À retenir
La convention collective prévoit trois modalités de temps de travail : 35 heures standard, réalisation de missions (38 h 30) et forfait annuel en jours (218 jours) ;
La modalité 2 est réservée aux ingénieurs et cadres dont la rémunération dépasse à la fois 115 % du minimum conventionnel et le plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS) ;
Le forfait jours (modalité 3) s'adresse aux cadres autonomes, avec une rémunération minimale de 120 % (positions 3.x) ou 122 % (position 2.3, depuis l'avenant n° 2) du minimum conventionnel ;
Les jours de repos du forfait jours ne sont pas juridiquement des RTT : ils résultent du plafond annuel de 218 jours travaillés ;
Depuis l'avenant n° 2 du 13 décembre 2022, le droit à la déconnexion est renforcé pour tous les salariés.
Quelles sont les trois modalités de temps de travail prévues par la convention collective ?
L'accord du 22 juin 1999 relatif à la durée du travail prévoit trois modalités distinctes, qui répondent à des profils de salariés et des niveaux d'autonomie différents.
| Modalité |
Durée |
Salariés concernés |
Rémunération minimale |
Repos |
| Modalité 1 (standard) |
35 h/semaine |
ETAM et cadres non éligibles aux modalités 2 ou 3 |
Minimum conventionnel |
Pas de RTT (heures supplémentaires majorées) |
| Modalité 2 (réalisation de missions) |
Jusqu’à 38 h 30/semaine |
Ingénieurs et cadres (ETAM sur accord d’entreprise uniquement) |
≥ 115 % du minimum conventionnel et ≥ PASS |
Demi-journées de repos compensateurs |
| Modalité 3 (forfait jours) |
218 jours/an |
Cadres positions 2.3 (depuis avenant n° 2) et 3.x |
≥ 120 % (positions 3.x) ou ≥ 122 % (position 2.3) |
Jours de repos (variable selon le calendrier) |
La modalité 1 correspond à la durée légale de 35 heures par semaine, soit 151,67 heures par mois. Vous l'appliquez par défaut à vos ETAM et à vos cadres non éligibles aux modalités 2 ou 3.
Il n'y a pas de jours de RTT dans cette modalité. Les heures effectuées au-delà de 35 heures sont des heures supplémentaires majorées : 25 % pour les 8 premières (de la 36e à la 43e), 50 % au-delà. La durée hebdomadaire peut être lissée sur 12 mois, dans la limite de 1 610 heures par an.
La modalité 2 s'adresse aux ingénieurs et cadres dont les fonctions impliquent une autonomie dans l'organisation de leurs missions. Elle reste réservée par l'accord de branche à cette catégorie : l'ETAM ne peut en bénéficier que si un accord d'entreprise étend spécifiquement le dispositif, la convention ne le prévoyant pas par défaut pour cette catégorie.
La durée hebdomadaire peut atteindre 38 heures 30, dans la limite de 219 jours travaillés par an. Les heures effectuées entre 35 h et 38 h 30 ouvrent droit à des demi-journées de repos compensateurs, comptabilisées dans un Compte de Temps Disponible (CTD).
Quelle rémunération minimale pour accéder à la modalité 2 ?
Deux conditions de rémunération sont cumulatives, comme l'a confirmé la Cour de cassation dans un arrêt du 4 novembre 2015 (n° 14-25.745) :
une rémunération annuelle au moins égale à 115 % du minimum conventionnel de la catégorie ;
une rémunération annuelle au moins égale au plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), soit 48 060 € en 2026.
Si l'une de ces deux conditions n'est pas respectée, la convention de forfait en heures peut être jugée inopposable : le salarié peut alors réclamer le paiement de ses heures au-delà de 35 heures, avec les majorations légales. En l'absence de formation de co-investissement, les jours de repos sont répartis à parts égales entre salarié et employeur ; en cas de formation de co-investissement, la répartition passe à un tiers pour le salarié et deux tiers pour l'employeur.
💡 Bon à savoir : les demi-journées de repos de la modalité 2 sont souvent appelées "RTT" dans la pratique, même si leur mécanisme juridique diffère du dispositif classique de réduction du temps de travail.
