Quelles sont les règles de départ et de mise à la retraite dans la convention collective des industries nautiques ?
La convention collective de l'industrie et des services nautiques prévoit des indemnités de départ à la retraite spécifiques selon la catégorie professionnelle et l'ancienneté du salarié. Cette page détaille les conditions du départ volontaire, de la mise à la retraite par l'employeur, les préavis applicables et les montants d'indemnités prévus par les articles 60 et 70 de la CCN 3236.
Nombre d'entreprises concernées par la CCN
Non précisé par le texte conventionnel
Champ d'application
Voilerie et fabrication d'articles textiles nautiques, construction de bateaux de plaisance, fabrication d'articles de sport nautiques, maintenance et réparation navale, commerce de gros de biens domestiques liés au nautisme, commerce de gros de produits chimiques liés au nautisme, commerce de détail d'articles de sport nautiques, transport maritime et côtier de passagers, location d'articles de loisirs et de matériel nautique, enseignement de la conduite nautique
À retenir:
L'âge légal de départ à la retraite est fixé à 64 ans pour les salariés nés à partir de 1968, sans dérogation prévue par la convention collective des industries nautiques ;
Le départ volontaire à la retraite ouvre droit à une indemnité selon l'ancienneté, prévue à l'article 60 pour les ouvriers, employés et techniciens ;
Les cadres bénéficient d'un barème d'indemnité propre, plus favorable, fixé par l'article 70 ;
La mise à la retraite par l'employeur reste possible dès 67 ans avec l'accord du salarié, et sans son accord à partir de 70 ans ;
Les préavis applicables varient selon la catégorie professionnelle et le motif du départ, de 1 à 3 mois.
La convention collective des industries nautiques (IDCC 3236) couvre plusieurs activités liées au nautisme, de la construction de bateaux à l'enseignement de la conduite nautique. Voici les informations clés à connaître avant d'entrer dans le détail des règles de retraite :
Élément
Détail
Nombre d’entreprises concernées
Non précisé par le texte conventionnel
Champ d’application
Voilerie et fabrication d’articles textiles nautiques, construction de bateaux de plaisance, fabrication d’articles de sport nautiques, maintenance et réparation navale, commerce de gros de biens domestiques liés au nautisme, commerce de gros de produits chimiques liés au nautisme, commerce de détail d’articles de sport nautiques, transport maritime et côtier de passagers, location d’articles de loisirs et de matériel nautique, enseignement de la conduite nautique
La convention collective des industries nautiques fixe des règles précises pour le départ à la retraite. L'ancienneté, la catégorie professionnelle et le mode de départ déterminent le montant de l'indemnité et la durée du préavis. Cette fiche détaille les conditions du départ volontaire, de la mise à la retraite par l'employeur, ainsi que les montants prévus par les articles 60 et 70 de la convention collective des industries nautiques.
Quel est l'âge légal de départ à la retraite dans les industries nautiques ?
L'âge légal de départ à la retraite est fixé à 64 ans pour les salariés nés à partir du 1er janvier 1968, en application de la réforme portée par la loi du 14 avril 2023. Ce relèvement s'applique de façon uniforme à l'ensemble des salariés du secteur privé, y compris ceux relevant de la convention collective des industries nautiques.
La convention collective des industries nautiques ne prévoit aucune dérogation à l'âge légal. Le droit commun s'applique donc intégralement : un salarié peut partir à la retraite dès qu'il atteint l'âge légal et justifie du nombre de trimestres requis pour une pension à taux plein.
La mise à la retraite à l'initiative de l'employeur reste possible à partir de 70 ans, sans accord du salarié. Entre 67 et 70 ans, l'employeur peut proposer la mise à la retraite, mais le salarié peut refuser. Cette procédure d'interrogation doit être renouvelée chaque année.
Bon à savoir
La réforme de 2023 relève l'âge légal de 62 à 64 ans de façon progressive, à raison de 3 mois par génération pour les salariés nés à partir de 1961.
Quelle est la différence entre départ volontaire et mise à la retraite dans la convention collective des industries nautiques ?
Le départ volontaire à la retraite est à l'initiative du salarié, tandis que la mise à la retraite est décidée par l'employeur selon des conditions légales strictes.
