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Convention collective commerce de gros (IDCC 573)

Comment fonctionne l'alternance dans la convention collective du commerce de gros ?

Le contrat d'apprentissage et le contrat de professionnalisation permettent de recruter et former des salariés en alternance dans le secteur du commerce de gros. Cette page détaille les conditions d'accès, la rémunération minimale applicable et les aides mobilisables par l'employeur.

Nombre d'entreprises concernées par la CCN

Nombre d'entreprises concernées par la CCN

Entreprises relevant du commerce de gros, sous réserve du champ d'application exact de la convention collective

Champ d'application

Champ d'application

Commerce de gros, Négoce interentreprises, Distribution professionnelle

À retenir :

  • la convention collective du commerce de gros (IDCC 573, brochure 3044) organise deux contrats d'alternance : le contrat d'apprentissage et le contrat de professionnalisation ;

  • l'apprenti perçoit une rémunération minimale allant de 28 % à 79 % du SMIC selon son âge et son année de contrat, des taux plus favorables que le minimum légal ;

  • le salarié en contrat de professionnalisation touche entre 65 % et 100 % du SMIC, également au-dessus des minimums légaux ;

  • l'OPCO AKTO finance les deux dispositifs et accompagne les entreprises de la branche dans leurs projets de formation ;

  • l'employeur peut cumuler plusieurs aides financières : jusqu'à 5 000 € pour un apprenti et jusqu'à 4 000 € pour l'embauche d'un salarié senior en contrat de professionnalisation.

La convention collective du commerce de gros encadre le recours à l'alternance pour les entreprises de la branche. Deux dispositifs permettent de former un salarié tout en l'intégrant à l'activité de l'entreprise : le contrat d'apprentissage et le contrat de professionnalisation. Cette page détaille les conditions d'accès, la rémunération minimale et les aides mobilisables par l'employeur.

Quels sont les deux contrats d'alternance disponibles dans le commerce de gros ?

Le commerce de gros propose deux dispositifs d'alternance : le contrat d'apprentissage et le contrat de professionnalisation. Chacun répond à un public et à des objectifs différents, mais les deux combinent formation théorique en organisme et mise en pratique en entreprise.

L'accord du 24 janvier 2023 relatif à la formation professionnelle tout au long de la vie, étendu par arrêté du 22 septembre 2023, est le texte de référence de la branche en matière d'alternance. Il fixe les règles applicables au contrat de professionnalisation (article 5) et au contrat d'apprentissage (article 6), ainsi que les missions de l'OPCO AKTO, opérateur de compétences désigné pour la branche depuis 2019.

Qui peut conclure un contrat d'apprentissage dans le commerce de gros ?

Quel est l'âge requis pour signer un contrat d'apprentissage ?

Le contrat d'apprentissage est ouvert aux personnes âgées de 16 ans au minimum et de 29 ans révolus au maximum au début de l'apprentissage. Des dérogations à cette limite d'âge existent pour certains publics :

  • les travailleurs reconnus handicapés, sans limite d'âge ;

  • les créateurs ou repreneurs d'entreprise dont le projet nécessite l'obtention d'un diplôme ou d'un titre ;

  • les sportifs de haut niveau.

La qualification visée doit être sanctionnée par un diplôme ou un titre à finalité professionnelle enregistré au répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) : diplôme de l'enseignement professionnel ou technologique, titre d'ingénieur, ou titre homologué.

Quelle est la durée du contrat d'apprentissage ?

Le contrat d'apprentissage peut être conclu à durée limitée ou à durée indéterminée. À durée limitée, sa durée correspond à la période de formation et varie entre 6 mois et 3 ans selon le diplôme préparé. À durée indéterminée, la phase d'apprentissage précède la poursuite en CDI classique.

Quelle est la rémunération minimale d'un apprenti dans le commerce de gros ?

