Un licenciement est toujours une épreuve, mais il s'accompagne de droits financiers : l'indemnité de licenciement. Cette compensation, prévue par la loi, varie selon votre ancienneté et votre rémunération.
Bonne nouvelle : si vous êtes salarié sous convention collective Syntec, vous bénéficiez souvent de montants plus avantageux que le minimum légal, notamment pour les ingénieurs et cadres dès 8 mois d'ancienneté.
Comment est calculée cette indemnité ? Quelles sont les formules pour les ETAM et les cadres ? On vous explique tout.
Il est prévu, dans la convention collective Syntec (code 1486 attribué par le ministère du Travail), une indemnité de licenciement pour les cadres, les Employés, Techniciens et Agents de Maîtrise (ETAM).
Pour l’obtenir, il faut remplir certaines conditions :
être une entreprise soumise à la convention collective Syntec ;
licencier un salarié ayant au moins 8 mois d’ancienneté ;
licencier un salarié n’ayant pas commis une faute grave ni lourde.
⚠️ Attention : la loi prévoit également une indemnité de licenciement. L’employeur doit retenir la formule la plus avantageuse pour le salarié.
Pour prétendre à l’indemnité de licenciement Syntec, l’activité de l’entreprise doit appartenir au champ d’application de la convention collective Syntec appelée aussi convention collective des bureaux d’études techniques. Cette convention est référencée sous le code IDCC (Identifiant Des Conventions Collectives) 1486.
Celle-ci s’applique aux entreprises qui ont une activité principale d'ingénierie, de conseil, de services informatiques, aux cabinets d’ingénieurs-conseils ou aux entreprises d’organisation de foires et de salon.
L’ancienneté du salarié est l’un des critères de versement de l’indemnité de licenciement Syntec. La durée d’ancienneté correspond au temps passé par l’employé dans l’entreprise depuis la date de prise de poste jusqu’à la notification du licenciement.
💡 Bon à savoir : l’employeur a l’obligation de mentionner la date d’ancienneté sur le bulletin de paie du salarié.
Pour en bénéficier, l’employé doit avoir au moins 8 mois d’ancienneté.
Un salarié qui a commis une faute grave ou lourde ne pourra pas obtenir d’indemnités, ni Syntec, ni légale.
Une faute grave est un manquement important du salarié à son contrat de travail rendant impossible son maintien dans l’entreprise.
Quant à la faute lourde, elle peut être définie comme une faute commise avec l’intention de nuire à l’entreprise et à l’employeur, justifiant une rupture immédiate du contrat de travail.
Pour les salariés ayant entre 8 mois et 2 ans d’ancienneté, c’est la loi qui s’applique.
En revanche, à partir de la deuxième année, l’employeur doit retenir l’indemnité la plus avantageuse entre la version légale et la version Syntec.
L’indemnité de licenciement doit être au moins égale à ¼ de mois de rémunération par année d’emploi.
Le mois de rémunération est :
Le calcul de salaire Syntec détaille les éléments de rémunération à prendre en compte dans cette moyenne.
Il convient de choisir le calcul le plus favorable pour le salarié.
Par exemple, pour un salarié travaillant depuis 2 ans et percevant 1 800 € de rémunération sur les 12 derniers mois précédant la notification du licenciement, l’indemnité minimale est calculée comme suit :
Indemnité minimale de licenciement = 1 800 € x ¼ x 2 ans = 900 €
💡 Bon à savoir : si l’année d’ancienneté est incomplète, l’indemnité de licenciement doit être proportionnelle au nombre de mois complets. Ainsi pour un salarié, ayant par exemple 1 an et 6 mois de présence et gagnant 2 000 € sur les 12 derniers mois précédant la notification du licenciement :
Indemnité minimale de licenciement = (1 800 € x ¼ x 1 an d’ancienneté) + (1 800 x ¼ x (6 mois / 12 mois) = 675 €
Dans ce cas, l’indemnité minimale de licenciement correspond à la somme des montants suivants :
Le salaire pris en compte est :
Par exemple, si le salaire du salarié licencié est de l’ordre de 1 800 € avec 12 ans de présence, le calcul à effectuer est le suivant :
Indemnité minimale de licenciement = (1 800 € x ¼ x 10 ans) + (1 800 € x ⅓ x 2 ans) = 3 300 €
La convention collective nationale Syntec distingue les ETAM des ingénieurs et cadres. Depuis l'avenant n°2 du 27 octobre 2022, les règles de calcul ont été harmonisées avec le système légal.
