Aller au contenu principal
Jusqu'au 30 Septembre

Votre premier mois Payfit offert*

Quelle est la durée légale du travail en France ?

Juliette Boulay
Mise à jour le 11 mins

Calculatrice des heures de travail

Accéder au simulateur
Sommaire

À retenir

  • En France, il existe des temps de travail légaux établis par le Code du travail, imposant à un employeur de nombreuses obligations (temps de pause, décompte des heures travaillées, etc.). 

  • Si la durée légale de travail sert de base de calcul pour les heures supplémentaires, la durée maximale du temps de travail fixe, quant à elle, des limites de temps de travail effectif à ne pas dépasser.

  • Dans certains cas, il est possible d’obtenir des dérogations pour autoriser le travail au-delà de 10 heures par jour (conventions collectives, accord de l’inspection du travail, urgence, etc.).

La durée légale du travail constitue une notion fondamentale du droit du travail. Elle sert de référence aux employeurs pour l'organisation du travail, la planification des horaires et l’assurance d’une gestion conforme du temps de travail. Elle permet également de déterminer les droits des salariés en matière de rémunération et de repos.

En France, le temps de travail est strictement encadré par la loi afin de garantir un équilibre entre les besoins de l’entreprise et la protection des salariés. La durée légale du travail fixe le seuil à partir duquel les heures effectuées sont considérées comme des heures supplémentaires. Ces dernières doivent alors donner lieu à une compensation spécifique, sous forme de majoration salariale ou, dans certains cas, de repos compensateur.

Il est donc essentiel pour les employeurs de maîtriser les règles applicables à la durée du travail et aux heures supplémentaires pour rester en conformité et éviter tout litige.

Quelle est la durée légale du temps de travail ?

La durée légale du travail correspond au nombre d'heures de travail fixé par la loi pour les salariés à temps plein. Elle constitue un repère essentiel pour l'organisation du travail au sein de l'entreprise et sert notamment de base au calcul des heures supplémentaires. Toutefois, certaines catégories de salariés, comme les mineurs, sont soumises à des règles particulières.

Cas général des travailleurs de 18 ans et plus

En France, le Code du travail encadre strictement la durée du temps de travail

Il est prévu que la durée légale de travail effectif d’un salarié à “temps complet” ou “temps plein” est fixée à 35 heures par semaine pour toutes les entreprises, quel que soit leur effectif, soit :

  • durée légale hebdomadaire : 35 heures (art. L3121-27 du Code du travail) ;

  • durée légale mensuelle : 151,67 heures ;

  • durée légale annuelle : 1 607 heures ;

  • durée quotidienne moyenne : 7 heures (sur une semaine de 5 jours).

Un emploi à temps plein représente donc 7 heures de travail par jour. La répartition des heures peut varier en fonction des besoins et des accords en vigueur dans l’entreprise.

Cette durée n'est pas un plafond absolu : elle sert de référence pour calculer les heures supplémentaires.

En outre, des dispositions conventionnelles peuvent prévoir une durée de travail hebdomadaire inférieure ou supérieure à la durée légale de travail sans pouvoir excéder les durées maximales de travail prévues par la loi.

💡 Bon à savoir : lorsque la durée de travail prévue au contrat de travail est inférieure à la durée de travail légale ou conventionnelle, le salarié est considéré comme à temps partiel

Salariés et apprentis mineurs de plus de 16 ans

La loi prévoit que les salariés mineurs et les apprentis ne peuvent pas travailler de manière effective plus de : 

  • 8 heures par jour ;

  • 35 heures par semaine.

Des dérogations exceptionnelles peuvent être accordées. Cependant, le dépassement de la durée légale est rigoureusement réglementé : un salarié mineur peut effectuer jusqu'à 5 heures supplémentaires maximum par semaine. 

⚠️ Attention : dans ce cas, l'avis favorable du médecin du travail de l'établissement ainsi que l'accord de l'inspecteur du travail sont requis afin de préserver la santé et la sécurité des salariés.

👉 À noter : pour les jeunes travailleurs de moins de 16 ans (apprentis en pré-apprentissage notamment), la durée maximale est encore plus restrictive : 7 heures par jour et 35 heures par semaine (art. L3162-1 du Code du travail).

Tous les salariés sont-ils concernés par la durée légale de travail ? 

La durée légale du travail constitue la règle de référence applicable aux salariés du secteur privé. Toutefois, en raison de la nature de certaines fonctions ou des modalités particulières d'organisation du travail, tous les salariés ne sont pas soumis aux mêmes règles en matière de durée du travail.

