À retenir :
À partir du 1er septembre 2026, les prescriptions d'arrêt de travail sont limitées à 1 mois pour un premier arrêt et à 2 mois pour un renouvellement. Les médecins peuvent déroger à ces plafonds si l'état de santé du patient le justifie.
Tout renouvellement prescrit après le 1er septembre sera soumis aux nouvelles règles, y compris pour des arrêts initiaux antérieurs à cette date.
À partir du 1er septembre 2026, les médecins devront obligatoirement indiquer le motif de l'arrêt sur la prescription, à des fins de contrôle par l'Assurance maladie.
À compter du 1er septembre 2026, la LFSS 2026 encadre pour la première fois la durée maximale des prescriptions d'arrêt de travail : 1 mois pour un premier arrêt, 2 mois pour un renouvellement. Les médecins peuvent déroger à ces plafonds sur justification médicale.
Durée limitée, motifs obligatoires, contrôles renforcés... Ces évolutions vont changer la gestion de l'arrêt maladie pour l'employeur au quotidien. Bonne nouvelle : avec la bonne préparation, vous pouvez les intégrer en toute fluidité. Voici comment avancer, pas à pas.
Ce qui change concrètement au 1er septembre 2026
Le contexte : pourquoi cette réforme ?
Entre 2019 et 2024, le nombre d'arrêts de travail indemnisés a augmenté de 10 %, pour atteindre 9,1 millions. En 2025, les dépenses d'indemnités journalières versées par l'Assurance maladie s'élèvent à 17,9 milliards d'euros, soit 7 milliards de plus qu'en 2016. Pour y répondre, la LFSS 2026 introduit trois mesures phares.
Durée des arrêts de travail : les nouvelles règles au 1er septembre 2026
| Avant le 1er septembre 2026 | À partir du 1er septembre 2026 | |
|---|---|---|
| Premier arrêt | Aucune durée maximale légale | 1 mois maximum (31 jours) |
| Renouvellement | Aucune durée maximale légale | 2 mois maximum (62 jours) |
| Motif de l’arrêt | Non obligatoire | Obligatoire sur la prescription |
Premier arrêt : 1 mois maximum
La règle s'applique à tous les professionnels habilités à prescrire un arrêt de travail : les médecins, dentistes et sages-femmes.
Renouvellement : 2 mois maximum
En cas de renouvellement, cette durée est portée à 2 mois avec justification médicale obligatoire à chaque fois.
Les dérogations possibles
Le médecin peut dépasser ces durées en cas d'exception liée à l'état de santé du patient. Pour certains renouvellements dépassant trois mois, le médecin pourra solliciter l'avis du service du contrôle médical de l'Assurance maladie. Il n'existe pas de durée maximale d'un arrêt maladie tant que l'état de santé du patient le justifie.
Les conditions précises de dérogation seront fixées par décret.
💡 Bon à savoir : Les décrets d'application n° 2026-498 et n° 2026-499 du 12 juin 2026 ont fixé les modalités précises : 31 jours pour une première prescription, 62 jours pour un renouvellement, et un seuil de 3 mois au-delà duquel le prescripteur peut solliciter l'avis du service du contrôle médical de l'Assurance maladie.
Ce qui ne change pas
Délai de carence : 3 jours, versement des indemnités journalières de sécurité sociale à partir du 4e jour
montant max des IJ : 42,97 €/jour brut, pour les arrêts prescrits à compter de juillet 2026, sur la base d'un plafond à 1,4 SMIC soit 2 613,83 €/mois ;
Maintien de salaire par l'employeur selon ancienneté et accords collectifs
Acquisition des congés payés pendant un arrêt maladie et congés payés : la règle reste identique depuis avril 2024
Ce que cela change pour vous, en pratique
Concrètement, trois aspects de votre quotidien RH vont évoluer.
Une gestion des absences longues plus dynamique
Des arrêts initiaux limités à 30 jours signifient davantage de renouvellements à suivre. Votre fonctionnement actuel doit être plus réactif : anticipez les échéances et assurez-vous de recevoir les prolongations à temps pour ne pas avoir de trous dans la paie.
Un suivi des salariés en arrêt long renforcé
Des consultations médicales plus fréquentes offrent aussi plus de points de contact pour activer des dispositifs de retour à l'emploi : visite de pré-reprise, temps partiel thérapeutique, coordination avec le médecin du travail. Votre rôle RH sur ces sujets prend de l'importance.
Impact sur la paie : vigilance sur les compléments employeur
Avec des IJ plafonnées à 42,97 € par jour, l'écart avec le salaire réel reste significatif, notamment pour les cadres.
Pour comprendre le fonctionnement du salaire pendant l'arrêt maladie, vérifiez que vos procédures de subrogation pour maintien de salaire sont bien calées. C'est aussi le bon moment pour revoir la couverture prévoyance de vos salariés.
Profitez-en pour renforcer la transparence avec vos équipes : informer vos salariés que les dérogations médicales restent possibles et que leur droit à l'arrêt n'est pas remis en cause, c'est un acte de confiance qui compte des deux côtés.
Modèle de bulletin de paie avec arrêt maladie
Notre recommandation : avancez en 3 temps
Mai / Juin : faites l'état des lieux
Identifiez les salariés en arrêt long dont le renouvellement sera prescrit après le 1er septembre : ce renouvellement sera soumis à la nouvelle règle des 2 mois maximum ;
vérifiez vos accords collectifs, conventions applicables et couvertures prévoyance ;
auditez votre procédure de réception des avis d'arrêt et de transmission de l'attestation de salaire.
Juillet / Août : préparez votre organisation
Adaptez votre suivi des absences pour gérer des renouvellements plus fréquents ;
briefez vos managers sur les bons réflexes face aux absences longues ;
préparez votre communication interne avant la rentrée, de façon sereine et factuelle.
À partir du 1er septembre : prenez vos marques
activez votre nouvelle organisation pour chaque arrêt entrant (date de début, durée, échéance de renouvellement) ;
anticipez les visites de pré-reprise pour les arrêts longs dès que possible ;
suivez la publication des décrets AT/MP qui interviendront en 2027.
En suivant ce rythme, vous arrivez au 1er septembre avec toutes vos procédures calées et vos équipes informées.
Les pièges à anticiper
1. Confondre "durée limitée" et "arrêt refusé" Les exceptions médicales restent possibles. Communiquez clairement avec vos salariés pour éviter toute inquiétude inutile : leur droit à l'arrêt reste entier.
2. Sous-estimer la charge des renouvellements fréquents Plus de prolongations signifie plus de traitements paie. Sans process adapté, c'est un risque réel d'erreur sur la subrogation ou le maintien de salaire. Prenez vos repères sur ce point dès juillet.
3. Attendre les décrets pour agir L'essentiel de la réforme est déjà connu. D'après ce qu'on observe auprès de nos clients : les équipes qui anticipent, même partiellement, vivent toujours mieux les rentrées réglementaires.
Comment Payfit vous accompagne
Chez Payfit, on vous aide à garder le rythme :
Suivi des arrêts et prolongations intégré dans votre espace Payfit
Calcul automatique des IJ et du maintien de salaire, sans manipulation manuelle
Mise à jour réglementaire automatique dès la publication des décrets
Vous vous concentrez sur l'accompagnement humain de vos équipes. On s'occupe de la technique.
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