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À retenir :

  • Le mandat social et le contrat de travail correspondent à deux régimes différents.

  • Il est possible de cumuler un mandat social et un contrat de travail si l’on respecte certaines conditions en termes d’attribution de fonctions, de lien de subordination et de rémunération. 

  • Toutefois, le cumul des statuts de mandataire social et salarié reste interdit pour un gérant majoritaire de SARL, un gérant d’EURL, un président associé unique de SASU ou encore un administrateur de SA.

Lorsqu’on gère une PME, qu’il s’agisse d’une SAS ou SARL, il est courant de participer à son activité . Mais peut-on à la fois être dirigeant et salarié au sein de la même société ? Tout dépend de la situation.

Le cumul d’un mandat social et d’un contrat de travail est possible sous 3 conditions  : il faut exercer des fonctions techniques distinctes, prouver un lien de subordination avec l’employeur et percevoir une rémunération distincte du salaire touché à titre de salarié. Toutefois, certaines structures juridiques n’autorisent pas la pratique.

Qu’entend-on par le cumul mandat social et contrat de travail ?

Le cumul consiste à occuper simultanément un mandat de dirigeant et un poste salarié dans la même entreprise . Les deux statuts obéissent à des régimes différents.

En quoi consistent un mandat social et un contrat de travail ?

Le contrat de travail est régi par le Code du travail . Il lie un salarié à un employeur en lui octroyant un salaire en contrepartie de son travail.

À l’inverse, le mandat social confère à une personne le pouvoir de représenter, diriger et gérer une société : on parle alors de “ mandataire social . Ce dernier est responsable devant les actionnaires et son statut relève principalement du droit des sociétés .

 💡 Bon à savoir  : l’appellation du dirigeant change selon la forme juridique de l’entreprise. Le mandataire social est appelé “ gérant ” dans une SARL ou une EURL, mais “ président “, PDG (Président-Directeur Général) ou DG (Directeur Général de la société), en SAS ou SASU.

Cumul des deux statuts 

Associer les deux statuts peut offrir plusieurs avantages aux dirigeants, comme :

  • percevoir une double rémunération (la rémunération de dirigeant d’entreprise plus celle de salarié) ;

  • et bénéficier d’une protection sociale (congés payés, assurance chômage en cas de perte d’emploi, etc.). 

Cependant, le cumul comprend également des risques lorsqu’il est non réglementaire voire frauduleux.

Quelles sont les conditions pour que le cumul soit valide ?

Il faut respecter 3 conditions cumulatives, à savoir des fonctions techniques distinctes et réelles, un lien de subordination effectif et une rémunération distincte.

Ces modalités permettent d’établir qu’un dirigeant d’entreprise possède un réel emploi de salarié dans l’entreprise.

Condition 1 : fonctions techniques distinctes du mandat

La jurisprudence impose que le dirigeant justifie d’un véritable emploi effectif . Son contrat de travail doit porter sur des missions et des compétences techniques bien distinctes de celles exercées au titre du mandat social. 

📌  Exemple  : pour un cumul, le statut du dirigeant d’entreprise peut être compatible avec un poste salarié d’ingénieur , de comptable ou de directeur marketing si les tâches réalisées se distinguent de ses responsabilités de direction ou de la gestion de l’entreprise. 

Cette condition est souvent difficile à remplir dans les petites structures où les rôles et les attributions peuvent vite se confondre.

Condition 2 : lien de subordination réel et effectif

Le lien de subordination reste le critère central de validité du contrat de travail . Pour cela, il est indispensable de prouver que le dirigeant exerce ses fonctions salariées sous l’autorité d’un supérieur hiérarchique qui contrôle son activité.

📌  Exemple  : la jurisprudence peut prendre en compte des horaires de travail, des directives écrites et des instructions précises pour ses missions ou encore la possibilité d’être sanctionné (avertissement, licenciement, etc.). 

Cette condition est souvent la plus difficile à démontrer, notamment lorsque le dirigeant est majoritaire dans le capital de l’entreprise.

Condition 3 : rémunération distincte

La rémunération d’un dirigeant doit être bien différenciée de celle perçue en tant que salarié. Le montant de cette dernière doit respecter le salaire minimum pour le poste occupé.

Toutefois, la double rémunération n’est pas systématiqu e, dans certains cas, le mandat social étant exercé gratuitement. 

⚠️ Attention  : ces conditions se complètent d’une absence de fraudes à la loi . Le non-respect de l’un de ses critères peut entraîner un risque de requalification . De plus, un cumul mal structuré peut être annulé par les tribunaux avec de lourdes conséquences.

Dans quelles structures juridiques le cumul est-il interdit ?

Dans certains cas, être salarié de son entreprise n’est pas autorisé par la loi , tout simplement parce que le cumul mandat social / contrat de travail est incompatible avec le statut juridique de la structure. 

Cumul en SARL possible sous conditions

Dans une SARL (Société À Responsabilité Limitée), être gérant salarié est seulement permis pour un gérant minoritaire ou égalitaire (c’est-à-dire si la somme de ses parts sociales est inférieure ou égale à 50 % du capital social de l’entreprise) et sous réserve du respect des trois conditions de validité du cumul.

