À retenir
Durée initiale : 2 mois pour les ouvriers et employés, 3 mois pour les agents de maîtrise, 4 mois pour les cadres ;
Renouvellement : possible une seule fois, sous réserve d'une clause écrite dans le contrat et de l'accord exprès du salarié ;
Décompte : en jours calendaires, à partir du premier jour de travail effectif ;
Délai de prévenance : obligatoire en cas de rupture, variable selon l'ancienneté du salarié et l'auteur de la rupture ;
Cas particuliers : le CDD, le stage et l'apprentissage suivent des règles distinctes fixées par le Code du travail.
La convention collective des services de l'automobile (brochure JO n° 3034, IDCC 1090) encadre les conditions d'emploi de près de 480 000 salariés répartis dans environ 140 000 entreprises. La période d'essai permet à l'employeur d'évaluer les compétences du salarié, et au salarié de vérifier que le poste lui convient. Les règles applicables résultent de l'avenant n° 54 du 21 janvier 2009, étendu par arrêté du 21 avril 2009, et des articles L1221-19 à L1221-26 du Code du travail.
Quelle est la durée de la période d'essai en CDI dans la convention collective de l'automobile ?
La durée maximale de la période d'essai en CDI dépend de la catégorie professionnelle du salarié, conformément aux plafonds légaux repris par l'avenant n° 54 du 21 janvier 2009 :
Ces durées se décomptent en jours calendaires, samedis, dimanches et jours fériés inclus. La période d'essai débute au premier jour de travail effectif, quelle que soit la date de signature du contrat.
La période d'essai ne se présume pas : l'employeur doit obligatoirement la mentionner dans le contrat de travail ou la lettre d'engagement. Sans clause écrite, le salarié est considéré comme embauché de manière définitive dès le premier jour.
| Catégorie |
Durée initiale maximale |
Durée maximale avec renouvellement |
| Ouvriers et employés |
2 mois |
4 mois |
| Agents de maîtrise (techniciens) |
3 mois |
6 mois |
| Cadres |
4 mois |
8 mois |
💡 Bon à savoir : Les durées de la convention collective automobile sont alignées sur les plafonds légaux du Code du travail. Un accord d'entreprise peut prévoir une durée initiale différente, à condition de ne pas dépasser ces maxima. Si le contrat de travail prévoit une durée plus courte, c'est la durée contractuelle qui s'applique.
Peut-on renouveler la période d'essai dans la convention collective de l'automobile ?
Oui, la période d'essai peut être renouvelée une seule fois dans la convention collective automobile, pour une durée au plus égale à la période initiale. Ce renouvellement est encadré par deux conditions :
le contrat de travail ou la lettre d'engagement doit prévoir expressément la possibilité de renouvellement dès sa signature ;
l'employeur doit recueillir l'accord exprès et écrit du salarié avant l'expiration de la période d'essai initiale, un simple silence ne valant pas acceptation.
Le renouvellement ne concerne que les salariés en CDI. Il ne peut pas s'appliquer aux contrats à durée déterminée.
La période d'essai, renouvellement inclus, ne peut pas être prolongée du fait de la durée du délai de prévenance. Si l'employeur rompt la période d'essai sans respecter ce délai, il doit verser une indemnité compensatrice correspondant au salaire que le salarié aurait perçu pendant le délai restant à courir.
Quel est le délai de prévenance en cas de rupture de la période d'essai ?
Le délai de prévenance varie selon la durée de présence du salarié dans l'entreprise et selon que la rupture est à l'initiative de l'employeur ou du salarié.
| Partie à l’origine de la rupture |
Ancienneté du salarié |
Délai de prévenance |
| Employeur |
Moins de 8 jours |
24 heures |
| Employeur |
De 8 jours à 1 mois |
48 heures |
| Employeur |
Après 1 mois |
2 semaines |
| Employeur |
Après 3 mois |
1 mois |
| Salarié |
Moins de 8 jours |
24 heures |
| Salarié |
8 jours ou plus |
48 heures |
👉 À noter : La période d'essai, renouvellement inclus, ne peut pas être prolongée au-delà de son terme pour respecter le délai de prévenance. Si le délai dépasse le terme de la période d'essai, l'employeur doit verser au salarié une indemnité compensatrice équivalente aux salaires et avantages qu'il aurait perçus jusqu'à l'expiration du délai.
La rupture de la période d'essai n'a pas à être motivée. Une rupture fondée sur un motif discriminatoire ou sans lien avec les compétences professionnelles peut toutefois être considérée comme abusive par les tribunaux.
Quelle est la durée de la période d'essai en CDD dans la convention collective de l'automobile ?
La période d'essai en CDD est régie par le Code du travail (article L1242-10), et non par la convention collective automobile spécifiquement. Les règles de calcul sont les suivantes :
CDD de 6 mois ou moins : 1 jour par semaine de travail prévue, dans la limite de 2 semaines ;
CDD de plus de 6 mois : 1 mois maximum.
Pour un CDD sans terme précis, la durée de la période d'essai se calcule sur la base de la durée minimale du contrat.
