Les grandes tendances décryptées → Télécharger l'étude
Accord d’entreprise — Convention collective Syntec (IDCC 1486)
Accord d’entreprise : négocier, conclure et appliquer dans la branche Syntec
L’accord d’entreprise permet d’adapter des règles au plus près de l’activité tout en respectant la hiérarchie des normes et les garanties de branche. Focus sur la validité, les thèmes négociés et les impacts paie/RH dans la CCN Syntec.
Nombre d'entreprises concernées par la CCN
45 000
Champ d'application
Bureaux d’études, Ingénierie, Conseil, Numérique
À retenir
- L'accord d'entreprise permet d'adapter les règles de la convention collective Syntec (IDCC 1486) au plus près de l'activité, tout en respectant la hiérarchie des normes et les domaines de primauté de branche.
- La validité d'un accord nécessite la signature d'organisations syndicales représentatives (OSR) ayant recueilli plus de 50% des suffrages, ou une validation par référendum si le seuil de 30% est atteint.
- Les thèmes fréquents dans les ESN et cabinets de conseil incluent le forfait-jours (maximum 218 jours/an), le télétravail, l'aménagement du temps de travail, les astreintes, l'égalité professionnelle et la NAO.
- Un accord d'entreprise ne peut pas déroger aux minima hiérarchiques Syntec, aux classifications professionnelles ETAM/IC et aux garanties de prévoyance fixées par la branche.
L'accord d'entreprise constitue un outil essentiel pour les entreprises relevant de la convention collective nationale des bureaux d'études techniques, cabinets d'ingénieurs-conseils et sociétés de conseils (Syntec - IDCC 1486). Dans un secteur marqué par la diversité des métiers (ingénierie, numérique, conseil) et des modes d'organisation (forfait-jours, télétravail, astreintes), l'accord permet d'adapter les règles collectives aux réalités opérationnelles de chaque structure.
Depuis les ordonnances Macron de 2017, le principe de primauté de l'accord d'entreprise a été renforcé, tout en préservant des domaines réservés à la branche où la convention collective s'impose. Négociation, validation, dépôt, opposabilité : chaque étape obéit à des règles précises que les équipes RH et paie doivent maîtriser pour sécuriser leurs pratiques.
De la mise en place d'un forfait-jours cadres à l'organisation du télétravail, en passant par la NAO (négociation annuelle obligatoire) et l'épargne salariale, l'accord d'entreprise dans la branche Syntec touche à des sujets stratégiques pour l'attractivité et la performance de l'entreprise.
Qu’est-ce qu’un accord d’entreprise dans la branche Syntec ?
Un accord d'entreprise (ou accord d'établissement si un périmètre spécifique le justifie) est un texte négocié au niveau de l'entité employeur qui fixe des règles adaptées à son organisation. Il constitue une source de droit qui s'impose à l'employeur, aux salariés et, le cas échéant, aux représentants du personnel.
Dans la branche Syntec (IDCC 1486), qui couvre plus de 45 000 entreprises des secteurs bureaux d'études, ingénierie, conseil et numérique, les accords d'entreprise permettent d'ajuster les dispositions de la convention collective aux spécificités de chaque structure : taille d'équipe, profil des salariés (ETAM, ingénieurs, cadres), activité (conseil en stratégie, développement logiciel, ingénierie industrielle), modes d'organisation (présentiel, télétravail, missions client).
L'accord peut être conclu :
au niveau de l'entreprise (l'ensemble des salariés et établissements) ;
au niveau d'un établissement distinct (sous réserve de représentativité syndicale spécifique).
💡 Bon à savoir : dans les ESN (Entreprises de Services du Numérique) et cabinets de conseil Syntec, les accords d'entreprise portent fréquemment sur le forfait-jours, le télétravail, l'aménagement du temps de travail, les astreintes techniques, l'épargne salariale (intéressement, participation, PEE/PERCO) et l'égalité professionnelle F/H, ainsi que les modalités de la NAO.
Quelle articulation avec la convention Syntec et le Code du travail ?
Hiérarchie des normes depuis 2017
Depuis les ordonnances du 22 septembre 2017, l'accord d'entreprise prime sur la convention collective, sauf pour les domaines réservés à la branche expressément listés par les articles L. 2253-1 à L. 2253-3 du Code du travail.
