Offre valable pour le plan Paie avancée. Applicable aux entreprises de 1 à 99 collaborateurs qui souscrivent à PayFit entre le 1er juin et le 31 juillet 2026. Les conditions d'annulation applicables sont celles prévues dans nos Conditions Générales de Services. Des frais de mise en place peuvent être appliqués
L’employeur ne peut avoir recours au licenciement économique que pour un salarié en
CDI
, sur la base d’un
motif avéré
(difficultés économiques, restructuration, etc.).
Un licenciement pour motif économique nécessite en premier lieu de consulter le
CSE
, d’informer la
DREETS
et de proposer des solutions alternatives au salarié concerné (
CSP ou reclassement
).
Une fois la décision prise, le licenciement pour motif économique est précédé d’un
entretien préalable obligatoire
dans la plupart des cas (sauf licenciement de 10 salariés ou plus avec PSE).
Enfin, l’employeur doit
notifier
le salarié, qui effectue un
préavis
(sauf dispense). Lorsque le contrat du salarié dans l’entreprise se termine, l’employeur lui remet les
documents de fin de contrat
obligatoires.
La législation française définit le
licenciement économique
comme une
rupture du contrat de travail à l'initiative de l'employeur pour des motifs non inhérents au salarié
.
Ce type de
fin de contrat de travail
intervient généralement en raison de
difficultés économiques
, de
mutations technologiques
ou de
réorganisations
nécessaires à la sauvegarde de la compétitivité de l'entreprise.
Lors d’une mise en œuvre d’une
procédure de licenciement économique
, il arrive que certains salariés soient licenciés alors même qu’ils ne sont pas visés. En effet, le
licenciement économique vise à supprimer des postes
et non pas à se séparer de certains collaborateurs en particulier.
Dans quels cas l'employeur peut-il recourir au licenciement économique ?
L'
art. L1233-3 du Code du travail
stipule que le licenciement économique doit être justifié par des motifs de cet ordre, non inhérents à la personne du salarié, résultant
d'une suppression, d'une transformation d'emploi ou d'une modification
d'un élément essentiel du contrat refusé par le salarié. Ainsi, l’employeur peut avoir recours au
licenciement pour motif économique
en cas de :
difficultés économiques
: baisse significative des commandes ou du chiffre d'affaires, pertes d'exploitation, dégradation de la trésorerie ou de l'excédent brut d'exploitation, situations qui réduisent fortement la capacité de l’entreprise à assurer le paiement des salaires sur une durée significative ;
mutations technologiques
: introduction de nouvelles technologies impactant l'emploi ;
réorganisation de l'entreprise
dans le but de sauvegarder sa compétitivité sur le marché ;
cessation d'activité
: arrêt total de l'activité de l'entreprise, non imputable à une faute de l'employeur.
⚠️
L'IA, nouveau cas concret de mutation technologique
L'introduction d'une intelligence artificielle peut constituer un motif autonome de licenciement économique au titre de la mutation technologique. La Cour de cassation a déjà admis qu'une innovation de rupture justifie une telle procédure : informatisation d'une agence (Cass. soc., 30 juin 1992, n° 91-40823) ou introduction d'un logiciel (Cass. soc., 17 mai 2006, n° 04-43022).
3 conditions doivent être réunies :
consultation préalable du CSE
sur l'introduction de l'IA, indépendamment de la procédure de licenciement (article L. 2312-8 du Code du travail) ;
tentative d'adaptation du salarié
au nouveau poste, via une formation IA préalable ;
recherche sérieuse de reclassement
au sein de l'entreprise et du groupe.
👉 À noter : la jurisprudence récente (TJ Nanterre, 29 janvier 2026) impose une consultation du CSE
dès la phase pilote
d'un déploiement IA. Anticiper cette étape sécurise toute procédure ultérieure de licenciement liée à l'automatisation.
Le licenciement économique peut être
individuel
ou
collectif
. Il est classé en trois catégories :
licenciement individuel
: concerne un seul salarié ;
petit licenciement collectif
: de 2 à 9 salariés sur une période de 30 jours ;
grand licenciement collectif
: au moins 10 salariés sur une période de 30 jours.
💡
Bon à savoir
: la procédure de licenciement économique concerne uniquement les salariés en CDI (Contrat à Durée Indéterminée).
Quelles sont les étapes préalables de la procédure de licenciement économique ?
Le
licenciement économique est une procédure
qui requiert beaucoup de rigueur. L’employeur doit suivre toutes ces étapes afin de
rester en conformité
et éviter toute poursuite au conseil de prud’hommes.
Consultation du Comité Social et Économique (CSE)
L'employeur doit
consulter le CSE
, s’il existe, pour obtenir son avis avant toute décision de licenciement économique, en organisant obligatoirement :
une réunion
dans le cadre d’un petit licenciement collectif ;
au moins deux réunions
, espacées d'au moins 15 jours, lors des grands licenciements collectifs.
L’employeur peut être dispensé de consultation en l'absence de CSE,
seulement
si
l'entreprise compte
moins de 11 salariés
ou si un procès-verbal de carence atteste de
l'impossibilité de mettre en place le CSE
.
💡
Bon à savoir
: en plus de l’avis du CSE, l’autorisation de l’
inspection du travail
est requise avant le licenciement d’un représentant du personnel.
Information des DREETS et des sous-traitants
L’employeur a des
obligations d'information
à la fois envers la DREETS (Direction Régionale de l'Économie, de l'Emploi, du Travail et des Solidarités), ex-DIRECCTE, et éventuellement envers les sous-traitants.
