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Quelles sont les charges à prévoir dans la budgétisation d’une EURL ?

Juliette Boulay
, Rédactrice experte paie
Mise à jour le
7 mins
Suivi des dépenses de la 1ère année d'une entreprise
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À retenir :

  • Les charges d’une EURL se composent de cotisations sociales, d’impôts et de frais professionnels ou de fonctionnement.
  • Le statut du gérant (associé unique ou non) détermine le régime social et le montant des cotisations.
  • L’option fiscale (IR ou IS) impacte fortement l’imposition.
  • Certaines aides et exonérations peuvent réduire vos charges, notamment à la création.
  • Une budgétisation précise est primordiale dès la constitution pour anticiper la trésorerie.

Créer ou gérer une EURL implique de maîtriser l’ensemble des charges qui en découlent. Celles-ci se composent des cotisations sociales, des charges fiscales et des frais de fonctionnement. Chaque poste a un impact sur la santé financière de l’entreprise. Ce guide PayFit complet détaille toutes les dépenses, fournit des estimations concrètes et propose des outils pour mieux planifier vos finances.

Quelles sont les charges sociales en EURL ? 

Le montant des charges sociales dépend du statut du gérant : associé unique ou gérant non-associé.

Gérant associé unique (TNS)

Si le gérant est affilié au régime des travailleurs non salariés (TNS), ses cotisations sociales représentent entre 40 et 45 % du revenu net. Même sans rémunération, un minimum de cotisations est dû pour conserver la couverture sociale (maladie‑maternité, retraite de base et complémentaire, invalidité, décès, allocations familiales, formation professionnelle, CSG/CRDS).

📌 Exemple : pour un revenu net de 2 000 euros par mois, les cotisations TNS se situent autour de 800 à 900 €. Le gérant peut également verser des cotisations volontaires pour améliorer sa retraite ou sa prévoyance.

⚠️ Attention : depuis la réforme de 2025, l’assiette retenue est le “revenu professionnel après abattement forfaitaire de 26 %” (sous conditions), ce qui peut modifier le pourcentage effectif de cotisations selon les revenus.

Gérant non-associé (assimilé salarié)

Affilié au régime général de la Sécurité sociale, comme un salarié classique, le gérant d’une EURL cotise à hauteur de 70 à 85 % de la rémunération nette, selon les options de protection choisies (retraite complémentaire, prévoyance, chômage).

Si le gérant ne perçoit aucune rémunération, aucune cotisation n’est due, mais il ne cumule pas de droits sociaux (retraite, assurance maladie).

⚠️ Attention : le coût élevé des cotisations d’un gérant assimilé salarié peut impacter significativement la trésorerie de l’entreprise. Il est conseillé de simuler le montant des charges avant de déterminer la rémunération du gérant d’une EURL.

Quelles sont les charges fiscales d’une EURL ?

Le montant des charges fiscales que doit supporter une EURL dépend en grande partie du régime d’imposition choisi.

EURL à l’impôt sur le revenu

Lorsque l’EURL est soumise à l’Impôt sur le Revenu (IR), le résultat de l’entreprise est directement intégré dans le revenu personnel du gérant. Il est alors soumis au barème progressif de l’impôt, qui varie selon les tranches de revenus du foyer fiscal. 

Ce résultat s’ajoute aux autres revenus du dirigeant, comme les salaires ou les revenus fonciers, ce qui peut faire grimper le taux d’imposition.

EURL à l’impôt sur les sociétés 

Si la EURL opte pour l’Impôt sur les Sociétés (IS), c’est l’entreprise qui s’acquitte de l’impôt sur ses bénéfices (15 % jusqu’à 42 500 €, puis 25 % au-delà). 

Le gérant, quant à lui, est imposé à titre personnel sur sa rémunération et sur les dividendes éventuellement perçus.

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Quelles sont les autres charges d’une EURL ?

D’autres postes de dépenses s’ajoutent aux charges sociales et fiscales d’une EURL.

Les contributions locales

Une EURL doit s’acquitter de la contribution économique territoriale (CET), composée de deux volets :

  • la Cotisation Foncière des entreprises (CFE) ;

  • la Cotisation sur la Valeur Ajoutée des Entreprises (CVAE). 

La CFE est calculée à partir de la valeur locative des biens immobiliers utilisés pour l’activité, avec une base minimale même en l’absence de locaux. Son montant varie selon le chiffre d’affaires et la commune d’implantation. 

La CVAE, quant à elle, ne concerne que les EURL réalisant plus de 500 000 € de chiffre d’affaires hors taxes.

La TVA

Selon son chiffre d’affaires et son secteur d’activité, une EURL peut être assujettie à la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA). Elle devra alors déclarer et reverser la différence entre la TVA collectée auprès des clients et la TVA déductible sur ses achats professionnels. 

Le régime de TVA (réel normal, réel simplifié ou franchise en base) dépend du niveau de chiffre d’affaires. 

Est-ce qu’une EURL peut bénéficier du régime de la micro-entreprise ?

Oui, une EURL peut opter pour le régime de la micro-entreprise sous certaines conditions :

  • l’associé unique est une personne physique, disposant des fonctions de direction de la société ;

  • le chiffre d’affaires ne dépasse pas les seuils applicables (188 700 € pour les activités commerciales, 77 700 € pour les prestations de services en 2026). 

Ce régime permet de bénéficier d’un fonctionnement allégé : les cotisations sociales sont calculées en pourcentage du chiffre d’affaires déclaré et l’imposition s’effectue après un abattement forfaitaire. De plus, une option pour le versement forfaitaire libératoire est envisageable, sous conditions.