Cas général

La durée légale de travail s'applique en principe à l'ensemble des salariés du secteur privé, quels que soient leur âge, leur catégorie professionnelle, leur niveau de qualification ou encore la nature de leur contrat de travail (CDI, CDD, contrat d'apprentissage, contrat de professionnalisation, etc.).

Ainsi, sauf exception prévue par la loi, tout salarié à temps plein est soumis à la durée légale de 35 heures par semaine, qui sert de référence pour le calcul des heures supplémentaires.

Exceptions

La loi prévoit toutefois que certains salariés ne sont pas concernés par la durée légale de travail : 

  • les salariés cadres ou non-cadres en forfait jours

  • les Voyageurs, Représentants ou Placiers du commerce (VRP) ; 

  • les cadres dirigeants au sens de l'article L3111-2 du Code du travail (salariés dotés de responsabilités importantes, d'une grande autonomie et d'une rémunération parmi les plus élevées de l'entreprise).

Pour ces catégories de salariés, le temps de travail n'est généralement pas décompté selon le même mode de calcul que pour les salariés soumis à l'horaire collectif de l'entreprise.

💡 Bon à savoir : même lorsqu'ils ne sont pas soumis à la durée légale du travail, ces salariés restent généralement soumis à d'autres règles destinées à garantir leur santé et leur sécurité.

Quelle est la durée maximale du temps de travail ?

Si la durée légale du travail est fixée à 35 heures par semaine, les employeurs doivent également veiller au respect des durées maximales de travail prévues par le Code du travail. Ces limites ont pour objectif de protéger la santé et la sécurité des salariés en évitant une charge de travail excessive.

La durée maximale quotidienne

Une journée de travail effectif ne peut excéder 10 heures. Toutefois, des exceptions sont possibles dans certaines situations, notamment si :

  • l’inspecteur du travail donne son accord ; 

  • un besoin urgent, lié à un surcroît temporaire d’activité, exige un allongement du temps de travail

  • la convention collective autorise des journées de plus de 10 heures.

Cependant, quelle que soit la raison invoquée, la durée quotidienne de travail effectif ne doit en aucun cas dépasser 12 heures.

La durée hebdomadaire maximale

Au-delà de la durée légale de 35 heures, le temps de travail est également encadré par des plafonds hebdomadaires que l'employeur doit respecter.

Ainsi, la durée de travail ne peut pas excéder :

  • 48 heures au cours d'une même semaine, ce qui correspond à la durée maximale hebdomadaire absolue ;

  • 44 heures par semaine en moyenne sur une période de 12 semaines consécutives.

Des dérogations peuvent également être prévues par convention ou accord collectif. Dans certains cas exceptionnels, une autorisation de l'inspection du travail peut permettre de dépasser ces seuils. Toutefois, la durée de travail ne peut en aucun cas excéder 60 heures au cours d'une même semaine.

💡 À noter : les salariés qui travaillent de nuit sont soumis à des règles spécifiques. En principe, la durée quotidienne de travail de nuit ne peut pas dépasser 8 heures. De plus, sur une période de 12 semaines consécutives, la durée hebdomadaire moyenne de travail ne doit pas excéder 40 heures, sauf dispositions particulières prévues par accord collectif.

Récapitulatif des durées légales de travail 

Tableau récapitulatif des durées légales

Catégorie Durée journalière Durée hebdomadaire Durée mensuelle Durée annuelle
Temps plein 7 heures (moyenne) / 10 heures (max) 35 heures 151,67 heures 1 607 heures
Salariés et apprentis mineurs de + de 16 ans 8 heures (max) 35 heures Non applicable Non applicable
Apprentis et jeunes travailleurs de - de 16 ans 7 heures (max) 35 heures Non applicable Non applicable
Travailleurs de nuit 8 heures (max) 40 heures sur 12 semaines Non applicable Non applicable
Cadres dirigeants Non applicable Non applicable Non applicable Non applicable

Calculatrice des heures de travail

Accéder au simulateur

Quels sont les temps de travail comptabilisés dans la durée légale de travail ?

Pour déterminer si un salarié respecte la durée légale du travail ou s'il effectue des heures supplémentaires, il est nécessaire d'identifier précisément les périodes considérées comme du temps de travail effectif. En effet, toutes les périodes passées dans l'entreprise ou liées à l'activité professionnelle ne sont pas systématiquement prises en compte dans le calcul du temps de travail.

Le temps de travail effectif

Le temps considéré comme travaillé correspond aux heures de travail effectif soit “le temps durant lequel le salarié est à la disposition de l’employeur, et se conforme à ses directives sans pouvoir vaquer librement à des occupations personnelles” (article L3121-1 du Code du travail). 

Concrètement, il s'agit des périodes pendant lesquelles le salarié exécute ses missions ou reste disponible pour répondre aux demandes de son employeur dans le cadre de son activité professionnelle.

