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Convention collective des cabinets médicaux (IDCC 1147)
Quels sont les droits liés à la maternité dans la convention collective des cabinets médicaux ?
Congé maternité, protection contre le licenciement, aménagement de poste, indemnisation et congé pour élever un enfant (article 46). Repères pratiques paie/temps de travail et vérifications CCN (IDCC 1147).
Nombre d'entreprises concernées par la CCN
environ 33 500 entreprises
Champ d'application
Médecins libéraux, SISA, maisons de santé pluridisciplinaires
À retenir :
Pour le congé maternité, la CCN 1147 renvoie aux textes en vigueur (article 45) : durée, indemnisation et protection relèvent du Code du travail et de la sécurité sociale ;
la convention ne prévoit ni maintien de salaire conventionnel, ni réduction d'horaire pendant la grossesse ; l'indemnisation repose sur les IJSS (indemnités journalières de sécurité sociale) ;
le congé maternité dure 16 semaines pour un 1er ou 2e enfant, et jusqu'à 46 semaines pour des triplés ;
la salariée est protégée contre le licenciement pendant la grossesse, le congé et les 10 semaines qui suivent ;
l' article 46 ouvre un congé non rémunéré de 6 mois pour élever l'enfant, avec conservation du poste de plein droit, puis 6 mois de priorité d'embauche .
À qui s'appliquent les règles relatives à la maternité ?
Les règles de protection de la grossesse et de congé maternité s'appliquent à toutes les salariées d'un cabinet médical, quels que soient le contrat et la durée de travail, dès lors que les conditions légales sont remplies. Aucune condition d'ancienneté n'est exigée pour partir en congé maternité.
La CCN des cabinets médicaux (IDCC 1147) renvoie au droit commun pour le congé maternité et d'adoption, sans garantie supplémentaire d'indemnisation ou d'absence. Elle prévoit en revanche un congé spécifique pour élever un enfant après la maternité (article 46).
Dans un cabinet, l'enjeu pratique tient surtout à l'anticipation des absences et à la traçabilité des échanges, pour organiser les remplacements et la continuité des rendez-vous.
Quel est le cadre légal du congé maternité ?
Le congé maternité comprend une période prénatale et une période postnatale, dont la durée dépend du nombre d'enfants attendus ou déjà à charge. Le congé maternité suspend le contrat de travail et ouvre droit aux IJSS, sous réserve des conditions d'affiliation.
| Situation | Congé prénatal | Congé postnatal | Durée totale |
|---|---|---|---|
| 1er ou 2e enfant | 6 semaines | 10 semaines | 16 semaines |
| 3e enfant ou plus | 8 semaines | 18 semaines | 26 semaines |
| Jumeaux | 12 semaines | 22 semaines | 34 semaines |
| Triplés ou plus | 24 semaines | 22 semaines | 46 semaines |
La salariée informe l'employeur par tout moyen conférant date certaine, de préférence par écrit avec justificatif médical. Pendant la suspension, l'ancienneté continue de courir et les congés payés restent acquis.
👉 À noter : l'article 45 étend les mêmes dispositions au congé d'adoption , y compris en cas d'adoption d'un enfant de moins de 3 ans. Les modalités du congé d'adoption suivent alors le droit commun.
Quelle protection contre le licenciement s'applique ?
La salariée bénéficie d'une protection renforcée contre le licenciement pendant la grossesse, le congé maternité et les 10 semaines suivant son retour (article L1225-4 du Code du travail). Pendant le congé lui-même, le licenciement est strictement interdit.
En dehors du congé, sur la période protégée, l'employeur ne peut rompre le contrat que pour une faute grave étrangère à la grossesse ou pour une impossibilité de maintenir le contrat sans lien avec l'état de la salariée. Un licenciement prononcé en méconnaissance de ces règles encourt la nullité.
En pratique, l'employeur documente clairement le motif invoqué et le dissocie de tout élément lié à la maternité. Une absence pour arrêt maladie liée à la grossesse ne lève pas cette protection.
Quels aménagements de poste et visites médicales sont prévus ?
Le médecin du travail peut recommander des aménagements d'horaires, de tâches ou d'affectation pour écarter une exposition incompatible avec la grossesse. Ces préconisations s'imposent à l'employeur dans leur champ de compétence.
Dans un cabinet médical, les ajustements concernent souvent la manipulation d'équipements, la station debout prolongée ou l'exposition à certains agents. La médecine du travail intervient à des moments clés du suivi, notamment pour préparer la reprise.
Lorsqu'aucun aménagement n'est possible, les textes prévoient des solutions encadrées, comme une suspension du contrat avec garantie de rémunération dans les cas de risque spécifique. Chaque situation s'apprécie au regard des risques identifiés.
Comment s'organise la rémunération pendant le congé ?
