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Convention collective Blanchisserie (IDCC 2002)

Quelle est la durée du repos hebdomadaire dans la convention collective blanchisserie ?

Le repos hebdomadaire constitue un droit fondamental pour les salariés de la branche blanchisserie, laverie et pressing. Cette page détaille les règles issues du Code du travail et les dispositions spécifiques de l'article 6.1 de la CCN IDCC 2002, en distinguant clairement ce qui relève de la loi et ce qui relève de la convention collective.

Nombre d'entreprises concernées par la CCN

Nombre d'entreprises concernées par la CCN

Environ 12 000 entreprises

Champ d'application

Champ d'application

Blanchisserie industrielle, Laverie, Location de linge, Pressing, Nettoyage à sec, Teinturerie

À retenir :

  • Le repos hebdomadaire minimal légal est de 35 heures consécutives (24 h de repos hebdomadaire + 11 h de repos quotidien), un plancher que la convention collective ne peut réduire.

  • L'article 6.1 de la convention collective blanchisserie (IDCC 2002) fixe un objectif de deux jours de repos consécutifs incluant le dimanche, sans obligation absolue.

  • Aucun salarié ne peut travailler plus de six jours par semaine, sauf dérogation légale au repos dominical.

  • La CCN Blanchisserie ne prévoit aucune majoration conventionnelle pour le travail du dimanche ou les jours fériés travaillés.

  • Le non-respect du repos hebdomadaire expose l'employeur à une amende de 1 500 € par salarié, portée à 3 000 € en cas de récidive.

Le repos hebdomadaire est fixé à 35 heures consécutives minimum pour tous les salariés relevant de la convention collective blanchisserie. Cette durée résulte du Code du travail ; l'article 6.1 de la convention collective y ajoute un objectif d'organisation propre à la branche.

Quelles sont les règles légales du repos hebdomadaire applicables à la blanchisserie ?

Le repos hebdomadaire minimal légal est de 35 heures consécutives pour tout salarié de la blanchisserie, y compris ceux relevant de la convention collective nationale IDCC 2002.

L'article L3132-1 du Code du travail interdit de faire travailler un salarié plus de six jours par semaine. L'article L3132-2 fixe la durée minimale du repos hebdomadaire à 24 heures consécutives, cumulées avec les 11 heures de repos quotidien prévues à l'article L3131-1.

L'article L3132-3 pose le principe selon lequel ce repos est donné le dimanche.

Règle Fondement légal Contenu
Interdiction de travailler plus de 6 jours/semaine Art. L3132-1 Aucun salarié ne peut travailler plus de 6 jours par semaine
Durée minimale du repos hebdomadaire Art. L3132-2 24 heures consécutives minimum
Repos quotidien Art. L3131-1 11 heures consécutives minimum
Repos hebdomadaire effectif (cumul) Art. L3132-2 + L3131-1 35 heures consécutives minimum
Jour de repos par défaut Art. L3132-3 Le dimanche

Bon à savoir

Le repos hebdomadaire minimal de 35 heures consécutives résulte de la combinaison du repos hebdomadaire (24 heures) et du repos quotidien (11 heures). Cette durée constitue un plancher légal que ni la convention collective ni l'employeur ne peuvent réduire.

Que prévoit l'article 6.1 de la convention collective blanchisserie sur le repos hebdomadaire ?

L'article 6.1 de la convention collective blanchisserie (IDCC 2002), intitulé « Horaires de travail » et en vigueur depuis le 1er janvier 2023 (accord du 21 juin 2022, étendu par arrêté du 10 novembre 2023), fixe un objectif d'organisation du repos hebdomadaire propre à la branche.

Une orientation vers deux jours de repos consécutifs incluant le dimanche

L'article 6.1 précise que l'organisation des horaires de travail doit être réalisée « avec le souci de sauvegarder un repos hebdomadaire de deux jours consécutifs, comprenant le dimanche ». Cette formulation appelle une lecture attentive : il s'agit d'une orientation, d'un objectif que l'employeur doit s'efforcer de respecter dans l'organisation du travail. Ce n'est pas une obligation inconditionnelle.

Concrètement, l'employeur est encouragé par la convention collective à organiser les plannings de manière à attribuer, autant que possible, deux jours de repos consécutifs comprenant le dimanche. Les contraintes liées à l'organisation du travail, aux nécessités de service ou aux dérogations légales au repos dominical peuvent toutefois conduire à une organisation différente :

  • un pressing situé en zone touristique peut rester ouvert le dimanche ;

  • une blanchisserie industrielle en flux continu peut organiser une rotation sur plusieurs semaines ;

  • un salarié peut se voir attribuer deux jours de repos non consécutifs en période de forte activité, à condition que l'employeur justifie cette organisation.

⚠️ Attention: la formulation « avec le souci de sauvegarder » utilisée dans l'article 6.1 exprime une intention et un objectif d'organisation, mais ne constitue pas un droit absolu à deux jours de repos consécutifs incluant le dimanche. L'employeur doit néanmoins justifier les raisons qui l'empêcheraient de respecter cette orientation.

