La mutuelle est-elle obligatoire dans la convention collective de la publicité ?
La CCN Publicité (IDCC 86) ne prévoit pas d'accord spécifique sur la complémentaire santé. Les obligations en matière de mutuelle relèvent donc du droit commun, issu de la loi ANI de 2013 et du Code de la sécurité sociale. Cette page détaille les règles applicables aux entreprises du secteur publicitaire.
Nombre d'entreprises concernées par la CCN
Environ 6 000 entreprises
Champ d'application
Publicité, Régie publicitaire, Communication
À retenir
La convention collective de la publicité (IDCC 86) ne fixe aucune garantie de mutuelle spécifique : c'est le droit commun qui s'applique ;
Depuis 2016, tout employeur du secteur privé doit proposer une complémentaire santé collective à ses salariés ;
L'employeur finance au minimum 50 % de la cotisation, le contrat devant respecter le panier de soins ANI et le 100 % Santé ;
Un accord du 12 novembre 2024 autorise des régimes de mutuelle différenciés entre cadres et non-cadres ;
Le salarié qui quitte l'entreprise conserve sa mutuelle gratuitement jusqu'à 12 mois grâce à la portabilité.
Quelles sont les principales obligations de mutuelle dans la convention collective de la publicité ?
La convention collective de la publicité ne prévoit pas de régime de mutuelle propre à la branche. Les règles applicables sont donc celles du droit commun, résumées dans le tableau ci-dessous.
Obligation
Source juridique
Détail
Mise en place d’une mutuelle collective
Article L.911-7 du Code de la sécurité sociale
Obligatoire pour toutes les entreprises du secteur privé
Financement employeur minimal
Article L.911-7 du Code de la sécurité sociale
50 % de la cotisation du salarié isolé
Panier de soins minimum
Décret n° 2014-1025, article D.911-1 du Code de la sécurité sociale
Ticket modérateur, forfait hospitalier, dentaire 125 % de la base de remboursement, optique de 100 à 200 €
Contrat responsable
Article L.871-1 du Code de la sécurité sociale
Planchers et plafonds de remboursement obligatoires
100 % Santé
Réforme 2019-2021
Reste à charge zéro sur certains équipements optique, dentaire et audiologie
Catégories objectives
Accord du 12 novembre 2024, étendu le 5 mars 2025
Régimes différenciés possibles entre cadres et non-cadres
Portabilité
Article L.911-8 du Code de la sécurité sociale
Maintien gratuit des garanties jusqu’à 12 mois après la rupture du contrat
La mutuelle est-elle obligatoire dans la CCN Publicité ?
La mutuelle est obligatoire dans la CCN Publicité comme dans toutes les entreprises du secteur privé depuis le 1er janvier 2016. Cette obligation découle de l'Accord national interprofessionnel (ANI) du 14 juin 2013, transposé dans la loi de sécurisation de l'emploi et codifié à l'article L.911-7 du Code de la sécurité sociale.
La convention collective de la publicité ne comporte pas d'accord de branche spécifique sur la complémentaire santé. Contrairement à d'autres conventions comme la Syntec ou les HCR, les partenaires sociaux de la branche publicité n'ont pas négocié de régime conventionnel avec des garanties supérieures aux minimums légaux.
Ce sont donc les dispositions du droit commun qui s'appliquent intégralement aux salariés de la branche. L'employeur reste libre de choisir l'organisme assureur et le niveau de garanties, à condition de respecter le socle minimal imposé par la loi.
💡 Bon à savoir : l'absence d'accord de branche sur la complémentaire santé ne dispense en aucun cas l'employeur de proposer une mutuelle d'entreprise. L'obligation légale s'applique à toutes les entreprises du secteur privé, quel que soit leur effectif.
Quelles sont les obligations de l'employeur en matière de mutuelle ?
L'employeur du secteur de la publicité doit respecter trois obligations principales pour mettre en conformité sa mutuelle collective.
Comment mettre en place une couverture collective ?
L'employeur doit souscrire un contrat collectif de complémentaire santé couvrant l'ensemble de ses salariés, sans distinction de statut ni de type de contrat de travail. Cette règle s'applique aux cadres comme aux techniciens et aux employés, en CDI, en CDD ou en intérim.
La mise en place de ce contrat peut se faire de trois façons :
par accord collectif d'entreprise, négocié avec les représentants du personnel ;
par décision unilatérale de l'employeur (DUE), formalisée par écrit ;
par référendum, soumis à l'approbation des salariés à la majorité.
