À retenir
Le contrat saisonnier est encadré par l'article L. 1242-2, 3° du Code du travail, et non par la convention collective des fleuristes (IDCC 1978), qui ne prévoit pas de régime spécifique.
Sa durée n'est pas plafonnée à 18 mois comme un CDD classique, mais elle ne devrait pas dépasser 8 mois en pratique pour conserver son caractère saisonnier.
Le salarié saisonnier n'a pas droit à la prime de précarité de 10 % à la fin de son contrat.
Les congés payés (2,5 jours par mois) et l'ancienneté se calculent comme pour tout salarié en CDD.
Le contrat peut prévoir une clause de reconduction pour la saison suivante, mais jamais de reconduction automatique.
Le secteur des fleuristes connaît des pics d'activité récurrents (Saint-Valentin, fête des Mères, Toussaint, Noël), tout comme les animaleries à Noël et pendant l'été. Pour y faire face, les employeurs peuvent recourir au contrat saisonnier, dans le respect du Code du travail. La convention collective des fleuristes, vente et services des animaux familiers (IDCC 1978) ne prévoit pas de régime spécifique pour ces contrats : ses règles générales sur la durée du travail, le repos, la classification et la rémunération s'appliquent aux salariés saisonniers.
Cette convention couvre environ 8 000 entreprises, réparties entre le commerce de détail de fleurs, plantes, graines et engrais, la vente et les services des animaux familiers, le toilettage et l'éducation canine, ainsi que les pensions et la garde d'animaux.
Qu'est-ce qu'un contrat saisonnier dans le secteur des fleuristes ?
Le contrat saisonnier est un contrat à durée déterminée (CDD) conclu pour des tâches qui se répètent chaque année, selon le rythme des saisons. Il est encadré par l'article L. 1242-2, 3° du Code du travail. La convention collective des fleuristes, vente et services des animaux familiers (IDCC 1978) ne prévoit pas de régime spécifique : ses règles générales sur la durée du travail, le repos, la classification et la rémunération s'appliquent aux salariés saisonniers.
Le secteur cumule deux pics d'activité bien identifiés :
les boutiques de fleurs, autour de la Saint-Valentin, de la fête des Mères, de la fête des Grands-Mères, de la Toussaint et des fêtes de fin d'année ;
les animaleries, à Noël et pendant les vacances scolaires.
Le contrat saisonnier se distingue du CDD pour accroissement temporaire d'activité : la hausse d'activité qu'il couvre revient chaque année de façon prévisible, indépendamment de la volonté de l'employeur.
Quels sont les cas de recours au contrat saisonnier pour les fleuristes ?
Le recours au contrat saisonnier est encadré par le titre III de la convention collective IDCC 1978, consacré aux conditions d'engagement. Cette convention s'applique aux entreprises relevant des codes NAF 47.76Z, 47.89Z et 96.09Z. Plusieurs situations concrètes justifient ce recours dans le secteur :
le renforcement des équipes en boutique à l'approche des fêtes calendaires (Saint-Valentin, fête des Mères, Toussaint, Noël) ;
l'intensification de la production florale saisonnière ;
la hausse de fréquentation en animalerie pendant les vacances scolaires ;
le surcroît d'activité lié aux événements saisonniers en jardinerie.
Le contrat saisonnier ne peut jamais pourvoir un poste permanent.
💡 Bon à savoir : la convention collective IDCC 1978 impose des mentions spécifiques pour les CDD et les contrats à temps partiel, notamment la durée minimale d'emploi lorsque le contrat n'a pas de terme précis.
Quelle est la durée du contrat saisonnier chez les fleuristes ?
Le contrat saisonnier peut être conclu avec un terme précis ou avec un terme imprécis, auquel cas il doit mentionner une durée minimale d'emploi. Sa durée n'est pas soumise à la limite légale de 18 mois applicable aux CDD de droit commun. En pratique, au-delà de 8 mois, l'administration peut remettre en question son caractère saisonnier.
