L'accident du travail est indemnisé dès le premier jour, sans délai de carence, contrairement à un arrêt maladie ordinaire ;
Le salarié bénéficie d'un maintien de salaire à 100 % pendant 45 jours puis à 75 % pendant 60 jours, dès 6 mois d'ancienneté (article 4.3.1 de la convention collective) ;
Le licenciement est interdit pendant la suspension du contrat de travail, sauf faute grave ou impossibilité de maintenir le contrat ;
Le capital décès prévu par la convention collective est doublé, passant de 150 % à 300 % du salaire de référence, en cas de décès lié à un accident du travail ;
Une rente d'invalidité complète les indemnités de la Sécurité sociale en cas d'incapacité permanente supérieure à 66 %.
La convention collective nationale des Télécommunications (IDCC 2148, brochure JO n° 3303) couvre environ 1 370 entreprises, notamment dans les télécommunications filaires (NAF 6110Z), sans fil (NAF 6120Z), les autres activités de télécommunication (NAF 6190Z) et les centres d'appels (NAF 8220Z). Elle prévoit des garanties qui complètent le dispositif légal en cas d'accident du travail.
Qu'est-ce qu'un accident du travail ?
Un accident du travail est un accident survenu par le fait ou à l'occasion du travail, quelle qu'en soit la cause (article L. 411-1 du Code de la sécurité sociale). Trois conditions cumulatives caractérisent cette situation : un fait accidentel précis et daté, un lien de subordination avec l'employeur au moment des faits, et une lésion corporelle ou psychologique.
Le salarié bénéficie d'une présomption d'imputabilité : tout accident survenu au temps et au lieu de travail est présumé être un accident du travail. Seule une preuve contraire, apportée par l'employeur ou la CPAM (caisse primaire d'assurance maladie), peut renverser cette présomption.
L'accident de trajet est-il couvert comme un accident du travail ?
L'accident de trajet est assimilé à un accident du travail lorsqu'il survient sur le parcours normal entre le domicile et le lieu de travail, ou entre le lieu de travail et le lieu de restauration habituel (article L. 411-2 du Code de la sécurité sociale). Il ouvre droit aux mêmes prestations : prise en charge à 100 % des frais de santé et IJSS (indemnités journalières de Sécurité sociale) majorées dès le premier jour.
En revanche, l'accident de trajet ne bénéficie pas de la protection renforcée contre le licenciement propre à l'accident du travail survenu sur le lieu de travail.
Bon à savoir
Un détour pour un motif de la vie courante, comme déposer un enfant à l'école ou effectuer un achat de première nécessité, ne prive pas nécessairement le salarié de la qualification d'accident de trajet, si le parcours reste raisonnable.
Quelles démarches pour le salarié ?
Le salarié informe son employeur dans la journée, au plus tard dans les 24 heures, sauf cas de force majeure (articles L. 441-1 et R. 441-2 du Code de la sécurité sociale). Il consulte ensuite un médecin qui établit un certificat médical initial.
Ce certificat précise la nature des lésions et la durée probable de l'arrêt de travail. Il constitue la pièce de référence transmise à la CPAM pour l'instruction du dossier.
Quelles démarches pour l'employeur ?
L'employeur déclare l'accident à la CPAM dans les 48 heures, hors dimanches et jours fériés (article R. 441-3 du Code de la sécurité sociale), via net-entreprises.fr ou le formulaire Cerfa n° 14463*03. Il remet aussi au salarié une feuille d'accident du travail (formulaire S6201) qui permet la prise en charge des soins à 100 %, sans avance de frais.
En cas de doute sur le caractère professionnel de l'accident, l'employeur peut assortir sa déclaration de réserves motivées. La CPAM dispose alors d'un délai d'instruction pour se prononcer.
| Étape |
Responsable |
Délai |
Référence légale |
| Information de l’employeur |
Salarié |
24 heures |
Art. L. 441-1 et R. 441-2 CSS |
| Déclaration à la CPAM (DAT) |
Employeur |
48 heures |
Art. R. 441-3 CSS |
| Remise de la feuille d’accident |
Employeur |
Immédiat |
Art. R. 441-8 CSS |
| Certificat médical initial |
Médecin |
Dès la consultation |
Art. L. 441-6 CSS |
| Décision de la CPAM |
CPAM |
30 jours, extensible à 60 |
Art. R. 441-10 CSS |
Quel maintien de salaire prévoit la convention collective Télécommunications ?
La convention collective prévoit un maintien de salaire dès 6 mois d'ancienneté, tous contrats confondus dans l'entreprise ou le groupe, intérim et stages des 3 mois précédents inclus (article 4.3.1). Le salarié doit justifier son arrêt de travail sous 48 heures et être pris en charge par la Sécurité sociale.
L'indemnisation démarre dès le premier jour d'arrêt, sans délai de carence pour un accident du travail. Le montant ne peut jamais dépasser le salaire net que le salarié aurait perçu en travaillant.
| Période d’arrêt |
Taux de maintien |
Base de calcul |
| Jours 1 à 45 |
100 % |
Rémunération nette, sous déduction des IJSS |
| Jours 46 à 105 |
75 % |
Rémunération nette, sous déduction des IJSS |
À noter
Cette indemnisation est plafonnée à 105 jours sur une période de 12 mois glissants, même en cas d'arrêts successifs.
