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À retenir

  • L’employeur peut consulter le Comité Social et Économique (CSE) de l’entreprise sur différents sujets, comme la gestion financière de l'entreprise, l'organisation du travail, la formation professionnelle ou encore les techniques de production.

  • La consultation peut être récurrente, sur des motifs tels que la stratégie de l’entreprise, la politique sociale ou l’emploi, ou ponctuelle, pour faire face à des situations particulières, comme une restructuration des effectifs ou un licenciement collectif. 

  • La consultation du CSE est encadrée par le Code du travail. Toute consultation du CSE doit être inscrite à l’ordre du jour. L’employeur fournit tous les documents et informations pertinents au CSE. Les représentants du personnel disposent ensuite d’un certain délai pour échanger avec l’employeur et donner leur avis sur le motif de consultation.

Le rôle du CSE (ou Comité Social et Économique) est de représenter les intérêts du personnel salarié de l'entreprise et de s'assurer que ces intérêts sont pris en compte dans les décisions de l'employeur.

Pour ce faire, la loi fixe des consultations obligatoires, ponctuelles et régulières sur certains sujets. Le CSE est alors informé et convoqué pour en discuter, et éventuellement émettre un avis.

L'employeur doit connaître les thématiques qui nécessitent d'organiser la consultation du CSE pour recueillir son avis. À défaut, il risque des sanctions administratives et pénales.

Qu'est-ce que la consultation du CSE ?

Lorsque l'entreprise atteint une certaine taille, l'employeur ne peut plus prendre certaines décisions sans les soumettre à l'avis du comité social et économique. Le Code du travail prévoit que le CSE des entreprises qui ont atteint un personnel de 50 salariés pendant 12 mois consécutifs doit être informé et consulté sur les décisions qui concernent :

  • la gestion et l'évolution économique et financière de l'entreprise ;

  • l'organisation du travail ;

  • la formation professionnelle ;

  • les techniques de production.

⚠️ Attention : il ne faut pas confondre le devoir d’information de l'employeur qui consiste à transmettre au comité, dans le cadre de l'exercice des missions du CSE, tous les renseignements relatifs à un projet alors même que son avis n'a pas à être recueilli, avec l'information-consultation du CSE.

L'information-consultation du CSE désigne la procédure par laquelle le CSE reçoit dans un premier temps les informations lui permettant d'étudier le sujet de la consultation, puis, après un certain délai, rend un avis motivé.

💡 Bon à savoir : l'avis rendu suite à une consultation du CSE ne lie pas en principe l'employeur, qui peut prendre une décision contraire à l'avis. Parfois, cet avis doit être transmis aux autorités administratives.

L'obligation de l’employeur est d'organiser la consultation du CSE. À défaut, il peut se rendre coupable de délit d'entrave. En plus de l’amende, les décisions ou projets pris sans consultation conforme du CSE peuvent être annulés ou suspendus.

Sur quels sujets doit être consulté le CSE ?

On peut distinguer 2 types de consultation obligatoire du CSE en fonction de leur fréquence. Soit il s'agit d'une :

💡 Bon à savoir : quel que soit le type de consultation du CSE, elle doit figurer à l'ordre du jour du CSE.

Pour éviter des erreurs, vous pouvez d'ailleurs utiliser gratuitement notre modèle de convocation et ordre du jour du CSE.

Modèle de convocation et d'ordre du jour du CSE

Consultations et informations récurrentes

Il existe 3 sujets de consultations récurrentes du CSE concernant l'entreprise :

  • ses orientations stratégiques ;

  • sa situation économique et financière ;

  • sa politique sociale, les conditions de travail et l'emploi.

Pour ce type de consultation du CSE, la loi prévoit qu'un accord collectif peut définir :

  • le contenu, la périodicité et les modalités des consultations récurrentes ;

  • la liste et le contenu des informations nécessaires à ces consultations ;

  • le nombre de réunions annuelles (minimum 6) ;

  • les niveaux de consultation du CSE (établissements, groupe, etc.) ;

  • les délais pour que le CSE rende son avis.

À défaut d'accord, l'employeur doit organiser une consultation annuelle obligatoire du CSE sur les 3 sujets susmentionnés. Dans ce cas, le CSE peut donner un avis unique, valant pour les 3 sujets.

💡 Bon à savoir : le CSE peut avoir recours à un expert comptable dans le cadre de ces consultations récurrentes. Cependant, l'expertise du CSE peut également être sollicitée pour les consultations ponctuelles.