L'indemnité conventionnelle pour les ETAM se calcule comme suit :
pour une ancienneté jusqu'à 10 ans : 1/4 de mois de rémunération par année de présence ;
pour une ancienneté supérieure à 10 ans : 1/3 de mois de rémunération par année de présence après la 10ème année.
Le calcul s'effectue donc en deux tranches, comme pour l'indemnité légale.
💡 Bon à savoir : le mois de rémunération correspond au douzième de la rémunération des 12 derniers mois précédant la notification de la rupture du contrat de travail. Le préavis de licenciement Syntec détermine la date de notification à partir de laquelle cette période est calculée.
Cependant, les majorations pour heures supplémentaires et celles liées à un déplacement ou à un détachement sont exclues du calcul. La grille de salaire Syntec définit les minima conventionnels par coefficient qui servent de base au calcul de l'indemnité.
📌 Exemple : un salarié ETAM, position 2.2, coefficient 310, ayant 5 ans d'ancienneté et percevant une rémunération égale à 2 000 € :Indemnité de licenciement Syntec = (2 000 € × 1/4) × 5 ans = 2 500 €.
📌 Exemple 2 : un salarié ETAM ayant 15 ans d'ancienneté et percevant une rémunération de 2 500 € :Indemnité de licenciement Syntec = (2 500 € × 1/4 × 10 ans) + (2 500 € × 1/3 × 5 ans) = 6 250 € + 4 166,67 € = 10 416,67 €.
Pour les ingénieurs et cadres, le calcul diffère selon l'ancienneté :
📌 Exemple : un cadre, position 2.3, coefficient 150, ayant 5 années d'ancienneté et percevant une rémunération égale à 3 500 € :
Indemnité minimale de licenciement du cadre = 3 500 € × 1/3 × 5 années d'ancienneté = 5 833,33 €
Si l'on suit le mode de calcul prévu par la loi, le cadre a droit à 4 375 € (3 500 € × 1/4 × 5 ans d'ancienneté). L'indemnité la plus favorable au salarié est celle prévue par la convention Syntec, soit 5 833,33 €.
⚠️ Attention : l'employeur doit toujours comparer le montant de l'indemnité conventionnelle Syntec avec celui de l'indemnité légale et verser le montant le plus élevé au salarié.
Vous trouverez ci-dessous le tableau récapitulatif des modes de calcul de l’indemnité de licenciement pour les entreprises sous Syntec en 2026.
| Catégorie de salarié |
Ancienneté |
Calcul de l’indemnité |
| Tout salarié |
Entre 8 mois et 2 ans |
1/4 de mois de rémunération par année d’ancienneté (indemnité légale) |
| ETAM |
Entre 2 et 10 ans |
Somme la plus avantageuse entre : • 1/4 de mois par année (Syntec) • 1/4 de mois par année (légal) |
| ETAM |
Plus de 10 ans |
Somme la plus avantageuse entre : • (1/4 × 10 ans) + (1/3 × années au-delà de 10 ans) selon Syntec • (1/4 × 10 ans) + (1/3 × années au-delà de 10 ans) selon la loi |
| Ingénieurs et cadres |
Moins de 2 ans |
1/4 de mois par année (identique légal et Syntec) |
| Ingénieurs et cadres |
2 ans et plus |
Somme la plus avantageuse entre : • 1/3 de mois par année (Syntec) • 1/4 jusqu’à 10 ans + 1/3 au-delà (légal) |
Vous faites face à des difficultés économiques suite auxquelles vous envisagez un plan de licenciement économique ? Rendez-vous sur notre article dédié au licenciement économique en Syntec.
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