Chacune de ces trois voies a des conséquences différentes, notamment sur les cas de dispense d'adhésion applicables aux salariés déjà présents dans l'entreprise.
Quelle part de la cotisation l'employeur doit-il financer ?
L'employeur doit financer au minimum 50 % de la cotisation de la mutuelle, comme l'impose l'article L.911-7 du Code de la sécurité sociale. Le reste est à la charge du salarié, prélevé directement sur son bulletin de paie.
Ce seuil de 50 % constitue un plancher, pas un plafond. L'employeur peut décider de financer une part supérieure, voire la totalité de la cotisation, pour renforcer l'attractivité de son offre sociale :
une prise en charge à 60 ou 70 % reste courante dans les entreprises qui veulent se différencier ;
une prise en charge à 100 % est parfois réservée aux cadres dirigeants ;
en dessous de 50 %, l'employeur est en infraction, quelle que soit la taille de l'entreprise.
La cotisation à la mutuelle doit par ailleurs être correctement déclarée et apparaître sur le bulletin de paie selon les règles applicables.
Le contrat souscrit doit par ailleurs respecter le cahier des charges du contrat responsable, au sens de l'article L.871-1 du Code de la sécurité sociale. Ce statut impose des planchers et des plafonds de remboursement, et ouvre droit à un traitement fiscal et social avantageux pour l'employeur comme pour le salarié.
Quel est le panier de soins minimum applicable aux entreprises de publicité ?
Le panier de soins minimum applicable aux entreprises de publicité est celui défini par le décret n° 2014-1025 du 8 septembre 2014, appelé « panier de soins ANI ». En l'absence d'accord de branche, il constitue le socle de garanties que tout contrat collectif obligatoire doit couvrir.
Poste de soins
Niveau de prise en charge minimum
Ticket modérateur
Intégralité du ticket modérateur sur les consultations, actes et prestations remboursés par la Sécurité sociale
Forfait journalier hospitalier
Prise en charge intégrale, sans limitation de durée (23 € par jour en hôpital ou en médecine, 17 € en psychiatrie, montants en vigueur depuis le 1er mars 2026)
Soins dentaires (prothèses et orthodontie)
125 % de la base de remboursement de la Sécurité sociale
Optique, verres simples
Forfait de 100 € par période de 2 ans (annuel pour les mineurs)
Optique, verres mixtes (un simple + un complexe)
Forfait de 150 € par période de 2 ans (annuel pour les mineurs)
Optique, verres complexes
Forfait de 200 € par période de 2 ans (annuel pour les mineurs)
En complément de ce socle, la réforme du 100 % Santé impose aux contrats responsables de rembourser intégralement certains équipements dans trois domaines. L'optique (montures et verres du panier « classe A »), le dentaire (couronnes, bridges et prothèses amovibles du panier « reste à charge zéro ») et l'audiologie (aides auditives de classe I) doivent être couverts sans reste à charge pour le salarié.
Que prévoit l'accord du 12 novembre 2024 sur les catégories objectives ?
L'accord du 12 novembre 2024 définit les catégories objectives de salariés pouvant bénéficier de régimes différenciés de protection sociale complémentaire, en mutuelle comme en prévoyance. Il ne fixe aucune garantie de branche, mais encadre la façon dont les entreprises peuvent distinguer leurs salariés.
Cet accord a été étendu par arrêté du 5 mars 2025, publié au Journal officiel le 18 mars 2025, ce qui le rend applicable à toutes les entreprises de la branche depuis son entrée en vigueur au 1er janvier 2025. Il s'appuie sur les critères prévus par l'article R.242-1-1 du Code de la sécurité sociale, qui autorise la différenciation des régimes selon des critères objectifs :
l'appartenance aux catégories de cadres et assimilés, définie par les articles 2.1 et 2.2 de l'ANI du 17 novembre 2017 relatif à la prévoyance des cadres ;
l'appartenance aux catégories définies par les classifications de la convention collective.
Depuis le 1er janvier 2025, les entreprises de la publicité peuvent donc mettre en place des régimes de mutuelle distincts pour les cadres et les non-cadres, à condition de garantir les minimums légaux pour chaque catégorie.
