À retenir
- L'indemnité de licenciement est due aux salariés en CDI licenciés (hors faute grave ou lourde) justifiant d'8 mois d'ancienneté minimum.
- En HCR, l'article 32 de la CCN prévoit une indemnité conventionnelle (2 ans d'ancienneté, 1/10e de mois par an), mais elle est moins favorable que la loi : c'est donc l'indemnité légale qui s'applique.
- Le calcul repose sur le salaire de référence le plus favorable : moyenne des 12 derniers mois OU tiers des 3 derniers mois.
- La formule légale : 1/4 de mois par an (10 premières années), puis 1/3 de mois par an au-delà.
- En cas d'inaptitude d'origine professionnelle, l'indemnité spéciale est au minimum doublée (article L1226-14 du Code du travail).
Le tableau suivant récapitule la formule légale de calcul de l'indemnité de licenciement selon l'ancienneté du salarié dans la convention collective HCR.
| Ancienneté |
Formule de calcul |
| De 0 à 10 ans |
1/4 de mois de salaire de référence par année d’ancienneté |
| Au-delà de 10 ans |
1/3 de mois de salaire de référence par année d’ancienneté |
Les années incomplètes se calculent au prorata des mois complets. Par exemple, pour un salarié ayant 12 ans et 7 mois d'ancienneté avec un salaire de référence de 2 400 € :
10 premières années : 10 × (2 400 / 4) = 6 000 €
2 ans et 7 mois suivants : 2,58 × (2 400 / 3) = 2 064 €
Total : 8 064 €
💡 Bon à savoir : cette formule constitue un plancher légal. La CCN HCR ou un accord d'entreprise peuvent prévoir des dispositions plus favorables. Vous devez toujours appliquer la règle la plus avantageuse pour le salarié.
Qu'est-ce que l'indemnité de licenciement ?
L'indemnité de licenciement est une somme versée au salarié en CDI licencié (hors faute grave ou lourde) lorsqu'il justifie de l'ancienneté minimale prévue par la loi. Elle vise à compenser la rupture du contrat de travail à l'initiative de l'employeur.
L'indemnité légale constitue un plancher : des dispositions plus favorables peuvent résulter de la CCN HCR (IDCC 1979) ou d'un accord d'entreprise. Vous devez toujours appliquer la règle la plus favorable au salarié, conformément au principe de faveur en droit du travail.
⚠️ Attention : l'indemnité de licenciement ne doit pas être confondue avec l'indemnité compensatrice de préavis ni avec l'indemnité compensatrice de congés payés. Ce sont trois sommes distinctes, versées pour des motifs différents et régies par des règles spécifiques.
Qui a droit à l'indemnité de licenciement en HCR ?
Pour bénéficier de l'indemnité de licenciement, le salarié doit remplir trois conditions cumulatives :
Type de contrat
Seuls les salariés en CDI ont droit à l'indemnité de licenciement. Les CDD relèvent d'un autre régime (indemnité de fin de contrat ou indemnité de précarité), et la notion de licenciement ne s'y applique pas.
Ancienneté minimum
Le salarié doit justifier d'au moins 8 mois ininterrompus au service du même employeur. L'ancienneté se calcule au jour de l'envoi de la lettre de licenciement (notification de licenciement).
Vous devez comptabiliser les périodes de travail effectif et les périodes assimilées (congés payés, certains arrêts maladie, congé maternité, etc.) selon les textes applicables. Les interruptions peuvent affecter l'ancienneté : procédez à un relevé chronologique si nécessaire (date d'embauche, avenants, suspensions de contrat).
Motif de licenciement
Tous les motifs de licenciement ouvrent droit à l'indemnité, sauf la faute grave ou la faute lourde. Sont donc concernés :
Cas particulier du temps partiel
Pour les salariés à temps partiel, l'indemnité est calculée selon les mêmes règles, mais le salaire de référence est naturellement basé sur leur rémunération effective. Les droits sont donc proratisés selon l'horaire contractuel.
