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Convention collective Boulangerie-Pâtisserie (IDCC 843) — Calcul de salaire
Comment calculer le salaire d'un salarié en boulangerie-pâtisserie ?
Le calcul du salaire en boulangerie-pâtisserie repose sur une formule conventionnelle associant coefficient hiérarchique, valeur du point et constante monétaire. Cette page détaille la méthode de calcul, les grilles 2026 issues de l'avenant n° 139, les majorations applicables et les primes obligatoires.
Nombre d'entreprises concernées par la CCN
Environ 43 700 établissements et 293 000 salariés en France
Champ d'application
Boulangerie artisanale, Boulangerie-pâtisserie artisanale, Pâtisserie artisanale, Viennoiserie artisanale
À retenir
Le salaire minimum conventionnel se calcule avec la formule : (coefficient × valeur du point) + constante monétaire ;
Depuis le 1er janvier 2026, l' avenant n° 139 fixe de nouvelles valeurs de point et de constante, avec deux tranches de coefficients (155 à 180 et 185 à 240) ;
Aucun taux horaire conventionnel ne peut être inférieur au SMIC , fixé à 12,31 € brut depuis le 1er juin 2026 ;
Des majorations spécifiques s'appliquent aux heures supplémentaires, au travail de nuit, du dimanche et des jours fériés ;
La prime de fin d'année , l'indemnité de repas et l'avantage en nature pain complètent la rémunération des salariés ayant au moins un an d'ancienneté.
Quelle est la grille des salaires 2026 en boulangerie-pâtisserie ?
La grille 2026 fixe un taux horaire minimum pour chaque coefficient, applicable à tous les salariés de la branche quel que soit l'effectif de l'entreprise. Elle résulte de l' avenant n° 139 du 14 janvier 2026 , étendu par arrêté du 10 avril 2026 (JORF du 17 avril 2026) et applicable depuis le 1er janvier 2026.
| Coefficient | Taux horaire brut | Salaire mensuel brut (151,67 h) | Exemple de poste |
|---|---|---|---|
| 155 | 12,41 € | 1 882 € | Personnel sans CAP |
| 160 | 12,53 € | 1 900 € | Titulaire CAP |
| 170 | 12,78 € | 1 938 € | Ouvrier boulanger qualifié |
| 175 | 12,91 € | 1 958 € | Titulaire bac pro |
| 185 | 13,31 € | 2 019 € | Ouvrier qualifié tous postes (BP/BTM) |
| 190 | 13,43 € | 2 037 € | Boulanger-pâtissier qualifié |
| 195 | 13,54 € | 2 054 € | Titulaire BM ou BMS |
| 240 | 14,59 € | 2 213 € | Assistant chef d’entreprise |
⚠️ Attention : aucun salarié à temps plein ne peut percevoir moins que le SMIC mensuel brut de 1 867,02 € (12,31 € × 151,67 h). En 2026, tous les coefficients de la grille dépassent ce seuil.
Cette grille concerne le personnel de fabrication. Des coefficients spécifiques existent pour le personnel de vente (155 à 190) et le personnel de services (155 à 170), avec des taux horaires identiques ou très proches à coefficient équivalent.
Quelle est la formule de calcul du salaire minimum conventionnel ?
Le salaire minimum conventionnel se calcule ainsi : taux horaire = (coefficient × valeur du point) + constante monétaire. Cette formule est prévue par l'article 10 de la convention collective de la boulangerie-pâtisserie (brochure 3117, IDCC 843). Elle s'applique à toutes les entreprises entrant dans le champ de la convention, sans distinction d'effectif.
Quelles sont les valeurs de point et de constante selon le coefficient ?
Le taux horaire conventionnel ne se calcule pas de la même façon selon le niveau du coefficient hiérarchique. La convention distingue deux tranches, chacune avec sa propre valeur du point et sa propre constante monétaire :
pour les coefficients 155 à 180 : valeur du point = 0,024800 € et constante = 8,566000 € ;
pour les coefficients 185 à 240 : valeur du point = 0,023273 € et constante = 9,004480 €.
