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Retraite – Convention collective Coiffure (IDCC 2596)

Quelles sont les règles de départ à la retraite dans la convention collective coiffure ?

Départ volontaire, mise à la retraite, indemnités et préavis : la CCN Coiffure renvoie aux dispositions légales du Code du travail. Cette page détaille les règles applicables aux salariés de la coiffure.

Nombre d'entreprises concernées par la CCN

Nombre d'entreprises concernées par la CCN

Entreprises de coiffure et professions connexes relevant notamment du code NAF 9602A

Champ d'application

Champ d'application

Coiffure, Soins capillaires, Professions connexes

À retenir

  • La convention collective coiffure (IDCC 2596) distingue le départ volontaire à la retraite, à l'initiative du salarié, et la mise à la retraite, à l'initiative de l'employeur.

  • L'âge légal de départ est fixé à 64 ans pour les générations nées à partir du 1er janvier 1969, avec un taux plein automatique à 67 ans.

  • La CCN Coiffure ne prévoit aucune indemnité de retraite plus favorable que le minimum légal : elle renvoie directement au Code du travail.

  • Les cadres et agents de maîtrise bénéficient d'un préavis conventionnel de 3 mois, plus long que le préavis légal des autres salariés.

  • L'employeur ne peut proposer la mise à la retraite qu'à partir de 67 ans, et il doit l'imposer d'office à partir de 70 ans.

La convention collective coiffure (IDCC 2596) encadre le départ à la retraite des salariés de la coiffure et des professions connexes. Elle ne fixe pas de règles spécifiques plus favorables que la loi : son article 7.5.2 renvoie aux dispositions du Code du travail pour les indemnités, l'âge de départ et les modalités de rupture. Cette page détaille les règles applicables, qu'il s'agisse d'un départ volontaire du salarié ou d'une mise à la retraite décidée par l'employeur.

Quelles sont les deux formes de départ à la retraite ?

La convention collective coiffure distingue deux formes de départ à la retraite : le départ volontaire, à l'initiative du salarié, et la mise à la retraite, à l'initiative de l'employeur. L'article 7.5.2 de la CCN renvoie aux dispositions du Code du travail (articles L. 1237-5 et suivants pour la mise à la retraite, D. 1237-1 et D. 1237-2 pour l'indemnisation).

💡 Bon à savoir : la CCN coiffure ne prévoit pas d'indemnité de départ à la retraite plus favorable que le minimum légal, l'article 7.5.2 renvoyant directement au Code du travail.

L'âge légal de départ à la retraite est fixé à 64 ans pour les salariés nés à compter du 1er janvier 1969, en application de la réforme des retraites (loi n° 2023-270 du 14 avril 2023) et de son calendrier ajusté.

Pour les générations nées entre le 1er septembre 1961 et le 31 décembre 1968, l'âge légal augmente progressivement de 3 mois par génération, jusqu'à 63 ans et 9 mois pour les personnes nées en 1968.

Le taux plein est acquis automatiquement à 67 ans, quel que soit le nombre de trimestres validés.

Combien de trimestres faut-il pour partir à taux plein ?

Le nombre de trimestres exigé pour une retraite à taux plein est fixé à 172 trimestres, soit 43 annuités, pour les salariés nés à partir du 1er janvier 1966. Ce seuil résulte de la montée en charge progressive de la réforme 2023, qui porte la durée de cotisation de 167 à 172 trimestres. Les générations intermédiaires bénéficient d'un seuil réduit :

  • salariés nés entre janvier et mars 1965 : 170 trimestres ;

  • salariés nés entre avril et décembre 1965 : 171 trimestres ;

  • salariés nés à partir de janvier 1966 : 172 trimestres.

Sans le nombre de trimestres requis, le salarié qui part avant 67 ans subit une décote sur sa pension. Une salariée coiffeuse née en juin 1965 et totalisant 168 trimestres à 63 ans devra donc soit attendre d'atteindre 171 trimestres, soit patienter jusqu'à 67 ans pour bénéficier du taux plein automatique, sans décote.

Quelles sont les règles du départ volontaire à la retraite ?