Consultations et informations ponctuelles

En plus des consultations récurrentes, la loi prévoit la consultation du CSE dans 5 hypothèses :

  • mise en œuvre de moyens de contrôle de l'activité des salariés ;

  • restructuration et compression des effectifs ;

  • licenciement collectif pour motif économique ;

  • offre publique d'acquisition ;

  • procédures de sauvegarde, de redressement et de liquidation judiciaire.

💡 Bon à savoir : il existe d'autres sujets de consultation ponctuelle de CSE en dehors de cette liste, comme la modification du règlement intérieur de l'entreprise par exemple. 

Un accord collectif peut définir pour cette consultation du CSE :

  • le contenu des consultations et informations ponctuelles (dans le respect des indications légales pour chacun des 5 sujets) ;

  • les modalités de consultations (nombre de réunions, etc.) ;

  • les délais pour que le CSE rende son avis sur ces thématiques.

Comment organiser la consultation du CSE ?

Avant la convocation du CSE pour le consulter, l'employeur doit prévoir certaines démarches.

La logique de la consultation du CSE est qu'elle intervienne avant la prise de décision / début du projet de l'employeur. Par ailleurs, pour émettre un avis, le CSE doit disposer d'informations précises et écrites :

  • pour les consultations récurrentes : l'employeur a l’obligation de mettre à disposition du CSE une Base de Données Économiques et Sociales (BDES) avec toutes les informations nécessaires. Par ailleurs, le Code du travail précise une liste d'informations à fournir pour les 3 sujets de consultation ;

  • pour les consultations ponctuelles : le Code du travail ne précise pas les informations obligatoires à fournir au CSE, mais elles doivent être suffisantes pour permettre aux membres du CSE de saisir l'impact du projet sur l'entreprise et les salariés.

⚠️ Attention : si le CSE estime qu'il n'a pas les informations nécessaires pour émettre un avis informé, il peut saisir le tribunal judiciaire, qui statue dans un délai de 8 jours. Cette saisine ne rallonge pas le délai de consultation du CSE.

À la suite de la consultation, le CSE doit disposer d'un certain délai pour :

  • examiner les informations qui lui ont été transmises ;

  • pouvoir poser des questions et recueillir les réponses de l'employeur ;

  • émettre un avis motivé.

La loi prévoit que le CSE a 1 mois à compter de la mise à disposition des informations par l'employeur pour émettre un avis. Le plus souvent, un accord collectif prévoit un délai de consultation du CSE et un point de départ différent de ceux prévus par la loi.

Dans tous les cas, au-delà du délai légal ou conventionnel maximum, le CSE est présumé avoir rendu un avis négatif

💡 Bon à savoir : pour vous aider à organiser les démarches à la suite d'une consultation du CSE au sein de votre entreprise, nous vous proposons gratuitement un modèle de procès-verbal de réunion.

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Foire Aux Questions (FAQ)

Certains membres du CSE (titulaires et représentants syndicaux) bénéficient d’un crédit d’heures de délégation, payées comme des heures de travail, qui leur permettent d’effectuer leurs missions dans de bonnes conditions. Lors d’une consultation du CSE, les membres utilisent donc leur crédit d’heures de délégation.

L’entreprise peut mettre en place des commissions du CSE, qui peuvent être consultées sur des sujets précis : formation, égalité professionnelle, sécurité, etc. Certaines de ces commissions, comme la Commission Santé, Sécurité et Conditions du Travail (CSSCT), sont obligatoires à partir d’un certain nombre de salariés.

Le registre du CSE doit être mis à jour après chaque réunion du CSE. Toute consultation qui donne lieu à une réunion débouche donc sur une mise à jour du registre, s’il existe (obligatoire dans les entreprises entre 11 et 50 salariés). 

Il est possible de demander une réunion extraordinaire du CSE en cas d’urgence ou de circonstances exceptionnelles. Celle-ci peut-être à l’initiative des membres du CSE ou bien de l’employeur. La réunion extraordinaire est soumise aux mêmes règles que toute consultation du CSE.

Non, le CSE n’a pas besoin d’être consulté pour la démission d’un membre du CSE. Le membre démissionnaire doit seulement fournir une lettre de démission au président du CSE. Selon les circonstances, il peut cependant arriver que le CSE organise de nouvelles élections.