À retenir :
Un arrêt maladie suspend le contrat de travail, mais le salarié peut percevoir des indemnités journalières (IJSS) versées par la CPAM sous certaines conditions.
Les IJSS représentent 50 % du salaire journalier de base, calculé à partir des trois derniers salaires bruts. L'indemnité journalière est plafonnée à 41,95 € brut par jour en 2026.
L’employeur peut compléter ces indemnités par un maintien de salaire, obligatoire dès un an d’ancienneté, après un délai de carence de 7 jours.
Le salarié perçoit 90 % de son salaire brut pendant les 30 premiers jours d’arrêt, puis 66,66 % pendant les 30 suivants, avec une majoration selon l’ancienneté.
Les congés payés continuent de s’acquérir durant l’arrêt maladie, conformément à la loi du 22 avril 2024.
Un arrêt maladie ou un accident de travail entraîne la suspension du contrat de travail par décision du médecin. Même s’il ne travaille plus, le collaborateur peut bénéficier du maintien de sa rémunération sous certaines conditions. La Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM) et l’entreprise se chargent de compenser la perte de revenus du salarié.
Comment calculer le maintien de salaire au cours de l’arrêt maladie ? Quel calcul l’employeur effectue-t-il pour verser le complément de salaire ? Quel est le coût d’un salarié en arrêt maladie pour l’entreprise ? Comment faire apparaître ces calculs sur la fiche de paie ? On vous explique.
Comment sont calculées les indemnités journalières en 2026 ?
Un travailleur en arrêt maladie perçoit, sous certaines conditions, un revenu de remplacement pour compenser la perte de sa rémunération. Les Indemnités Journalières de la Sécurité Sociale (IJSS), versées par l’Assurance Maladie, constituent la principale source de revenus.
Quelles sont les conditions pour percevoir des IJSS ?
En 2026, le versement des IJSS sur une fiche de paie est soumis à plusieurs conditions qui dépendent de la durée de l’arrêt maladie.
Si le collaborateur bénéficie d’un arrêt de travail inférieur à 6 mois, il doit satisfaire une des deux conditions suivantes :
avoir travaillé au moins 150 heures au cours des 90 jours précédant l'arrêt ;
avoir cotisé sur un revenu au moins égal à 1 015 fois le SMIC horaire (12 200,30 € au 1er janvier 2026) sur les 6 mois précédents.
Si le congé est supérieur à 6 mois, le travailleur doit justifier son affiliation auprès de la CPAM depuis 12 mois avant le début de l’arrêt. Dans un deuxième temps, il est tenu de remplir une des deux obligations suivantes :
avoir travaillé au moins 600 heures au cours des 365 jours précédant l’arrêt ;
avoir cotisé sur un revenu au moins égal à 2 030 fois le SMIC horaire (24 400,60 € au 1er janvier 2026) sur les 12 mois précédents.
⚠️ Important : le Code de la Sécurité sociale impose au salarié un délai de 48 heures pour transmettre son arrêt maladie à l’employeur ou à la CPAM.
Comment calculer les jours d’arrêt maladie ?
Les IJSS sont versées pour chaque jour calendaire de l’arrêt de travail, week-end et jours fériés compris. Si le congé est lié à une maladie ordinaire, la caisse d’Assurance maladie applique 3 jours de carence sur l’arrêt maladie.
📌 Exemple : si le travailleur commence son arrêt maladie le 12 février, il percevra ses indemnités journalières à partir du 15 février.
💡 Bon à savoir : les maladies ordinaires sont des affections courantes qui ne sont pas considérées comme graves. Il peut s’agir de maladies saisonnières, de troubles musculo-squelettiques, de douleurs aiguës ou de surmenage.
Le délai de carence ne s’applique pas si le collaborateur reprend son activité professionnelle en moins de 48 heures ou s’il est atteint d’une Affection de Longue Durée (ALD).
Comment calculer le salaire de référence en arrêt maladie ?
Le salaire au cours de l’arrêt maladie dépend du montant des IJSS qui, eux-mêmes, représentent la moitié du salaire journalier de base. Celui-ci est égal à la somme des 3 derniers salaires bruts divisée par 91,25.
💡 Bon à savoir : depuis janvier 2026, le plafond du salaire de référence pour les indemnités journalières est fixé à 2 552,24 € par mois (1,4 fois le SMIC mensuel), soit 41,95 € brut d'IJSS par jour.
📌 Exemple : soit une rémunération moyenne de 2 300 € par mois au cours des 3 derniers mois précédant l’arrêt de travail. Le salaire journalier de base est égal à 75,61 € par jour (2300 x 3 / 91,25 = 75,61). Comme les IJSS correspondent à la moitié de ce montant, leur valeur est fixée à 37,80 € par jour.
👉 À noter : le simulateur et le calculateur d’IJSS d’un logiciel de paie mettent régulièrement à jour les plafonds de l’Assurance maladie pour automatiser les calculs.
Calculateur d'IJSS
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Montant estimé de vos indemnités
Votre arrêt de 30 jours ouvre droit à 27 jours indemnisés, après 3 jours de carence.
Les salaires supérieurs à 2 613,82 € brut par mois (1,4 Smic) sont plafonnés : l’indemnité ne peut pas dépasser 42,97 € brut par jour.