Un accord d'entreprise peut ainsi prévoir des dispositions différentes de la convention collective, y compris moins favorables, sauf sur les 13 domaines de primauté de branche
Les 13 domaines de primauté de branche
Dans la CCN Syntec, un accord d'entreprise ne peut pas déroger sur :
Salaires minima hiérarchiques (grille ETAM/IC par position et coefficient)
Classifications professionnelles (positions 1.1 à 3.3 ETAM ; positions 1.1 à 3.3 IC)
Mutualisation des fonds de financement du paritarisme
Garanties collectives complémentaires (prévoyance, frais de santé, portabilité)
Égalité professionnelle femmes-hommes
Durée du travail : durées maximales quotidiennes/hebdomadaires, repos quotidien/hebdomadaire
Travail de nuit (définition, contreparties)
CDD et CTT : délais de carence, contingent, renouvellement
Temps partiel : durée minimale, modulation, heures complémentaires
Contrat de travail à durée indéterminée de chantier ou d'opération
Contrat de projet (secteurs spécifiques)
Prime d'ancienneté (si prévue par la branche)
Indemnité de licenciement (si plus favorable que le Code du travail)
⚠️ Attention : un accord d'entreprise dans la branche Syntec ne peut pas fixer des minima salariaux inférieurs aux minima hiérarchiques de la grille Syntec (exemple : position 1.1 ETAM coefficient 240 = 1 815€ brut/mois en 2026), ni modifier les critères de classification ETAM/IC.
Comment négocier et valider un accord d'entreprise ?
Qui peut négocier un accord ?
Il existe 3 configurations possibles :
1. Entreprise avec délégués syndicaux (DS)
L'accord est négocié entre :
l'employeur (ou son représentant) ;
les délégués syndicaux désignés par les organisations syndicales représentatives (OSR) dans l'entreprise.
💡 Bon à savoir : une OSR est une organisation ayant recueilli au moins 10% des suffrages exprimés au 1er tour des dernières élections professionnelles (CSE).
2. Entreprise sans DS (< 50 salariés sans DS désigné)
L'accord peut être négocié avec :
des membres élus de la délégation du personnel du CSE expressément mandatés par une OSR ;
à défaut, des salariés mandatés par une OSR.
3. Entreprise < 20 salariés sans CSE ni DS
L'employeur peut soumettre un projet d'accord directement aux salariés par référendum.
Conditions de validité d'un accord
Un accord d'entreprise ou d'établissement est valide s'il remplit l'une des conditions suivantes :
accord signé par des organisations syndicales représentatives (OSR) ayant recueilli plus de 50% des suffrages exprimés au 1er tour des dernières élections professionnelles (CSE, titulaires) ;
accord signé par des OSR représentant au moins 30% des suffrages, puis validé par référendum auprès des salariés à la majorité des suffrages exprimés.
Modalités du référendum :
organisation par l'employeur dans un délai de 2 mois suivant la signature ;
information des salariés sur le contenu de l'accord ;
vote à bulletins secrets ;
contrôle par un huissier de justice (facultatif mais recommandé).
💡 Bon à savoir : dans les ESN et cabinets de conseil, la présence syndicale est souvent limitée. Le recours au référendum (règle 2) est fréquent pour valider des accords sur le forfait-jours, le télétravail ou l'aménagement du temps de travail.
Quels sujets un accord d'entreprise peut-il couvrir dans la branche Syntec ?
À titre indicatif et sous réserve du respect de la primauté de branche, un accord d'entreprise dans le secteur Syntec peut porter sur les thèmes suivants :
le forfait‑jours des cadres/ingénieurs ;
le télétravail ;
l’aménagement du temps de travail (annualisation/modulation) ;
les astreintes ;
l’égalité professionnelle F/H ;
l’épargne salariale (intéressement/participation/PEE/PER) ;
l’organisation du dialogue social et la NAO.
Les clauses doivent être opérationnelles et compatibles avec la CCN Syntec et le Code du travail.
Par exemple, le forfait-jours doit impérativement être prévu par un accord collectif d'entreprise (ou à défaut une convention ou un accord de branche étendu + convention individuelle). Une simple clause au contrat de travail est nulle.
De même, toute entreprise d'au moins 50 salariés doit être couverte par un accord collectif ou, à défaut, par un plan d'action unilatéral relatif à l'égalité professionnelle.
Enfin, en 2026, la doctrine de l'Urssaf exonère de cotisations sociales les indemnités de télétravail dans la limite de 11,52 €/jour télétravaillé.
Quel impact sur la paie et l'administration du personnel ?
Les équipes paie/RH doivent :
Caler l'application des mesures à la date d'opposabilité (en principe le lendemain du dépôt, sauf stipulation différente)
Paramétrer le SIRH/logiciel de paie :
Forfait-jours : mention sur fiche salarié, décompte jours travaillés/repos
Télétravail : code absence spécifique, indemnisation forfaitaire
Astreintes : codes heures (astreinte/intervention), majorations
Épargne salariale : assiette, plafonds, forfait social
Sécuriser la conformité aux minima hiérarchiques Syntec et aux classifications ETAM/IC
Vérifier que chaque salarié perçoit au minimum le salaire conventionnel de sa position/coefficient
Exemple : Cadre position 2.1 coefficient 115 = 2 580€ brut/mois (2026)
Assurer la traçabilité :
Contrats de travail : avenant forfait-jours, clause télétravail, mention astreintes
Fiches de poste : autonomie, responsabilités (critères classification)
Bulletins de paie : libellés clairs conformes à l'accord
⚠️ Attention : l'alignement entre l'accord, les fiches de poste, les contrats et les pratiques quotidiennes est essentiel. Une jurisprudence abondante sanctionne les décalages (requalification forfait-jours, rappels de salaire, amende jusqu'à 2 000 € par salarié concerné ou 4 000 € pour une personne morale).
