À retenir
L'âge légal de départ est de 64 ans (génération née à partir de 1968), avec 172 trimestres requis pour le taux plein.
La convention prévoit une indemnité de départ volontaire dès 5 ans d'ancienneté (1 mois, puis 1/5 de mois par année supplémentaire), souvent plus favorable que le minimum légal.
La mise à la retraite d'office n'est possible qu'à partir de 70 ans, avec un préavis de 4 mois.
L'indemnité de mise à la retraite est au moins égale à l'indemnité de licenciement conventionnelle.
La retraite progressive est ouverte dès 60 ans depuis le 1er septembre 2025, avec 150 trimestres requis.
Le départ et la mise à la retraite dans la convention collective Syntec (IDCC 1486) obéissent à des règles spécifiques, souvent plus favorables que le droit commun. Cette page détaille les conditions d'âge, les indemnités conventionnelles, les cotisations de retraite complémentaire et les dispositifs de fin de carrière applicables aux ETAM et aux cadres.
Quel est le cadre légal du départ à la retraite dans les bureaux d'études techniques ?
Depuis la réforme des retraites de 2023 (loi n° 2023-270 du 14 avril 2023), l'âge légal de départ est progressivement relevé pour atteindre 64 ans pour les personnes nées à partir de 1968. La durée d'assurance requise pour le taux plein est fixée à 172 trimestres (43 ans de cotisation). Le taux plein automatique reste fixé à 67 ans, quel que soit le nombre de trimestres validés.
💡 Bon à savoir : la convention des bureaux d'études techniques (IDCC 1486) prévoit des indemnités de départ à la retraite plus favorables que le minimum légal dès 5 ans d'ancienneté. Comparez le calcul conventionnel avec le calcul légal pour retenir le montant le plus avantageux.
Quels sont les régimes de retraite applicables ?
Le régime de base
Les salariés des bureaux d'études techniques sont affiliés au régime général de la Sécurité sociale. Les cotisations sont calculées sur la rémunération brute. Le PASS (plafond annuel de la Sécurité sociale) est fixé à 48 060 € en 2026 (PMSS 4 005 €/mois).
Le régime complémentaire : Agirc-Arrco
Tous les salariés cotisent au régime Agirc-Arrco, qui fonctionne par points. Les cotisations sont réparties entre la tranche 1 (jusqu'à 1 PASS) et la tranche 2 (de 1 à 8 PASS). Le taux d'appel est de 127 % du taux contractuel.
| Cotisation |
Base |
Part salariale |
Part patronale |
Total |
| Vieillesse plafonnée |
Jusqu’à 1 PASS (48 060 €) |
6,90 % |
8,55 % |
15,45 % |
| Vieillesse déplafonnée |
Totalité du salaire |
0,40 % |
2,11 % |
2,51 % |
| Agirc-Arrco tranche 1 |
Jusqu’à 1 PASS |
3,15 % |
4,72 % |
7,87 % |
| Agirc-Arrco tranche 2 |
De 1 à 8 PASS |
8,64 % |
12,95 % |
21,59 % |
| CEG tranche 1 |
Jusqu’à 1 PASS |
0,86 % |
1,29 % |
2,15 % |
| CEG tranche 2 |
De 1 à 8 PASS |
1,08 % |
1,62 % |
2,70 % |
Préavis
La convention fixe le préavis de départ volontaire en fonction de l'ancienneté (article 4.6) :
Indemnité de départ volontaire (article 4.8)
Le salarié justifiant d'au moins 5 ans d'ancienneté perçoit une indemnité calculée comme suit :
Le salaire de référence correspond au 1/12 de la rémunération brute des 12 derniers mois (primes contractuelles incluses, hors heures supplémentaires et déplacements).
| Ancienneté |
Indemnité conventionnelle (art. 4.8) |
| 5 ans |
1 mois |
| 10 ans |
2 mois |
| 15 ans |
3 mois |
| 20 ans |
4 mois |
| 25 ans |
5 mois |
| 30 ans |
6 mois |
👉 À noter : pour les chargés d'enquête intermittents, l'indemnité est calculée différemment : 1 mois à partir de 5 ans, puis 1/8 de mois par année supplémentaire, plafonnée à 4 mois de salaire.
Quelles sont les règles de mise à la retraite par l'employeur ?
L'article 4.6 de la convention distingue deux situations :
de 67 à 69 ans : l'employeur peut interroger le salarié, par écrit, 3 mois avant la date à laquelle il atteint l'âge du taux plein automatique. En l'absence de réponse favorable dans un délai d'un mois, la procédure doit être renouvelée chaque année ;
à partir de 70 ans : l'employeur peut procéder à la mise à la retraite d'office, avec un préavis de 4 mois.
Indemnité de mise à la retraite
L'indemnité est au moins égale à l'indemnité de licenciement conventionnelle (article 4.5) :
| Statut |
Ancienneté |
Indemnité par année |
| ETAM |
Jusqu’à 10 ans |
¼ de mois par année |
| ETAM |
Au-delà de 10 ans |
⅓ de mois par année |
| Ingénieurs et cadres |
< 2 ans |
¼ de mois par année |
| Ingénieurs et cadres |
≥ 2 ans |
⅓ de mois par année |
Quels dispositifs de fin de carrière sont accessibles ?
Cumul emploi-retraite
Depuis la réforme de 2023, le cumul emploi-retraite intégral est créateur de droits : les cotisations versées permettent d'acquérir une seconde pension. Le salarié doit avoir liquidé toutes ses pensions et atteint le taux plein (ou 67 ans). Un délai de 6 mois s'applique en cas de reprise chez le même employeur.
Retraite progressive
La retraite progressive permet de réduire son temps de travail (entre 40 % et 80 %) tout en percevant une fraction de sa pension. Depuis le décret n° 2025-681 du 15 juillet 2025, elle est accessible dès 60 ans (en vigueur depuis le 1er septembre 2025). Le salarié doit justifier d'au moins 150 trimestres validés, tous régimes confondus.
Depuis la réforme de 2023, c'est un droit pour le salarié : l'employeur ne peut le refuser que pour incompatibilité avec l'activité économique de l'entreprise.
Spécificités fiscales et sociales des indemnités de retraite
Le régime fiscal et social dépend de l'origine de la rupture du contrat :
départ volontaire : l'indemnité est soumise aux charges patronales et salariales, et à l'impôt sur le revenu dès le 1er euro ;
mise à la retraite par l'employeur : exonération de cotisations dans la limite de 2 PASS (96 120 € en 2026), à l'image de l'indemnité de rupture conventionnelle, et exonération d'impôt dans la limite du montant conventionnel ou de 2 fois la rémunération annuelle brute.
Information à caractère informatif, sans conseil juridique.
Dernière vérification le 26/06/2026.