À retenir
La convention collective des bureaux d'études techniques (Syntec-Cinov, IDCC 1486) fixe deux grilles de salaires minimaux distinctes : une pour les ETAM (employés, techniciens et agents de maîtrise) et une pour les ingénieurs et cadres ;
Les montants en vigueur proviennent de l'accord du 26 juin 2024, applicable depuis le 1er janvier 2025 et toujours valable en 2026 ;
Chaque salaire minimum dépend de deux paramètres : la position (de 1.1 à 3.3) et le coefficient du salarié ;
Depuis la revalorisation du SMIC au 1er juin 2026 (1 867,02 € brut mensuel), les positions 1.1 et 1.2 ETAM passent sous le SMIC : l'employeur verse alors le SMIC, plus favorable ;
La convention prévoit aussi une prime de vacances obligatoire, au moins égale à 10 % de la masse globale des indemnités de congés payés.
La convention collective des bureaux d'études techniques encadre la rémunération de plus de 900 000 salariés dans l'informatique, l'ingénierie, le conseil et les études techniques. Sa grille de salaire fixe un plancher mensuel brut pour chaque position et coefficient, que tout employeur doit respecter. Cette page détaille les montants 2026, la méthode de lecture, le calcul du minimum conventionnel et l'articulation avec le SMIC.
Quels sont les salaires minimaux de la grille des bureaux d'études techniques en 2026 ?
Les salaires minimaux des bureaux d'études techniques se répartissent en deux grilles, l'une pour les ETAM, l'autre pour les ingénieurs et cadres. Les montants ci-dessous résultent de l'accord du 26 juin 2024, étendu par arrêté du 8 novembre 2024 et applicable depuis le 1er janvier 2025. Ils restent en vigueur en 2026, faute de nouvel accord signé à ce jour.
Grille ETAM (coefficients 240 à 500)
| Position |
Coefficient |
Salaire minimum mensuel brut |
| 1.1 |
240 |
1 815 € |
| 1.2 |
250 |
1 845 € |
| 2.1 |
275 |
1 875 € |
| 2.2 |
310 |
1 905 € |
| 2.3 |
355 |
2 045 € |
| 3.1 |
400 |
2 185 € |
| 3.2 |
450 |
2 340 € |
| 3.3 |
500 |
2 490 € |
⚠️ Attention : depuis le 1er juin 2026, le SMIC mensuel brut atteint 1 867,02 €. Les positions 1.1 (1 815 €) et 1.2 (1 845 €) sont désormais inférieures à ce montant. Pour ces salariés, vous versez au minimum le SMIC, soit 1 867,02 € brut.
Grille ingénieurs et cadres (coefficients 95 à 270)
| Position |
Coefficient |
Salaire minimum mensuel brut |
| 1.1 |
95 |
2 135 € |
| 1.2 |
100 |
2 240 € |
| 2.1 (moins de 26 ans) |
105 |
2 315 € |
| 2.1 (26 ans et plus) |
115 |
2 530 € |
| 2.2 |
130 |
2 850 € |
| 2.3 |
150 |
3 275 € |
| 3.1 |
170 |
3 650 € |
| 3.2 |
210 |
4 495 € |
| 3.3 |
270 |
5 755 € |
Toutes les positions de la grille ingénieurs et cadres restent supérieures au SMIC en 2026. La distinction n'intervient donc que pour les premières positions ETAM.
Chaque ligne de la grille combine trois informations qui déterminent le salaire plancher du salarié : sa position, son coefficient et le montant minimum associé. Ces deux premiers éléments figurent sur le contrat de travail et sur le bulletin de paie.
la position situe le salarié dans la hiérarchie, de 1.1 à 3.3 ; le premier chiffre correspond au niveau (1 = exécution, 2 = conception, 3 = commandement ou expertise), le second à l'échelon ;
le coefficient est un nombre rattaché à la position, qui sert aujourd'hui de repère de classification ;
le salaire minimum conventionnel (SMC) est le montant mensuel brut plancher pour un temps plein de 35 heures par semaine, soit 151,67 heures par mois.
La position et le coefficient sont des mentions obligatoires du bulletin de paie, au même titre que le salaire de base. Le salaire minimum conventionnel constitue le seuil en dessous duquel aucune rémunération ne peut être fixée pour la position concernée.
Pour un salarié à temps partiel, le salaire minimum conventionnel se calcule au prorata des heures contractuelles. Le montant plancher de la grille correspond à un temps plein de 151,67 heures par mois : vous le ramenez à la durée réellement travaillée.
Prenons un ETAM en position 2.1, coefficient 275, dont le minimum temps plein s'élève à 1 875 € brut. Pour un contrat de 30 heures par semaine, le calcul est le suivant :
minimum temps plein : 1 875 € pour 35 heures ;
minimum proratisé : 1 875 € × 30 / 35 = 1 607,14 € brut par mois.
Ce principe de proratisation s'applique à toutes les positions des deux grilles. Il vaut aussi bien pour un travail à temps partiel régulier que pour un contrat à durée déterminée à temps réduit. Pensez à recalculer ce plancher dès qu'un avenant modifie la durée du travail du salarié.
Pourquoi deux coefficients pour la position 2.1 des ingénieurs et cadres ?