Quelles solutions pour alléger les charges d’une EURL ?

Réduire les charges d’une EURL passe souvent par des choix dès la création de l’entreprise

Le régime fiscal, par exemple, joue un rôle clé : opter pour l’impôt sur les sociétés (IS) peut s’avérer avantageux pour mieux répartir les revenus entre rémunération et dividendes, limitant ainsi la pression fiscale et sociale.

En parallèle, certaines exonérations sont prévues, notamment pour les entreprises nouvellement créées (exonération temporaire de CFE, aides ACRE, etc.). 

Au quotidien, le gérant a tout intérêt à identifier les dépenses professionnelles pouvant être déduites du résultat : loyer, amortissement du matériel utilisé dans l’activité, frais de déplacement en véhicule personnel ou encore dépenses de formation. 

Autant d’éléments qui, bien utilisés, permettent de réduire le bénéfice imposable et donc le montant global des impôts et cotisations.

Quelles sont les implications financières liées à la création et à la gestion d’une EURL ?

Créer une EURL implique un coût de création, un certain nombre de dépenses initiales et récurrentes qu’il est important d’anticiper. Dès la constitution, des frais sont à prévoir : rédaction des statuts, publication de l’annonce légale, immatriculation au registre du commerce, etc.

Une fois l’entreprise en activité, le gérant doit assumer des charges régulières liées à la gestion courante :

  • cotisations sociales ;

  • impôts et taxes ;

  • frais bancaires ;

  • comptabilité ;

  • assurance.

Il ne faut pas oublier les charges liées à l’activité elle-même (loyer, fournitures, outils numériques, etc.). 

Le choix du régime fiscal, du mode de rémunération du gérant ou encore du niveau d’investissement impacte directement la trésorerie et la rentabilité de l’entreprise. Une bonne gestion financière est donc indispensable pour garantir la pérennité de l’EURL, en particulier durant les premières années.

👉 À noter : réaliser un business plan permet de visualiser si votre projet est équilibré et sûr.

Quelle différence entre EURL et SARL ?

La EURL est en réalité une SARL (Société par Actions à Responsabilité Limitée), mais avec un seul associé. Elle obéit aux mêmes règles juridiques, mais s’adapte à une gestion individuelle. 

En d’autres termes, la SARL est une société à plusieurs associés (au minimum deux), tandis que l’EURL permet à un entrepreneur de créer une société seul, tout en bénéficiant du cadre protecteur de la responsabilité limitée.

Il est d’ailleurs possible de passer d’une EURL à une SARL en accueillant de nouveaux associés, sans changer de forme sociale. Cette transition peut avoir des implications sur les charges sociales et l'imposition des revenus du gérant. De même, vous pouvez transformer une EURL en SASU.

Suivi des dépenses de la 1ère année d'une entreprise

Foire Aux Questions (FAQ)

Pour budgétiser vos charges, listez toutes les dépenses fixes et charges variables : cotisations sociales, impôts, loyer, assurances, fournitures. Estimez-les chaque mois et simulez différents scénarios. Suivez la trésorerie régulièrement pour anticiper les besoins financiers et ajuster la paie.

Optimiser l’impôt passe par le choix du régime fiscal (IR ou IS), la répartition entre rémunération et dividendes et la déduction de toutes dépenses professionnelles. Les aides comme ACRE et l’exonération CFE sont à exploiter pour réduire la charge fiscale globale.

Oui, un entrepreneur peut gérer seul ses charges en utilisant des outils de suivi comptable et de paie. Toutefois, pour sécuriser les calculs et respecter la fiscalité, l’avis ponctuel d’un expert-comptable reste recommandé, notamment pour les cotisations sociales et l’impôt.

Des logiciels spécialisés en ligne automatisent le calcul des cotisations sociales, la déclaration des impôts et les écritures comptables. Ces solutions proposent des tableaux de bord pour le suivi de la trésorerie et des simulations pour la budgétisation.

Une EURL permet de bénéficier d’une responsabilité limitée au montant des apports, tout en conservant une grande liberté de gestion. En tant que gérant d'une EURL, il est important de prendre en compte les charges sociales et les cotisations qui en découlent. Elle offre également une certaine souplesse fiscale, avec la possibilité d’opter pour l’impôt sur le revenu (IR) ou l’impôt sur les sociétés (IS) en fonction de la stratégie souhaitée. 

C’est une forme juridique particulièrement adaptée aux entrepreneurs qui souhaitent se lancer seuls dans une activité professionnelle tout en sécurisant leur patrimoine personnel

De plus, une EURL permet d'ajuster la rémunération du gérant et de déterminer le montant des dividendes tout en gérant les impôts et les charges sociales de manière optimale. Cette structure est idéale pour ceux qui envisagent la création d’une entreprise et désirent maîtriser leur imposition tout en sécurisant leur activité… à condition de s’armer de la bonne solution pour optimiser sa gestion.

En micro-entreprise, vos obligations fiscales se limitent principalement à déclarer votre chiffre d’affaires chaque mois ou trimestre auprès de l’URSSAF, puis à payer vos cotisations sociales et, le cas échéant, votre impôt sur le revenu (versement libératoire ou régime classique). 

Vous devez également surveiller les seuils de TVA : en cas de dépassement, la facturation et la déclaration de TVA deviennent obligatoires. Enfin, conservez vos factures, tenez votre livre des recettes et assurez-vous que votre activité reste dans les limites du régime micro.