Aller au contenu principal

Comment fonctionne le congé sabbatique ?

Maryam Toumirt
, Juriste Rédacteur en Droit Social @PayFit
Mise à jour le
6 mins
Modèle de planning des congés
Télécharger gratuitement

À retenir :

  • Le congé sabbatique permet au salarié de suspendre temporairement son contrat pour réaliser un projet personnel.
  • La durée est comprise entre 6 et 11 mois, sous réserve des accords ou conventions collectives.
  • Le salarié ne perçoit pas de rémunération, mais peut mobiliser des congés payés ou un compte épargne-temps.
  • À son retour, le salarié retrouve son poste ou un emploi similaire avec une rémunération équivalente.

Contrairement aux congés payés, le congé sabbatique n’a pas pour objet le repos : il s’inscrit dans une démarche personnelle structurée. Il est encadré par le Code du travail, mais peut être aménagé par un accord d’entreprise ou une convention collective.

Quelles sont les conditions à respecter pour prendre un congé sabbatique ?

Le congé sabbatique est un congé pour convenance personnelle octroyé au salarié, dont la durée varie entre 6 mois minimum et 11 mois maximum

Le droit à ce congé est ouvert au salarié justifiant : 

  • d'une ancienneté d’au moins 36 mois consécutifs ou non dans l'entreprise (ou dans toute autre entreprise du même groupe) ;

  • avoir effectué au moins 6 années d'activité professionnelle ;

  • ne pas avoir bénéficié au cours des 6 derniers mois dans la même entreprise, d'un congé sabbatique, d'un congé pour création d'entreprise ou d'un congé de transition professionnelle. 

⚠️ Attention : un accord ou une convention collective d’entreprise peut prévoir une durée d’ancienneté différente. Par exemple, une convention collective peut prévoir que la condition d'ancienneté requise dans l'entreprise pour ouvrir droit au congé sabbatique est de 30 mois consécutifs.

L’accord peut également prévoir une durée minimale et maximale du congé différente et des modalités spécifiques de renouvellement et de prolongation des congés sabbatiques.

Comment effectuer une demande de congé sabbatique ?

Le salarié qui souhaite bénéficier d’un congé sabbatique doit informer l’employeur au moins 3 mois à l’avance. La demande peut être faite par tout moyen permettant de justifier la date de transmission (lettre recommandée, courrier remis en main propre, email).

La demande de congé sabbatique doit préciser : 

  • la date de départ en congé choisie ;

  • la durée du congé sabbatique.

💡 Bon à savoir : un accord ou une convention collective d’entreprise ou à défaut de branche, peuvent prévoir des conditions et des délais d'information de l'employeur différents. Par exemple, une convention collective peut imposer la rédaction et l’envoi d'une lettre de demande en congé sabbatique au minimum 2 mois à l’avance.

Quelles sont les règles concernant la réponse de l'employeur à la demande de congé sabbatique ?

Après que le salarié a formulé sa demande en congé sabbatique, l’employeur doit prendre une décision et informer le collaborateur : 

  • soit de son accord sur la date de départ choisie par l'intéressé ;

  • soit du report de cette date ;

  • soit de son refus de lui accorder le congé.

⚠️ Attention : en l’absence de réponse dans le délai de 30 jours, la demande est considérée comme acceptée.

Cas du report du congé sabbatique

L’employeur peut différer le départ en congé sabbatique. Ce report est encadré : il ne peut excéder six mois dans les entreprises d’au moins 300 salariés et neuf mois dans les entreprises de moins de 300 salariés.

Ce report peut notamment être décidé afin de veiller à ce que le nombre de salariés simultanément absents au titre d’un congé sabbatique ne dépasse pas 1,5 % de l’effectif total de l’entreprise. L’employeur peut alors reporter le départ jusqu’à la date à laquelle ce seuil est de nouveau respecté.

⚠️ Attention : les modalités précises de report peuvent être définies ou aménagées par l’accord collectif ou la convention collective applicable au sein de l’entreprise.

Cas du refus du congé sabbatique

Tout comme le droit au refus des congés payés, l’employeur peut refuser d’accorder un congé sabbatique lorsque le salarié ne remplit pas les conditions légales pour en bénéficier (ancienneté minimale, durée d’activité, respect des délais, etc.).

