À retenir
Un accident du travail est reconnu dès qu'un événement soudain lié au travail provoque une lésion corporelle ou psychologique.
Le salarié dispose de 24 heures pour informer son employeur, qui déclare ensuite l'accident à la CPAM (Caisse primaire d'assurance maladie) sous 48 heures.
Aucun délai de carence ne s'applique en coiffure : l'indemnisation démarre dès le premier jour d'arrêt, pour les IJSS (indemnités journalières de sécurité sociale) comme pour le complément employeur.
Les IJSS couvrent 60 % du salaire journalier de référence jusqu'au 28e jour, puis 80 % à partir du 29e jour.
Pendant l'arrêt, l'employeur ne peut licencier le salarié sauf faute grave ou impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger à l'accident.
Un accident survenu dans un salon de coiffure engage des obligations précises pour l'employeur et ouvre des droits spécifiques pour le salarié blessé. Entre déclaration à la CPAM, indemnisation par la Sécurité sociale et maintien de salaire, chaque étape répond à des délais stricts.
Cette fiche détaille la procédure à suivre, les montants d'indemnisation et les risques professionnels propres au métier de coiffeur, encadrés par la convention collective de la coiffure.
Qu'est-ce qu'un accident du travail dans la coiffure ?
Un accident du travail est un événement soudain survenu par le fait ou à l'occasion du travail, qui entraîne une lésion corporelle ou psychologique, selon l'article L. 411-1 du Code de la sécurité sociale. Trois critères doivent être réunis : un fait accidentel daté, un lien avec l'activité professionnelle et une lésion constatée médicalement.
L'accident de trajet, prévu par l'article L. 411-2 du même code, bénéficie du même régime d'indemnisation. La présomption d'imputabilité joue en faveur du salarié : c'est à l'employeur de prouver l'absence de lien avec le travail s'il conteste la déclaration.
Le salarié victime d'un accident du travail informe son employeur dans les 24 heures, sauf cas de force majeure (article L. 441-1 du Code de la sécurité sociale). L'employeur transmet ensuite la déclaration à la CPAM. Les étapes à suivre sont les suivantes :
salarié : informe son employeur dans les 24 heures ;
employeur : déclare l'accident à la CPAM dans les 48 heures, via le Cerfa n° 14463*03 ou sur net-entreprises.fr (article L. 441-2 du Code de la sécurité sociale) ;
feuille d'accident : remise au salarié (Cerfa n° 11383*02), elle permet une prise en charge à 100 % sans avance de frais ;
certificat médical initial : établi par le médecin qui constate les lésions.
Le non-respect du délai de 48 heures expose l'employeur à une amende. Le salarié conserve la possibilité de déclarer lui-même l'accident dans un délai de 2 ans.
💡 Bon à savoir : en cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle dans la convention collective coiffure, aucun délai de carence ne s'applique, ni pour les IJSS ni pour le complément employeur. L'indemnisation démarre dès le premier jour d'arrêt.
Les indemnités journalières de sécurité sociale (IJSS) en cas d'accident du travail représentent 60 % du salaire journalier de référence du 1er au 28e jour d'arrêt, puis 80 % à partir du 29e jour.
| Période de l’arrêt |
Taux de l’IJSS |
| Du 1er au 28e jour |
60 % du salaire journalier de référence |
| À partir du 29e jour |
80 % du salaire journalier de référence |
Le salaire journalier de référence correspond au salaire brut du mois précédent, divisé par 30,42. Les IJSS sont versées sans limitation de durée, jusqu'à la guérison ou la consolidation.
Quel est le montant et la durée du maintien de salaire en cas d'accident du travail dans la coiffure ?
Montant du maintien
Le maintien de salaire en cas d'accident du travail résulte du droit commun du Code du travail (articles L. 1226-1, D. 1226-1 et D. 1226-2). L'article 17 de la convention collective de la coiffure encadre les obligations d'information : certificat médical transmis sous 48 heures et prise en charge par la Sécurité sociale.
Le complément employeur s'applique sous conditions :
ancienneté : 1 an minimum dans l'entreprise ;
certificat médical : transmis sous 48 heures ;
prise en charge : par la Sécurité sociale ;
lieu des soins : en France ou dans l'Espace économique européen.
