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Convention collective Publicité (IDCC 86)
Comment se déroule une rupture conventionnelle dans la convention collective de la publicité ?
Procédure, absence de préavis, indemnité spécifique et droits du salarié. Guide complet de la rupture conventionnelle dans la CCN publicité (IDCC 86).
Nombre d'entreprises concernées par la CCN
Environ 6 000 entreprises
Champ d'application
Publicité, Régie publicitaire, Communication
À retenir
Aucun préavis n'est requis pour une rupture conventionnelle, contrairement à la démission ou au licenciement.
La procédure dure environ 30 à 35 jours entre la signature de la convention et la fin effective du contrat.
L'indemnité spécifique ne peut être inférieure à l'indemnité légale ou conventionnelle de licenciement, selon la plus favorable.
Le salarié conserve ses droits aux allocations chômage et à la portabilité de sa mutuelle et de sa prévoyance après la rupture.
Les salariés protégés suivent une procédure spécifique nécessitant l'autorisation de l'inspecteur du travail.
La convention collective de la publicité (IDCC 86) s'applique aux entreprises de la publicité française et assimilées : agences conseil en publicité, régies publicitaires, affichage, publicité directe, presse gratuite et cinéma publicitaire. La rupture conventionnelle y obéit aux règles de droit commun, la convention collective n'apportant pas de dispositions spécifiques à ce mode de rupture.
Qu'est-ce que la rupture conventionnelle dans la convention collective de la publicité ?
La rupture conventionnelle est un mode de rupture amiable du contrat de travail à durée indéterminée (CDI), prévu par l'article L. 1237-11 du Code du travail. Elle permet à l'employeur et au salarié de convenir d'un commun accord des conditions de la fin du contrat. Dans la convention collective de la publicité (IDCC 86), elle suit les règles de droit commun.
Bon à savoir
Contrairement à la démission et au licenciement, la rupture conventionnelle ne comporte aucun préavis. La date de fin du contrat est librement fixée par les parties, sous réserve du respect des délais de procédure.
Pourquoi la rupture conventionnelle ne prévoit-elle pas de préavis ?
La rupture conventionnelle repose sur un accord mutuel entre l'employeur et le salarié. Contrairement à la démission (acte unilatéral du salarié) ou au licenciement (acte unilatéral de l'employeur), elle ne nécessite aucun préavis. Les parties fixent librement la date de fin du contrat dans la convention de rupture.
À titre de comparaison, voici les durées de préavis applicables dans la convention collective de la publicité pour les autres modes de rupture :
Mode de rupture
Employés
TAM
Cadres
Démission
1 mois
2 mois
3 mois
Licenciement (< 2 ans)
1 mois
2 mois
3 mois
Licenciement (≥ 2 ans)
2 mois
2 mois
3 mois
Rupture conventionnelle
Aucun préavis
Aucun préavis
Aucun préavis
Quelle est la procédure pour signer une rupture conventionnelle ?
La procédure de rupture conventionnelle se déroule en quatre étapes obligatoires.
Entretien(s) préalable(s) : l'employeur et le salarié tiennent au moins un entretien pour discuter des conditions de la rupture. Le salarié peut se faire assister par un autre salarié de l'entreprise ou, en l'absence de représentants du personnel, par un conseiller extérieur inscrit sur la liste préfectorale. L'employeur peut également se faire assister si le salarié utilise cette faculté.
Signature de la convention : les parties formalisent leur accord dans un formulaire Cerfa n° 14598. Depuis le 1er avril 2022, la saisine s'effectue obligatoirement en ligne via la plateforme TéléRC. La convention précise le montant de l'indemnité spécifique et la date envisagée de fin de contrat.
Délai de rétractation : chaque partie dispose de 15 jours calendaires à compter du lendemain de la signature pour se rétracter par lettre recommandée ou remise en main propre. Si le dernier jour tombe un samedi, dimanche ou jour férié, il est reporté au premier jour ouvrable suivant.
Homologation par la DREETS : à l'issue du délai de rétractation, la convention est envoyée à la DREETS pour homologation. L'administration dispose de 15 jours ouvrables pour se prononcer, le silence valant homologation.
Bon à savoir
La date de fin du contrat ne peut être fixée au plus tôt que le lendemain de l'homologation par la DREETS. En pratique, le délai minimum entre la signature de la convention et la fin effective du contrat est d'environ 30 à 35 jours.
Quel est le montant de l'indemnité de rupture conventionnelle dans la convention collective de la publicité ?
L'indemnité spécifique de rupture conventionnelle ne peut être inférieure à l'indemnité légale de licenciement, ou à l'indemnité conventionnelle si celle-ci est plus favorable. L'indemnité légale est due dès 8 mois d'ancienneté, tandis que l'indemnité conventionnelle de la convention collective de la publicité s'applique à partir de 2 ans d'ancienneté. Entre 8 mois et 2 ans, seule l'indemnité légale constitue le plancher.