La position 2.1 de la grille ingénieurs et cadres comprend deux coefficients, 105 et 115, qui correspondent à deux niveaux de salaire minimum. Le coefficient 105 (2 315 €) s'applique aux cadres de moins de 26 ans ou débutants sur la position. Le coefficient 115 (2 530 €) concerne les cadres de 26 ans et plus.
Cette distinction permet d'intégrer progressivement les jeunes diplômés tout en valorisant l'expérience. Le passage du coefficient 105 au coefficient 115 intervient au plus tard lorsque le salarié atteint 26 ans.
Quelles augmentations l'accord du 26 juin 2024 a-t-il apportées ?
L'accord du 26 juin 2024 a relevé les salaires minimaux après une période sans revalorisation, les négociations de 2023 n'ayant pas abouti. Les hausses s'appliquent aux deux grilles, ETAM et ingénieurs et cadres, selon les positions :
+ 100 € par mois pour les positions 1.1, 1.2 et 2.1 ;
+ 74 € par mois pour les positions 2.2 à 3.2 ;
+ 75 € par mois pour la position 3.3.
Les organisations patronales (Fédération Syntec et Cinov) se sont engagées à proposer une hausse d'au moins 20 € par mois lors des prochaines négociations. À ce jour, aucun nouvel accord n'a remplacé celui du 26 juin 2024, dont les montants restent intégralement applicables. Ces revalorisations de branche s'inscrivent dans un contexte d'augmentation des salaires liée à l'inflation qui a aussi entraîné deux hausses du SMIC en 2026.
Le salaire minimum conventionnel correspond aujourd'hui à un montant forfaitaire fixé directement par la grille, sans calcul intermédiaire. L'accord du 26 juin 2024 a supprimé l'ancienne formule par valeur de point.
Avant l'accord de 2024, les salaires minimaux résultaient d'une formule mathématique fondée sur une valeur de point. Le calcul différait selon la catégorie de personnel :
Chaque position disposait de sa propre valeur de point, et les ETAM se voyaient appliquer en plus une base fixe spécifique. Ce mécanisme obligeait les services de paie à recalculer chaque minimum à partir de deux paramètres distincts. Une erreur sur la valeur de point retenue suffisait à fausser l'ensemble des planchers d'une grille.
Le système actuel : des montants forfaitaires
Depuis le 1er janvier 2025, la grille indique directement un montant mensuel brut par position et coefficient. Ce changement simplifie la lecture et l'application des minima, puisqu'il suffit de relever la ligne correspondant à la classification du salarié. La comparaison avec le salaire minimum conventionnel s'en trouve facilitée pour chaque bulletin.
Quelle différence entre salaire minimum conventionnel et salaire réel ?
Le salaire minimum conventionnel est un plancher obligatoire, tandis que le salaire réel correspond à la rémunération effectivement versée, souvent supérieure. Plusieurs facteurs justifient un écart entre les deux :
le niveau de responsabilité réel du poste ;
l'expérience et l'ancienneté du salarié ;
la tension du marché de l'emploi dans le secteur ;
un accord d'entreprise plus favorable.
Pour vérifier le respect du minimum, vous comparez le salaire de base et les avantages en nature au plancher conventionnel, chaque mois. Sont exclus de cette comparaison les heures supplémentaires, les remboursements de frais, les primes exceptionnelles, les sommes liées à la participation ou à l'intéressement et l'indemnité de congés payés.
👉 À noter : un employeur qui ne respecte pas les minima conventionnels s'expose à une amende et à une demande de rappel de salaire devant le conseil de prud'hommes, dans la limite de 3 ans.
Qu'est-ce que la prime de vacances dans les bureaux d'études techniques ?
La convention collective prévoit, à son article 7.3, une prime de vacances obligatoire pour l'ensemble des salariés. Chaque année, l'employeur réserve un montant au moins égal à 10 % de la masse globale des indemnités de congés payés acquises par tous les salariés.
Les modalités de répartition se définissent par accord d'entreprise, par décision de l'employeur après consultation des représentants du personnel, ou à parts égales entre les salariés. Cette prime se distingue de l'indemnité de congés payés elle-même et ne doit pas être confondue avec elle.
💡 Bon à savoir : en pratique, la prime de vacances représente environ 1 % de la masse salariale brute annuelle de l'entreprise. Certaines primes déjà versées dans l'année peuvent s'imputer sur cette obligation, sous conditions.
Que faire si le minimum conventionnel est inférieur au SMIC ?
Lorsqu'un minimum conventionnel passe sous le SMIC, vous appliquez le SMIC, qui constitue un plancher légal d'ordre public. La règle est simple : entre le minimum de branche et le SMIC, c'est toujours le montant le plus favorable au salarié qui prévaut.
En 2026, cette situation concerne les positions 1.1 ETAM (1 815 €) et 1.2 ETAM (1 845 €), toutes deux inférieures au SMIC mensuel brut de 1 867,02 € en vigueur depuis le 1er juin 2026. Pour ces deux positions, la rémunération plancher devient donc 1 867,02 € brut. La position 2.1 ETAM (1 875 €) reste, elle, très légèrement au-dessus du SMIC.
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