Cette distinction en deux tranches n'est pas anodine. Elle vise à lisser la progression salariale entre les niveaux de qualification, en réduisant légèrement la valeur du point à partir du coefficient 185 tout en augmentant la constante. Concrètement, un employeur qui fait évoluer un salarié du coefficient 180 au coefficient 185 doit changer de formule de calcul, et non simplement ajouter des points au même taux.
💡 Bon à savoir : ce taux horaire constitue un plancher. Il ne peut jamais être inférieur au SMIC en vigueur, quelle que soit la tranche de coefficient concernée.
Comment appliquer la formule à un exemple concret ?
Prenons plusieurs coefficients pour illustrer le calcul et ses deux tranches :
coefficient 170 (ouvrier boulanger qualifié, tranche 155-180) : (170 × 0,024800) + 8,566000 = 4,216 + 8,566 = 12,78 €/h ;
coefficient 185 (ouvrier qualifié tous postes, tranche 185-240) : (185 × 0,023273) + 9,004480 = 4,305505 + 9,004480, soit environ 13,31 €/h ;
coefficient 240 (assistant chef d'entreprise, tranche 185-240) : (240 × 0,023273) + 9,004480 = 5,585520 + 9,004480, soit environ 14,59 €/h.
Ces trois calculs montrent bien le changement de tranche à partir du coefficient 185 : la valeur du point diminue légèrement, mais la constante plus élevée compense cette baisse. Pour un employeur, la méthode la plus fiable reste de vérifier le coefficient exact du salarié sur son contrat avant d'appliquer l'une ou l'autre des deux formules.
Comment calculer le salaire mensuel brut ?
Le salaire mensuel brut s'obtient en multipliant le taux horaire par 151,67 heures, soit 35 heures hebdomadaires × 52 semaines ÷ 12 mois. Pour le coefficient 185, cela donne : 13,31 € × 151,67 h = 2 019 € brut mensuel . Pour le coefficient 240, le calcul est le suivant : 14,59 € × 151,67 h = 2 213 € brut mensuel .
Ce montant correspond à la mensualisation d'un temps plein sur la base légale de 35 heures. Un salarié à temps partiel verra ce montant proratisé selon son nombre d'heures contractuelles.
Quelles majorations s'appliquent aux heures travaillées ?
Plusieurs majorations viennent s'ajouter au taux horaire de base selon le moment où les heures sont effectuées. Elles concernent les heures supplémentaires, le travail de nuit, du dimanche et des jours fériés.
Comment sont majorées les heures supplémentaires ?
Les heures supplémentaires sont majorées de 25 % de la 36e à la 43e heure hebdomadaire, puis de 50 % à partir de la 44e heure. Cette majoration s'applique automatiquement, sans qu'un accord d'entreprise ne soit nécessaire, dès que le salarié dépasse la durée légale de 35 heures.
Pour bien visualiser le calcul, prenons un ouvrier au coefficient 170 (12,78 €/h) :
pour 4 heures supplémentaires effectuées entre la 36e et la 43e heure : 4 × 12,78 × 1,25 = 63,90 € brut ;
pour une heure supplémentaire effectuée au-delà de la 43e heure : 12,78 × 1,50 = 19,17 € brut.
L'employeur doit distinguer ces deux taux de majoration sur le bulletin de paie, car ils correspondent à des tranches horaires différentes.
Comment est rémunéré le travail de nuit ?
Toute heure effectuée entre 20 h et 6 h ouvre droit à une majoration de 25 % du salaire de base, en application de l'article 23 de la convention collective. Cette majoration bénéficie à tous les salariés concernés, qu'ils soient considérés comme travailleurs de nuit au sens légal ou non.
Concrètement, un ouvrier boulanger commençant son poste à 4 h du matin au coefficient 170 (12,78 €/h) perçoit, pour 2 heures effectuées avant 6 h : 2 × 12,78 × 1,25 = 31,95 € brut pour ces deux heures. Cette règle s'explique par les horaires atypiques propres au métier, où la fabrication démarre souvent très tôt.
Comment est majoré le travail du dimanche ?
