conventionnelle pendant un congé parental ?

Juliette Boulay
, Rédactrice experte paie
Mise à jour le
6 mins
Guide des congés et absences
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À retenir :

  • Le congé parental et la rupture conventionnelle sont compatibles.
  • La rupture repose sur un accord libre et éclairé.
  • Une indemnité minimale doit être versée.
  • Le salaire de référence doit être déterminé avec soin.
  • Des règles spécifiques s’appliquent en cas de congé parental à temps partiel.

Un salarié en congé parental d’éducation peut envisager une rupture conventionnelle pour mettre fin à son contrat de travail de manière amiable. Cette situation, fréquente en pratique, soulève plusieurs questions : est-ce autorisé pendant une période de suspension du contrat ? Quelles sont les conséquences sur l’indemnité et sur le droit au chômage ?

La rupture conventionnelle pendant un congé parental est possible, mais elle obéit à des règles précises qu’il convient de maîtriser pour sécuriser la procédure.

Est-il possible de conclure une rupture conventionnelle en congé parental ?

Oui. La rupture conventionnelle en congé parental est juridiquement autorisée. Même si le contrat de travail est suspendu pendant cette période, rien n’interdit à l’employeur et au salarié de convenir d’une rupture amiable du CDI.

La seule condition déterminante réside dans le respect du consentement libre et éclairé des deux parties. Aucune pression ne doit être exercée, et la décision doit résulter d’une volonté commune clairement exprimée.

💡 Bon à savoir : le congé parental n’est pas un congé payé et ne bénéficie pas non plus du même régime de protection que le congé maternité ou certains arrêts pour accident du travail.

Comment demander une rupture conventionnelle pendant un congé parental ?

Le salarié peut demander une rupture conventionnelle pendant un congé parental, à l’initiative de l’une ou l’autre des parties. Cette demande peut être formulée pendant toute la durée du congé, y compris lorsque le salarié ne travaille plus temporairement.

Si l’employeur accepte, la procédure suit son déroulement habituel : entretien(s), signature de la convention, délai de rétractation, puis homologation par l’administration. La rupture conventionnelle pendant un congé parental produit alors les mêmes effets qu’en dehors de cette période.

Dans la pratique, cette situation concerne souvent une salariée, parfois enceinte au moment où la réflexion sur la suite du contrat s’engage, ou une femme revenant d’une absence prolongée. La discussion avec l’entreprise peut alors intervenir plusieurs semaines avant la date théorique de reprise, afin d’anticiper l’organisation du travail et d’éviter une reprise suivie immédiatement d’une rupture. Dans ce contexte, la rupture conventionnelle peut constituer une solution équilibrée, à condition que les échanges soient clairs, anticipés et formalisés sans pression.

⚠️ Attention : un consentement insuffisamment caractérisé peut entraîner la remise en cause de la rupture.

Que se passe-t-il en cas de rupture conventionnelle après un congé parental ?

La rupture conventionnelle après un congé parental intervient souvent à l’issue de la période d’absence, lorsque le salarié ne souhaite pas reprendre son poste.
Dans ce cas, la rupture met fin au contrat dans les conditions prévues par la convention signée, sans particularité de principe.

La rupture conventionnelle après un congé parental ouvre les mêmes droits que toute rupture amiable, notamment en matière d’indemnité et de protection sociale.

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La rupture conventionnelle après congé parental ouvre-t-elle droit au chômage ?

Oui. Une rupture conventionnelle conclue à l’issue d’un congé parental constitue une perte involontaire d’emploi et peut, sous réserve des conditions d’affiliation, ouvrir droit au versement de l’allocation d’Aide au Retour à l’Emploi (ARE) par le régime d’assurance chômage.

Les périodes de congé parental peuvent toutefois ne pas être intégralement retenues dans le calcul des droits. Cette situation peut avoir un impact sur la durée ou le montant de l’indemnisation, ce qui implique une vigilance particulière lors de l’accompagnement du salarié dans la phase de rupture.

💡 Bon à savoir : en anticipant les effets du congé parental sur l’ouverture des droits à l’ARE, vous évitez les incompréhensions et contestations après la rupture.

Comment calculer l’indemnité de rupture conventionnelle en congé parental ?

Le calcul de l’indemnité de rupture conventionnelle en congé parental obéit aux règles de droit commun.
L’indemnité spécifique ne peut pas être inférieure à l’indemnité légale ou conventionnelle de licenciement.

La difficulté porte souvent sur le salaire de référence en cas de rupture conventionnelle en congé parental, notamment lorsque le salarié a connu une baisse ou une absence de rémunération pendant la période de congé.

Prenons l'exemple de Sarah, elle a 6 ans d'ancienneté et un salaire de 3 000 € avant son congé parental, ce qui lui ouvre droit à un minimum de 4 500 € d'indemnité (1/4 de mois × 6 ans).
Le salaire de référence doit être calculé sur les 12 mois avant le congé parental, jamais pendant (sinon l'indemnité serait nulle).

⚠️ Attention : calculer l’indemnité uniquement sur une période non rémunérée peut conduire à une indemnité insuffisante et contestable.

Quelles règles en cas de congé parental à temps partiel ?

La rupture conventionnelle en congé parental à temps partiel présente des particularités.
Le salarié perçoit une rémunération réduite, mais continue, ce qui facilite le calcul de l’indemnité et du salaire de référence.

Comme pour les congés payés à temps partiel, le principe reste identique : le salarié ne doit pas être pénalisé dans le cadre du calcul de l’indemnité de rupture conventionnelle en congé parental du seul fait de l’exercice de son droit au congé parental.

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Foire Aux Questions (FAQ)

Oui. Tant que les deux parties expriment clairement leur volonté, la séparation peut être formalisée même lorsque le contrat est suspendu.

Non. Cette procédure repose sur un accord mutuel. Chacune des parties reste libre d’accepter ou de refuser.

En principe oui, sous réserve de remplir les conditions requises. La situation personnelle du salarié reste toutefois déterminante.

Il est essentiel de retenir une base de calcul d’indemnité représentative de la situation réelle du salarié et non une période sans rémunération.

Non. Les règles juridiques restent identiques. En revanche, lorsque le congé parental est exercé à temps partiel, la présence d’une rémunération permet de déterminer plus facilement le salaire de référence, ce qui sécurise le calcul de l’indemnité et limite les zones d’incertitude en paie.