La règle des six jours maximum par semaine

L'article 6.1 de la convention collective confirme qu'aucun salarié ne peut être amené à travailler plus de six jours par semaine, en écho à l'article L3132-1 du Code du travail.

Cette règle admet toutefois une exception en cas de dérogation légale au repos dominical. La Cour de cassation a précisé, dans un arrêt du 13 novembre 2025 (n° 24-10.733), qu'un salarié soumis à une telle dérogation peut légalement travailler jusqu'à douze jours consécutifs entre deux repos hebdomadaires, dès lors que la durée minimale de 35 heures consécutives de repos est respectée à l'issue de cette période.

Dans la pratique de la blanchisserie, cette situation peut concerner :

  • un pressing ouvert le dimanche dans une zone touristique ou commerciale ;

  • une blanchisserie industrielle bénéficiant d'une dérogation permanente liée aux contraintes de production ;

  • un établissement organisant une rotation d'équipes sur deux semaines consécutives.

En dehors de ces cas de dérogation, la limite des six jours consécutifs s'applique strictement, et l'employeur doit organiser les plannings en conséquence.

Comment distinguer les règles issues de la convention collective et celles du Code du travail ?

Deux logiques coexistent dans le repos hebdomadaire de la blanchisserie : les obligations légales impératives du Code du travail, et l'orientation propre à l'article 6.1 de la convention collective.

Ce qui relève de la CCN Blanchisserie (IDCC 2002) :

  • l'objectif d'organiser les horaires « avec le souci de sauvegarder » deux jours de repos consécutifs incluant le dimanche (article 6.1) ;

  • l'interdiction de faire travailler un salarié plus de six jours par semaine (article 6.1, en cohérence avec le Code du travail) ;

  • les règles relatives au temps de travail propres à la branche.

Ce qui relève exclusivement du Code du travail :

  • la durée minimale de 24 heures consécutives de repos hebdomadaire (article L3132-2) ;

  • le repos quotidien de 11 heures consécutives (article L3131-1) ;

  • le principe du repos dominical (article L3132-3) ;

  • les dérogations au repos dominical et leurs conditions (articles L3132-4 et suivants) ;

  • les éventuelles majorations pour travail le dimanche, qui relèvent des dispositions légales de dérogation ou d'accords d'entreprise, et non de la convention collective elle-même.

Règle Source Nature de l’obligation
Repos hebdomadaire de 24 h consécutives Code du travail (L3132-2) Obligation légale impérative
Repos quotidien de 11 h consécutives Code du travail (L3131-1) Obligation légale impérative
Repos hebdomadaire le dimanche Code du travail (L3132-3) Principe légal avec dérogations encadrées
Maximum 6 jours de travail par semaine Code du travail (L3132-1) + CCN art. 6.1 Obligation légale et conventionnelle
Objectif de 2 jours consécutifs incluant le dimanche CCN art. 6.1 Orientation conventionnelle (non inconditionnelle)
Majorations pour travail dominical Code du travail / accords d’entreprise Variable selon le régime de dérogation applicable

Quelles sont les conséquences en cas de non-respect du repos hebdomadaire ?

Le non-respect du repos hebdomadaire est puni d'une amende de 1 500 € par salarié concerné, portée à 3 000 € en cas de récidive, en application de l'article R3135-2 du Code du travail.

Si plusieurs salariés sont privés de leur repos hebdomadaire simultanément, les amendes se cumulent. Un salarié peut également saisir le conseil de prud'hommes pour obtenir des dommages et intérêts, la charge de la preuve de l'organisation conforme du temps de travail incombant à l'employeur.

👉 À noter: L'employeur a l'obligation de conserver les documents relatifs aux horaires de travail et aux repos pendant une durée minimale d'un an. Ces documents doivent pouvoir être présentés à l'inspection du travail à tout moment.

Le travail du dimanche est-il possible dans la branche blanchisserie ?

Le travail du dimanche est possible dans la blanchisserie uniquement dans le cadre des dérogations légales prévues par le Code du travail : la convention collective (IDCC 2002) ne prévoit aucun régime dérogatoire ni majoration spécifique pour le dimanche.

Les dérogations légales applicables :

  • les dérogations permanentes de droit pour les établissements dont le fonctionnement ou l'ouverture est rendu nécessaire par les contraintes de la production (articles L3132-12 et R3132-5) ;

  • les dérogations préfectorales temporaires (article L3132-20) ;

  • les dérogations dans les zones touristiques internationales, zones commerciales ou zones touristiques (articles L3132-24 et suivants).

Majorations pour travail dominical : les éventuelles majorations de salaire pour le travail effectué le dimanche ne sont pas prévues par la convention collective. Elles peuvent résulter des dispositions légales applicables dans le cadre de certaines dérogations, d'un accord d'entreprise ou d'un usage.