👉 À noter : contrairement à la maladie non professionnelle, qui applique 7 jours de carence pour le complément employeur, le maintien de salaire démarre dès le premier jour en cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle.
Durée du maintien de salaire selon l'ancienneté
La durée du complément employeur augmente avec l'ancienneté du salarié, et elle est doublée en cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle par rapport à une maladie non professionnelle.
| Ancienneté |
Durée à 90 % |
Durée à 2/3 |
Durée totale AT/MP |
| 1 à 5 ans |
30 jours |
30 jours |
60 jours |
| 6 à 10 ans |
40 jours |
40 jours |
80 jours |
| 11 à 15 ans |
50 jours |
50 jours |
100 jours |
| 16 à 20 ans |
60 jours |
60 jours |
120 jours |
| 21 à 25 ans |
70 jours |
70 jours |
140 jours |
| 26 à 30 ans |
80 jours |
80 jours |
160 jours |
| 31 ans et plus |
90 jours |
90 jours |
180 jours |
Concrètement, un coiffeur ayant 8 ans d'ancienneté et victime d'un accident du travail bénéficie de 80 jours de maintien de salaire au total : 40 jours à 90 % de sa rémunération brute, puis 40 jours à deux tiers de cette même rémunération. Pour une salariée avec 20 ans d'ancienneté, la durée totale grimpe à 120 jours, répartis en deux périodes égales de 60 jours.
Ces durées s'apprécient sur une période de 12 mois glissants : si plusieurs arrêts se succèdent, la durée totale indemnisée ne dépasse pas le plafond correspondant à l'ancienneté du salarié.
Le salarié est-il protégé contre le licenciement pendant un arrêt pour accident du travail ?
Oui, le salarié est protégé contre le licenciement pendant la suspension de son contrat pour accident du travail ou maladie professionnelle (article L. 1226-9 du Code du travail). L'employeur ne peut rompre le contrat que s'il justifie d'une faute grave du salarié, ou d'une impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger à l'accident.
Tout licenciement prononcé en violation de cette protection est nul. Le salarié peut alors demander sa réintégration ou une indemnisation devant le conseil de prud'hommes.
Quels sont les risques professionnels spécifiques au métier de coiffeur ?
Le métier de coiffeur expose à des risques professionnels bien identifiés : troubles musculo-squelettiques, dermatoses et affections respiratoires. Ces risques concentrent l'essentiel des accidents du travail et des maladies professionnelles reconnues dans le secteur.
Les troubles musculo-squelettiques (TMS) représentent la première cause d'accident du travail et d'usure professionnelle dans la coiffure. Ils résultent de la répétition de gestes techniques combinée à des postures contraignantes, maintenues sur toute une journée de travail.
Les principaux facteurs de risque identifiés dans le métier sont :
station debout prolongée : plusieurs heures par jour, sans possibilité de s'asseoir entre deux clients ;
gestes répétitifs : coupe aux ciseaux, brushing, mouvements de bras au-dessus des épaules pendant les colorations ;
postures contraignantes : bras levés, dos penché en avant ou en torsion pour ajuster la hauteur du client ;
port de charges légères mais répétées : sèche-cheveux, bacs, produits.
Ces contraintes touchent en priorité les épaules, les poignets, les coudes et le bas du dos. Une salariée qui ressent des douleurs récurrentes au poignet après plusieurs années de coupe peut, par exemple, développer un syndrome du canal carpien reconnu comme maladie professionnelle. Adapter le poste, alterner les tâches et investir dans du matériel ergonomique limitent nettement ces risques au quotidien.
Les dermatoses professionnelles résultent du contact répété avec des produits chimiques utilisés pour les colorations, décolorations et permanentes. Elles se manifestent par un eczéma de contact ou une dermatite irritative, reconnus au titre du tableau 65 du régime général (RG) des maladies professionnelles.
Les produits les plus souvent en cause sont :
persulfates : présents dans les poudres décolorantes, responsables de nombreuses sensibilisations cutanées ;
thioglycolate : utilisé dans les permanentes, irritant pour la peau des mains ;
paraphénylènediamine (PPD) : colorant capillaire fréquemment allergisant ;
shampoings et produits moussants : à l'origine d'irritations cutanées en cas d'exposition répétée sans protection.