Le départ volontaire à la retraite permet au salarié de rompre son contrat de travail dès qu'il atteint l'âge légal, sans que l'employeur puisse s'y opposer. Il s'agit d'un motif autonome de rupture, distinct de la démission, encadré par les articles L. 1237-9 et suivants du Code du travail. Le salarié notifie sa décision par lettre recommandée avec accusé de réception et respecte un préavis.

Quel préavis pour un départ volontaire à la retraite ?

Le préavis de départ volontaire à la retraite s'aligne sur le préavis légal de licenciement, sauf pour les cadres et agents de maîtrise qui bénéficient d'une durée conventionnelle plus longue.

Ancienneté du salarié Durée du préavis
Moins de 6 mois Selon convention, accord ou usage
De 6 mois à moins de 2 ans 1 mois
2 ans ou plus 2 mois
Cadres et agents de maîtrise (CCN Coiffure) 3 mois

Comment est calculée l'indemnité de départ volontaire à la retraite ?

L'indemnité de départ volontaire à la retraite est due uniquement si le salarié justifie d'au moins 10 ans d'ancienneté dans l'entreprise, conformément au barème légal de l'article D. 1237-1 du Code du travail.

Ancienneté du salarié Montant de l’indemnité
De 10 à moins de 15 ans 0,5 mois de salaire
De 15 à moins de 20 ans 1 mois de salaire
De 20 à moins de 30 ans 1,5 mois de salaire
30 ans et plus 2 mois de salaire

⚠️ Attention : un salarié qui quitte l'entreprise avant 10 ans d'ancienneté ne perçoit aucune indemnité légale de départ à la retraite.

Le salaire de référence retenu est celui qui est le plus avantageux pour le salarié entre deux méthodes de calcul : 1/12 de la rémunération brute des 12 derniers mois, ou 1/3 de la rémunération brute des 3 derniers mois, primes incluses au prorata.

Quelles sont les règles de la mise à la retraite par l'employeur ?

La mise à la retraite permet à l'employeur de rompre le contrat de travail d'un salarié qui a atteint l'âge requis, sans que cette rupture constitue un licenciement. Elle n'est possible qu'à partir de 67 ans et devient automatique, sans possibilité de refus, à partir de 70 ans.

À partir de quel âge l'employeur peut-il proposer la mise à la retraite ?

Entre 67 et 69 ans révolus, l'employeur peut interroger le salarié par écrit sur son intention de partir à la retraite, mais ne peut pas l'y contraindre. Cette interrogation doit intervenir 3 mois avant chaque date anniversaire, et le salarié dispose d'1 mois pour répondre. En cas de refus ou d'absence de réponse dans ce délai, l'employeur ne peut pas mettre le salarié à la retraite cette année-là et devra renouveler sa demande l'année suivante s'il le souhaite. À partir de 70 ans, l'employeur peut mettre le salarié à la retraite d'office, sans possibilité d'opposition de sa part.

Comment est calculée l'indemnité de mise à la retraite ?

L'indemnité de mise à la retraite est au moins égale à l'indemnité légale de licenciement, calculée selon le barème de l'article R. 1234-2 du Code du travail.

Ancienneté du salarié Montant de l’indemnité
Jusqu’à 10 ans 1/4 de mois de salaire par année d’ancienneté
Au-delà de 10 ans (par année, à partir de la 11e) 1/3 de mois de salaire par année d’ancienneté

👉 À noter : l'indemnité de mise à la retraite bénéficie d'exonérations fiscales et sociales sous conditions de plafond, contrairement à l'indemnité de départ volontaire, intégralement soumise aux charges sociales et à l'impôt sur le revenu.

Qu'est-ce que la retraite progressive ?

La retraite progressive permet à un salarié de percevoir une fraction de sa pension tout en poursuivant une activité à temps partiel. Elle est accessible dès 60 ans, pour les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2025, sous réserve de justifier d'au moins 150 trimestres d'assurance retraite tous régimes confondus et d'exercer une activité comprise entre 40 % et 80 % d'un temps complet. L'employeur ne peut refuser la demande que pour un motif d'incompatibilité avec l'activité économique de l'entreprise, et doit motiver son refus.

Comment fonctionne le cumul emploi-retraite ?