41,10 € brut
(38,35 € net) par jour
1 109,70 € brut
(1 035,35 € net) pour 27 jours indemnisés

Estimation pour un salarié du secteur privé, mensualisé, en arrêt maladie d’origine non professionnelle. L’indemnité journalière est égale à 50 % du salaire journalier de base, c’est-à-dire la somme des 3 derniers salaires bruts divisée par 91,25, chaque salaire étant retenu dans la limite de 1,4 Smic (2 613,82 € par mois), soit une indemnité maximale de 42,97 € brut par jour pour les arrêts débutant à compter du 1er juillet 2026 (articles L323-4 et R323-4 du Code de la sécurité sociale). Le nombre d’enfants à charge ne modifie plus le montant depuis le 1er juillet 2020.
La limite de 360 indemnités journalières s’apprécie sur toute période de 3 ans, tous arrêts maladie confondus. Les indemnités déjà perçues pendant cette période réduisent le nombre de jours restant indemnisables. Seule l’Assurance Maladie peut confirmer le solde de vos droits.
Le simulateur applique systématiquement un délai de carence de 3 jours. Ce délai peut notamment ne pas s’appliquer en cas de prolongation après une reprise d’activité n’excédant pas 48 heures, d’arrêts successifs liés à une même ALD, d’interruption spontanée de grossesse ou pour motif médical, ou dans certaines situations suivant le décès d’un enfant ou d’une personne à charge. Dans ces cas, le résultat affiché n’est pas adapté à votre situation.
Les arrêts en lien avec une affection de longue durée (ALD) obéissent à des règles particulières de carence et de durée maximale d’indemnisation. Ils ne sont pas couverts par cette simulation. Pour connaître vos droits, consultez votre compte Ameli ou contactez votre caisse d’Assurance Maladie.
Montant net après CSG (6,2 %) et CRDS (0,5 %). Selon votre ancienneté et votre convention collective, votre employeur peut compléter ces indemnités (maintien de salaire).
Malgré tout le soin apporté à ces informations, Payfit ne saurait être tenu responsable des erreurs ou omissions éventuelles. Ces informations ne constituent pas un conseil juridique. Mis à jour le 6 octobre 2026.
Comment calculer le maintien de salaire par l'employeur ?
L’entreprise peut compléter les IJSS grâce à des indemnités complémentaires. Elles sont accordées au salarié après un délai de carence de 7 jours, à compter de la date du début de l’arrêt.
Certaines conventions collectives peuvent accorder des conditions plus favorables, comme pour l’arrêt maladie en convention collective HCR (Hôtels, Cafés, Restaurants).
⚠️ Attention : si l’accident de travail ou la maladie sont d’origine professionnelle, le délai de carence ne s’applique pas.
Quelles sont les conditions du maintien de salaire ?
Le complément de salaire au cours de l’arrêt maladie est obligatoire si le salarié remplit les conditions suivantes :
justifier d'au moins une année d'ancienneté dans l'entreprise (calculée à partir du 1er jour d'absence) ;
avoir transmis le certificat médical dans les 48 heures à l'employeur ;
bénéficier des indemnités journalières versées par la Sécurité sociale ;
être soigné en France ou dans l'un des États membres de l'Espace économique européen ;
ne pas être travailleur à domicile ou salarié saisonnier, intermittent ou temporaire.
Quelle est la durée du maintien de salaire ?
Le collaborateur en arrêt maladie perçoit un pourcentage de la rémunération brute qu’il aurait perçue s’il avait travaillé. Ce taux varie en fonction de la durée de l’arrêt de travail :
90 % pendant les 30 premiers jours de l’arrêt maladie ;
2/3 (soit 66,66 %) les 30 jours suivants.
La période d’indemnisation est augmentée de 10 jours par tranche de 5 ans d’ancienneté, sans toutefois dépasser 90 jours.
Quel est le montant du complément employeur ?
L’indemnité versée par l'employeur s’ajoute aux IJSS pour atteindre le niveau de maintien prévu par la loi. Son calcul dépend de l'ancienneté du salarié et de la durée de l'arrêt.
Le coût du salarié en arrêt maladie pour l’entreprise correspond à la différence entre le pourcentage du revenu brut et le montant des IJSS.
📌 Exemple : un travailleur avec 7 ans d’ancienneté perçoit un revenu brut mensuel de 3 000 €. Son médecin lui prescrit un arrêt de travail d’une durée de 50 jours. Grâce à son ancienneté, il bénéficie de 10 jours supplémentaires pour sa période d’indemnisation, soit 40 jours. Par conséquent :
les 40 premiers jours de son arrêt sont indemnisés à hauteur de 90 % du revenu brut, soit 2 700 €. Comme les IJSS couvrent 50 % du salaire brut (soit 1 500 €), le complément employeur est de 1 200 € par mois ;
pour les 10 derniers jours, le calcul de l’indemnité se base sur ⅔ du revenu brut, soit 2 000 €. Après avoir déduit le montant des IJSS, le complément n’est plus que de 500 €.
⚠️ Attention : des dispositions conventionnelles prévoient des conditions d’indemnisation plus favorables pour le salarié.
Arrêt maladie : indemnités et démarches
Comment calculer l’absence pour maladie sur le bulletin de paie ?
Modèle de bulletin de paie avec IJSS avec subrogation - Excel
Le calcul de l’absence en paie sur le bulletin de salaire correspond à une relation proportionnelle entre la retenue sur salaire et la durée de l’absence. La méthode de l’horaire réel consiste à diviser le revenu mensuel par le nombre d’heures réellement effectuées durant le mois considéré.
Même si le collaborateur est absent, la transmission de son bulletin de salaire au cours de son arrêt maladie reste obligatoire. La fiche contient les éléments suivants pour justifier le calcul de l’absence :
la déduction de salaire pour le nombre de jours d’absences ;
le montant des IJSS ;
le montant des indemnités complémentaires versées par l’entreprise.
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