👉 À noter : l'accord du 12 novembre 2024 ne fixe pas de garanties minimales spécifiques à la branche publicité. Il se limite à définir les critères permettant de différencier les régimes entre catégories de salariés.
Quels sont les cas de dispense d'adhésion à la mutuelle ?
Certains salariés peuvent demander à ne pas adhérer à la mutuelle collective de l'entreprise. La convention collective de la publicité étant silencieuse sur ce point, les cas de dispense applicables sont uniquement ceux prévus par le Code de la sécurité sociale (articles L.911-7 et D.911-2 et suivants).
Quelles sont les dispenses de droit ?
Ces dispenses peuvent être invoquées par le salarié même si l'acte fondateur du régime ne les prévoit pas expressément. Elles concernent :
les salariés bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire (CSS) ;
les salariés déjà couverts par un autre contrat collectif obligatoire, par exemple via la mutuelle de leur conjoint ;
les salariés présents dans l'entreprise au moment de la mise en place du régime par DUE, lorsqu'une participation financière leur est demandée.
Ces trois cas offrent une protection automatique au salarié : l'employeur ne peut pas s'opposer à la dispense dès lors que le justificatif est fourni. C'est notamment le cas d'un salarié déjà couvert par la mutuelle de son conjoint, qui peut refuser d'adhérer sans que l'acte fondateur du régime ait besoin de le prévoir.
Quelles sont les dispenses facultatives ?
Ces dispenses ne s'appliquent que si l'employeur les a explicitement inscrites dans la DUE ou l'accord collectif. Elles concernent :
les salariés en CDD ou en contrat de mission d'une durée inférieure à 12 mois ;
les salariés en CDD ou en contrat de mission d'une durée supérieure ou égale à 12 mois, à condition de justifier d'une couverture individuelle ;
les salariés à temps très partiel ou les apprentis dont la cotisation représenterait au moins 10 % de leur rémunération brute ;
les salariés bénéficiant déjà d'une complémentaire santé individuelle au moment de la mise en place du régime ou de l'embauche, jusqu'à l'échéance de leur contrat individuel.
Le salarié qui souhaite exercer une dispense doit en faire la demande écrite auprès de l'employeur et fournir les justificatifs correspondants. L'employeur doit conserver ces documents en cas de contrôle URSSAF.
Combien de temps dure la portabilité de la mutuelle après un départ de l'entreprise ?
La portabilité de la mutuelle dure aussi longtemps que le dernier contrat de travail du salarié, dans la limite de 12 mois. Ce mécanisme, prévu à l'article L.911-8 du Code de la sécurité sociale, s'applique pleinement aux salariés des entreprises relevant de la convention collective de la publicité.
Lorsqu'un salarié quitte l'entreprise dans des conditions ouvrant droit à l'assurance chômage (licenciement, rupture conventionnelle, fin de CDD, démission légitime), il conserve le bénéfice de la mutuelle collective. La durée de la portabilité est égale à la durée du dernier contrat de travail, appréciée en mois entiers et arrondie au mois supérieur.
Les garanties maintenues sont identiques à celles dont bénéficiait le salarié avant son départ, et le financement est mutualisé : ni le salarié ni l'employeur ne versent de cotisation supplémentaire pendant cette période. Le maintien des droits cesse si l'ancien salarié retrouve un emploi, cesse d'être indemnisé par France Travail, ou en cas de liquidation de sa pension de retraite.
L'employeur doit informer le salarié de ce droit à la portabilité au moment de la rupture du contrat, notamment dans le certificat de travail. L'organisme assureur doit également être prévenu du départ du salarié.
💡 Bon à savoir : le licenciement pour faute lourde est le seul motif de rupture qui exclut le salarié du bénéfice de la portabilité. Tous les autres motifs ouvrant droit à l'assurance chômage permettent le maintien gratuit des garanties.
Quelles différences entre cadres et non-cadres pour la mutuelle dans la publicité ?
L'accord du 12 novembre 2024 sur les catégories objectives permet aux entreprises de la branche publicité de mettre en place des régimes distincts pour les cadres et les non-cadres. Cette distinction se traduit en pratique sur plusieurs aspects du contrat.
Le niveau de garanties peut être plus élevé pour la catégorie cadres, avec des remboursements supérieurs en optique, dentaire ou hospitalisation. La répartition de la cotisation peut également différer : certaines entreprises financent une part plus importante pour les cadres, au-delà du minimum légal de 50 %.