Le cumul emploi-retraite permet à un salarié retraité de reprendre une activité professionnelle tout en continuant à percevoir sa pension. Depuis la réforme 2023, le cumul emploi-retraite intégral, réservé aux salariés ayant liquidé toutes leurs pensions à taux plein, permet aux cotisations versées pendant la reprise d'activité de générer une seconde pension. En dehors de ces conditions, le cumul reste possible mais le montant total des pensions perçues peut être plafonné.

Quels sont les effets du départ à la retraite sur les droits du salarié ?

Le départ à la retraite, qu'il soit volontaire ou décidé par l'employeur, ouvre droit à plusieurs éléments au moment du solde de tout compte :

  • indemnité compensatrice de congés payés : versée pour les congés acquis et non pris ;

  • certificat de travail et attestation France Travail : remis systématiquement, même si le salarié ne s'inscrit pas comme demandeur d'emploi ;

  • compte personnel de formation (CPF) : les droits cessent d'être mobilisables dès la liquidation de la retraite à taux plein, sauf reprise d'activité en cumul emploi-retraite avec décote.

⚠️ Attention : contrairement à un licenciement, le départ à la retraite n'ouvre pas droit à l'assurance chômage. La portabilité de la mutuelle et de la prévoyance, réservée aux salariés indemnisés par France Travail, ne s'applique donc pas. Un maintien à titre individuel de la mutuelle collective reste possible via la loi Évin, sans limite de durée mais à un tarif progressif à la charge du salarié.

Quel régime de retraite complémentaire s'applique dans la coiffure ?

Les salariés de la coiffure relèvent du régime général de la Sécurité sociale et du régime de retraite complémentaire Agirc-Arrco, comme l'ensemble des salariés du secteur privé. La CCN Coiffure ne prévoit pas de régime supplémentaire de branche, de type PER collectif (ex-PERCO) ou article 83. Un accord d'entreprise peut toutefois instaurer ce type de dispositif au niveau local.

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Information à caractère informatif, sans conseil juridique. Dernière vérification le 2026-07-28.

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FAQ — Retraite CCN Coiffure (IDCC 2596)

Non, la convention collective coiffure ne prévoit aucune indemnité de départ à la retraite supérieure au minimum légal. Son article 7.5.2 renvoie directement aux barèmes du Code du travail, aussi bien pour le départ volontaire que pour la mise à la retraite.

Oui, le salarié peut refuser la mise à la retraite proposée entre 67 et 69 ans : ce refus empêche l'employeur de le mettre à la retraite cette année-là. L'employeur peut renouveler sa demande chaque année jusqu'aux 70 ans du salarié, âge à partir duquel la mise à la retraite devient automatique et ne peut plus être refusée.

La retraite progressive permet de percevoir une fraction de sa pension tout en travaillant à temps partiel avant la liquidation définitive. Le cumul emploi-retraite, quant à lui, consiste à reprendre une activité après avoir déjà liquidé l'intégralité de sa pension. La retraite progressive est accessible dès 60 ans sous conditions de trimestres, le cumul emploi-retraite n'a pas de condition d'âge minimum.

Le cumul emploi-retraite intégral, applicable lorsque le salarié a liquidé toutes ses pensions à taux plein, permet depuis la réforme 2023 de générer une seconde pension grâce aux cotisations versées pendant la reprise d'activité. En dehors de ce cas, les cotisations versées en cumul plafonné ne créent aucun droit supplémentaire.

Non, la portabilité de la mutuelle et de la prévoyance ne s'applique pas au départ à la retraite, car ce départ n'ouvre pas droit à l'assurance chômage. Le salarié retraité peut toutefois demander le maintien individuel de sa mutuelle d'entreprise via la loi Évin, sans limite de durée mais à un tarif qui augmente progressivement.

Le CPF cesse d'être alimenté et mobilisable dès que le salarié liquide sa retraite à taux plein ou atteint 67 ans. Seuls les droits issus du compte d'engagement citoyen restent utilisables après le départ à la retraite, et les droits CPF peuvent être réactivés en cas de reprise d'activité dans le cadre d'un cumul emploi-retraite avec décote.

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