La convention collective du commerce de gros fixe la rémunération minimale de l'apprenti en fonction de son âge et de son année d'exécution du contrat, avec des taux supérieurs au minimum légal. Les montants ci-dessous sont calculés sur la base du SMIC au 1er juin 2026, soit 1 867,02 € brut mensuel pour 35 heures hebdomadaires.

Âge 1ère année 2e année 3e année
16-17 ans 28 % du SMIC (522,77 €) 40 % du SMIC (746,81 €) 56 % du SMIC (1 045,53 €)
18-20 ans 44 % du SMIC (821,49 €) 52 % du SMIC (970,85 €) 68 % du SMIC (1 269,57 €)
21-25 ans 54 % du SMC* 62 % du SMC* 79 % du SMC*
26 ans et plus 100 % du SMIC ou 100 % du SMC* si plus favorable

💡 Bon à savoir : lorsqu'un apprenti atteint 18, 21 ou 26 ans en cours de contrat, sa rémunération est revalorisée à compter du premier jour du mois suivant son anniversaire. Elle est également revalorisée chaque année à la date anniversaire du début d'exécution du contrat.

Quel est le temps de travail de l'apprenti ?

Le temps passé en centre de formation des apprentis (CFA) est compris dans le temps de travail effectif de l'apprenti. Le total du temps de travail en entreprise et en formation ne doit pas excéder l'horaire applicable dans l'entreprise. Les apprentis mineurs ne peuvent pas travailler plus de 8 heures par jour ni plus de 35 heures par semaine, sauf dérogation légale, et le travail de nuit, le dimanche et les jours fériés leur est interdit.

Quelles exonérations s'appliquent au salaire de l'apprenti ?

L'apprenti bénéficie d'une exonération des cotisations salariales et de CSG/CRDS dans la limite de 50 % du SMIC. Son salaire est également exonéré d'impôt sur le revenu dans la limite du SMIC annuel : seule la fraction excédentaire est imposable.

Qui peut signer un contrat de professionnalisation dans le commerce de gros ?

Quels sont les bénéficiaires du contrat de professionnalisation ?

Le contrat de professionnalisation s'adresse à un public plus large que le contrat d'apprentissage :

  • les personnes âgées de 16 à 25 ans révolus souhaitant compléter leur formation initiale ou acquérir une qualification professionnelle ;

  • les demandeurs d'emploi âgés de 26 ans et plus, inscrits à France Travail ;

  • les bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA), de l'allocation de solidarité spécifique (ASS), de l'allocation aux adultes handicapés (AAH) ou les personnes ayant bénéficié d'un contrat unique d'insertion (CUI).

Quelle est la durée du contrat de professionnalisation ?

Le contrat de professionnalisation, en CDD ou en CDI, a une durée minimale comprise entre 6 et 12 mois. Il peut être allongé jusqu'à 24 mois lorsque la qualification visée l'exige (diplôme de niveau 3 à 7, titre professionnel ou CQP), et jusqu'à 36 mois pour certains publics prioritaires : jeunes inscrits depuis plus d'un an à France Travail, demandeurs d'emploi de longue durée de 26 ans et plus, ou bénéficiaires de minima sociaux. La durée des actions de formation représente entre 15 % et 25 % de la durée totale du contrat, avec un minimum de 150 heures, et peut dépasser 25 % si les référentiels le nécessitent.

Quelle est la rémunération minimale en contrat de professionnalisation dans le commerce de gros ?

La convention collective du commerce de gros prévoit des taux de rémunération supérieurs aux minimums légaux pour le contrat de professionnalisation. Le salaire varie selon l'âge du bénéficiaire et le niveau de qualification préparé.