Dans le secteur, les durées varient selon la période :
Saint-Valentin : 1 à 2 semaines ;
fête des Mères : 1 à 2 semaines ;
Toussaint : 2 à 3 semaines ;
fêtes de fin d'année : 3 à 5 semaines ;
période estivale en animalerie : 2 à 3 mois.
Le contrat peut être renouvelé d'une saison sur l'autre grâce à une clause de reconduction, prévue par l'article L. 1244-2 du Code du travail. Cette clause reste facultative : elle ne peut pas prévoir de reconduction automatique, sous peine de requalification en CDI.
| Critère |
Contrat saisonnier |
CDD accroissement d’activité |
| Motif de recours |
Activité cyclique liée aux saisons |
Surcroît ponctuel d’activité |
| Durée maximale |
Pas de limite légale de 18 mois (8 mois recommandés en pratique) |
18 mois |
| Prime de précarité |
Non due |
10 % de la rémunération brute |
| Clause de reconduction |
Possible, jamais automatique |
Non applicable |
| Délai de carence |
Non applicable |
Obligatoire |
Quels sont les droits des salariés saisonniers dans la convention collective fleuristes ?
Les salariés saisonniers bénéficient des mêmes droits fondamentaux que les salariés permanents : classification, rémunération, congés payés et ancienneté suivent les règles générales de la convention collective IDCC 1978.
Les règles relatives à la durée du travail et aux horaires conventionnels doivent notamment être respectées, y compris pour les salariés recrutés pendant les périodes de forte activité.
Quelle est la période d'essai d'un salarié saisonnier ?
La période d'essai du salarié saisonnier suit l'article L. 1242-10 du Code du travail. Pour un contrat de 6 mois ou moins, elle correspond à un jour par semaine de contrat, dans la limite de 2 semaines. Pour un contrat de plus de 6 mois, comme certains contrats d'animalerie l'été, elle ne peut pas dépasser 1 mois.
La période d'essai d'un CDD n'est pas obligatoire. Lorsqu'elle est prévue, sa durée doit être inscrite dans le contrat et respecter les plafonds légaux.
Pendant cette période, l'employeur et le salarié peuvent rompre le contrat sans motif ni indemnité, ce qui explique l'intérêt d'en vérifier la durée avant la signature. Quelques exemples concrets dans le secteur :
un contrat de 2 semaines pour la Saint-Valentin ouvre droit à 2 jours de période d'essai ;
un contrat de 3 mois en animalerie l'été ouvre droit à 2 semaines de période d'essai ;
un contrat de 7 mois en jardinerie ouvre droit à 1 mois de période d'essai maximum.
La convention collective IDCC 1978 prévoit la période d'essai applicable dans la branche. Elle peut prévoir des durées plus courtes, mais jamais plus longues que les plafonds légaux.
La rémunération du salarié saisonnier suit la grille de salaire et la grille de classification conventionnelles. Elle ne peut pas être inférieure au salaire minimum correspondant à son coefficient. Le salarié acquiert des congés payés à raison de 2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif, comme tout salarié en CDD ou en CDI.
Pour aller plus loin, le calcul des congés payés permet de déterminer les droits acquis pendant un contrat de courte durée et le montant de l'indemnité correspondante.
L'ancienneté se cumule d'une saison à l'autre chez le même employeur. Les contrats saisonniers successifs comptent dans le calcul de cette ancienneté, ce qui peut ouvrir des droits supplémentaires, par exemple pour une indemnité de licenciement en cas d'embauche ultérieure en CDI.
⚠️ Attention : contrairement au CDD de droit commun, le contrat saisonnier n'ouvre pas droit à la prime de précarité de 10 % à son terme, en application de l'article L. 1243-10 du Code du travail. La convention collective IDCC 1978 ne prévoit pas de prime de précarité spécifique pour compenser cette absence.
Quelles sont les mentions obligatoires du contrat saisonnier ?
Le contrat saisonnier doit être écrit et remis au salarié dans les deux jours ouvrables suivant l'embauche, conformément à l'article L. 1242-13 du Code du travail. Il doit comporter plusieurs mentions imposées par l'article L. 1242-12 du Code du travail.