Le salaire de référence en HCR sert de base au calcul de l'indemnité. Vous devez retenir la méthode la plus favorable au salarié entre deux options :
Option 1 : Moyenne mensuelle des 12 derniers mois
Calculez la moyenne mensuelle des 12 derniers mois précédant la notification de licenciement (ou de la durée d'emploi si elle est inférieure à 12 mois).
Formule : Somme des rémunérations brutes des 12 derniers mois ÷ 12
Option 2 : Tiers des 3 derniers mois
Calculez le tiers de la rémunération brute des 3 derniers mois précédant la notification de licenciement. Les primes annuelles ou exceptionnelles versées durant cette période doivent être prises en compte au prorata de leur période d'acquisition.
Formule : (Somme des rémunérations brutes des 3 derniers mois + primes annuelles proratisées) ÷ 3
Éléments à inclure dans le salaire de référence
Vous devez inclure tous les éléments habituels de rémunération :
Éléments à exclure
Vous devez exclure les éléments exceptionnels et non habituels :
primes exceptionnelles ponctuelles ;
bonus non récurrents ;
indemnités de remboursement de frais ;
indemnités journalières de sécurité sociale.
💡 Bon à savoir : conservez toujours la traçabilité du choix de la méthode retenue (calculs détaillés, bulletins de paie de référence) pour justifier votre décision en cas de contrôle ou de contentieux.
Guide HCR - Hôtels, Cafés, Restaurants
Existe-t-il des spécificités HCR pour l'indemnité de licenciement ?
La CCN HCR (IDCC 1979) prévoit à son article 32 une indemnité conventionnelle de licenciement avec des conditions spécifiques :
ancienneté minimum : 2 ans (vs 8 mois pour la loi) ;
barème : 1/10e de mois par an jusqu'à 10 ans, puis 1/10e + 1/15e au-delà (vs 1/4 puis 1/3 pour la loi).
Tableau comparatif entre l'indemnité légale et l'indemnité HCR :
| Critère |
Indemnité légale |
Indemnité HCR |
Plus favorable |
| Ancienneté minimum |
8 mois |
2 ans |
Indemnité légale |
| 0-10 ans |
1/4 de mois (0,25) |
1/10e (0,10) |
Indemnité légale |
| Au-delà 10 ans |
1/3 de mois (0,33) |
7/30e (≈ 0,23) |
Indemnité légale |
Exemple : salarié avec 8 ans d'ancienneté et 2 000 € de salaire de référence :
Conformément au principe de faveur, vous devez toujours appliquer l'indemnité légale en HCR car elle est systématiquement plus favorable. Seuls des accords d'entreprise encore plus avantageux que la loi pourraient prévaloir.
En hôtellerie-restauration, le régime de l'indemnité de licenciement varie selon l'origine de l'inaptitude constatée par le médecin du travail.
Inaptitude d'origine non professionnelle
En cas d'inaptitude d'origine non professionnelle (maladie non professionnelle, usure naturelle, etc.), le salarié licencié a droit à une indemnité au moins égale au minimum légal (ou au montant conventionnel si plus favorable). Le calcul suit les règles classiques décrites ci-dessus : salaire de référence × formule légale (1/4 puis 1/3 de mois par an).
Inaptitude d'origine professionnelle
En cas d'inaptitude d'origine professionnelle consécutive à un accident du travail ou une maladie professionnelle, le salarié licencié bénéficie d'une indemnité spéciale au moins égale au double de l'indemnité légale de licenciement (article L1226-14 du Code du travail).
Calcul :
Calculez l'indemnité légale de licenciement selon la formule habituelle
Multipliez ce montant par 2
Comparez avec l'éventuelle indemnité conventionnelle plus favorable
Retenez le montant le plus élevé
💡 Bon à savoir : cette indemnité spéciale doublée s'applique également en cas de licenciement pour inaptitude suite à un accident de trajet assimilé à un accident du travail.
Quelles sont les autres indemnités à ne pas confondre ?