Concernant la prévoyance, la distinction cadres/non-cadres est plus structurante que pour la mutuelle. L'article 1er de l'Accord national interprofessionnel (ANI) du 17 novembre 2017 relatif à la prévoyance des cadres, qui reprend l'obligation historique posée par l'article 7 de la convention collective de 1947, impose une cotisation minimale de 1,50 % de la tranche de rémunération inférieure au plafond de la Sécurité sociale, financée exclusivement par l'employeur.
Pour la mutuelle à proprement parler, dès lors que le socle minimal (panier de soins ANI et 100 % Santé) est respecté pour chaque catégorie, l'employeur dispose d'une marge de manœuvre pour ajuster les niveaux de garanties et les taux de cotisation entre cadres et non-cadres.
Comment choisir la mutuelle dans une entreprise de publicité ?
En l'absence de contraintes conventionnelles spécifiques, l'employeur du secteur de la publicité bénéficie d'une grande liberté dans le choix de sa complémentaire santé collective. Plusieurs critères pratiques méritent d'être pris en compte pour sélectionner un contrat adapté.
Le premier critère est le respect du socle légal : panier de soins ANI, contrat responsable et garanties 100 % Santé. Le deuxième porte sur l'adéquation des garanties aux besoins réels des salariés du secteur. Les métiers de la publicité, souvent sédentaires et exposés aux écrans, peuvent générer des besoins accrus en optique et en soins liés aux troubles musculosquelettiques.
Le rapport qualité-prix de la cotisation, la qualité du service de gestion (délais de remboursement, application mobile, tiers payant) et la possibilité de proposer des options facultatives pour les ayants droit sont autant de critères de différenciation entre les offres du marché.
L'employeur peut également négocier un accord d'entreprise pour formaliser les garanties retenues, les taux de cotisation et les éventuelles dispenses. Cette démarche sécurise juridiquement le régime et facilite les échanges avec l'URSSAF en cas de contrôle.
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FAQ - Mutuelle obligatoire dans la CCN Publicité (IDCC 86)
01
Que risque un employeur de la publicité qui ne propose pas de mutuelle collective à ses salariés ?
L'employeur qui ne met pas en place de mutuelle collective s'expose à un redressement URSSAF, avec réintégration des cotisations sociales normalement exonérées. Il reste par ailleurs redevable envers ses salariés, qui peuvent réclamer une indemnisation pour le préjudice subi en l'absence de couverture santé collective.
02
Un salarié en CDD peut-il refuser la mutuelle d'entreprise dans une agence de publicité ?
Un salarié en CDD d'une durée inférieure à 12 mois peut être dispensé d'adhésion à la mutuelle, à condition que cette dispense soit prévue dans l'acte fondateur du régime. Pour un CDD de 12 mois ou plus, la dispense n'est possible que si le salarié justifie d'une couverture individuelle.
03
Combien de temps dure la portabilité de la mutuelle après un licenciement dans la publicité ?
La portabilité permet au salarié de conserver gratuitement sa mutuelle collective après son départ, pour une durée égale à celle de son dernier contrat de travail, dans la limite de 12 mois. Elle s'applique à condition que la rupture ouvre droit à l'assurance chômage, sauf en cas de licenciement pour faute lourde.
04
L'accord du 12 novembre 2024 modifie-t-il les garanties de mutuelle dans la publicité ?
Non, l'accord du 12 novembre 2024 ne porte pas sur le niveau des garanties santé. Il définit les catégories objectives de salariés pouvant bénéficier de régimes différenciés, et permet depuis son extension du 5 mars 2025 de distinguer cadres et non-cadres, sous réserve de respecter le socle légal pour chaque catégorie.
05
Les ayants droit du salarié sont-ils couverts par la mutuelle obligatoire de la publicité ?
L'obligation légale de couverture concerne uniquement le salarié seul. L'employeur n'est pas tenu d'étendre la mutuelle collective aux ayants droit, mais il peut proposer une couverture familiale en option, à la charge du salarié ou financée partiellement par l'entreprise.
06
Un stagiaire a-t-il droit à la mutuelle d'entreprise dans le secteur de la publicité ?
Un stagiaire n'est pas couvert par l'obligation légale de mutuelle collective, car il n'est pas lié à l'entreprise par un contrat de travail mais par une convention de stage. L'employeur reste libre de l'inclure volontairement dans son régime de complémentaire santé, sans y être tenu.
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