À retenir :
L'âge légal de départ à la retraite est fixé à 64 ans pour les salariés nés à partir du 1er janvier 1968, et la convention collective ne déroge pas à cette règle ;
L'indemnité de départ volontaire à la retraite atteint jusqu'à 4 mois de salaire pour les ouvriers et ETAM, et jusqu'à 6 mois pour les cadres ;
La mise à la retraite par l'employeur n'est possible qu'à partir de 67 ans, sauf accord du salarié ;
L'employeur doit verser une contribution patronale de 40 % en cas de mise à la retraite ;
Le préavis applicable est identique à celui du licenciement, soit jusqu'à 3 mois pour les cadres.
Quel est le montant de l'indemnité de départ à la retraite dans la convention collective Blanchisserie ?
| Ancienneté |
CCN Ouvriers/ETAM (art. 5.4.2) |
CCN Cadres (Annexe III, art. 5 bis) |
Code du travail (minimum légal) |
| 5 ans |
0,5 mois |
1 mois |
Aucune indemnité |
| 10 ans |
1 mois |
2 mois |
0,5 mois |
| 15 ans |
2 mois |
3 mois |
1 mois |
| 20 ans |
3 mois |
4 mois |
1,5 mois |
| 25 ans |
3 mois |
5 mois |
1,5 mois |
| 30 ans |
4 mois |
6 mois (plafond) |
2 mois |
👉 À noter : ce barème s'applique au départ volontaire à la retraite. Les modalités de la mise à la retraite décidée par l'employeur sont détaillées plus bas.
La convention collective nationale de la blanchisserie prévoit des indemnités de départ à la retraite plus favorables que le Code du travail. Cette page détaille l'âge de départ, les conditions de départ volontaire, la procédure de mise à la retraite et les montants applicables selon votre catégorie professionnelle.
Quel est l'âge légal de départ à la retraite dans le secteur de la blanchisserie ?
L'âge légal de départ à la retraite est fixé à 64 ans depuis la réforme portée par la loi n° 2023-270 du 14 avril 2023, pour les salariés nés à partir du 1er janvier 1968. Des mesures transitoires s'appliquent aux générations nées entre le 1er septembre 1961 et le 31 décembre 1967, avec un relèvement progressif de trois mois par génération.
La convention collective Blanchisserie ne modifie pas cet âge légal, qui relève exclusivement du Code de la sécurité sociale, mais elle prévoit des indemnités de départ plus favorables.
Bon à savoir
L'âge d'annulation de la décote, à partir duquel la retraite à taux plein est automatique, reste fixé à 67 ans. C'est aussi à partir de cet âge que l'employeur peut engager une procédure de mise à la retraite.
Quelle est la différence entre départ volontaire et mise à la retraite ?
Le départ volontaire à la retraite résulte de l'initiative du salarié, dès qu'il atteint l'âge légal et remplit ses conditions d'ouverture de droits à pension. La mise à la retraite, elle, est décidée par l'employeur et n'est possible qu'à partir de 67 ans, sauf accord du salarié.
L'employeur doit alors interroger le salarié par écrit au moins trois mois avant sa date anniversaire, celui-ci disposant d'un mois pour répondre (article L1237-5 du Code du travail).
Le calcul de salaire retenu pour déterminer l'indemnité de départ à la retraite varie selon la catégorie professionnelle du salarié. Deux barèmes coexistent dans la convention collective Blanchisserie : celui des ouvriers, employés, techniciens et agents de maîtrise, et celui des ingénieurs et cadres.
Ouvriers, employés, techniciens et agents de maîtrise
L'article 5.4.2 de la convention collective (accord du 21 juin 2022, étendu par arrêté du 10 novembre 2023) fixe l'indemnité de départ volontaire à la retraite selon l'ancienneté du salarié :
1/2 mois de salaire après 5 ans d'ancienneté ;
1 mois de salaire après 10 ans ;
2 mois de salaire après 15 ans ;
3 mois de salaire après 20 ans ;
4 mois de salaire après 30 ans.
Le salaire de référence retenu pour ce calcul est la moyenne des rémunérations des 3 derniers mois de présence du salarié.