Les IJSS sont versées sans délai de carence : le salarié est indemnisé dès le lendemain de l'accident, le jour de l'accident restant à la charge de l'employeur (article L. 433-1 du Code de la sécurité sociale).
| Période d’arrêt |
Taux de l’IJSS |
Référence légale |
| Jours 1 à 28 |
60 % du salaire journalier de référence |
Art. R. 433-1 CSS |
| À partir du 29e jour |
80 % du salaire journalier de référence |
Art. R. 433-3 CSS |
Les IJSS sont versées jusqu'à guérison ou consolidation de l'état du salarié. Elles restent soumises à la CSG et à la CRDS, mais bénéficient d'une exonération d'impôt sur le revenu à hauteur de 50 %.
Que se passe-t-il après 105 jours d'arrêt pour accident du travail ?
La prévoyance conventionnelle prend le relais à partir du 106e jour d'incapacité temporaire (article 8.2.2 de la convention collective). Le salarié justifiant de 6 mois d'ancienneté perçoit une allocation complémentaire tant que l'incapacité se poursuit.
En cas d'incapacité permanente supérieure à 66 % reconnue par la Sécurité sociale, le salarié bénéficie en plus d'une rente d'invalidité. Cette rente complète les prestations de la Sécurité sociale et, le cas échéant, les revenus d'une activité reprise, jusqu'à 100 % du salaire de référence net de charges.
Le capital décès est-il plus élevé en cas de décès lié à un accident du travail ?
Oui : la convention collective prévoit un capital décès minimal de 150 % du salaire de référence, sans condition d'ancienneté (article 8.2.2.1). Ce capital est doublé à 300 % lorsque le décès résulte d'un accident du travail, d'un accident de trajet ou d'une maladie professionnelle.
Des majorations de 30 % s'ajoutent par ailleurs pour le conjoint survivant non divorcé, et de 30 % pour chaque enfant à charge, sans que ces majorations soient elles-mêmes doublées. Une rente éducation complète ce dispositif pour chaque enfant à charge jusqu'à ses 18 ans, ou 21 ans s'il poursuit des études.
Quelle protection contre le licenciement pendant un accident du travail ?
Le licenciement est interdit pendant la période de suspension du contrat liée à l'accident du travail (article L. 1226-9 du Code du travail). Deux exceptions permettent toutefois d'y déroger : une faute grave indépendante de l'accident, ou une impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger à l'accident.
Un licenciement prononcé en violation de cette règle est nul (article L. 1226-13). Le salarié peut alors demander sa réintégration, ou obtenir une indemnité qui ne peut être inférieure à 6 mois de salaire (articles L. 1226-15 et L. 1235-3-1).
Quelles obligations pour l'employeur au retour du salarié ?
Faut-il organiser une visite médicale de reprise ?
Oui, la visite médicale de reprise est obligatoire après 30 jours d'arrêt lié à un accident du travail (article R. 4624-31 du Code du travail). Elle doit avoir lieu le jour de la reprise ou, au plus tard, dans les 8 jours qui suivent.
Cette visite est réalisée par le médecin du travail. Elle vise à vérifier que le poste du salarié reste compatible avec son état de santé, et à proposer des aménagements si nécessaire :
aménagement du poste : adaptation du matériel, des horaires ou des tâches confiées ;
mi-temps thérapeutique : reprise progressive avec l'accord du médecin traitant et de la CPAM ;
changement d'affectation : proposition d'un poste différent, à la demande du médecin du travail.
Tant que cette visite n'a pas eu lieu, le contrat de travail reste suspendu. Le salarié ne peut donc pas reprendre son poste, même s'il se sent prêt à le faire.
Le salarié déclaré apte par le médecin du travail retrouve son emploi, ou un emploi similaire assorti d'une rémunération équivalente (article L. 1226-8 du Code du travail). L'employeur ne peut pas lui imposer un poste dégradé ou une baisse de rémunération sous couvert de cette reprise.
Dans la pratique, plusieurs situations se présentent selon la durée de l'absence :
poste identique : le salarié reprend ses fonctions habituelles, sans changement ;
poste équivalent : en cas de réorganisation pendant l'absence, l'employeur propose un poste de niveau et de rémunération comparables ;
période d'adaptation : un accompagnement renforcé peut être mis en place après une longue absence, notamment pour se familiariser avec de nouveaux outils ou process.
Le salarié conserve l'ensemble de ses avantages acquis avant son arrêt, notamment son ancienneté et ses droits à congés.
Que se passe-t-il en cas d'inaptitude après un accident du travail ?
L'employeur recherche d'abord un reclassement adapté aux capacités du salarié déclaré inapte (article L. 1226-10 du Code du travail). Cette recherche prend en compte les préconisations du médecin du travail et les postes disponibles dans l'entreprise, voire dans le groupe.
Si le reclassement se révèle impossible, l'employeur peut licencier le salarié. Ce licenciement ouvre droit à une indemnité spéciale égale au double de l'indemnité légale de licenciement, ainsi qu'à une indemnité compensatrice de préavis (article L. 1226-14 du Code du travail) :
indemnité spéciale de licenciement : elle correspond au double du montant légal habituel, calculé sur l'ancienneté du salarié ;
indemnité compensatrice de préavis : elle est due même si le salarié, inapte, ne peut pas effectuer son préavis.
Ce cumul protège financièrement le salarié dont l'inaptitude découle directement de l'accident du travail.
L'arrêt pour accident du travail compte-t-il pour l'ancienneté et les congés payés ?
Oui, la période de suspension du contrat pour accident du travail est intégralement prise en compte dans le calcul de l'ancienneté (article L. 1226-7 du Code du travail). Elle est également assimilée à du temps de travail effectif pour le calcul des congés payés (article L. 3141-5).
Le salarié ne perd donc aucun droit lié à sa présence dans l'entreprise du fait de son arrêt.
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Demander une démoInformation à caractère informatif, sans conseil juridique. Dernière vérification le 2026-07-21.