Qu'est-ce que le départ volontaire à la retraite ?
Le départ volontaire est engagé par le salarié lui-même, dès lors qu'il remplit les conditions d'âge et de trimestres pour liquider sa pension. Ce départ ouvre droit à une indemnité conventionnelle dont le montant dépend de l'ancienneté et de la catégorie professionnelle, conformément à l'article 60 de la convention collective des industries nautiques.
Un salarié ouvrier ou employé avec 12 ans d'ancienneté percevra ainsi 1,5 mois de salaire au moment de son départ. Le salarié doit informer son employeur de sa décision en respectant le préavis applicable à sa catégorie, calculé selon les mêmes règles que celles prévues en cas de démission. Cette indemnité se cumule avec les droits acquis auprès des régimes de retraite de base et complémentaire.
Qu'est-ce que la mise à la retraite par l'employeur ?
La mise à la retraite est décidée par l'employeur, dans le respect strict des conditions d'âge fixées par le Code du travail. Le salarié perçoit alors une indemnité de mise à la retraite qui ne peut pas être inférieure à l'indemnité légale de licenciement.
Par exemple, un salarié de 25 ans d'ancienneté mis à la retraite à 70 ans percevra une indemnité calculée sur la base d'1/4 de mois par année jusqu'à 10 ans, puis d'1/3 de mois par année au-delà. L'employeur doit respecter un préavis équivalent à celui du licenciement, dont la durée varie selon la catégorie professionnelle du salarié. Les règles applicables sont détaillées dans l'article consacré au préavis de licenciement de la convention.
Barème de l'indemnité de départ volontaire à la retraite pour les ouvriers, employés et techniciens (article 60 de la convention collective des industries nautiques) :
Ancienneté dans l’entreprise
Montant de l’indemnité
De 2 ans à moins de 5 ans
1/10 de mois par année d’ancienneté
5 ans
1 mois de salaire
10 ans
1,5 mois de salaire
15 ans
2 mois de salaire
20 ans
3 mois de salaire
30 ans
3,5 mois de salaire
40 ans et plus
4 mois de salaire
L'indemnité légale de départ volontaire à la retraite prévoit 0,5 mois après 10 ans, 1 mois après 15 ans, 1,5 mois après 20 ans et 2 mois après 30 ans. La convention collective des industries nautiques est donc globalement plus favorable, notamment à partir de 5 ans d'ancienneté.
Barème de référence pour la mise à la retraite, aligné sur l'indemnité légale de licenciement :
Ancienneté dans l’entreprise
Montant de l’indemnité
De 8 mois à 10 ans
1/4 de mois par année d’ancienneté
Au-delà de 10 ans
1/4 de mois par année jusqu’à 10 ans + 1/3 de mois par année à partir de la 11e année
Le calcul du salaire de référence peut également être vérifié avant de déterminer le montant exact de l'indemnité.
Quelles sont les règles spécifiques pour les ingénieurs et cadres dans la convention collective des industries nautiques ?
Les cadres bénéficient d'un barème d'indemnité de départ à la retraite propre, fixé par l'article 70 de la convention collective des industries nautiques, plus favorable que celui des ouvriers et employés.
Quel est le barème d'indemnité pour les cadres ?
L'article 70 fixe une grille distincte de celle de l'article 60, sans palier à 15 ans. Un cadre de 22 ans d'ancienneté percevra ainsi 3 mois de salaire, un montant qui progresse fortement au-delà de 30 ans par rapport à la grille des ouvriers et employés.
Ancienneté
Indemnité de départ volontaire (cadres)
De 2 ans à moins de 5 ans
1/10 de mois par année d’ancienneté
5 ans
1 mois de salaire
10 ans
2 mois de salaire
20 ans
3 mois de salaire
30 ans
4 mois de salaire
40 ans et plus
5 mois de salaire
Quel est le préavis applicable aux cadres ?
En cas de départ volontaire, le cadre respecte un préavis d'1 mois en dessous de 2 ans d'ancienneté, et de 2 mois au-delà. En cas de mise à la retraite par l'employeur, le préavis applicable est celui du licenciement, soit 3 mois pour les cadres selon l'article 68.