Comment articuler accords, usages et décisions unilatérales ?
Un accord d'entreprise régulièrement conclu et déposé prévaut en principe sur des usages et décisions unilatérales contraires.
Hiérarchie des sources
Code du travail (ordre public absolu)
Convention collective (domaines de primauté de branche)
Accord d'entreprise (autres domaines)
Contrat de travail (clauses plus favorables)
Usages et engagements unilatéraux
Modification/suppression
Accord d'entreprise : procédure de révision ou dénonciation (voir section suivante)
Usage : dénonciation par l'employeur après information du CSE et des salariés (délai de prévenance suffisant)
Décision unilatérale (DUE) : modification ou retrait selon les mêmes modalités qu'à la création
Toute évolution doit respecter le principe de faveur : la nouvelle disposition ne peut être moins favorable sauf si elle relève d'un accord collectif.
Comment gérer la durée, la révision et la dénonciation ?
Durée de l'accord
Un accord peut être conclu :
à durée déterminée : durée maximale de 5 ans (tacite reconduction possible si prévue) ;
à durée indéterminée : sans limite de durée.
Mention obligatoire : date d'entrée en vigueur, durée (si déterminée), conditions de révision et dénonciation.
Révision de l'accord
Principe : Un accord peut être révisé (= modifié partiellement) selon les modalités qu'il prévoit, ou à défaut selon les règles légales.
Qui peut réviser ?
les parties signataires de l'accord initial ;
toute organisation syndicale représentative (OSR) dans l'entreprise, même non signataire.
Procédure :
Notification aux autres parties de l'engagement de la procédure de révision
Ouverture des négociations dans un délai de 3 mois
Signature d'un avenant de révision selon les mêmes règles de validité (> 50% ou 30% + référendum)
Dépôt et publication de l'avenant (TéléAccords, Légifrance)
Entrée en vigueur : Le jour suivant le dépôt, sauf date différente prévue par l'avenant.
Dénonciation de l'accord
Principe : Un accord à durée indéterminée peut être dénoncé (= supprimé totalement) par l'une des parties signataires. Voici la procédure :
Notification par lettre recommandée avec AR aux autres signataires + dépôt à la Direccte
Délai de préavis : 3 mois minimum (sauf stipulation plus longue)
Survie provisoire de l'accord pendant 12 mois à compter de l'expiration du préavis
Obligation de négociation d'un accord de substitution pendant la période de survie
Conséquences :
Passé le délai de survie (12 mois), l'accord cesse de produire effet
Retour aux dispositions de la convention collective
Les clauses du contrat de travail reprenant les dispositions de l'accord dénoncé subsistent (principe de l'avantage acquis)
💡 Bon à savoir : la dénonciation d'un accord forfait-jours entraîne le retour aux 35h hebdomadaires pour les salariés concernés, sauf si un nouvel accord est conclu pendant la période de survie.
Simplifiez la gestion de votre paie avec PayFit
Découvrez notre solution RH et paie 100 % conforme aux conventions collectives.
Dernière vérification le 2026‑03‑03.
Information à caractère informatif, sans conseil juridique.
FAQ — Accord d’entreprise Syntec (IDCC 1486)
Non. Les minima hiérarchiques de la branche Syntec relèvent des domaines de primauté de branche (Code du travail, art. L. 2253-1). Un accord d'entreprise ne peut pas fixer des minima inférieurs aux grilles ETAM et IC ; il peut prévoir des dispositions plus favorables (exemple : majoration de 10% des minima conventionnels).
Un accord d'entreprise est considéré comme valide sous réserve :
d'une signature majoritaire (> 50% des suffrages exprimés au 1er tour des élections CSE) ;
OU, à défaut, d'un accord signé par ≥ 30% validé par référendum des salariés à la majorité des suffrages exprimés.
Oui, c'est obligatoire. Le forfait-jours doit être prévu par un accord collectif d'entreprise (ou un accord de branche étendu + convention individuelle). Une simple clause contractuelle est nulle. L'accord doit préciser : éligibilité, nombre de jours (max 218 jours/an), suivi de la charge, entretiens annuels, droit à la déconnexion.
La CCN Syntec ne fixe pas de montant obligatoire. C'est l'accord d'entreprise qui détermine l'indemnisation (généralement 10 € à 50 €/mois selon le nombre de jours télétravaillés). L'Urssaf exonère de cotisations sociales les indemnités dans la limite de 11,52 €/jour télétravaillé (barème 2026).
Adoptez le logiciel de paie utilisé par plus de 20 000 TPE et PME
Aucun engagement requis
