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Comment comprendre une fiche de paie ?
À retenir :
- Un bulletin de paie se lit en cinq parties : identification, rémunération brute, cotisations sociales, salaire net et impôt, congés payés.
- Le salaire brut inclut la rémunération contractuelle et les éléments variables (heures supplémentaires, primes, avantages en nature)
- Les cotisations salariales sont déduites du brut, tandis que les cotisations patronales sont payées en plus par l’employeur.
- Le montant net social, obligatoire depuis juillet 2023, sert de référence pour certaines prestations sociales.
- L’impôt sur le revenu est prélevé à la source et apparaît distinctement sur le bulletin.
- Tout salarié doit recevoir une fiche de paie à chaque versement de salaire et la conserver sans limite de durée.
Comprendre sa fiche de paie n'est pas toujours facile. Entre 1948 et 2017, la fiche de paie est passée de 5 à près de 40 lignes en France, se positionnant bien loin devant son voisin allemand, dont le bulletin de salaire se résume aujourd’hui à 6 lignes seulement.
Depuis le 1er janvier 2018, le bulletin de paie en France suit un modèle clarifié obligatoire dont l’objectif est de regrouper les cotisations par grandes catégories pour en faciliter la lecture. Pour bien lire un bulletin de salaire, il est utile de le décomposer en cinq grandes parties : les éléments d’identification, la rémunération brute, les cotisations sociales, le salaire net et l’impôt sur le revenu, les congés payés.
Comprendre une fiche de paie : schéma explicatif
Pour comprendre une fiche de paie, il suffit de la décomposer en différentes parties distinctes.
Vérifiez ensuite ces mêmes parties systématiquement chaque mois pour détecter toute erreur rapidement.
Partie 1 : Identification employeur et salarié
La première partie de la fiche de paie permet d’identifier les deux parties au contrat de travail : l’employeur et le salarié.
Côté employeur, doivent figurer :
la dénomination sociale ;
l’adresse de l’établissement ;
le numéro SIREN ;
le code APE de l’entreprise, entre autres codes sur la fiche de paie ;
la convention collective applicable (ou, à défaut, la référence aux dispositions légales applicables).
Côté salarié, doivent apparaître les informations suivantes :
le nom et le prénom ;
l’emploi occupé ;
la classification conventionnelle, le coefficient hiérarchique ou le coefficient de salaire, le cas échéant ;
le numéro de matricule RH interne (s’il existe) ;
la durée du travail et la période de paie.
Ces mentions font partie des mentions obligatoires du bulletin de paie.
👉 À noter : c’est l’agence d’intérim qui délivre la fiche de paie au salarié intérimaire. Elle calcule la paie, établit le bulletin, verse le salaire et paie les charges patronales. L’entreprise d’accueil reste néanmoins responsable des conditions de travail (horaires, sécurité, poste), mais jamais de la paie.
Modèle de bulletin de paie - Excel
Partie 2 : Composition de la rémunération brute
Le salaire brut correspond à la rémunération contractuelle avant toute déduction de cotisations sociales. Il est calculé à partir de la rémunération prévue au contrat de travail, processus de paie auquel peuvent s’ajouter, selon les situations :
les heures supplémentaires, dans le cas d’un CDI, ou complémentaires, dans le cadre d’un CDD ;
les primes (ancienneté, performance, exceptionnelles, etc.) ;
les majorations liées aux astreintes ;
les avantages en nature (véhicule, logement, outils professionnels mis à disposition).
⚠️ Attention : les congés payés ne constituent pas un “ajout” au salaire, mais correspondent à une période rémunérée, intégrée au salaire brut, sauf cas particulier d’indemnités distinctes.
La rémunération brute doit respecter :
les minima conventionnels, s’ils existent ;
à défaut, le SMIC en vigueur.
Partie 3 : Cotisations et contributions sociales
Le salaire brut ne correspond pas au montant effectivement versé au salarié. Il est diminué des cotisations salariales, tandis que l’employeur verse en parallèle des cotisations patronales à part (ces dernières ne sont pas amputées au salarié).
Depuis 2018, le bulletin de paie clarifié regroupe les cotisations par grandes catégories :
santé et mutuelle ;
retraite ;
famille ;
assurance chômage ;
accidents du travail et maladies professionnelles.
1. Les cotisations salariales
Les cotisations sociales sont déduites du salaire brut et comprennent notamment :
l’assurance vieillesse ;
la CSG (part déductible et non déductible) ;
la CRDS ;
la Contribution d’Équilibre Général (CEG) ;
la Contribution d’Équilibre Technique (CET), lorsque le salaire dépasse le plafond de la Sécurité sociale ;
la cotisation spécifique au régime local d’Alsace-Moselle, le cas échéant.
2. Les cotisations patronales
En plus du salaire brut, l’employeur verse notamment les cotisations patronales, dont :
les cotisations d’assurance maladie, maternité, invalidité et décès ;
les allocations familiales ;
les cotisations accidents du travail et maladies professionnelles ;
la contribution FNAL ;
le versement mobilité (selon zone géographique) ;
la contribution solidarité autonomie (CSA) ;
la contribution au dialogue social ;
la cotisation AGS ;
l’assurance chômage ;
la retraite complémentaire AGIRC-ARRCO.
Certaines contributions dépendent :
de l’effectif (forfait social, formation professionnelle) ;
de la convention collective (prévoyance, mutuelle).
3. Le forfait social : cas particuliers
Le forfait social est une contribution patronale applicable à certaines rémunérations exonérées de cotisations sociales mais soumises à CSG (intéressement, participation, abondements à l’épargne salariale).
