Convention collective Boulangerie-Pâtisserie (IDCC 843)
Comment est calculée l'indemnité de licenciement en boulangerie-pâtisserie artisanale ?
Ancienneté, formule de calcul, salaire de référence : ce que prévoit la convention collective pour l'indemnité de licenciement en boulangerie-pâtisserie artisanale.
Nombre d'entreprises concernées par la CCN
Environ 43 700 établissements et 293 000 salariés en France
Champ d'application
Boulangerie artisanale, boulangerie-pâtisserie artisanale, pâtisserie artisanale, viennoiserie artisanale
FAQ - indemnité de licenciement en boulangerie-pâtisserie (IDCC 843)
Un salarié licencié pour faute grave peut-il percevoir une indemnité de licenciement ?
Un salarié licencié pour faute grave peut-il percevoir une indemnité de licenciement ?
Non, l'article 33 de la convention exclut expressément le versement de l'indemnité en cas de faute grave ou de faute lourde. Cette exclusion s'applique aussi bien à l'indemnité légale qu'à l'indemnité conventionnelle, puisque les deux se confondent dans cette branche. En revanche, une faute simple ou un licenciement pour motif personnel non fautif n'entraîne aucune exclusion : le salarié conserve son droit à indemnité. En cas de litige sur la qualification de la faute, seul le juge peut requalifier un licenciement pour faute grave en licenciement sans cause réelle et sérieuse, ce qui ouvrirait alors droit à l'indemnité.
La convention prévoit-elle un calcul plus favorable que le Code du travail ?
La convention prévoit-elle un calcul plus favorable que le Code du travail ?
Non, l'article 33 renvoie intégralement aux lois et décrets en vigueur, sans ajouter de majoration ni de barème spécifique. Le calcul appliqué est donc celui du Code du travail : 1/4 de mois de salaire par année d'ancienneté jusqu'à 10 ans, puis 1/3 de mois par année au-delà. C'est une différence notable avec d'autres conventions du secteur alimentaire, qui prévoient parfois des indemnités majorées. Un accord d'entreprise ou un usage local peut toutefois prévoir une indemnité plus favorable : il faut systématiquement vérifier son existence avant tout calcul.
Quelle ancienneté minimale faut-il pour toucher cette indemnité ?
Quelle ancienneté minimale faut-il pour toucher cette indemnité ?
Vous devez justifier d'au moins 8 mois d'ancienneté ininterrompue chez le même employeur, conformément à l'article L. 1234-9 du Code du travail modifié par les ordonnances de 2017. Avant cette réforme, le seuil était fixé à 1 an d'ancienneté : les salariés dont le contrat a débuté après septembre 2017 bénéficient donc d'un accès facilité à l'indemnité. Cette ancienneté se calcule à la date de fin du préavis, et non à la date d'envoi de la lettre de licenciement. Un salarié licencié après seulement 7 mois de présence ne peut donc prétendre à aucune indemnité de licenciement, légale ou conventionnelle.
Existe-t-il une indemnité complémentaire pour les salariés seniors ?
Existe-t-il une indemnité complémentaire pour les salariés seniors ?
Oui, les salariés d'au moins 55 ans licenciés pour inaptitude médicalement constatée perçoivent un complément, prévu par l'article 33 de la convention. Ce complément correspond à la différence entre l'indemnité de départ à la retraite théorique, calculée selon le barème de l'article 34, et l'indemnité de licenciement effectivement versée. Cette disposition vise à ne pas désavantager les salariés proches de la retraite qui perdent leur emploi pour raisons de santé. Si le salarié travaillait à temps partiel juste avant son licenciement pour motif médical, le salaire de référence utilisé pour ce calcul est reconstitué sur une base temps plein.
La prime de fin d'année est-elle incluse dans le salaire de référence ?
La prime de fin d'année est-elle incluse dans le salaire de référence ?
Oui, mais seulement si le salarié justifie d'au moins 1 an de présence dans l'entreprise, condition d'éligibilité à cette prime prévue à l'article 42 de la convention. Son taux atteint 4,75 % du salaire brut annuel depuis le 1er janvier 2026, dans le cadre d'un barème progressif fixé par l'avenant n° 133 : 4,25 % en 2024, 4,50 % en 2025, 4,75 % en 2026, puis 5 % à partir de 2027. Pour un salarié qui n'a pas encore 1 an d'ancienneté au moment du licenciement, cette prime n'entre pas dans le calcul, faute d'éligibilité. Elle est en revanche prise en compte au prorata pour tous les salariés qui y ont droit.