La modalité 3 est réservée aux cadres disposant d'une autonomie dans l'organisation de leur emploi du temps, dans la limite de 218 jours par an, journée de solidarité incluse.
Qui est éligible au forfait jours ?
Le forfait jours est ouvert aux cadres classés en :
positions 3.1, 3.2 et 3.3 : rémunération annuelle au moins égale à 120 % du minimum conventionnel de leur catégorie ;
position 2.3 (coefficient 150), depuis l'avenant n° 2 du 13 décembre 2022, étendu le 12 juin 2024 et applicable depuis le 1er juillet 2024 : rémunération annuelle au moins égale à 122 % du minimum conventionnel.
Vous formalisez le passage en forfait jours par une convention individuelle de forfait écrite, dans le contrat de travail ou par avenant
Le nombre de jours de repos varie chaque année selon le calendrier : 365 (ou 366) jours, moins 218 jours travaillés, moins les week-ends, les congés payés et les jours fériés tombant un jour ouvré. Pour 2026, ce calcul donne : 365 − 218 − 104 (week-ends) − 25 (congés payés) − 9 (jours fériés) = 9 jours de repos.
⚠️ Attention : ces jours de repos ne sont pas juridiquement des RTT. Ils résultent du plafond annuel de 218 jours travaillés, et non d'une compensation d'heures effectuées au-delà de 35 heures.
RTT et jours de repos : quelle différence juridique ?
Les RTT (modalité 2) compensent les heures travaillées entre 35 h et 38 h 30 par semaine : ce sont des repos acquis au fil des semaines, comptabilisés en demi-journées dans le CTD. Les jours de repos (modalité 3) résultent, eux, d'un calcul annuel lié au plafond de 218 jours, sans lien avec un dépassement horaire.
Cette distinction a des conséquences pratiques sur le régime fiscal et social applicable en cas de rachat, ainsi que sur les droits du salarié en cas de rupture du contrat.
L'employeur peut-il imposer les dates de RTT ou de jours de repos ?
En modalité 2 (CTD), sans formation de co-investissement, vous fixez la moitié des dates de repos avec votre salarié, à parts égales.En cas de formation de co-investissement, l'employeur dispose de deux tiers des jours.
En modalité 3 (forfait jours), les jours de repos sont pris au choix du salarié, en concertation avec sa hiérarchie, en tenant compte des nécessités de service.
Quel est l'impact des absences sur les jours de repos ?
Les absences non assimilées à du temps de travail effectif entraînent une réduction proportionnelle des jours de repos, un principe issu du droit commun plutôt que d'une disposition explicite de la convention. Un salarié en forfait jours absent un mois complet verra ainsi son nombre de jours de repos réduit d'un douzième. Les absences assimilées à du travail effectif (congés payés, formation, accident du travail, congé maternité) restent sans impact.
Peut-on renoncer à ses jours de repos ou les monétiser ?
Vos salariés en forfait jours peuvent renoncer à des jours de repos avec votre accord, en échange d'une majoration de salaire : 20 % minimum jusqu'à 222 jours travaillés, 35 % au-delà, dans la limite de 230 jours par an.
Le chapitre VI de l'accord du 22 juin 1999 prévoit aussi la possibilité de mettre en place un Compte Épargne-Temps au niveau de l'entreprise, alimenté par le solde du CTD (modalité 2) ou par des jours de repos non pris (modalité 3). Sa mise en place nécessite une négociation avec les délégués syndicaux.
Quelles sont les garanties renforcées depuis l'avenant n° 2 du 13 décembre 2022 ?
L'avenant n° 2, étendu par arrêté du 12 juin 2024, a élargi l'éligibilité au forfait jours à la position 2.3 et renforcé le droit à la déconnexion pour tous les salariés, pas seulement ceux au forfait.
Un nouveau chapitre X interdit de solliciter les salariés pendant leurs temps de repos et prévoit une procédure d'alerte en cas d'usage récurrent des outils numériques hors temps de travail ;
Dans les entreprises de plus de 250 salariés, la désignation d'un référent déconnexion est obligatoire ;
Un entretien annuel minimum doit porter sur la charge de travail, l'organisation du travail, l'articulation vie professionnelle/vie personnelle et la rémunération.
Information à caractère informatif, sans conseil juridique.
Dernière vérification le 02/07/2026.
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