Les mentions obligatoires du contrat de travail comprennent notamment :
l'identité des parties (employeur et salarié) ;
le motif précis du recours ;
la désignation du poste de travail et la classification conventionnelle ;
le lieu de travail ;
la date de début du contrat ;
la date de fin ou la durée minimale d'emploi ;
la durée de la période d'essai, le cas échéant ;
le montant de la rémunération ;
l'intitulé de la convention collective applicable (brochure JO 3010) ;
le cas échéant, la clause de reconduction.
Lorsque le contrat est conclu à temps partiel, il doit également préciser la durée du travail et sa répartition. Le CDD à temps partiel doit alors comporter les mentions propres à ce type de contrat.
Quelles sont les particularités de la fin du contrat saisonnier ?
Le contrat saisonnier prend fin à l'arrivée du terme fixé ou à la fin de la saison, sans intervention particulière de l'employeur.
Que prévoit la clause de reconduction ?
La clause de reconduction, prévue par l'article L. 1244-2 du Code du travail, permet de renouveler le contrat saisonnier d'une année sur l'autre. Elle reste facultative : rien n'oblige l'employeur à l'insérer dans le contrat. Si elle figure au contrat, l'employeur s'engage à en respecter les termes et à proposer un nouveau contrat pour la saison suivante, dans les conditions prévues.
Cette clause ne peut jamais organiser une reconduction automatique. Une reconduction systématique, sans nouvelle formalisation ni terme précis, expose l'employeur à un risque de requalification du contrat en CDI, faute de caractère réellement temporaire.
Par exemple, un fleuriste qui insère une clause de reconduction dans le contrat d'un saisonnier de Noël doit lui proposer un nouveau contrat l'année suivante si les conditions prévues sont réunies, sans pour autant garantir une embauche automatique.
Dans quels cas la rupture anticipée est-elle possible ?
La rupture anticipée du contrat saisonnier n'est possible que dans les cas prévus par l'article L. 1243-1 du Code du travail. Les règles relatives à la rupture anticipée du CDD permettent notamment d'identifier les motifs autorisés. Ces cas sont limitatifs :
l'accord commun des deux parties ;
la faute grave du salarié ou de l'employeur ;
la force majeure ;
l'embauche du salarié en contrat à durée indéterminée (CDI) chez un autre employeur ;
l'inaptitude du salarié constatée par le médecin du travail.
En dehors de ces situations, rompre le contrat avant son terme expose la partie fautive à verser des dommages et intérêts à l'autre partie. Un fleuriste qui souhaite mettre fin au contrat d'un saisonnier avant la fin de la saison doit donc s'assurer qu'il entre dans l'un de ces cas prévus par la loi.
Quelles sont les obligations de l'employeur en matière de prévoyance et de santé ?
L'employeur doit affilier ses salariés saisonniers aux régimes de prévoyance et de frais de santé de la convention collective IDCC 1978, dès qu'ils remplissent les conditions d'éligibilité prévues par les accords de branche. Ces conditions dépendent souvent de la durée du contrat ou de l'ancienneté du salarié.
Au-delà de la prévoyance, plusieurs formalités s'imposent pour chaque saisonnier :
la déclaration préalable à l'embauche (DPAE) ;
l'affiliation aux organismes de prévoyance et de mutuelle de la branche ;
la visite d'information et de prévention auprès de la médecine du travail ;
la remise d'un bulletin de paie mentionnant la convention collective applicable.
👉 À noter : pour connaître précisément les conditions d'éligibilité des saisonniers à la prévoyance et à la mutuelle de branche, il est recommandé de se rapprocher directement des organismes désignés par la convention collective IDCC 1978.
Simplifiez la gestion de votre paie avec PayFit
Découvrez notre solution RH et Paie 100 % conforme aux conventions collectives.
Demander une démoInformation à caractère informatif, sans conseil juridique. Dernière vérification le 2026-08-05.