Catégorie
Départ volontaire
Mise à la retraite
Ouvriers et employés (< 2 ans)
1 mois
1 mois
Ouvriers et employés (≥ 2 ans)
1 mois
2 mois
Agents de maîtrise (< 2 ans)
1 mois
2 mois
Agents de maîtrise (≥ 2 ans)
2 mois
2 mois
Cadres (< 2 ans)
1 mois
3 mois
Cadres (≥ 2 ans)
2 mois
3 mois
Quelles sont les dispositions relatives à l'inaptitude en fin de carrière ?
L'article 54 de la convention collective des industries nautiques encadre le cas d'un salarié reclassé, à la suite d'une inaptitude physique résultant d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle, dans un poste de moindre rémunération. Dans cette situation, son salaire antérieur est maintenu pendant 1 mois à compter de la reprise, puis une indemnité spéciale mensuelle égale aux 3/4 de la différence entre les deux salaires de base lui est versée, pendant une durée maximale de 12 mois.
Lorsque le reclassement est impossible et que le licenciement pour inaptitude d'origine professionnelle est prononcé, c'est l'article L. 1226-14 du Code du travail qui s'applique : l'indemnité spéciale de licenciement est alors au moins égale au double de l'indemnité légale. La convention collective des industries nautiques ne prévoit pas de disposition plus favorable sur ce point précis, ni de dispositif conventionnel d'aménagement de fin de carrière. Les salariés peuvent recourir aux dispositifs de droit commun : retraite progressive à partir de 60 ans, cumul emploi-retraite, ou compte professionnel de prévention (C2P).
Quel régime de retraite complémentaire s'applique aux salariés des industries nautiques ?
Les salariés des industries nautiques relèvent du régime de retraite complémentaireAgirc-Arrco, comme l'ensemble des salariés du secteur privé. Les principes généraux des cotisations de retraite complémentaire s'appliquent également à cette branche.
Tranche
Taux d’appel
Répartition
Tranche 1 (jusqu’à 1 PMSS)
7,87 %
3,15 % salarié + 4,72 % employeur
Tranche 2 (de 1 à 8 PMSS)
21,59 %
8,64 % salarié + 12,95 % employeur
Les taux d'appel et la répartition des cotisations sont présentés dans le tableau ci-dessus.
👉 À noter : vérifiez auprès de votre caisse de retraite complémentaire si un organisme de gestion est recommandé par un accord de branche spécifique à votre entreprise.
Information à caractère informatif, sans conseil juridique.
FAQ – Retraite dans la CCN Industries nautiques (IDCC 3236)
01
À partir de quel âge un salarié des industries nautiques peut-il partir à la retraite ?
L'âge légal est fixé à 64 ans pour les personnes nées à partir de 1968. La convention collective des industries nautiques ne prévoit pas de dérogation. Un départ anticipé reste possible sous conditions : carrière longue, handicap, ou incapacité permanente.
02
Le départ volontaire à la retraite est-il plus avantageux que la mise à la retraite par l'employeur ?
Le départ volontaire laisse le salarié libre de choisir le moment de son départ, tandis que la mise à la retraite dépend de la décision de l'employeur à partir de 67 ans. Le mode de calcul de l'indemnité diffère selon l'article applicable, mais les deux garantissent au minimum le respect des seuils légaux.
03
Un employeur peut-il mettre un salarié à la retraite avant 70 ans ?
Oui, entre 67 et 70 ans, l'employeur peut proposer la mise à la retraite, mais le salarié peut refuser. Au-delà de 70 ans, la mise à la retraite peut être décidée sans l'accord du salarié.
04
Quel est le préavis applicable pour un cadre qui part volontairement à la retraite ?
Le préavis est d'1 mois si le cadre a moins de 2 ans d'ancienneté, et de 2 mois au-delà. En cas de mise à la retraite par l'employeur, le préavis est de 3 mois, conformément à l'article 68 de la convention collective des industries nautiques.
05
Existe-t-il des dispositifs d'aménagement de fin de carrière dans le secteur nautique ?
La convention collective des industries nautiques ne prévoit pas de dispositif conventionnel spécifique. Les salariés peuvent recourir aux dispositifs légaux : retraite progressive, cumul emploi-retraite, ou compte professionnel de prévention (C2P).