À retenir :
Le repos hebdomadaire combine 24 heures consécutives et les 11 heures de repos quotidien, soit 35 heures d'affilée au minimum, un socle que la CCN 1147 ne réduit pas ;
l'article 15 fixe le repos quotidien à 11 heures entre deux journées et plafonne l'amplitude journalière à 10 heures ;
une journée discontinue ne compte pas plus de 2 vacations, la plus courte ne descendant jamais sous 3 heures ;
toute modification de l'horaire habituel se notifie par écrit au moins 15 jours à l'avance, sauf force majeure ;
les gardes et astreintes relèvent de l'article 18 : maximum 1 dimanche et 4 nuits par mois pour les gardes, indemnité d'astreinte de 20 % du salaire horaire.
Quelles sont les règles de durée du travail et de repos dans la CCN 1147 ?
Les règles de repos des cabinets médicaux combinent le socle du Code du travail et les précisions de l'article 15 de la convention. Le tableau ci-dessous réunit les seuils utiles et leur fondement, du repos quotidien aux gardes.
| Règle |
Seuil applicable (CCN 1147) |
Référence |
| Repos quotidien |
11 heures minimum entre deux journées |
Article 15 |
| Amplitude journalière |
10 heures maximum |
Article 15 |
| Journée discontinue |
2 vacations maximum, la plus courte ≥ 3 heures |
Article 15 |
| Repos hebdomadaire |
24 h + 11 h = 35 heures consécutives |
Code du travail |
| Délai de prévenance |
15 jours, par écrit, sauf force majeure |
Article 15 |
| Gardes |
1 dimanche/mois et 4 nuits/mois (2 consécutives max) |
Article 18 |
| Astreintes |
1 semaine sur 4 maximum, indemnité 20 % du salaire horaire |
Article 18 |
| Heures de nuit (22 h-6 h) |
Majoration 100 %, hors gardes |
Article 17 |
Dans un cabinet médical, le respect des repos se joue surtout sur l'organisation des plannings et des permanences. La CCN 1147 ne touche pas au repos hebdomadaire, mais elle resserre le cadre du repos quotidien, de l'amplitude et des gardes. Les sections suivantes détaillent chaque règle et son articulation avec le droit commun.
Que prévoit le Code du travail pour le repos hebdomadaire et le repos quotidien ?
Le repos hebdomadaire correspond à une période d'au moins 24 heures consécutives (articles L3132-1 et L3132-2 du Code du travail), à laquelle s'ajoutent les 11 heures de repos quotidien, soit 35 heures consécutives minimum. La CCN 1147 ne déroge pas à ce socle et reprend la même durée de repos hebdomadaire pour les cabinets médicaux.
Le Code du travail fixe le plancher, la convention le complète sur les points qu'elle encadre expressément. En cas de concours de règles, le minimum légal s'applique toujours, puis les dispositions conventionnelles plus précises, puis les éventuels accords d'entreprise.
L'article 15 reprend ce repos quotidien de 11 heures et y ajoute des limites propres au secteur, sans modifier la durée légale du travail hebdomadaire qui reste fixée par la loi.
Comment l'article 15 de la CCN 1147 encadre-t-il le repos quotidien et l'amplitude ?
L'article 15 fixe le repos quotidien à 11 heures consécutives minimum entre deux journées de travail, en cohérence avec l'article L3131-1 du Code du travail. Un salarié qui termine à 20 h ne peut donc pas reprendre avant 7 h le lendemain.
La convention pose plusieurs limites complémentaires que les plannings doivent respecter :
l'amplitude journalière ne dépasse jamais 10 heures, pauses comprises, ce qui borne le repos quotidien et la durée de présence ;
une journée discontinue se fractionne en 2 vacations maximum, la plus courte ne pouvant être inférieure à 3 heures ;
toute modification de l'horaire habituel se communique par écrit au moins 15 jours à l'avance, sauf force majeure ;
en journée continue, le temps de repas excédant 30 minutes n'entre pas dans le temps de travail, sauf si le salarié reste tenu de répondre au téléphone ou d'ouvrir la porte.
Concrètement, une secrétaire médicale qui assure l'accueil le matin puis l'après-midi ne peut pas voir sa journée découpée en trois créneaux, et l'amplitude horaire de sa journée reste plafonnée à 10 heures entre la première et la dernière heure travaillée.
💡 Bon à savoir : quand un cabinet ferme en dehors de la période légale des congés, le personnel perçoit son salaire normal, sans retenue. Les heures non effectuées se récupèrent ensuite, dans la limite de 40 heures par an et sans dépasser la durée légale maximale hebdomadaire (article 15).