Pendant le congé maternité, l'indemnisation repose sur les seules IJSS versées par la sécurité sociale, sous réserve des conditions d'ouverture des droits. La CCN 1147 ne prévoit aucun complément employeur conventionnel.
Un maintien de salaire peut néanmoins exister s'il résulte d'un accord d'entreprise ou d'un engagement unilatéral de l'employeur propre au cabinet. Les avantages collectifs maintenus pendant la suspension suivent les règles légales et les notices des contrats.
Le service paie vérifie le calcul des IJSS et l'éventuelle subrogation, qui permet à l'employeur de percevoir directement les indemnités lorsqu'il maintient la rémunération.
Quelles sont les garanties au retour de congé ?
À l'issue du congé, la salariée retrouve son emploi précédent ou un emploi équivalent assorti d'une rémunération au moins équivalente. Une visite médicale de reprise après le congé maternité est organisée selon les cas pour évaluer l'aptitude et d'éventuels aménagements.
La salariée bénéficie des augmentations générales et de la moyenne des augmentations individuelles intervenues pendant son absence. L'absence ne doit pénaliser ni la progression professionnelle ni l'accès aux dispositifs collectifs.
Que prévoit l'article 46 de la CCN 1147 après le congé maternité ?
L'article 46 ouvre un droit propre aux cabinets médicaux : à l'expiration du congé maternité, la mère comptant au moins 1 an de présence au jour de la naissance peut demander un congé non rémunéré pour se consacrer à son enfant. Ce dispositif s'ajoute au congé parental d'éducation prévu par la loi.
Congé pour élever un enfant : congé non rémunéré de 6 mois maximum , pendant lequel la salariée conserve son poste de plein droit ;
priorité d'embauche : passé ce délai, la salariée bénéficie d'une priorité d'embauche pendant 6 mois ;
délai de prévenance : la demande se formule par écrit, au minimum 1 mois avant la date prévue de reprise.
Ce congé conventionnel se distingue du congé parental légal par sa durée et sa condition d'ancienneté propres. Il se cumule, dans le temps, avec les autres dispositifs familiaux selon le choix de la salariée.
Information à caractère informatif, sans conseil juridique.
Dernière vérification le 10/06/2026.
CCN cabinets médicaux (IDCC 1147) - Article 45 (Congés de maternité et d'adoption) - Légifrance
CCN cabinets médicaux (IDCC 1147) - Article 46 (Congé pour élever un enfant) - Légifrance
Code du travail - Protection de la maternité (articles L1225-1 à L1225-34) - Légifrance
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FAQ - Maternité CCN cabinets médicaux (IDCC 1147)
Aucune forme n'est imposée par la loi, mais l'annonce par écrit avec certificat médical reste recommandée pour dater l'information de façon certaine. Cette formalisation déclenche les protections légales contre le licenciement et facilite l'organisation des remplacements. La salariée n'est tenue d'informer l'employeur ni à un moment précis, ni avant son départ en congé prénatal. Plus l'information arrive tôt, plus le cabinet anticipe sereinement la planification des rendez-vous et les éventuels aménagements de poste.
Non, le congé de l'article 46 est expressément un congé non rémunéré, d'une durée maximale de 6 mois. La salariée conserve son poste de plein droit pendant cette période, ce qui le distingue d'une simple disponibilité. Selon sa situation, elle peut mobiliser en parallèle la prestation partagée d'éducation de l'enfant versée par la CAF si elle remplit les conditions. Ce congé reste distinct du congé supplémentaire de naissance et du congé parental légal, qu'elle peut choisir d'activer à la place.
Oui, la salariée peut enchaîner ses congés payés avec le congé maternité, même si la période de prise est déjà passée. L'employeur ne peut pas refuser ces congés payés accolés au congé maternité. Cet enchaînement prolonge d'autant la protection contre le licenciement, qui couvre alors aussi la durée des congés payés. Cette articulation se prépare en amont avec le service RH pour ajuster le planning du cabinet.
Un licenciement prononcé pendant le congé maternité est nul, car la protection est absolue sur cette période. Sur la période protégée encadrant le congé, seule une faute grave étrangère à la grossesse ou une impossibilité de maintenir le contrat justifie une rupture. À défaut, la salariée peut demander sa réintégration et le versement des salaires dont elle a été privée. Les motifs doivent toujours être documentés et dissociés de tout élément lié à la maternité.
Non, la CCN 1147 ne prévoit aucun maintien de salaire conventionnel pendant le congé maternité, contrairement à certaines conventions du secteur santé. L'indemnisation repose exclusivement sur les IJSS de la sécurité sociale. Un complément n'existe que s'il découle d'un accord d'entreprise ou d'un engagement unilatéral propre au cabinet. La salariée vérifie donc ses droits réels auprès du service paie et du texte applicable dans sa structure.
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