Quelles sont les règles pour le contrat d'apprentissage ?
Le contrat d'apprentissage ne comporte pas de période d'essai au sens strict. Le Code du travail (article L6222-18) prévoit que l'employeur ou l'apprenti peut librement rompre le contrat pendant les 45 premiers jours de formation pratique en entreprise, consécutifs ou non.
Cette période de 45 jours se calcule uniquement sur les jours de présence effective en entreprise : les périodes passées au centre de formation ne sont pas comptées. Par exemple, un apprenti qui effectue 3 semaines en entreprise puis 2 semaines en centre de formation n'aura décompté que les 3 semaines de présence réelle.
Pendant ces 45 jours, la rupture peut intervenir sans motif ni procédure particulière, à l'initiative de l'employeur comme de l'apprenti. Concrètement :
l'employeur n'a pas à justifier la rupture ni à respecter de préavis ;
l'apprenti peut également mettre fin au contrat sans avoir à se justifier ;
au-delà des 45 jours, la rupture obéit à des règles plus strictes : accord des deux parties, faute grave, inaptitude ou démission de l'apprenti avec préavis et saisine préalable d'un médiateur.
Cette règle protège autant l'employeur, qui peut mettre fin à une collaboration qui ne convient pas, que l'apprenti, qui garde la liberté de changer d'orientation en tout début de formation.
Quels sont les cas de réduction de la période d'essai ?
La durée de la période d'essai est automatiquement réduite dans plusieurs situations, selon des sources juridiques distinctes.
Quelles réductions s'appliquent après un CDD ou une mission d'intérim ?
Deux cas de figure permettent de réduire la période d'essai d'un salarié récemment embauché :
embauche en CDI après un CDD : la durée du CDD effectué dans l'entreprise est déduite de la période d'essai du CDI, en application de l'article L1243-11 du Code du travail ;
embauche après une mission d'intérim : la durée des missions réalisées dans l'entreprise au cours des 3 mois précédant l'embauche est déduite, en application de l'article L1251-38 du Code du travail.
Par exemple, un salarié qui a effectué un CDD de 3 semaines dans l'entreprise avant d'être embauché en CDI comme ouvrier verra sa période d'essai de 2 mois réduite de ces 3 semaines. Il ne restera donc plus qu'environ 5 semaines de période d'essai à effectuer.
Cette déduction s'applique uniquement si le CDD ou la mission d'intérim ont été effectués dans la même entreprise, sur un poste comparable.
Quelle réduction s'applique après un stage de fin d'études ?
Si l'embauche intervient dans les 3 mois suivant la fin d'un stage intégré à un cursus pédagogique lors de la dernière année d'études, la durée du stage est déduite de la période d'essai, en application de l'article L1221-24 du Code du travail.
Cette réduction connaît deux niveaux :
si le poste occupé correspond aux activités confiées pendant le stage, la durée du stage est déduite intégralement de la période d'essai ;
dans les autres cas, la réduction ne peut pas dépasser la moitié de la durée de la période d'essai.
Par exemple, un stagiaire ayant effectué un stage de 2 mois puis embauché comme agent de maîtrise, sur des missions différentes de son stage, verra sa période d'essai de 3 mois réduite de 1,5 mois maximum, soit la moitié de la durée initiale.
💡 Bon à savoir : la période d'essai d'un salarié à temps partiel ne peut pas avoir une durée calendaire supérieure à celle d'un salarié à temps complet occupant le même type d'emploi. La durée se calcule de la même façon, en jours calendaires, quel que soit le nombre d'heures travaillées.
Quelle règle s'applique après un contrat d'apprentissage ?
Aucune période d'essai ne peut être imposée si le salarié est embauché en CDI, CDD ou intérim à la suite de son apprentissage dans la même entreprise, en application de l'article L6222-16 du Code du travail, sauf disposition contraire d'un accord d'entreprise.
Cette règle vise à sécuriser la transition entre la formation et l'emploi durable : l'employeur a déjà eu l'occasion d'évaluer les compétences de l'apprenti pendant toute la durée de l'apprentissage, une nouvelle période d'essai serait donc redondante.
Concrètement, un apprenti formé pendant 2 ans dans un garage et embauché en CDI à l'issue de son contrat d'apprentissage démarre directement son CDI sans période d'essai, sauf si un accord d'entreprise en dispose autrement.
Pour que la période d'essai soit valide dans le cadre de la convention collective automobile, la clause contractuelle doit mentionner :
la durée exacte de la période d'essai, qui ne peut pas excéder les maxima conventionnels ;
la possibilité de renouvellement, si l'employeur souhaite s'en prévaloir ultérieurement ;
la référence à la convention collective applicable, soit la convention collective des services de l'automobile (IDCC 1090).
En l'absence de clause de renouvellement dans le contrat initial, l'employeur ne pourra pas renouveler la période d'essai, même si la convention collective le permet.
Information à caractère informatif, sans conseil juridique.
Dernière vérification le 17/07/2026.
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