Quelles sont les durées maximales de travail dans un cabinet médical ?
Les durées maximales de travail relèvent du Code du travail, que la CCN 1147 ne réduit pas. Un salarié de cabinet médical ne peut donc pas travailler au-delà de 10 heures de travail effectif par jour (article L3121-18), ni dépasser les plafonds hebdomadaires.
Trois limites se cumulent et doivent être respectées en même temps :
10 heures de travail effectif par jour au maximum, sauf dérogation de l'inspection du travail ou accord d'entreprise (article L3121-18) ;
48 heures sur une même semaine, plafond absolu à ne jamais franchir (article L3121-20) ;
44 heures en moyenne sur 12 semaines consécutives (article L3121-22).
⚠️ Attention : ne pas confondre ces durées avec l'amplitude de l'article 15. L'amplitude de 10 heures mesure l'écart entre la première et la dernière heure de la journée, pauses comprises, alors que la durée maximale de 10 heures ne porte que sur le temps de travail effectif, pauses exclues.
Par exemple, une assistante médicale présente de 8 h à 19 h avec 1 h 30 de coupure déjeuner réalise 9 h 30 de travail effectif, sous le plafond quotidien, mais atteint une amplitude de 11 heures qui dépasse la limite conventionnelle de 10 heures. Le planning doit donc être ajusté sur les deux critères à la fois.
Quelles règles s'appliquent aux gardes et aux astreintes dans les cabinets médicaux ?
Les gardes et astreintes relèvent de l'article 18, qui encadre à la fois leur fréquence et leur rémunération. La liste des salariés concernés se fixe par écrit, pour chaque cabinet, au moins 15 jours à l'avance.
Pour les gardes, les plafonds sont stricts :
1 dimanche par mois et 4 nuits par mois au maximum, dont 2 consécutives au plus ;
le temps de garde s'intègre soit au temps de travail, soit se règle en heures supplémentaires, par entente entre le salarié et l'employeur ;
aucun salarié travaillant de jour dans le cabinet ne peut assurer la garde de nuit.
Pour les astreintes, l'article 18 prévoit une indemnité de 20 % du salaire horaire lorsque le salarié reste joignable à son domicile. Si une intervention impose un déplacement, le salarié perçoit le double de son salaire horaire, proportionnellement à la durée de l'intervention, trajet inclus. La durée d'astreinte ne dépasse pas 1 semaine sur 4, sauf accord écrit entre les parties, un cadre plus protecteur que la seule rémunération de l'astreinte de droit commun.
⚠️ Attention : le repos quotidien de 11 heures reste dû après une intervention en astreinte. L'organisation des gardes doit donc anticiper ce décalage pour ne pas empiéter sur la reprise du lendemain.
L'article 17 prévoit que les heures effectuées entre 22 heures et 6 heures sont majorées de 100 %, hormis les gardes visées à l'article 18. Cette majoration conventionnelle s'ajoute au régime légal des heures supplémentaires lorsque les seuils de durée sont franchis.
Le travail de nuit en cabinet médical reste exceptionnel et lié à la continuité des soins. La majoration de 100 % s'applique aux heures réellement accomplies sur cette plage, indépendamment des heures de nuit majorées prévues par d'autres conventions ou accords.
Les règles légales de repos compensateur continuent par ailleurs de s'appliquer, comme le rappelle expressément l'article 17.
L'organisation des plannings part des seuils de l'article 15 : 10 heures d'amplitude, 11 heures de repos quotidien, 2 vacations maximum et 15 jours de prévenance écrit. Ces bornes sécurisent la continuité des rendez-vous sans entamer les temps de repos.
Quelques points de vigilance reviennent souvent selon le type de contrat :
pour un salarié à temps partiel, la fragmentation des horaires et un éventuel second employeur imposent de vérifier la compatibilité globale des plannings au regard des repos ;
en cas de cumul d'emplois, l'employeur peut demander au salarié les informations utiles sur ses autres horaires, dans le respect de la vie privée ;
pour les remplacements et l'intérim, une coordination en amont évite d'empiéter sur le repos d'un salarié absent.
La traçabilité complète ce dispositif : plannings publiés et versionnés, relevés d'horaires, notifications datées des modifications et tableaux de garde. Ces preuves sécurisent l'employeur lors d'un contrôle de l'inspection du travail ou d'un litige.
Information à caractère informatif, sans conseil juridique.
Dernière vérification le 10/06/2026.
Simplifiez la gestion de votre paie avec PayFit
Découvrez notre solution RH et Paie 100% conforme aux conventions collectives.
Demander une démo