Comment organiser concrètement le repos hebdomadaire dans un pressing ou une laverie ?

L'organisation du repos hebdomadaire dans un pressing ou une laverie repose sur trois leviers : la planification des horaires, la rotation équitable des équipes, et l'application des mêmes garanties aux salariés à temps partiel.

Planification et affichage des horaires

L'employeur doit établir un planning des horaires de travail précisant, pour chaque salarié, les jours de repos attribués. Ce planning de travail doit être affiché dans les locaux de l'entreprise et communiqué aux salariés dans un délai raisonnable, conformément aux obligations d'affichage du Code du travail.

Dans un pressing employant plusieurs salariés en horaires décalés, l'affichage des horaires doit permettre à chacun d'identifier immédiatement :

  • son jour de repos hebdomadaire fixe ou tournant ;

  • les horaires d'ouverture de l'établissement les jours travaillés ;

  • les éventuels changements de planning et leur délai de prévenance.

Depuis la version 2023 de l'article 6.1 de la convention collective, tout changement d'horaire collectif doit également faire l'objet d'une consultation du comité social et économique (CSE) lorsque l'entreprise en dispose. Cette formalité renforce la traçabilité de l'organisation du temps de travail et limite les risques de contentieux en cas de contrôle de l'inspection du travail.

Rotation et équité entre les salariés

Dans les établissements fonctionnant en continu ou ouverts le week-end, l'employeur peut mettre en place un système de rotation pour répartir équitablement les jours de repos entre les salariés. L'article 6.1 de la convention collective incite à organiser cette rotation « avec le souci de sauvegarder » deux jours consécutifs incluant le dimanche.

Concrètement, une laverie ouverte sept jours sur sept peut par exemple organiser une rotation sur trois semaines, où :

  • chaque salarié bénéficie d'un dimanche de repos toutes les deux ou trois semaines ;

  • les jours de repos consécutifs sont positionnés en fonction des pics d'activité (week-ends, périodes de fêtes) ;

  • un tableau de suivi permet de vérifier que personne ne dépasse six jours de travail consécutifs.

Cette rotation doit rester compatible avec le plancher légal de 35 heures de repos consécutives, quelle que soit la formule retenue par l'employeur.

Cas particulier du temps partiel

Les salariés à temps partiel bénéficient des mêmes garanties en matière de repos hebdomadaire que les salariés à temps plein. Le repos de 35 heures consécutives s'applique indifféremment de la durée contractuelle du travail.

Dans un pressing employant des salariés à temps partiel sur des créneaux fractionnés, l'employeur doit veiller à ce que :

  • l'organisation des horaires ne réduise pas la durée du repos hebdomadaire en dessous de 35 heures consécutives ;

  • les jours de repos soient clairement identifiés dans le contrat de travail ou l'avenant applicable ;

  • toute modification du planning respecte le même délai de prévenance que pour les salariés à temps plein.

Aucune disposition de la convention collective blanchisserie ne prévoit de règle spécifique dérogatoire pour les salariés à temps partiel en matière de repos hebdomadaire.

Information à caractère informatif, sans conseil juridique. Dernière vérification le 2026-08-07.

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FAQ - Repos hebdomadaire dans la convention collective blanchisserie (IDCC 2002)

Non, la CCN Blanchisserie ne garantit pas automatiquement deux jours de repos consécutifs incluant le dimanche. L'article 6.1 fixe un objectif d'organisation « avec le souci de sauvegarder » ce repos, mais il ne s'agit pas d'une obligation inconditionnelle.

Oui, un salarié peut travailler plus de six jours consécutifs lorsqu'une dérogation légale au repos dominical s'applique. La Cour de cassation a confirmé, le 13 novembre 2025, qu'un salarié peut légalement travailler jusqu'à douze jours consécutifs entre deux repos hebdomadaires dans ce cadre.

Non, la CCN Blanchisserie ne prévoit pas de majoration conventionnelle pour le travail effectué le dimanche. Une majoration peut néanmoins résulter d'une dérogation légale spécifique, d'un accord d'entreprise ou d'un usage établi.

Un employeur peut imposer à un salarié de travailler six jours sur sept, cette durée étant la limite maximale fixée par le Code du travail et l'article 6.1 de la CCN. Il doit ensuite garantir au moins 35 heures de repos consécutives avant la reprise du travail.

L'employeur qui ne respecte pas le repos hebdomadaire risque une amende de 1 500 € par salarié concerné, portée à 3 000 € en cas de récidive, en application de l'article R3135-2 du Code du travail. Les amendes se cumulent si plusieurs salariés sont concernés simultanément.

Non, la CCN Blanchisserie ne prévoit pas de majoration spécifique ni de repos compensateur automatique pour le travail effectué un jour férié. L'article 9.2 de la CCN précise que ses dispositions sur les jours fériés chômés ne s'appliquent pas aux jours fériés travaillés ; seul l'article L3133-4 du Code du travail impose un salaire doublé pour le 1er mai travaillé.

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