Le travail du dimanche est majoré de 20 % du taux horaire de base au niveau national. Certains départements appliquent des taux supérieurs, fixés par accords territoriaux :
25 % dans les Bouches-du-Rhône et en Loire-Atlantique ;
30 % en Vendée et dans le Lot-et-Garonne .
Un salarié au coefficient 170 (12,78 €/h) travaillant 6 heures un dimanche percevra, hors département spécifique : 6 × 12,78 × 1,20 = 92,02 € brut pour cette journée. Dans un département à 25 %, ce même calcul donnerait 6 × 12,78 × 1,25 = 95,85 € brut. Ces variations territoriales complètent la convention collective nationale et doivent être vérifiées selon le lieu d'implantation de l'entreprise.
Comment est payé un jour férié travaillé ?
Le salaire est doublé, soit une majoration de 100 %, pour les dix jours fériés légaux lorsqu'ils sont travaillés. Cette règle est plus favorable que le droit commun, qui ne garantit ce doublement automatique que pour le 1er mai.
Pour un salarié au coefficient 185 (13,31 €/h) travaillant 7 heures un jour férié : 7 × 13,31 × 2 = 186,34 € brut pour cette journée, contre 93,17 € brut un jour ordinaire. Un salarié qui ne travaille pas un jour férié conserve sa rémunération habituelle, sans aucune retenue sur son salaire.
Quelles primes et indemnités complètent le salaire ?
Au-delà du salaire de base, la convention collective prévoit plusieurs primes et indemnités propres à la boulangerie-pâtisserie. Elles concernent la fin d'année, les repas, le pain et les décommandes.
Quel est le montant de la prime de fin d'année ?
Chaque salarié justifiant d'au moins un an d'ancienneté perçoit une prime de fin d'année égale à 4,75 % du salaire brut annuel en 2026, un taux qui passera à 5 % en 2027. Cette prime se calcule sur l'ensemble des sommes brutes perçues entre le 1er janvier et le 31 décembre.
Pour un salarié au coefficient 185 avec un salaire mensuel de 2 019 € : 2 019 × 12 × 4,75 % = 1 150,83 € brut. Pour un salarié au coefficient 240 avec un salaire mensuel de 2 213 € : 2 213 × 12 × 4,75 % = 1 261,41 € brut. Plus le salaire de base est élevé, plus le montant de la prime progresse proportionnellement, puisqu'elle reste indexée sur le brut annuel réel.
Comment fonctionne l'indemnité de repas ?
Les ouvriers boulangers et pâtissiers non nourris par l'employeur perçoivent une indemnité journalière égale à 1,5 fois le minimum garanti (MG), en application de l'article 24 de la convention. Cette indemnité constitue un remboursement de frais et n'est due que si le salarié n'est pas nourri sur place.Le montant évolue avec la revalorisation du MG :
au 1er janvier 2026, le MG était de 4,25 €, soit une indemnité de 6,38 € par jour travaillé ;
depuis le 1er juin 2026, le MG s'élève à 4,35 €, ce qui porte l'indemnité à 6,53 € par jour travaillé.
Un employeur doit donc actualiser ce montant sur les bulletins de paie à chaque revalorisation annuelle du minimum garanti.
Qu'est-ce que l'avantage en nature pain ?
Les salariés présents sur leur lieu de travail ont droit à un pain « restaurant » ou deux baguettes minimum par journée travaillée, sans condition d'ancienneté ni de quota d'heures. Cet avantage en nature doit apparaître dans le montant brut du bulletin de salaire et être soumis aux cotisations sociales.
Concrètement, cela implique plusieurs obligations pour l'employeur :
valoriser le pain remis au salarié à son prix de vente habituel ;
l'ajouter au salaire brut avant application des cotisations ;
le faire apparaître également en déduction du salaire net, sous la rubrique « avantages en nature ».
Si le salarié ne prend pas la quantité de pain prévue un jour donné, il ne peut ni la cumuler, ni en demander le paiement compensatoire.
Qu'est-ce que l'indemnité de « chou blanc » ?
L'indemnité de « chou blanc » est une spécificité propre à la branche boulangerie-pâtisserie, prévue par l'article 18 de la convention collective. Un salarié qui se présente à l'heure prévue pour travailler et se trouve décommandé perçoit une indemnité égale à 8 heures de salaire horaire minimum professionnel national.