⚠️ Attention : le temps de travail effectif se distingue du simple temps de présence dans l'entreprise. Un salarié peut être présent sur son lieu de travail sans que l'intégralité de cette période soit nécessairement considérée comme du temps de travail effectif.

Le calcul des heures de travail effectif se fait en totalisant les heures travaillées chaque jour. Pour déterminer la durée hebdomadaire, il suffit d'additionner les heures effectuées quotidiennement sur l'ensemble de la semaine. 

Une autre approche consiste à multiplier le nombre d'heures de travail quotidien par le nombre total de jours travaillés au cours de la semaine.

Les temps non pris en compte 

Certaines périodes liées à l'activité professionnelle ne sont, en principe, pas comptabilisées dans la durée légale du travail. Sauf dispositions conventionnelles plus favorables, ne constituent pas du temps de travail effectif :

  • les temps de pause et de restauration hors déjeuners professionnels (sauf si des dispositions conventionnelles prévoient le contraire) ;

  • le temps de trajet habituel entre le domicile et le lieu de travail (sauf handicap) ; 

  • le temps d’habillage et de déshabillage (sauf lorsque la tenue ne peut pas être portée avant d’arriver sur le lieu de travail pour des raisons d’hygiène) ; 

  • les temps d’astreinte (hors intervention).

Ces périodes peuvent néanmoins faire l'objet de contreparties particulières prévues par la loi, un accord collectif ou le contrat de travail.

De même, les jours fériés non travaillés ne sont pas comptabilisés dans le temps de travail effectif, bien que le paiement d'un jour férié reste assuré sous certaines conditions (notamment avec 3 mois d'ancienneté pour les jours fériés ordinaires). Cette particularité distingue les jours fériés des autres absences : ils n'augmentent pas le compteur d'heures travaillées, mais maintiennent la rémunération.

💡 Bon à savoir : certaines absences légalement assimilées à du temps de travail effectif (formation, congés liés à la maternité ou à la parentalité dans certains cas, représentants du personnel, etc.) peuvent être prises en compte pour le calcul de certains droits du salarié, selon les dispositions légales applicables.

👉 À noter : par principe, l'astreinte n'est pas du temps de travail effectif (art. L3121-9 du Code du travail). Mais si les contraintes imposées (délai d'intervention très court, indisponibilité quasi-totale, etc.) empêchent le salarié de vaquer librement à ses occupations, elle peut être requalifiée en temps de travail effectif par les juges (Cass. soc., 30 janvier 2024, n° 22-15.158).

Quelles sont les obligations de l’employeur en matière de durée légale de travail ?

Pour les chefs d’entreprise, l’organisation du travail et le contrôle des heures sont sujets à des normes. Des sanctions pénales, administratives ou civiles peuvent être prononcées à l’encontre d’une entreprise si elle ne respecte pas la durée maximale de travail.

L’organisation des temps de pause

Chaque salarié a droit à des pauses d'une durée minimale de 20 min consécutives toutes les 6 heures de travail effectuées.

La durée de la pause peut être prolongée en fonction des dispositions prévues par la convention collective. 

💡 Bon à savoir : pour les salariés de moins de 18 ans, une pause de 20 minutes est requise après 4 heures et demie de travail effectif.

Le calcul des heures supplémentaires

Pour les salariés à temps complet, les heures effectuées au-delà de la durée légale ou conventionnelle sont considérées comme des heures supplémentaires

💡 Bon à savoir : toutes les heures supplémentaires majorées qui sont effectuées au-delà de la durée légale de travail doivent être mentionnées sur le bulletin de paie distinctement des heures de travail accomplies dans le cadre de la durée légale.

La gestion des heures complémentaires

Un salarié à temps partiel peut être amené à réaliser plus d’heures que celles prévues dans son contrat de travail. Dans ce cas, on ne parle pas d’heures supplémentaires, mais d’heures complémentaires. Ces dernières ne doivent pas dépasser 10 % de la durée de travail hebdomadaire ou mensuelle inscrite au contrat.

⚠️ Attention : la mise en place d'heures complémentaires ne doit en aucun cas conduire à atteindre la durée légale du travail applicable aux salariés à temps plein ni celle définie par une convention collective applicable.

Le contrôle et le décompte des heures travaillées

En tant qu'employeur, vous avez l'obligation de mesurer et contrôler les heures effectuées par vos salariés. Plusieurs modalités sont possibles :

  • horaires collectifs de travail : des horaires identiques s'appliquent à l'ensemble des salariés (début et fin de journée, pauses) ;

  • horaires individualisés : chaque salarié peut moduler ses horaires dans un cadre défini par l'entreprise ;

  • enregistrement individuel : décompte quotidien via badgeuse, pointage ou logiciel de suivi du temps de travail (obligatoire pour les horaires individualisés).