Âge Sans diplôme / titre professionnel supérieur Bac professionnel ou plus
Moins de 21 ans 65 % du SMIC (1 213,56 €) 90 % du SMIC (1 680,32 €)
21 à 25 ans révolus 80 % du SMIC (1 493,62 €) 100 % du SMIC (1 867,02 €)
26 ans et plus 100 % du SMIC (1 867,02 €) ou 100 % du SMC si plus favorable

👉 À noter : les taux conventionnels du contrat de professionnalisation dans la CCN commerce de gros (65 %, 80 %, 90 %, 100 % du SMIC) sont plus favorables que les minimums légaux (55 %, 70 %, 80 %, 100 %). Ils s'appliquent obligatoirement à toutes les entreprises de la branche.

Quel est l'OPCO compétent pour financer l'alternance dans le commerce de gros ?

L'opérateur de compétences (OPCO) de la branche des commerces de gros est AKTO, désigné par arrêté du 29 mars 2019. AKTO assure plusieurs missions essentielles :

  • le financement des contrats d'apprentissage selon les niveaux de prise en charge définis par la CPNEFP de la branche et conformes aux exigences de France compétences ;

  • le financement des contrats de professionnalisation et du dispositif de reconversion ou promotion par alternance (Pro-A) ;

  • l'accompagnement des TPE/PME dans l'analyse de leurs besoins en compétences et en qualification ;

  • la promotion de modalités pédagogiques innovantes (formation à distance, formation en situation de travail) ;

  • l'information des entreprises sur les enjeux de transition écologique et leur accompagnement dans les projets d'adaptation.

Les entreprises du commerce de gros peuvent consulter les règles de prise en charge spécifiques à leur branche directement sur le site d'AKTO. Le montant de prise en charge des formations varie selon le dispositif et le niveau de qualification visé.

Quel est le rôle du maître d'apprentissage et du tuteur dans le commerce de gros ?

Quelles sont les missions du maître d'apprentissage ?

L'employeur a l'obligation de désigner un maître d'apprentissage pour chaque apprenti. Celui-ci est directement responsable de la formation pratique de l'apprenti en entreprise et doit être volontaire, majeur, et présenter des compétences pédagogiques et professionnelles conformes aux exigences légales.

L'employeur doit permettre au maître d'apprentissage de dégager, sur son temps de travail, les disponibilités nécessaires à l'accompagnement de l'apprenti et aux relations avec le CFA. Le nombre maximal d'apprentis encadrés simultanément est de 2 par maître d'apprentissage, auxquels peut s'ajouter un apprenti dont la formation est prolongée en cas d'échec à l'examen.

Quelles sont les missions du tuteur en contrat de professionnalisation ?

Pour chaque contrat de professionnalisation, l'employeur doit choisir un tuteur parmi les salariés qualifiés de l'entreprise. Le tuteur doit être volontaire et justifier d'au moins 2 ans d'expérience professionnelle dans une qualification en rapport avec l'objectif de professionnalisation visé. Il ne peut suivre plus de 2 personnes en formation simultanément.

Ses missions comprennent l'accueil, le suivi, la contribution à l'acquisition des compétences, la participation à l'évaluation et la liaison avec l'organisme de formation. L'employeur peut également assurer lui-même le tutorat s'il remplit les conditions requises.

Comment la branche valorise-t-elle l'engagement des tuteurs ?

La branche du commerce de gros encourage les entreprises à valoriser l'engagement des maîtres d'apprentissage et des tuteurs : prise en compte lors des entretiens d'évaluation, valorisation financière, aménagement de la charge de travail ou formation certifiante du tuteur.

Quelles aides financières pour l'embauche d'un alternant dans le commerce de gros ?

Quelles aides pour un contrat d'apprentissage ?

L'employeur qui conclut un contrat d'apprentissage peut bénéficier d'une aide de l'État au titre de la première année d'exécution du contrat. Le montant varie selon le niveau du diplôme préparé et la taille de l'entreprise.

Diplôme préparé Entreprises de moins de 250 salariés Entreprises de 250 salariés et plus
CAP, BEP (niveau 3) 5 000 € 2 000 €
Baccalauréat (niveau 4) 5 000 € 2 000 €
BTS, BUT (niveau 5) 4 500 € 1 500 €
Licence, licence pro (niveau 6) 2 000 € 750 €
Master (niveau 7) 2 000 € 750 €

Quelles aides pour un contrat de professionnalisation ?