Pour un salarié au coefficient 170 (12,78 €/h), cette indemnité représente : 8 × 12,78 = 102,24 € brut, versés même si aucune heure n'a été réellement travaillée. Cette protection vise à compenser le déplacement effectué par le salarié malgré l'annulation de sa prise de poste, une situation qui reste fréquente dans un secteur aux plannings parfois changeants.
💡 Bon à savoir : cette indemnité s'applique quel que soit le motif de la décommande, dès lors que le salarié s'est bien présenté à l'heure convenue.
Comment estimer le salaire net ?
Le salaire net s'obtient en déduisant du salaire brut les cotisations sociales salariales : assurance maladie, retraite, chômage, CSG-CRDS, ainsi que la prévoyance et la mutuelle propres à la branche. Le taux global de charges salariales se situe généralement entre 22 % et 25 % du brut.
Pour un coefficient 185 à 2 019 € brut, le net estimé se situe généralement entre 1 514 € et 1 575 €, selon la situation personnelle du salarié. Pour affiner cette estimation selon votre cas, vous pouvez utiliser notre calculateur de salaire brut en net.
Quelles mentions doivent figurer sur le bulletin de paie ?
Le bulletin de paie d'un salarié de la boulangerie-pâtisserie doit comporter plusieurs mentions spécifiques à la branche, en plus des mentions légales classiques :
la référence à la convention collective (brochure 3117) ;
le coefficient hiérarchique du salarié ;
le taux horaire conventionnel et les heures mensualisées ;
le détail des heures supplémentaires et de leurs majorations ;
les majorations liées au travail de nuit, du dimanche et des jours fériés le cas échéant ;
l'avantage en nature pain ;
l'indemnité de repas pour le personnel éligible ;
les cotisations prévoyance et mutuelle.
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Information à caractère informatif, sans conseil juridique. Dernière vérification le 2026-07-07.
Convention collective nationale de la boulangerie-pâtisserie du 19 mars 1976 (IDCC 843) — Légifrance
Avenant n° 139 du 14 janvier 2026 relatif aux salaires — Maison de l'Artisan
Minimum garanti (MG) : montant au 1er juin 2026 — Éditions Tissot
Travail du dimanche : quelle contrepartie — Boulangerie-pâtisserie — Code du travail numérique
Chou blanc (Article 18) — Convention collective boulangerie-pâtisserie — Légifrance
Article 6 — Avantages en nature (pain) — Convention collective boulangerie-pâtisserie — Predictice
FAQ — Calcul de salaire en boulangerie-pâtisserie (IDCC 843)
Le taux horaire minimum se calcule en multipliant le coefficient hiérarchique du salarié par la valeur monétaire du point, puis en y ajoutant la constante monétaire. Ces deux valeurs sont révisées régulièrement par avenant, comme l'a fait l' avenant n° 139 au 1er janvier 2026. Le résultat obtenu ne peut jamais descendre sous le SMIC en vigueur, quel que soit le coefficient appliqué. En cas de revalorisation du SMIC en cours d'année, l'employeur doit vérifier que la grille conventionnelle reste conforme.
Le SMIC horaire brut s'élève à 12,31 € depuis le 1er juin 2026, contre 12,02 € au 1er janvier 2026. Sur une base de 151,67 heures mensuelles, cela représente un salaire mensuel brut de 1 867,02 €.
Les heures entre 20h et 6h sont majorées de 25 % du salaire de base (article 23 de la CCN).
Le salaire est doublé, soit une majoration de 100 %, pour chacun des dix jours fériés légaux lorsqu'ils sont travaillés. Cette règle est plus favorable que le droit commun, qui ne garantit ce doublement automatique que pour le 1er mai. Un salarié qui ne travaille pas un jour férié conserve donc sa rémunération habituelle, sans aucune retenue.
Le taux global de charges salariales se situe généralement entre 22 % et 25 % du brut, en tenant compte des cotisations de prévoyance et de mutuelle spécifiques à la branche.
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