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Comment sécuriser l’arbitrage des congés payés en paie ?

Juliette Boulay
, Rédactrice experte paie
Mise à jour le
5 mins
Guide de la gestion de la paie
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À retenir :

  • Opération classique en gestion des rémunérations, l’arbitrage des congés payés repose sur une comparaison obligatoire.
  • Deux méthodes doivent être systématiquement analysées.
  • Le montant le plus favorable au salarié doit être retenu.
  • L’arbitrage a un impact direct sur la fiche de paie.
  • Une mauvaise application peut générer des rappels de salaire.

L’arbitrage des congés payés constitue une opération courante en gestion de la paie. Il intervient lors du calcul de l’indemnité de congés payés et impose de comparer deux méthodes légales afin de retenir celle qui est la plus favorable au salarié

Si cette notion est bien connue des professionnels RH, elle mérite une vigilance particulière dès lors que la rémunération comporte des éléments variables, des changements de rythme de travail ou des périodes atypiques.

Pourquoi l’arbitrage des congés payés est-il obligatoire ?

En paie, l’arbitrage des congés payés découle directement des règles encadrant lindemnité de congés payés. L’employeur ne peut pas choisir librement la méthode de calcul. Il doit comparer les deux mécanismes prévus par la loi et appliquer celui qui conduit à l’indemnité la plus avantageuse. 

Cette obligation vise à garantir une indemnisation équitable pendant la période de congés, indépendamment de la structure de rémunération du salarié.

💡 Bon à savoir : l’arbitrage ne constitue pas une option, mais une exigence réglementaire intégrée aux règles de calcul de la paie.

Quelles méthodes doivent être comparées lors de l’arbitrage ?

Comment fonctionne la règle du 1/10e ?

La règle du dixième consiste à calculer l’indemnité à partir de la rémunération brute perçue par le salarié pendant la période de référence. Le montant obtenu correspond à un dixième de cette rémunération, ajusté au nombre de jours de congés pris.

Cette méthode peut s’avérer plus favorable lorsque le salarié a perçu des primes, des majorations ou d’autres éléments variables significatifs.

En quoi consiste le maintien de salaire ?

La méthode du maintien de salaire repose sur une logique différente. L’indemnité correspond à la rémunération que le salarié aurait perçue s’il avait travaillé normalement pendant la période de congés. Elle s’appuie sur le salaire habituel et l’organisation du temps de travail.

Dans les situations de rémunération stable, le maintien de salaire est souvent plus favorable.

Tableau comparatif des deux méthodes

Critère Règle du 1/10e Maintien de salaire
Base de calcul Rémunération brute sur période de référence Salaire habituel
Formule (Rémunération × 10 %) ÷ 30 jours Salaire mensuel ÷ jours ouvrables
Favorable si Primes, heures supplémentaires, éléments variables importants Rémunération stable
Éléments inclus Tous éléments bruts (primes, avantages) Salaire de base + éléments fixes
Complexité Calcul annuel ou période de référence Calcul mensuel

💡 Bon à savoir : un logiciel de paie effectue automatiquement la comparaison et retient la méthode la plus avantageuse pour le salarié, conformément à la réglementation.

Comment faire l’arbitrage des congés payés concrètement ?

En pratique, pour faire l’arbitrage des congés payés, le calcul repose sur une démarche en quatre étapes :

  1. Calcul de l’indemnité selon la règle du 1/10e.

  2. Calcul de l’indemnité selon le maintien de salaire.

  3. Comparaison des deux montants.

  4. Application de la méthode la plus favorable.

Le calcul de l’arbitrage des congés payés peut être effectué à chaque prise de congés ou de manière centralisée, selon les outils et l’organisation de la paie.

⚠️ Attention : un paramétrage incomplet peut conduire à appliquer systématiquement une seule méthode, au détriment de l’arbitrage requis.

Exemple de calcul d’un arbitrage des congés payés

Un salarié perçoit 36 000 € de rémunération brute sur la période de référence et prend 30 jours de congés :

  • règle du 1/10e : 36 000 € × 10 % = 3 600 €, soit 120 € par jour ;

  • maintien de salaire : la rémunération habituelle conduit à une indemnité de 110 € par jour.

Dans cet exemple de calcul d’arbitrage des congés payés, la règle du 1/10e est retenue car elle est plus favorable.

Quel est l’impact de l’arbitrage sur la fiche de paie ?

L’arbitrage des congés payés sur la fiche de paie se matérialise par le montant de l’indemnité versée pendant la période d’absence. Même si le détail du calcul n’apparaît pas toujours explicitement, le bulletin doit refléter le résultat de la méthode retenue.

Pour les équipes RH, la capacité à retracer le calcul est essentielle en cas de contrôle ou de question interne.

Pourquoi l’arbitrage des congés payés est-il un point de vigilance RH ?

Le calcul de l’indemnité peut varier sensiblement en présence :

  • de primes variables ;

  • d’heures supplémentaires ;

  • de changements de quotité ;

  • d’entrées ou sorties en cours de période.

Ces situations rendent l’arbitrage des congés payés particulièrement sensible et justifient un suivi rigoureux en gestion de la paie.

Guide de la gestion de la paie

Foire Aux Questions (FAQ)

En paie, l’arbitrage des congés payés correspond à la comparaison entre la règle du 1/10e et le maintien de salaire. L’objectif est de retenir la méthode qui conduit à l’indemnité la plus favorable pour le salarié.

L’arbitrage intervient lors du calcul de l’indemnité de congés payés, généralement au moment de la prise des congés. Il peut être recalculé en fonction des éléments de rémunération.

Oui. L’employeur doit systématiquement comparer les deux méthodes prévues par la réglementation. Il ne peut pas choisir librement la méthode appliquée.

Le résultat de l’arbitrage se traduit par le montant de l’indemnité versée sur le bulletin. Le détail de la comparaison n’est pas toujours affiché, mais doit pouvoir être justifié.

Oui. Les logiciels de paie intègrent généralement l’arbitrage entre les deux méthodes afin de sécuriser les calculs et limiter les risques d’erreur.

Une erreur d’arbitrage peut entraîner un rappel de salaire au profit du salarié. Elle peut également exposer l’entreprise à des redressements en cas de contrôle et à un risque contentieux si l’indemnité versée est inférieure au montant dû.