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Convention collective prévention et sécurité (IDCC 1351)

La mutuelle est-elle obligatoire dans la convention collective prévention et sécurité ?

La convention collective des entreprises de prévention et de sécurité impose la mise en place d'une complémentaire santé collective. Cette page détaille les obligations de l'employeur, le financement, les garanties minimales, les cas de dispense et la portabilité des droits.

Nombre d'entreprises concernées par la CCN

Nombre d'entreprises concernées par la CCN

Environ 4 000 entreprises

Champ d'application

Champ d'application

Sécurité privée, Surveillance humaine, Gardiennage, Sûreté aéroportuaire, Télésurveillance

À retenir

  • La convention collective prévention et sécurité (IDCC 1351) impose une complémentaire santé collective aux entreprises ayant adhéré à l'accord du 3 juin 2013 ;

  • L'employeur prend en charge au minimum 50 % de la cotisation individuelle, le reste étant à la charge du salarié ;

  • Certains salariés peuvent demander une dispense d'affiliation dans des cas précis, comme un CDD court ou une couverture déjà assurée par le conjoint ;

  • En cas de rupture du contrat ouvrant droit au chômage, le salarié conserve gratuitement sa mutuelle pendant 12 mois maximum, grâce à la portabilité ;

  • Lors d'un transfert de personnel entre prestataires, le salarié reste couvert par la mutuelle du nouvel employeur dès le premier jour, sans délai de carence.

Quels sont les chiffres clés de la mutuelle dans la convention collective prévention et sécurité ?

Ces données résument le cadre applicable aux entreprises de la branche prévention et sécurité pour leur complémentaire santé collective. Elles servent de repère rapide avant d'entrer dans le détail des règles.

Élément Détail
IDCC 1351
Brochure 3196
Entreprises concernées Environ 4 000
Champ d’application Sécurité privée, surveillance humaine, gardiennage, sûreté aéroportuaire, télésurveillance
Part employeur minimale 50 % de la cotisation individuelle
Durée maximale de portabilité 12 mois, financement mutualisé

Toute entreprise du secteur privé doit proposer une complémentaire santé collective à ses salariés depuis la loi de sécurisation de l'emploi du 14 juin 2013. Dans le secteur de la prévention et de la sécurité, cette obligation se double de règles conventionnelles propres à la branche, qui précisent le financement, les garanties et les cas de dispense.

La convention collective nationale des entreprises de prévention et de sécurité (IDCC 1351, brochure 3196) est complétée par l'accord du 3 juin 2013 relatif à la prévoyance, qui comporte un volet frais de santé. Cet accord de branche est non étendu : il s'applique uniquement aux entreprises dont l'employeur a signé ou adhéré à l'une des organisations patronales signataires.

Les entreprises de la branche qui ne relèvent pas de ces organisations restent soumises aux seules dispositions légales issues de la loi ANI (accord national interprofessionnel), qui imposent déjà une complémentaire santé collective à tous les employeurs du secteur privé.💡

Bon à savoir : l'accord de branche du 3 juin 2013 étant non étendu, il ne s'applique qu'aux entreprises dont l'employeur est membre d'une organisation patronale signataire. Les autres entreprises restent soumises aux seules règles légales de la loi ANI.

Qui sont les bénéficiaires de la mutuelle obligatoire ?

Le régime frais de santé bénéficie à l'ensemble des salariés des entreprises concernées, sans condition d'ancienneté. L'affiliation est obligatoire dès le premier jour de travail et ne nécessite aucun examen médical préalable.

Concernant les ayants droit (conjoint, enfants), la convention collective ne prévoit pas de disposition spécifique imposant leur couverture obligatoire. L'extension de la mutuelle aux ayants droit relève de la décision de l'employeur, par accord d'entreprise, décision unilatérale ou accord référendaire.

Comment est financée la mutuelle dans la CCN prévention et sécurité ?

L'employeur prend en charge au minimum 50 % du montant de la cotisation individuelle, conformément à l'article L. 911-7 du Code de la sécurité sociale. Le salarié finance les 50 % restants par une retenue sur son bulletin de paie. L'employeur peut proposer une prise en charge supérieure par accord d'entreprise, décision unilatérale ou accord référendaire.

La part patronale est exclue de l'assiette des cotisations sociales dans certaines limites, et la part salariale reste déductible de l'impôt sur le revenu dans les limites légales.

Quelles sont les garanties minimales de la mutuelle ?

Que couvre le panier de soins ANI ?