Le port de gants adaptés et le rinçage systématique après chaque manipulation réduisent fortement l'exposition. Une fois la sensibilisation installée, l'éviction totale de l'allergène reste souvent la seule solution efficace pour éviter les rechutes, ce qui peut nécessiter un aménagement de poste durable.
Les affections respiratoires chez les coiffeurs résultent de l'inhalation répétée de poussières de cheveux, de sprays et de produits volatils. Elles se manifestent par une rhinite ou un asthme professionnel, reconnus au titre du tableau 66 RG des maladies professionnelles.
Les situations les plus exposées sont :
sprays et laques : diffusion de particules fines inhalées tout au long de la journée ;
poudres décolorantes : émission de particules irritantes pour les voies respiratoires lors du mélange ;
espaces mal ventilés : concentration des vapeurs chimiques dans les salons sans aération suffisante ;
utilisation prolongée sans protection respiratoire : facteur aggravant en cas d'exposition quotidienne.
La déclaration d'une maladie professionnelle relève de l'article L. 461-5 du Code de la sécurité sociale. Une meilleure ventilation des postes de travail et l'usage de produits moins volatils constituent les leviers de prévention les plus efficaces pour limiter ces expositions.
⚠️ Attention : les maladies professionnelles les plus fréquentes en coiffure relèvent des tableaux 65 RG (eczéma allergique de contact) et 66 RG (rhinite et asthme). Elles bénéficient du même régime d'indemnisation que l'accident du travail.
Le retour au travail après un accident du travail s'organise autour de la visite de reprise et, si nécessaire, d'un reclassement. Ces deux étapes garantissent que le salarié retrouve un poste adapté à son état de santé.
La visite de reprise est-elle obligatoire après un accident du travail ?
La visite de reprise est obligatoire après un arrêt d'accident du travail d'au moins 30 jours. Elle est réalisée par le médecin du travail, qui vérifie l'aptitude du salarié à reprendre son poste. Cette visite permet notamment de :
confirmer l'aptitude : le salarié reprend son poste sans restriction particulière ;
proposer un aménagement de poste : horaires allégés, matériel ergonomique, réduction de la station debout ;
recommander une formation : si un changement de geste technique est nécessaire pour éviter une rechute ;
déclarer une inaptitude : lorsque l'état de santé du salarié ne permet plus d'occuper son poste habituel.
Pour un arrêt inférieur à 30 jours, la visite n'est pas obligatoire, mais l'employeur informe le médecin du travail de tout arrêt lié à un accident du travail. Ce dernier peut alors juger utile d'organiser un nouvel examen ou de préconiser des mesures de prévention. Tant que la visite de reprise n'a pas eu lieu, le contrat de travail reste suspendu, même si le salarié s'est présenté sur son lieu de travail.
En quoi consiste l'obligation de reclassement après un accident du travail ?
L'obligation de reclassement s'impose à l'employeur lorsque le salarié est déclaré inapte à la suite d'un accident du travail, avant tout licenciement. L'employeur doit rechercher un poste adapté aux capacités du salarié, au sein de l'entreprise ou du groupe. Cette recherche s'appuie sur plusieurs éléments :
avis du médecin du travail : il précise les capacités restantes du salarié et les postes envisageables ;
postes disponibles : dans l'entreprise, y compris par mutation, transformation de poste ou aménagement du temps de travail ;
avis du comité social et économique (CSE) : lorsque l'entreprise en dispose, il est consulté sur les propositions de reclassement ;
refus du salarié : s'il refuse un poste conforme aux préconisations médicales, l'employeur peut engager un licenciement pour inaptitude.
Un coiffeur inapte à la station debout prolongée peut, par exemple, se voir proposer un poste administratif au sein du salon ou une réorganisation de ses horaires. Si aucun reclassement n'est possible, l'employeur documente ses recherches pour justifier l'impossibilité de reclasser avant d'engager la procédure de licenciement.
Quel est l'impact d'un accident du travail sur les congés payés et l'ancienneté ?
La période d'arrêt pour accident du travail ou maladie professionnelle est assimilée à du temps de travail effectif, dans la limite d'un an. Le salarié continue donc d'acquérir des congés payés et de conserver son ancienneté pendant son arrêt.
À son retour, le salarié retrouve son poste ou un emploi similaire, assorti d'une rémunération au moins équivalente.
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Demander une démoInformation à caractère informatif, sans conseil juridique. Dernière vérification le 2026-07-28.