Au-delà de 2 ans d'ancienneté, l'employeur compare les deux montants et applique le plus favorable. Dans la convention collective de la publicité (IDCC 86), le calcul de l'indemnité conventionnelle se base sur les derniers appointements perçus : 1/3 de mois de salaire par année d'ancienneté jusqu'à 15 ans, puis 2/5 de mois par année supplémentaire au-delà, tel que défini par l'indemnité conventionnelle de la CCN.
Ancienneté
Indemnité légale
Indemnité conventionnelle CCN publicité
5 ans
1,25 mois
1,67 mois
10 ans
2,50 mois
3,33 mois
15 ans
4,17 mois
5,00 mois
20 ans
5,83 mois
7,00 mois
Quels sont les droits du salarié après une rupture conventionnelle ?
Le salarié bénéficiaire d'une rupture conventionnelle conserve plusieurs droits.
Allocations chômage : le salarié peut s'inscrire auprès de France Travail et percevoir l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE), sous réserve de remplir les conditions d'éligibilité.
Portabilité de la mutuelle et de la prévoyance : le salarié conserve le bénéfice de la complémentaire santé et de la prévoyance de l'entreprise pendant une durée égale à celle de son dernier contrat de travail, dans la limite de 12 mois.
Documents de fin de contrat : l'employeur doit remettre au salarié le certificat de travail, l'attestation France Travail et le solde de tout compte.
Comment se déroule une rupture conventionnelle pour un salarié protégé ?
Pour les salariés protégés (délégués syndicaux, membres du CSE, etc.), la rupture conventionnelle suit une procédure spécifique. Elle ne fait pas l'objet d'une homologation par la DREETS, mais nécessite l'autorisation de l'inspecteur du travail, qui dispose de 2 mois pour se prononcer. Le formulaire Cerfa à utiliser est le n° 14599.
Bon à savoir
Le refus d'autorisation par l'inspecteur du travail peut faire l'objet d'un recours hiérarchique auprès du ministre du Travail ou d'un recours contentieux devant le tribunal administratif.
Quelles sont les différences entre rupture conventionnelle, démission et licenciement ?
Ces trois modes de rupture du contrat se distinguent par leur initiative, leurs délais et leurs conséquences pour le salarié, qu'il s'agisse d'une rupture conventionnelle, d'une démission ou d'un licenciement.
Critère
Rupture conventionnelle
Démission
Licenciement
Initiative
Accord mutuel
Salarié
Employeur
Préavis
Aucun
1 à 3 mois (CCN)
1 à 3 mois (CCN)
Indemnité de rupture
Oui (≥ indemnité légale/conventionnelle)
Non
Oui (sauf faute grave/lourde)
Allocations chômage
Oui
Non (sauf cas légitimes)
Oui
Homologation
DREETS ou inspecteur du travail
Non
Non
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Faut-il justifier un motif pour signer une rupture conventionnelle ?
Non, la rupture conventionnelle ne nécessite aucun motif, contrairement au licenciement. Elle repose uniquement sur l'accord mutuel des deux parties, sans qu'aucune justification économique ou personnelle ne soit exigée.
02
Quel est le montant minimum de l'indemnité de rupture conventionnelle dans la convention collective de la publicité ?
L'indemnité minimale correspond à l'indemnité légale ou conventionnelle de licenciement, selon la plus favorable au salarié. Dans la convention collective de la publicité, la formule conventionnelle (1/3 de mois par année jusqu'à 15 ans) dépasse rapidement le montant légal.
03
Combien de temps dure une procédure de rupture conventionnelle ?
La procédure dure généralement entre 30 et 35 jours entre la signature de la convention et la fin du contrat. Ce délai comprend 15 jours calendaires de rétractation puis 15 jours ouvrables d'instruction par la DREETS.
04
Le salarié a-t-il droit au chômage après une rupture conventionnelle dans la convention collective de la publicité ?
Oui, la rupture conventionnelle ouvre droit aux allocations chômage (ARE) auprès de France Travail. Contrairement à la démission, ce mode de rupture est assimilé à une perte involontaire d'emploi ouvrant droit à indemnisation.
05
Un salarié protégé peut-il bénéficier d'une rupture conventionnelle ?
Oui, un salarié protégé peut bénéficier d'une rupture conventionnelle, mais selon une procédure spécifique. Au lieu d'une homologation par la DREETS, elle nécessite l'autorisation de l'inspecteur du travail, qui dispose de 2 mois pour se prononcer.
06
L'employeur peut-il imposer une rupture conventionnelle à un salarié ?
Non, l'employeur ne peut pas imposer une rupture conventionnelle. Ce mode de rupture repose sur un consentement libre et éclairé des deux parties, et peut être annulé par le conseil de prud'hommes en cas de vice du consentement (pression, harcèlement).
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