Le contrat de mutuelle doit respecter un socle minimal de garanties, appelé panier de soins ANI (accord national interprofessionnel). Ce socle garantit un accès aux soins essentiels pour tous les salariés, quel que soit le niveau de contrat choisi par l'employeur. Il comprend notamment :

  • l'intégralité du ticket modérateur sur les consultations, actes et prestations remboursés par l'Assurance maladie, par exemple une consultation chez un spécialiste ou une analyse de laboratoire ;

  • la totalité du forfait journalier hospitalier, sans limitation de durée, y compris pour une hospitalisation prolongée en cas d'intervention chirurgicale ;

  • les frais dentaires, prothèses et orthodontie, à hauteur de 125 % du tarif conventionnel, un niveau qui couvre par exemple une bonne partie du reste à charge sur une couronne ;

  • les frais d'optique, selon un forfait par période de deux ans, ramenée à un an pour les mineurs ou en cas d'évolution de la vue, ce qui permet de renouveler des lunettes plus fréquemment si nécessaire.

Ce socle constitue un minimum : l'employeur peut toujours choisir un contrat plus protecteur pour ses équipes, notamment sur les postes optique, dentaire ou audioprothèses, souvent les plus coûteux pour les salariés.

Qu'est-ce qu'un contrat responsable et solidaire ?

Le contrat de mutuelle doit aussi revêtir un caractère responsable et solidaire, conformément aux articles L. 871-1, R. 871-1 et R. 871-2 du Code de la sécurité sociale. Cette qualification conditionne les avantages sociaux et fiscaux attachés au contrat, aussi bien pour l'employeur que pour le salarié.Un contrat responsable et solidaire respecte trois grands principes :

  • l'accès sans questionnaire médical, ce qui signifie qu'aucun salarié ne peut être exclu ou surtaxé en raison de son état de santé au moment de l'affiliation ;

  • le respect de planchers et plafonds de remboursement, pour éviter à la fois une couverture insuffisante et des dérives inflationnistes sur certains actes ;

  • l'incitation au parcours de soins coordonnés, par exemple en maintenant un meilleur niveau de remboursement pour les salariés qui consultent d'abord leur médecin traitant.

En pratique, la quasi-totalité des contrats de mutuelle d'entreprise proposés aujourd'hui respectent ce cadre, ce qui simplifie le choix de l'employeur au moment de sélectionner son assureur.

Qui peut être dispensé d'affiliation à la mutuelle obligatoire ?

Certains salariés peuvent demander une dispense d'affiliation par écrit, avec justificatifs à l'appui :

  • CDD de 12 mois ou moins : dispense possible à l'initiative du salarié ;

  • temps partiel très réduit : si la cotisation représente plus de 10 % du salaire brut ;

  • bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (ex CMU-C ou ACS) : dispense tant que ce droit reste effectif ;

  • couverture par le conjoint : si le salarié est déjà couvert en tant qu'ayant droit par la mutuelle obligatoire de son conjoint ;

  • versement santé : pour certains salariés en contrat court, CDD ou intérim, dans les conditions prévues par la loi.

En l'absence de demande écrite ou de justificatif, le salarié est affilié d'office à la mutuelle obligatoire.

Comment fonctionne la portabilité de la mutuelle après une rupture du contrat de travail ?

Quelle est la durée de la portabilité légale ?

En cas de rupture du contrat de travail ouvrant droit à l'assurance chômage, comme un licenciement, une rupture conventionnelle ou une fin de CDD hors faute lourde, le salarié bénéficie du maintien gratuit de sa couverture santé.

Ce dispositif, prévu par l'article L. 911-8 du Code de la sécurité sociale, s'applique de la même façon à toutes les entreprises de la branche, qu'elles relèvent ou non de l'accord de 2013.

La durée du maintien est égale à celle du dernier contrat de travail, dans la limite de 12 mois. Le financement de cette portabilité est mutualisé entre les actifs et les anciens salariés, sans coût direct pour le salarié qui en bénéficie.

Par exemple, un salarié qui quitte l'entreprise après 8 mois de contrat conserve sa mutuelle gratuitement pendant 8 mois, tandis qu'un salarié avec 3 ans d'ancienneté bénéficie du plafond maximal de 12 mois.

Que devient la couverture santé au-delà de la portabilité ?

Au-delà de la portabilité, les anciens salariés disposent d'un droit au maintien individuel de leur couverture santé, dans le cadre de la loi Évin.

