La convention collective des télécommunications (IDCC 2148) renvoie aux durées légales du congé maternité : de 16 à 46 semaines selon la situation familiale ;
Après 6 mois d'ancienneté, la salariée bénéficie du maintien de son salaire net à 100 %, sous déduction des indemnités journalières de la Sécurité sociale (IJSS) ;
Dès le 3e mois de grossesse, la salariée bénéficie d'une réduction de 30 minutes par jour de son temps de travail, sans perte de rémunération ;
Le licenciement est interdit pendant le congé maternité, puis strictement encadré pendant les 10 semaines suivant son retour ;
Au retour, la salariée a droit à un rattrapage salarial, un entretien professionnel et peut demander un congé parental d'éducation.
La convention collective des télécommunications s'applique à environ 1 370 entreprises, couvrant les télécommunications filaires (NAF 6110Z), les télécommunications sans fil (NAF 6120Z), les autres activités de télécommunication (NAF 6190Z) et les centres d'appels (NAF 8220Z).
Quelle est la durée du congé maternité dans la convention collective Télécommunications ?
La convention collective des télécommunications renvoie aux durées légales du congé maternité, fixées par le Code du travail. Cette durée comprend une période avant l'accouchement, le congé prénatal, et une période après, le congé postnatal.
| Enfant(s) à naître |
Congé prénatal |
Congé postnatal |
Durée totale |
| 1er ou 2e enfant |
6 semaines |
10 semaines |
16 semaines |
| 3e enfant ou plus |
8 semaines |
18 semaines |
26 semaines |
| Jumeaux |
12 semaines |
22 semaines |
34 semaines |
| Triplés ou plus |
24 semaines |
22 semaines |
46 semaines |
La salariée peut demander le report d'une partie de son congé prénatal sur le congé postnatal, dans la limite de 3 semaines, sous réserve d'un avis médical favorable. En cas d'accouchement prématuré, la durée totale du congé maternité reste identique. En cas d'accouchement tardif, le congé prénatal est prolongé sans que le congé postnatal ne soit réduit.
Bon à savoir
Si l'enfant reste hospitalisé plus de 6 semaines après sa naissance, la salariée peut reprendre le travail et reporter le reliquat de son congé postnatal à la date de fin de l'hospitalisation.
Quel est le cadre légal du congé maternité ?
Le congé maternité est un droit garanti par le Code du travail, encadré par les articles L. 1225-17 à L. 1225-28. Pendant toute sa durée, le contrat de travail de la salariée est suspendu.
Pour les salariées relevant de la convention collective des télécommunications (IDCC 2148, brochure JO 3303), les dispositions conventionnelles complètent les règles légales. Elles offrent notamment des avantages supplémentaires en matière d'indemnisation et d'aménagement du temps de travail pendant la grossesse.
La salariée bénéficie d'une protection absolue contre le licenciement pendant toute la durée de son congé. Cette protection s'étend aux 10 semaines suivant la fin du congé.
Quelles sont les dispositions spécifiques de la convention collective Télécommunications pour la maternité ?
L'article 4.3.2 de la convention collective Télécommunications prévoit plusieurs dispositions plus favorables que le droit commun.
Le salaire est-il maintenu pendant le congé maternité ?
Après 6 mois d'ancienneté à la date du premier jour d'arrêt, la salariée bénéficie du maintien de son salaire net à 100 % pendant toute la durée légale du congé maternité, sous déduction des IJSS. Ce dispositif est plus favorable que le régime légal, qui ne prévoit que le versement des IJSS, plafonnées à 104,02 €/jour en 2026. Des conditions d'ancienneté similaires s'appliquent également pour le maintien de salaire en cas d'arrêt maladie dans la CCN.
L'ancienneté de 6 mois requise pour ce maintien de salaire s'apprécie en tenant compte de l'ensemble des contrats effectués dans la même entreprise ou le même groupe : CDI, CDD, contrat d'apprentissage, contrat de professionnalisation. Les missions d'intérim et les stages effectués dans les 3 mois précédant le recrutement sont également pris en compte.Quelques exemples concrets pour bien calculer cette ancienneté :
une salariée en CDD depuis 4 mois puis embauchée en CDI cumule son ancienneté sur les deux contrats ;
une ancienne stagiaire embauchée moins de 3 mois après la fin de son stage peut intégrer cette période dans le calcul ;
une mission d'intérim de 2 mois suivie d'une embauche directe dans l'entreprise utilisatrice compte également, si elle a eu lieu dans les 3 mois précédant le recrutement.
Le temps de travail est-il réduit pendant la grossesse ?
À partir du 3e mois de grossesse, les femmes enceintes bénéficient d'une réduction de 30 minutes par jour de leur temps de travail, sans aucune réduction de rémunération. Cette mesure s'applique automatiquement, sans démarche particulière à effectuer auprès de l'employeur.