Ingénieurs et cadres
L'annexe III, article 5 bis (avenant du 21 octobre 2024, étendu par arrêté du 15 mai 2025) prévoit une indemnité de 1/5 de mois par année de présence pour les cadres partant à la retraite à 60 ans ou plus, sans pouvoir dépasser 6 mois de salaire. Le calcul repose sur la moyenne des 12 derniers mois de rémunération.
⚠️ Attention : la convention collective Blanchisserie est nettement plus favorable que le Code du travail pour toutes les tranches d'ancienneté. L'employeur doit appliquer le barème conventionnel dès lors qu'il est plus avantageux pour le salarié.
L'indemnité de mise à la retraite ne peut pas être inférieure à l'indemnité légale de licenciement, fixée par l'article L1234-9 du Code du travail : 1/4 de mois de salaire par année d'ancienneté pour les 10 premières années, puis 1/3 de mois par année au-delà. Pour les cadres, l'article 5 bis de l'annexe III ne distingue pas entre départ volontaire et mise à la retraite : la même indemnité de 1/5 de mois par année s'applique. L'employeur doit néanmoins vérifier que ce montant reste au moins égal à l'indemnité légale de licenciement.
Quel préavis respecter en cas de départ ou de mise à la retraite ?
Le préavis de licenciement à respecter en cas de départ ou de mise à la retraite est identique à celui prévu en cas de licenciement (article L1237-10 du Code du travail). L'article 5.3 de la convention collective Blanchisserie fixe les durées suivantes selon la catégorie et l'ancienneté du salarié :
| Catégorie |
Ancienneté < 2 ans |
Ancienneté ≥ 2 ans |
| Ouvriers |
1 mois |
2 mois |
| Employés / techniciens / agents de maîtrise |
1 mois |
2 mois |
| Ingénieurs et cadres |
3 mois |
3 mois |
Quelle procédure l'employeur doit-il suivre pour mettre un salarié à la retraite ?
La procédure de mise à la retraite impose à l'employeur plusieurs étapes strictes, encadrées par les articles L1237-5 et L1237-5-1 du Code du travail :
interroger le salarié par écrit au moins 3 mois avant sa date anniversaire des 67 ans ;
laisser au salarié un délai d'1 mois pour accepter ou refuser ;
renouveler la demande chaque année en cas de refus ;
ne jamais imposer la mise à la retraite avant 67 ans, sauf accord du salarié ;
s'exposer à une requalification en licenciement sans cause réelle et sérieuse en cas de procédure non conforme.
⚠️ Attention : l'employeur qui met un salarié à la retraite doit aussi verser une contribution patronale de 40 %, assise sur la fraction de l'indemnité de mise à la retraite exclue de l'assiette des cotisations de sécurité sociale (article L137-12 du Code de la sécurité sociale, modifié par la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025, en vigueur depuis le 31 décembre 2025). Cette contribution n'est pas due en cas de départ volontaire du salarié.
Que deviennent la mutuelle et la prévoyance après un départ à la retraite ?
En cas de départ volontaire à la retraite, le salarié ne bénéficie pas de la portabilité de sa mutuelle et de sa prévoyance, réservée par l'article L911-8 du Code de la sécurité sociale aux cessations ouvrant droit à l'assurance chômage. Il peut toutefois demander le maintien individuel de sa complémentaire santé au titre de la loi Évin (loi n° 89-1009 du 31 décembre 1989), l'organisme assureur devant lui proposer ce maintien dans les deux mois suivant la fin du contrat. Le même régime s'applique en cas de mise à la retraite.
Quelles sont les conséquences du départ à la retraite sur les congés payés et le solde de tout compte ?
Au moment du départ ou de la mise à la retraite, le salarié a droit au paiement de l'ensemble de ses congés payés acquis et non pris. Le solde de tout compte comprend :
le salaire dû jusqu'au dernier jour travaillé ;
l'indemnité compensatrice de congés payés ;
l'indemnité de départ ou de mise à la retraite ;
le prorata éventuel des primes annuelles.
L'employeur doit également remettre au salarié un certificat de travail, un reçu pour solde de tout compte et une attestation France Travail.
Information à caractère informatif, sans conseil juridique. Dernière vérification le 2026-08-07.
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