Ce droit concerne notamment :

  • les bénéficiaires d'une rente d'incapacité ou d'invalidité ;

  • les retraités ;

  • les demandeurs d'emploi indemnisés ;

  • les ayants droit d'un salarié décédé.

La demande doit être formulée dans les six mois suivant la fin du contrat de travail ou de la période de portabilité. Les tarifs de ce maintien individuel sont encadrés par la loi, avec une progressivité limitée sur les premières années pour éviter une hausse brutale du coût pour l'ancien salarié.

Que devient la mutuelle en cas de transfert de personnel entre prestataires ?

Lors d'un changement de prestataire, le salarié transféré bénéficie d'une continuité de couverture organisée par l'avenant du 28 janvier 2011 à l'accord du 5 mars 2002 relatif à la reprise du personnel. Les régimes de prévoyance et de complémentaire santé de l'entreprise entrante se substituent à ceux de l'entreprise sortante dès le premier jour de la reprise du marché.

Concrètement, le salarié n'a aucune démarche à effectuer et ne subit ni condition d'ancienneté ni délai de carence : sa couverture continue sans interruption, même si les garanties précises du nouveau contrat diffèrent de celles de l'ancien employeur. Les soins déjà engagés ou en cours de traitement au moment du transfert continuent également à être pris en charge.

Qu'est-ce que le haut degré de solidarité de la branche prévention et sécurité ?

La branche prévention et sécurité a mis en place un mécanisme de haut degré de solidarité, conformément à l'article L. 912-1 du Code de la sécurité sociale. Ce dispositif est financé par une cotisation spécifique, prélevée sur la cotisation globale versée par l'entreprise, et mutualisée au niveau de la branche.Les prestations financées par ce fonds de solidarité comprennent notamment :

  • une aide financière en cas de post-hospitalisation d'au moins 3 jours, sous conditions de ressources ;

  • la prise en charge d'un service de deuxième avis médical pour les salariés en affection de longue durée (ALD) ;

  • le financement de la part salariale de la cotisation pour les apprentis et les salariés en contrat de professionnalisation ;

  • des aides financières exceptionnelles dans certaines situations de difficulté.

💡 Bon à savoir : en cas de suspension du contrat de travail sans maintien de rémunération, comme un congé sabbatique ou un congé parental à temps plein, la mutuelle est en principe suspendue. Le salarié peut alors prendre en charge la totalité de la cotisation s'il souhaite maintenir sa couverture.

Information à caractère informatif, sans conseil juridique.

Dernière vérification le 2026-07-31.

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FAQ — Mutuelle dans la CCN prévention et sécurité (IDCC 1351)

L'absence de mutuelle obligatoire expose l'employeur à un redressement URSSAF, avec réintégration des exonérations sociales normalement liées à la part patronale. Le salarié peut aussi saisir le conseil de prud'hommes pour obtenir des dommages et intérêts équivalents à la prise en charge qu'il aurait dû recevoir.

Les intérimaires relèvent de la mutuelle de leur entreprise de travail temporaire, et non de celle de l'entreprise utilisatrice où ils sont missionnés. Les stagiaires n'ont pas de contrat de travail : ils ne sont donc pas concernés par l'obligation de mutuelle, sauf décision volontaire de l'entreprise d'accueil.

Un salarié ne peut refuser la mutuelle d'entreprise que s'il entre dans l'un des cas de dispense prévus par la loi, comme une couverture individuelle souscrite avant la mise en place du contrat collectif et maintenue jusqu'à son échéance. En dehors de ces situations, l'affiliation reste obligatoire même si le salarié dispose déjà d'une complémentaire personnelle.

La portabilité de la mutuelle ne s'applique pas en cas de démission classique, car cette rupture n'ouvre pas droit à l'assurance chômage. Elle reste toutefois possible en cas de démission reconnue comme légitime par France Travail, par exemple pour suivre un conjoint muté.

Non, l'employeur choisit librement son assureur pour la mutuelle obligatoire. Les clauses de désignation d'un organisme unique par la branche ont été jugées inconstitutionnelles en 2013, ce qui a mis fin aux assureurs imposés par les conventions collectives.

Un salarié transféré ne peut pas refuser l'affiliation à la mutuelle du nouvel employeur, car elle se substitue automatiquement à celle de l'entreprise sortante dès le premier jour de la reprise. Seuls les cas de dispense légaux, comme une couverture déjà assurée par le conjoint, permettent d'y échapper.

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