Le temps passé aux consultations prénatales obligatoires est intégralement rémunéré, sans réduction de salaire.
La salariée perçoit des indemnités journalières de la Sécurité sociale (IJSS), complétées par l'employeur via le maintien de salaire prévu par la convention collective.
Quelles sont les conditions pour percevoir les IJSS ?
La CPAM verse des indemnités journalières sous réserve de remplir plusieurs conditions :
être affiliée à la Sécurité sociale depuis au moins 6 mois à la date présumée de l'accouchement ;
cesser son activité professionnelle pendant au moins 8 semaines ;
avoir travaillé au moins 150 heures dans les 3 mois précédant l'arrêt, ou 600 heures dans les 12 mois précédant l'arrêt.
Le montant est compris entre 11,12 € et 104,02 € par jour en 2026. Le salaire pris en compte pour le calcul est plafonné au plafond mensuel de la Sécurité sociale (PMSS), fixé à 4 005 € par mois en 2026.
L'employeur verse un complément qui porte la rémunération de la salariée au niveau de son salaire net habituel. Grâce au mécanisme de subrogation, l'employeur perçoit directement les IJSS de la CPAM et verse l'intégralité du salaire net à la salariée. Cette dernière n'a aucune démarche à effectuer.
|
IJSS seules |
Maintien de salaire CCN |
| Indemnisation |
Max. 104,02 €/jour |
Salaire net à 100 % |
| Condition d’ancienneté |
Aucune |
6 mois |
| Réduction temps de travail |
Non prévue |
30 min/jour dès le 3e mois |
| Consultations prénatales |
Absence autorisée |
Temps rémunéré |
| Protection licenciement |
Oui |
Oui |
Quelle protection contre le licenciement pendant la grossesse et le congé maternité ?
La salariée bénéficie d'une protection renforcée à trois moments clés :
pendant la grossesse : aucun licenciement n'est possible, sauf faute grave non liée à la grossesse ou impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger à la grossesse ;
pendant le congé maternité : la protection est absolue, aucun licenciement ne peut être notifié, quelle qu'en soit la raison ;
pendant les 10 semaines suivant le congé : la protection reste renforcée, un licenciement n'est possible que pour faute grave non liée à la maternité.
Si un licenciement est notifié avant que l'employeur ait connaissance de la grossesse, la salariée dispose de 15 jours pour envoyer un certificat médical attestant de son état. Le licenciement est alors annulé de plein droit.
Quels sont les droits de la salariée au retour de son congé maternité ?
Au retour de son congé maternité, la salariée retrouve son emploi précédent ou un emploi similaire, avec une rémunération au moins équivalente.
L'employeur doit proposer un entretien professionnel au retour de la salariée, portant sur ses perspectives d'évolution et les formations nécessaires à son parcours. La salariée doit également passer une visite médicale après un congé maternité auprès du médecin du travail, qui vérifie son aptitude à reprendre son poste. La salariée bénéficie par ailleurs des augmentations générales et de la moyenne des augmentations individuelles accordées pendant son absence à sa catégorie professionnelle. Ce rattrapage salarial est obligatoire, quelle que soit la taille de l'entreprise.
L'article 4.3.3 de la convention collective Télécommunications prévoit que tout salarié justifiant d'un an d'ancienneté peut bénéficier d'un congé parental d'éducation jusqu'au 3e anniversaire de l'enfant.
À l'issue de ce congé, la salariée retrouve son emploi précédent ou un emploi similaire assorti d'une rémunération au moins équivalente. Voici les points clés à retenir sur ce congé :
il est ouvert au père — qui bénéficie également des droits au congé de paternité prévus par la CCN Télécommunications — comme à la mère, sous réserve de justifier d'un an d'ancienneté à la date de naissance ou d'adoption de l'enfant ;
il peut être pris à temps plein ou sous forme d'une activité à temps partiel ;
sa durée initiale est d'un an maximum, renouvelable jusqu'au 3e anniversaire de l'enfant ;
il n'est pas rémunéré par l'employeur, mais peut ouvrir droit à une allocation versée par la Caisse d'allocations familiales (CAF).
Important
L’ancienneté nécessaire pour ce congé s'apprécie à la date de naissance ou d'arrivée de l'enfant au foyer, et non à la date de la demande.
Quels sont les droits liés à l'allaitement au retour au travail ?
Conformément aux articles L. 1225-30 à L. 1225-33 du Code du travail, la salariée dispose d'une heure par jour pour allaiter son enfant, pendant les 12 mois suivant la naissance. Ce temps est réparti en deux périodes de 30 minutes, l'une le matin et l'autre l'après-midi.
Les entreprises de plus de 100 salariées peuvent être mises en demeure d'installer un local dédié à l'allaitement, à proximité des locaux de travail.
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Demander une démoInformation à caractère informatif, sans conseil juridique. Dernière vérification le 2026-07-21.