Lors d'un licenciement, plusieurs indemnités distinctes peuvent être dues. Il est essentiel de ne pas les confondre, car elles obéissent à des règles spécifiques (assiette, calcul, régime social et fiscal).
Indemnité compensatrice de préavis
L'indemnité compensatrice de préavis est due lorsque le préavis de licenciement n'est pas exécuté à l'initiative de l'employeur (dispense de préavis). Elle n'est pas due en cas de faute grave ou lourde.
Cette indemnité correspond au salaire que le salarié aurait perçu s'il avait effectué son préavis. Elle est distincte de l'indemnité de licenciement.
Indemnité compensatrice de congés payés
L'indemnité compensatrice de congés payés correspond aux droits à congés acquis mais non pris au moment de la rupture du contrat. Elle est due dans tous les cas de rupture (y compris faute grave ou lourde).
Son calcul suit les règles de l'indemnité de congés payés : méthode du maintien de salaire ou méthode du 1/10e, en retenant la plus favorable.
Indemnité de licenciement
L'indemnité de licenciement compense spécifiquement la rupture du contrat à l'initiative de l'employeur. Elle fait l'objet du présent article.
💡 Bon à savoir : ces trois indemnités sont cumulables (sauf faute grave ou lourde qui exclut l'indemnité de licenciement et l'indemnité de préavis). Elles doivent figurer sur le solde de tout compte avec des libellés distincts.
Sur le bulletin de paie
Sur le dernier bulletin de paie ou le bulletin de solde de tout compte, vous devez :
utiliser un libellé explicite (exemple : "Indemnité légale de licenciement" ou "Indemnité conventionnelle de licenciement") ;
indiquer la base de calcul : ancienneté (en années et mois) et salaire de référence ;
afficher le montant brut de l'indemnité ;
appliquer le régime social et fiscal en vigueur (voir ci-dessous).
Régime social et fiscal
L'indemnité de licenciement bénéficie d'exonérations de cotisations sociales et d'impôt sur le revenu dans certaines limites. Ces règles sont complexes et évoluent régulièrement.
Vous devez appliquer les notes URSSAF et les bulletins officiels des finances publiques (BOFiP) en vigueur au moment du licenciement pour déterminer :
la part exonérée de cotisations sociales ;
la part exonérée de CSG/CRDS ;
la part exonérée d'impôt sur le revenu ;
les plafonds applicables.
Documents à conserver
Vous devez obligatoirement archiver :
le calcul détaillé de l'indemnité (méthode retenue, salaire de référence, ancienneté) ;
les bulletins de paie ayant servi au calcul du salaire de référence ;
l'accord collectif ou la convention collective applicables ;
la lettre de licenciement et le certificat de travail ;
les documents justifiant d'une éventuelle inaptitude d'origine professionnelle (avis médecin du travail, reconnaissance AT/MP).
Pour sécuriser le calcul et le versement de l'indemnité de licenciement en HCR, suivez ce processus en 5 étapes :
vérifiez l'éligibilité : contrôlez le motif de licenciement (pas de faute grave/lourde) et l'ancienneté minimum (8 mois ininterrompus au jour de la notification)
déterminez le salaire de référence : calculez les deux options (moyenne 12 mois / tiers 3 mois) et retenez le montant le plus favorable au salarié
appliquez la formule de calcul : utilisez la formule légale (1/4 puis 1/3) et comparez systématiquement avec l'éventuel barème conventionnel ou accord d'entreprise plus favorable
documentez le calcul : rédigez un calcul détaillé, étape par étape, et archivez toutes les pièces justificatives (bulletins de paie, textes applicables, avis d'inaptitude le cas échéant)
contrôlez l'affichage : vérifiez le libellé sur le bulletin de paie, l'application correcte du régime social et fiscal, et la cohérence avec les autres indemnités de rupture
💡 Bon à savoir : en cas de doute sur le calcul ou de situation complexe (carrière longue, changements de rémunération importants, périodes d'absence prolongées), n'hésitez pas à solliciter l'avis d'un expert-comptable ou d'un juriste spécialisé en droit social.
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Dernière vérification le 2026-03-16.