Le préavis de licenciement varie de 1 à 3 mois selon le groupe de classification et l'ancienneté du salarié.
Les groupes A et B passent de 1 à 2 mois de préavis au-delà de 2 ans d'ancienneté ; les groupes C et D restent à 2 mois quelle que soit l'ancienneté.
Les cadres (groupes E, F, G) et les salariés hors classification ont un préavis minimum de 3 mois.
Le salarié licencié bénéficie de 2 heures par jour pour rechercher un emploi, sans perte de salaire.
Le préavis ne s'applique pas en cas de faute grave, de faute lourde ou de force majeure.
Quelle est la durée du préavis selon le groupe de classification ?
La durée du préavis de licenciement dépend du groupe de classification du salarié et, pour certains groupes, de son ancienneté. L'article 4.4.1 de la convention collective distingue quatre situations.
| Groupe de classification |
Ancienneté ≤ 2 ans |
Ancienneté > 2 ans |
| A et B |
1 mois |
2 mois |
| C et D |
2 mois |
2 mois |
| E, F et G |
3 mois |
3 mois |
| Hors classification |
Minimum 3 mois (fixé au contrat) |
Minimum 3 mois (fixé au contrat) |
Cette convention collective nationale s'applique aux entreprises suivantes :
télécommunications filaires, code NAF 6110Z ;
télécommunications sans fil, code NAF 6120Z ;
autres activités de télécommunication, code NAF 6190Z ;
centres d'appels, code NAF 8220Z.
Environ 1 370 entreprises appliquent cette convention, identifiée par l'IDCC (identifiant de convention collective) 2148.
Qu'est-ce que le préavis de licenciement dans la convention collective des télécommunications ?
Le préavis de licenciement correspond au délai de prévenance que vous devez respecter entre la notification du licenciement et la fin effective du contrat de travail. Pendant cette période, le salarié continue de travailler et perçoit sa rémunération normalement.
L'article 4.4.1 précise que ce préavis s'applique en cas de licenciement comme de démission, sauf faute grave ou faute lourde du salarié. Le préavis débute le jour de la première présentation de la lettre recommandée notifiant le licenciement, même si le salarié ne retire pas le courrier.
Le préavis est-il doublé pour un travailleur handicapé ?
Oui, l'article L5213-9 du Code du travail double la durée du préavis pour les travailleurs reconnus handicapés, dans la limite de 3 mois.
Cette règle ne s'applique pas lorsque la convention collective prévoit déjà un préavis d'au moins 3 mois, ce qui exclut donc les groupes E, F, G et les salariés hors classification.
Bon à savoir
Un salarié du groupe A avec 3 ans d'ancienneté a normalement 2 mois de préavis. En tant que travailleur handicapé, cette durée double pour atteindre 4 mois, mais elle est plafonnée à 3 mois par la loi.
Quelles sont les heures de recherche d'emploi pendant le préavis de licenciement ?
Le salarié licencié dispose de 2 heures par jour rémunérées pendant le préavis effectivement exécuté, afin de rechercher un emploi. Ces heures n'entraînent aucune réduction de salaire.
Leur positionnement se fixe d'un commun accord entre l'employeur et le salarié. À défaut d'accord, l'article 4.4.1 prévoit qu'elles sont prises en alternance entre les deux parties.
L'employeur peut autoriser par écrit le cumul de ces heures en fin de préavis, si les nécessités du service le permettent.
⚠️ Attention
Ces heures de recherche d'emploi sont réservées aux salariés licenciés. En cas de démission, la convention collective des télécommunications ne prévoit pas ce droit.
Le salarié peut-il être dispensé d'exécuter son préavis ?
Oui, l'employeur peut dispenser le salarié d'effectuer son préavis, à son initiative ou à la demande du salarié.
Dispense à l'initiative de l'employeur
Si l'employeur dispense le salarié de sa propre initiative, il reste redevable des salaires et avantages que le salarié aurait perçus : c'est l'indemnité compensatrice de préavis.
Cette période de dispense compte comme du temps de travail effectif pour le calcul de l'ancienneté et des droits à congés payés.
Le salarié dispensé peut se faire embaucher par un autre employeur sans attendre la fin théorique du contrat, et le certificat de travail mentionne alors la date effective de fin de contrat.
Dispense à la demande du salarié
Le salarié peut aussi solliciter lui-même une dispense de préavis. Si l'employeur accepte, aucune indemnité compensatrice n'est due, et la date de fin du contrat avance à la date convenue entre les deux parties. Cette option permet au salarié de démarrer plus vite un nouvel emploi, mais elle suppose l'accord explicite de l'employeur.
Dans quels cas le préavis de licenciement ne s'applique-t-il pas ?
Le préavis ne s'applique pas en cas de faute grave, de faute lourde ou de force majeure.
L'article 4.4.1 exclut expressément le préavis en cas de licenciement pour faute grave ou faute lourde. La rupture prend alors effet immédiatement, et le salarié n'a droit ni au préavis ni à l'indemnité compensatrice.
La rupture pour force majeure exonère également du préavis, mais cette règle relève du droit commun du Code du travail, et non de la convention collective. Ce cas reste exceptionnel : il suppose un événement imprévisible, irrésistible et extérieur à l'entreprise.
Que se passe-t-il en cas de licenciement pour inaptitude ?
Les règles applicables en cas d'inaptitude relèvent du Code du travail, et non de l'article 4.4.1 de la convention collective.
En cas d'inaptitude d'origine non professionnelle, le salarié n'exécute pas de préavis et ne perçoit pas d'indemnité compensatrice, sauf disposition contractuelle plus favorable. En cas d'inaptitude d'origine professionnelle (accident du travail ou maladie professionnelle), le salarié ne peut pas exécuter son préavis mais perçoit une indemnité compensatrice équivalente, en application de l'article L1226-14 du Code du travail.
Bon à savoir :
Un salarié du groupe C avec 5 ans d'ancienneté, licencié pour inaptitude d'origine professionnelle, ne peut pas exécuter son préavis de 2 mois. Il perçoit une indemnité compensatrice équivalente à 2 mois de salaire brut, en plus de l'indemnité spéciale de licenciement prévue par ce même article.
Le préavis est-il suspendu en cas d'arrêt de travail ou de congés payés ?
Cela dépend de la nature de l'absence : certaines situations suspendent et prolongent le préavis, d'autres non.
| Situation |
Effet sur le préavis |
| Congés payés fixés avant la notification du licenciement |
Suspendu, puis prolongé de la durée des congés |
| Congés payés fixés après la notification du licenciement |
Pas de suspension |
| Arrêt maladie non professionnelle |
Pas de suspension |
| Accident du travail ou maladie professionnelle |
Suspendu et prolongé d’une durée égale à l’arrêt |
Ces règles relèvent du Code du travail et de la jurisprudence, et non de la convention collective des télécommunications. Un arrêt maladie non professionnel ne suspend donc pas le préavis : le contrat prend fin à la date prévue initialement.
Quelle différence entre le préavis de licenciement et le préavis de démission ?
La convention collective des télécommunications prévoit les mêmes durées de préavis pour le licenciement et pour le préavis de démission.
Les droits associés diffèrent en revanche sur un point clé : les heures de recherche d'emploi ne sont prévues qu'en cas de licenciement.Autre différence : si l'employeur dispense de sa propre initiative un salarié licencié, il doit lui verser l'indemnité compensatrice.
En cas de démission, si c'est le salarié qui demande la dispense et que l'employeur accepte, aucune indemnité n'est due.
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Dernière vérification le 2026-07-24.