⚠️ Attention : en 2026, son application dépend fortement de l’effectif de l’entreprise, puisqu’on observe que de nombreuses PME en sont exonérées.
Une fois la déduction des cotisations sociales effectuée, viennent les ajouts en net (non-soumis à cotisation). Les cas les plus courants sont les notes de frais ou les frais de transport.
💡 Bon à savoir : depuis le 1er juillet 2023, le montant net social doit obligatoirement figurer sur le bulletin de paie. Il correspond au revenu net servant de référence pour certaines prestations sociales.
Tableau récapitulatif : qui paie quoi ?
Voici un tableau pour comprendre rapidement la répartition des cotisations sociales.
| Type de cotisation | Payée par le salarié (déduite du brut) |
Payée par l’employeur (en plus du brut) |
Finalité |
|---|---|---|---|
| Assurance maladie | Non | Oui (7%) | Remboursements santé |
| Assurance vieillesse plafonnée | Oui (6,90%) | Oui (8,55%) | Retraite de base |
| Assurance vieillesse déplafonnée | Oui (0,40%) | Oui (1,90%) | Retraite de base |
| Retraite complémentaire tranche 1 | Oui (3,15%) | Oui (4,72%) | Retraite complémentaire AGIRC-ARRCO |
| Retraite complémentaire tranche 2 | Oui (8,64%) | Oui (12,95%) | Retraite complémentaire AGIRC-ARRCO |
| Assurance chômage | Non | Oui (4,05%) | Allocations chômage |
| Allocations familiales | Non | Oui (3,45% ou 5,25%) | Prestations familiales (CAF) |
| CSG déductible | Oui (6,80%) | Non | Financement Sécurité sociale |
| CSG non déductible | Oui (2,40%) | Non | Financement Sécurité sociale |
| CRDS | Oui (0,50%) | Non | Remboursement dette sociale |
| Accidents du travail | Non | Oui (variable selon secteur) | Indemnités AT/MP |
| Contribution solidarité autonomie | Non | Oui (0,30%) | Financement perte d’autonomie |
💡 Clé de lecture : les cotisations payées par le salarié sont déduites de son salaire brut et réduisent donc son salaire net. Les cotisations payées uniquement par l'employeur n'impactent pas le net à payer du salarié mais augmentent le coût total employeur.
Comprendre une fiche de paie ne devrait pas être un casse-tête.
Grâce au bulletin interactif, vos salariés comprennent leur fiche de paie en 1 clic. Plus besoin d'expliquer les cotisations, l'outil le fait pour vous, automatiquement.
Partie 4 : Salaire net et prélèvement à la source
Le salaire net à payer est obtenu après déduction de l’ensemble des cotisations salariales. Depuis le 1er janvier 2019, l’impôt sur le revenu est prélevé directement sur le salaire via le Prélèvement À la Source (PAS).
Le taux applicable est transmis à l’employeur par l’administration fiscale (ou remplacé par un taux neutre). Le montant du PAS est :
calculé sur le salaire net imposable ;
affiché distinctement sur le bulletin de paie.
💡 Bon à savoir : le stagiaire n’est pas un salarié et ne reçoit pas de fiche de paie. En revanche, l’organisme d’accueil doit lui remettre une attestation de versement de gratification lorsque celle-ci est due.
Partie 5 : Compteur des congés payés
Le bulletin de paie mentionne également la situation (le compteur) des congés payés du salarié :
les congés acquis au titre d’une période antérieure (souvent notés CP N-1) ;
les congés en cours d’acquisition (CP N) ;
les congés pris ;
le solde restant.
💡 Bon à savoir : la période de référence (1er juin au 31 mai ou année civile) dépend de la convention collective ou d’un accord d’entreprise. En l’absence de disposition spécifique, l’employeur applique la période légale.
👉 À noter : l’automatisation de la paie via un logiciel RH accessible aux PME est la solution idéale pour garantir la conformité de sa gestion des ressources humaines avec le Code du travail et les règles conventionnelles en vigueur.
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Foire Aux Questions (FAQ)
En cas d’erreur (coefficient de salaire, jours de congé, calcul de prime, etc.), le salarié doit en informer rapidement son employeur ou le service paie. Un bulletin de salaire rectificatif devra alors être émis. L’employeur est tenu de corriger toute erreur modifiant la rémunération ou les cotisations sociales de son collaborateur.
Pour vérifier sa paie, le salarié peut comparer le salaire brut au contrat, contrôler le nombre total des heures travaillées, les primes prévues et celles réellement versées, le taux de prélèvement à la source et vérifier le passage du salaire brut au net, ainsi que la cohérence des cotisations avec les taux en vigueur.
Le salarié a droit à une fiche de paie claire, conforme à la loi, comme au contrat de travail, et remise à chaque versement de salaire. Il doit la conserver, la vérifier et signaler toute anomalie. La fiche de paie constitue un justificatif de droits sociaux.
Les salariés doivent conserver leurs fiches de paie toute leur vie, sans limitation de durée, étant des pièces justificatives pour le droit à la retraite. Les employeurs sont tenus de conserver un double des bulletins pendant au moins 5 ans, sous format papier ou électronique.
Les erreurs de paie fréquentes concernent le nombre d’heures, les primes oubliées, les taux de cotisations incorrects ou un mauvais prélèvement à la source. Une lecture ligne par ligne et la comparaison avec le contrat permettent de les repérer. Il est également important de lire les congés sur la fiche de paie pour vérifier que le compteur est juste.
Tout salarié lié par un contrat de travail (CDI, CDD, temps plein ou partiel, apprentissage) doit recevoir une fiche de paie à chaque versement de rémunération, quel que soit le montant du salaire ou la durée du contrat.
Pour aller plus loin...
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