💡 Bon à savoir : depuis l'arrêt CJUE, 14 mai 2019, CCOO, C-55/18, l'employeur doit mettre en place un système objectif, fiable et accessible permettant de mesurer la durée du travail quotidienne effectuée par chaque salarié. La conservation de ces données doit également respecter le RGPD (durée de conservation maximale de 5 ans).

Foire Aux Questions (FAQ)

Quelles sont les sanctions en cas de non-respect de la durée légale du travail ?

L'employeur qui ne respecte pas la durée légale ou maximale du travail s'expose à plusieurs sanctions cumulables :

  • Sanction pénale : une contravention de 4e classe, soit 750 € maximum par salarié concerné (art. R3124-7 et suivants du Code du travail) ;

  • Sanction administrative : une amende prononcée par la DREETS pouvant atteindre 4 000 € par salarié concernédoublée à 8 000 € en cas de récidive dans un délai de 2 ans (art. L8115-1 et L8115-3 du Code du travail) ;

  • Dommages et intérêts : versés aux salariés en cas de préjudice (perte de repos, atteinte à la santé, etc.), dont le montant est fixé par le conseil de prud'hommes.

⚠️ Attention : ces sanctions s'appliquent par salarié concerné. Pour une entreprise en infraction sur l'ensemble de ses effectifs, l'addition peut rapidement devenir lourde.

Quelle est la durée du repos quotidien du salarié ?

Tout salarié a droit à un repos quotidien de 11 heures minimum. Le temps de travail du salarié ne doit pas empiéter sur ce temps de repos, sauf urgence ou cas particuliers prévus par la convention ou accord collectif (continuité du service, intervention fractionnée, etc.).

Est-ce légal de travailler 12 heures par jour ?

En principe non, car en France, la loi fixe la limite de la durée quotidienne de travail effectif à 10 heures par jour. Toutefois, certaines dérogations permettent de dépasser cette limite en allant jusqu’à 12 heures par jour (exemple : si cela est prévu par certaines conventions ou accords collectifs, en cas d’autorisation de l’inspection du travail ou si une situation d’urgence ou de surcroît d’activité le justifie). Néanmoins, il n’est pas autorisé de travailler 12 heures d’affilée, l’employeur devant obligatoirement prévoir des temps de pause au travail.  

Quelle est la différence entre la durée maximale de travail et l'amplitude horaire ?

Contrairement à la durée de travail effectif, l'amplitude horaire désigne la durée totale qui s’écoule entre le début et la fin de la journée de travail d’un salarié, y compris les pauses.

Pour aller plus loin...

Feuille de temps : modèle Excel gratuit

Une feuille de temps bien conçue fait gagner plusieurs heures par semaine aux RH. Voici comment la créer facilement et téléchargez notre modèle Excel gratuit.

Lire l'article

Heures supplémentaires : règles, paiement et obligations

Comment bien gérer les heures supplémentaires en entreprise ? Voici toutes les règles de calcul, la majoration, le repos compensateur et les avantages TEPA.

Lire l'article

Temps de travail effectif : règles et calcul

Temps de travail effectif : définition légale, calcul et décompte des heures en 2025. Pauses, trajets, habillage : quels temps sont inclus ?

Lire l'article

Temps de travail : tout savoir

Durée légale de travail, heures maximales, temps de travail effectif, aménagement du temps de travail : On vous explique tout.

Lire l'article

Obligations de l’employeur en matière de télétravail : guide

Vous souhaitez mettre en place le télétravail dans votre entreprise mais ne savez pas quelles seront vos obligations ? Payfit vous accompagne.

Lire l'article

Pointeuse de temps de travail : dispositif et mise en place

Vous souhaitez mettre en place une pointeuse pour suivre le temps de travail de vos salariés ? Payfit vous détaille le dispositif.

Lire l'article
  • « Idéal pour ma structure de 12 salariés. »Mehdi
  • « L'outil permet un gain de temps considérable. »Avalor
  • « J’utilise Payfit en tant que salarié, et quel bonheur ! »Pauline Vivier
  • « Un logiciel de gestion super pratique ! »Lisa
  • « Mes collaborateurs ne peuvent plus se passer de Payfit. »Christophe
  • « 30% de temps en moins sur la paie. »Baptiste
  • « Payfit libère les RH pour se concentrer sur l’essentiel. »Manon

Rejoignez +22 000 décisionnaires qui prennent soin de leurs salariés avec Payfit

Sans frais cachés.