Dans les entreprises de moins de 300 salariés, l’employeur peut également refuser le congé sabbatique s’il estime, après avis du Comité Social et Économique (CSE), que l’absence du salarié aurait des conséquences préjudiciables à la bonne marche de l’entreprise.

Le refus doit être notifié au salarié par tout moyen permettant de conférer date certaine. Cette formalité est essentielle, car elle permet d’établir précisément la date de la décision de l’employeur.

Le salarié peut contester ce refus dans un délai de 15 jours à compter de sa notification, en saisissant le conseil de prud’hommes.

Guide des congés et absences

Quelle est la situation du salarié pendant le congé sabbatique ?

Durant le congé sabbatique, le contrat de travail est suspendu. Le salarié ne perçoit pas de rémunération, sauf disposition conventionnelle plus favorable. Il n’acquiert pas non plus de nouveaux congés payés pendant cette période.

Toutefois, il est possible d’anticiper le financement du congé. Le salarié peut notamment utiliser des congés payés acquis au-delà de la cinquième semaine, dans la limite des règles de report applicables. Certains dispositifs d’épargne salariale ou de compte épargne-temps peuvent également être mobilisés.

Le salarié est libre d’exercer une autre activité professionnelle durant son congé, qu’elle soit salariée ou indépendante. Il reste cependant tenu par son obligation de loyauté et par toute clause de non-concurrence applicable.

Que se passe-t-il à la fin du congé sabbatique ?

À l’issue du congé, le salarié retrouve son poste précédent ou un emploi similaire assorti d’une rémunération au moins équivalente à celle perçue avant son départ.

L’employeur doit également organiser un entretien professionnel, afin d’échanger sur les perspectives d’évolution du salarié, ses compétences et ses projets professionnels.

Le recours au congé sabbatique ne peut justifier aucune sanction ni mesure discriminatoire.

Foire Aux Questions (FAQ)

Oui, le salarié peut mettre fin à son contrat de travail durant cette absence pour convenance personnelle ou à son issue. Il doit exprimer une volonté claire et non équivoque (par exemple par l’envoi d’une lettre recommandée).

Le préavis légal ou conventionnel reste applicable, sauf si l’employeur accorde une dispense. Même en période d’absence, les règles relatives à la rupture du contrat demeurent applicables.

En principe, un salarié en congé sabbatique ne peut pas percevoir le RSA, car il reste lié à son emploi par un contrat suspendu (et non rompu). Cette règle est également applicable en cas de congé sans solde ou de congé parental, sauf situation spécifique (ex. parent isolé).

Le congé sabbatique étant une absence pour convenance personnelle, il n’ouvre pas droit aux prestations liées à la perte d’emploi.

Le congé sabbatique peut constituer un véritable levier d’évolution de carrière, notamment dans un cadre de reconversion, de création d’activité ou de reprise d’études. Il permet de :

  • développer de nouvelles compétences ;

  • enrichir son parcours professionnel ;

  • préparer un retour stratégique vers une nouvelle fonction ou un autre cadre d’emplois.

À son retour, un entretien avec l’employeur permet d’examiner les perspectives d’évolution et les conditions de réintégration dans l’entreprise ou les services concernés.

En cas de maladie durant le congé sabbatique, les règles de protection sociale restent applicables. Toutefois :

  • le contrat étant suspendu ;

  • l’absence de rémunération peut impacter le solde d’indemnisation ;

  • certains droits liés au travail effectif peuvent être affectés.

Les dispositions légales et conventionnelles applicables doivent être vérifiées au cas par cas, notamment en matière de maintien de salaire.

En principe, le congé sabbatique suspend le contrat de travail. Sauf dispositions conventionnelles contraires, cette période :

  • n’est pas prise en compte pour certains droits liés à l’ancienneté (prime, évolution salariale, etc.) ;

  • peut toutefois être retenue pour d’autres droits selon les dispositions applicables.

L’incidence peut varier selon la convention collective, le statut (cadre ou non-cadre) ou le secteur (privé ou service public).

Le congé sabbatique doit être intégré dans la politique de gestion des congés et des ressources humaines afin de :

  • organiser la continuité du travail ;

  • anticiper les absences prolongées :

  • répartir les missions au sein des équipes ;

  • sécuriser le bon fonctionnement des services ;

  • préserver l’équilibre de la charge de travail sur l’année.

Une bonne anticipation permet d’éviter les tensions organisationnelles et de garantir une reprise d’emploi fluide au retour du salarié.