En revanche, le cumul pour le gérant majoritaire est strictement interdit . En effet, la Cour de cassation considère qu’il n’existe pas de lien de subordination compte tenu de l’étendue de ses pouvoirs dans la gestion de l’entreprise.

Interdiction de cumul en EURL et SASU

 Par définition, l’ EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée) et la SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle) fonctionnent avec un seul associé . Si celui-ci exerce aussi les fonctions de dirigeant, il détient à lui seul la quasi-totalité du pouvoir de décision dans l’entreprise. 

En conséquence, il est impossible de démontrer qu’il entretient un lien de subordination  : le cumul est donc interdit pour l’associé unique en EURL ou SASU.

Règles spécifiques de cumul en SA

Dans les SA (Sociétés Anonymes), le cumul des fonctions est autorisé dès lors que le contrat de travail du salarié correspond à un emploi effectif (fonctions techniques distinctes, lien de subordination, rémunération séparée). Cette condition d'antériorité entre le contrat de travail et la nomination comme administrateur a été supprimée du Code de commerce depuis 2001 (article L225-22).

👉  À noter  : selon l’article L225-22 du Code du Commerce, le nombre des administrateurs liés à la société par un contrat de travail ne peut excéder le tiers du nombre d’administrateurs en fonction.

Guide de la gestion de la paie

Quelles sont les implications du cumul sur la paie et les cotisations sociales ?

Le cumul mandat et contrat de travail nécessite une gestion de la paie rigoureuse des deux statuts.

Traitement des deux rémunérations sur le bulletin de paie

L’établissement de la fiche de paie d’un mandataire social dépend de son statut : elle est obligatoire s’il est assimilé salarié.

Dans le cas d’un cumul de statuts, les deux rémunérations sont traitées distinctement et le dirigeant salarié peut se voir éditer deux bulletins de paie distincts. 

⚠️  Attention  : en cas de cumul d’un contrat de travail et d’un mandat social, la DSN doit aussi comporter deux lignes distinctes (avec un bloc pour chaque statut) selon les conseils de net-entreprise.fr.

Cotisations sociales et plafond Sécurité sociale

Les rémunérations perçues par un dirigeant salarié sont soumises à des cotisations (par exemple, des cotisations salariales s’appliquent sur la rémunération du contrat du travail). 

Le plafond Sécurité sociale s’applique sur la totalité des rémunérations cumulée s (selon les conditions indiquées par le BOSS sur l’assiette générale).

⚠️  Attention  : toute erreur ou traitement incorrect peut entraîner un risque de contrôle de l’URSSAF.

Le cumul ouvre-t-il droit à l’assurance chômage ?

En principe oui, un mandataire social salarié a le droit à l’assurance chômage du fait de la validité de son contrat de travail.

Perdre son contrat de travail tout en conservant son mandat

Si le dirigeant perd son emploi de salarié, mais qu’il reste mandataire social, il peut avoir le droit au chômage.

En revanche, dans le cas inverse (perte du seul mandat, mais maintien du contrat), il n’a logiquement pas le droit au chômage, ce dernier étant réservé aux salariés.

👉  À noter  : un cumul frauduleux ne donne aucun droit.  

Les conditions pour bénéficier de l’allocation chômage

Pour vérifier qu’un dirigeant peut bien bénéficier de la couverture de l’assurance chômage , il est conseillé de consulter les conditions de France Travail (ex-Pôle Emploi).

Notre logiciel accompagne les employeurs dans la gestion de la paie des dirigeants cumulant mandat social et contrat de travail (comme le calcul des cotisations sur les deux rémunérations, le plafonnement des bases, la conformité DSN, etc.). 

Grâce à ses différentes fonctionnalités, le logiciel vous informe des règles de validité du cumul et des points d’attention pour la paie.

💡 Bon à savoir : un mandataire sans contrat de travail peut valider des notes de frais et des absences dans notre logiciel de paie via le rôle de manager.

Foire Aux Questions (FAQ)

Oui, mais tout dépend du statut juridique de l’entreprise (SARL, SAS, etc.) et de la situation du gérant (majoritaire ou minoritaire, etc.). 

En plus de l’absence de tout montage de cumul frauduleux, il faut impérativement cumuler 3 conditions comme :

  • l’exercice de missions distinctes de son mandat ;

  • percevoir un salaire spécifique ;

  • et être soumis à un lien de subordination. 

Le cumul est interdit pour le gérant majoritaire de SARL, le gérant d’EURL et le président associé unique de SASU par exemple. Mais il est autorisé pour un gérant minoritaire SARL.

Oui s’il perd son contrat de travail et qu’il remplit les conditions d’éligibilité. Mais il ne peut pas toucher le chômage s’il perd son seul mandat social en conservant son statut de salarié.

Oui, mais uniquement pour rompre son contrat de travail en CDI car la rupture conventionnelle ne met pas fin au mandat social.