Dans le cadre d'un contrat de professionnalisation, l'employeur peut bénéficier de deux aides cumulables :

  • 2 000 € versés par France Travail pour l'embauche d'un demandeur d'emploi âgé de 26 ans et plus ;

  • 2 000 € versés par l'État pour l'embauche d'un demandeur d'emploi âgé de 45 ans et plus.

Les rémunérations versées dans le cadre d'un contrat de professionnalisation bénéficient par ailleurs de la réduction générale des cotisations patronales.

Comment l'alternant est-il positionné dans la classification conventionnelle du commerce de gros ?

La convention collective du commerce de gros ne prévoit pas de disposition spécifique de classification pour les alternants et renvoie donc aux dispositions légales en la matière. L'apprenti ou le titulaire d'un contrat de professionnalisation est positionné sur un poste correspondant à la qualification visée par la formation.

Pour les apprentis de 26 ans et plus, la rémunération à retenir est le salaire le plus élevé entre le SMIC et le salaire minimum conventionnel (SMC) correspondant à l'emploi occupé pendant le contrat. La grille de classification de la CCN 573, issue de l'accord du 5 mai 1992 et de ses avenants, définit les niveaux et échelons auxquels sont rattachés les postes : employés, techniciens et agents de maîtrise, cadres.

Le dispositif Pro-A (reconversion ou promotion par alternance) complète ce cadre en permettant aux salariés déjà en poste de changer de métier ou de monter en qualification tout en conservant leur contrat de travail. Les certifications éligibles sont définies par l'accord du 21 janvier 2020 et ses avenants successifs.

Information à caractère informatif, sans conseil juridique. Dernière vérification le 2026-07-30.

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Guide des commerces de gros

FAQ — Alternance et apprentissage dans la CCN commerce de gros

Un apprenti âgé de 18 à 20 ans en 2e année d'exécution du contrat perçoit au minimum 52 % du SMIC, soit 970,85 € brut mensuel sur la base du SMIC au 1er juin 2026 (1 867,02 €). Ce montant correspond à un temps complet de 35 heures par semaine.

Oui, la convention collective prévoit des taux plus favorables que le droit commun : 65 % du SMIC pour les moins de 21 ans (contre 55 % en droit commun) et 80 % du SMIC pour les 21-25 ans (contre 70 %). Les titulaires d'un bac professionnel ou plus perçoivent 90 % du SMIC (moins de 21 ans) ou 100 % du SMIC (21-25 ans).

Le maître d'apprentissage peut encadrer au maximum 2 apprentis simultanément. Un apprenti supplémentaire peut s'y ajouter uniquement s'il redouble en raison d'un échec à l'examen et que sa formation est prolongée.

Les aides à l'embauche ne se cumulent pas sur un même contrat, car elles s'appliquent à des dispositifs distincts. En revanche, un employeur peut bénéficier simultanément de l'aide à l'apprentissage pour un apprenti et des aides France Travail ou État pour un salarié en contrat de professionnalisation.

Oui, la durée du contrat de professionnalisation peut être allongée jusqu'à 24 mois pour les diplômes de niveau 3 à 7, les titres professionnels ou les CQP. Elle peut atteindre 36 mois pour les publics prioritaires : jeunes inscrits depuis plus d'un an à France Travail, demandeurs d'emploi de longue durée de 26 ans et plus, ou bénéficiaires de minima sociaux.

Oui, le dispositif Pro-A (reconversion ou promotion par alternance) permet à un salarié déjà en poste dans le commerce de gros de changer de métier ou de monter en qualification, sans rompre son contrat de travail. Les certifications éligibles à ce dispositif sont fixées par l'accord de branche du 21 janvier 2020 et ses avenants successifs.

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