Depuis les ordonnances Macron de 2017, l'accord d'entreprise prime sur la convention de branche dans la majorité des domaines, y compris de façon moins favorable.
La CCN des télécommunications (IDCC 2148) verrouille certains thèmes : salaires minima, classifications, prévoyance, période d'essai, préavis et indemnités de licenciement.
Un accord est valide s'il est signé par des syndicats représentant au moins 50 % des suffrages exprimés, ou validé par référendum si ce seuil est compris entre 30 % et 50 %.
Les modalités de négociation sans délégué syndical varient selon l'effectif : référendum aux 2/3 sous 20 salariés sans CSE, élu CSE ou salarié mandaté au-delà.
La dénonciation d'un accord suit un préavis de 3 mois, suivi d'une survie de 12 mois maximum.
Quels sont les trois blocs qui organisent l'articulation entre accord d'entreprise et convention de branche ?
Les ordonnances du 22 septembre 2017 répartissent les thèmes de négociation en trois blocs, du plus verrouillé au plus ouvert.
| Bloc |
Règle |
Thèmes concernés |
| Bloc 1 (article L2253-1) |
La branche prime obligatoirement |
Salaires minima, classifications, prévoyance, égalité professionnelle, renouvellement de la période d’essai, CDD et intérim |
| Bloc 2 (article L2253-2) |
La branche peut verrouiller si elle le stipule expressément |
Prévention des risques professionnels, emploi des travailleurs handicapés, délégués syndicaux, primes pour travaux dangereux |
| Bloc 3 (article L2253-3) |
L’accord d’entreprise prime, même s’il est moins favorable |
Durée du travail, heures supplémentaires, congés, primes, télétravail, ancienneté |
Qu'est-ce qu'un accord d'entreprise dans le secteur des télécommunications ?
Un accord d'entreprise est un texte négocié entre l'employeur et les représentants des salariés au sein d'une entreprise. Il fixe des règles en matière de conditions de travail, de rémunération ou d'organisation du temps de travail.
Dans les télécommunications, la CCN du 26 avril 2000 (IDCC 2148) constitue le socle conventionnel de branche. L'accord d'entreprise vient compléter ou adapter ce socle, dans les limites fixées par le Code du travail.
La hiérarchie entre ces sources de droit a été profondément remaniée par les ordonnances du 22 septembre 2017. Le principe général est désormais celui de la primauté de l'accord d'entreprise, sauf dans les domaines réservés à la branche.
Bon à savoir
Depuis le 24 septembre 2017, l'accord d'entreprise peut prévoir des dispositions différentes de la CCN des télécommunications dans la majorité des domaines, y compris des dispositions moins favorables (articles L2253-1 à L2253-3 du Code du travail).
Quels thèmes la CCN des télécommunications réserve-t-elle à la branche ?
La CCN verrouille plusieurs thèmes du bloc 1 :
Un accord d'entreprise ne peut déroger à ces thèmes que s'il apporte des garanties au moins équivalentes.
Où l'accord d'entreprise peut-il déroger à la convention collective ?
Dans les thèmes du bloc 3, les entreprises des télécoms disposent d'une large marge de négociation :
durée et aménagement du temps de travail : horaires, forfait jours, annualisation ;
heures supplémentaires : taux de majoration avec un plancher légal de 10 % (article L3121-33), contingent annuel ;
organisation des congés : période de prise, ordre des départs, fractionnement ;
télétravail : modalités, fréquence, indemnisation ;
primes : possibilité de modifier ou supprimer une prime conventionnelle, hors primes de danger.
👉 À noter : les primes conventionnelles, hors primes pour travaux dangereux, relèvent du bloc 3. Un accord d'entreprise peut théoriquement réduire ou supprimer une prime de vacances ou de fin d'année prévue par la CCN, à condition de trouver des signataires syndicaux majoritaires.
Quelles conditions de validité pour un accord d'entreprise ?
Depuis le 1er mai 2018, un accord doit être signé par des organisations syndicales ayant recueilli au moins 50 % des suffrages exprimés au premier tour des élections du CSE (comité social et économique), quel que soit le nombre de votants (article L2232-12).
Si les syndicats signataires représentent entre 30 % et 50 % des suffrages, l'un d'eux peut demander, dans le mois suivant la signature, l'organisation d'un référendum. Ce référendum est ensuite organisé dans un délai de deux mois, et l'accord est validé à la majorité simple des salariés votants.
Quels sont les thèmes de négociation annuelle obligatoire (NAO) ?
Chaque année, l'employeur doit ouvrir une négociation sur :
la rémunération, le temps de travail et le partage de la valeur ajoutée ;
l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes et la qualité de vie au travail.
Tous les 3 ans dans les entreprises de 300 salariés et plus, s'ajoute la négociation sur la GEPP (gestion des emplois et des parcours professionnels).
Ces périodicités par défaut peuvent être adaptées par un accord de méthode, dans les limites prévues par les articles L2242-10 et L2242-11 du Code du travail.
La dénonciation d'un accord à durée indéterminée obéit à un préavis de 3 mois, suivi d'une survie de 12 mois maximum, soit 15 mois au total, sauf conclusion d'un accord de substitution (articles L2261-9 et L2261-10).
La révision peut être demandée par toute organisation syndicale représentative. L'avenant de révision respecte les mêmes conditions de majorité que l'accord initial.
Les modalités varient selon l'effectif et la présence ou non d'un CSE.
moins de 11 salariés : l'employeur propose un projet d'accord aux salariés, validé par référendum à la majorité des 2/3 du personnel (article L2232-21) ;
11 à 20 salariés sans CSE : le même mécanisme référendaire aux 2/3 s'applique, en l'absence de représentation du personnel ;
11 à 49 salariés avec CSE : la négociation se fait avec un membre titulaire du CSE ou un salarié mandaté par une organisation syndicale ;
50 salariés et plus : la priorité va aux élus du CSE mandatés par un syndicat, dont l'accord doit ensuite être validé par référendum ; à défaut, les élus non mandatés peuvent négocier sur des thèmes limités sans référendum ; en dernier recours, un salarié mandaté peut négocier, sous réserve d'une validation par référendum.
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