➡️
Obligation d’information de la DREETS (ex-DIRECCTE)
L’art. L1233-19 du Code du travail exige de l’employeur qu’il notifie le licenciement économique à l'administration (la DREETS) après avoir consulté le CSE, s’il existe. Cette obligation est
effective dans tous les cas de licenciement économique
, même individuel, et de fait en ligne via la
plateforme TéléRC
.
Dans le cadre d’un grand licenciement économique, la procédure veut que :
l’employeur doit
attendre 30 jours
après avoir informé la DREETS pour envoyer les lettres de licenciement (étape 6) lorsqu’il envisage de licencier
entre 10 et 49 salariés
;
pour
50 licenciements ou plus
, il doit attendre que la DREETS ait validé ou homologué un PSE pour notifier les salariés licenciés.
💡
Bon à savoir
: pendant ce temps d’attente, l’employeur ne peut pas encore licencier les salariés (c’est-à-dire qu’il ne peut pas envoyer les lettres de rupture du contrat). En revanche, il peut mener les entretiens préalables (étape 5) et organiser les procédures internes.
Pour un
licenciement individuel
ou de
moins de 10 salariés
, il faut informer l’administration dans les
8 jours
suivant la notification de licenciement.
➡️
Information des sous-traitants
Informer les sous-traitants d’une procédure de licenciement économique
n’est pas une obligation légale systématique, mais une bonne pratique dans le cadre d’un PSE (Plan de Sauvegarde de l’Emploi) ou d’un grand projet de restructuration susceptible d’avoir une incidence sur les co-contractants.
L’information des sous-traitants a pour intérêt d’anticiper les dommages indirects causés par un licenciement économique (baisse d'activité, réorganisation des prestations). Parfois, cela est prévu dans les
clauses contractuelles entre donneurs d’ordres et sous-traitants
.
En cas de licenciement économique individuel, il n’y a
aucune obligation légale
d’informer les sous-traitants.
Adaptation à l’évolution de l’emploi et recherche de reclassement
L’employeur doit, avant d’
envisager un licenciement
, mettre en œuvre toutes les mesures nécessaires pour éviter autant que possible la rupture des contrats de travail. Cela fait partie intégrante de la
procédure de licenciement
, surtout en cas de licenciement économique.
L’adaptation des salariés à l’
évolution de leur emploi
est une priorité. Par exemple, si un poste est supprimé ou transformé dans le cadre d’un projet d’automatisation, les salariés concernés peuvent
bénéficier d’une
formation professionnelle
, afin d’acquérir de nouvelles compétences et de favoriser la sauvegarde de leur emploi au sein de l’entreprise.
Ainsi, le
reclassement interne
doit être étudié sérieusement. Le salarié peut également bénéficier, selon la situation de l’entreprise et la nature du motif, d’un congé de reclassement ou d’un contrat de sécurisation professionnelle (CSP). Ces dispositifs permettent d’accompagner la
transition professionnelle du salarié licencié
, dans le respect des obligations prévues par le Code du travail.
L'employeur convoque le salarié à un entretien préalable par
lettre recommandée avec accusé de réception
ou
remise en main propre contre décharge
. Un
délai minimum de 5 jours ouvrables
doit être respecté entre la réception de la convocation et la date de l'entretien.
💡
Bon à savoir
: selon l’art. L1233-36 du Code du travail, l’entretien préalable individuel est obligatoire pour chaque salarié dans le cadre d’un licenciement économique, y compris collectif, sauf si les trois conditions suivantes sont réunies :
au moins 10 licenciements économiques sont envisagés sur 30 jours ;
l’entreprise dispose d’un CSE ;
l’entreprise est tenue d’élaborer un PSE.
Les
salariés protégés
bénéficient d’une protection particulière contre le licenciement, en raison de leurs fonctions représentatives ou de leur mandat syndical ou électif. Cette protection vise à éviter que leur engagement pour défendre les droits des salariés ne les expose à des représailles.
Leur licenciement requiert systématiquement un entretien préalable
, ainsi qu’une autorisation de l’inspection du travail (DREETS).
Situation
Entretien préalable obligatoire ?
Licenciement économique individuel
✅ Oui
Licenciement économique < 10 salariés
✅ Oui
Licenciement ≥ 10 salariés sans PSE
✅ Oui
Licenciement ≥ 10 salariés avec PSE
❌ Non (sauf salariés protégés)
Déroulement de l’entretien préalable de licenciement économique
Lors de cet entretien, l'employeur
expose les motifs économiques du licenciement
et recueille les observations du salarié. Ce dernier a
le droit de se faire assister
par une personne de son choix appartenant au personnel de l'entreprise ou, en l'absence de représentants du personnel, par un conseiller du salarié (s’il ne maîtrise pas l’art de la négociation).
De son côté, l’employeur peut se faire représenter, notamment par un
responsable des ressources humaines
, et se faire assister par un membre du personnel de l’entreprise. Il ne peut toutefois pas faire appel à un avocat.
💡
Bon à savoir
: le salarié licencié n’est pas obligé de se présenter à l’
entretien préalable de licenciement
économique. Il n’a pas, non plus, à informer son employeur de son absence.
Comment finaliser le licenciement économique ?
Une fois l’entretien préalable de licenciement économique terminé, il vous reste à
notifier le salarié
du licenciement. Le contrat de travail prendra fin à l’issue d’une
période de préavis
.
Notification du licenciement
Après l'entretien, l'employeur
notifie le licenciement
par
lettre recommandée avec accusé de réception
. Un délai doit être respecté :
la
priorité de réembauche
au sein de l’entreprise ou du groupe d’entreprises ;
le cas échéant, la proposition de contrat de sécurisation professionnelle ou CSP ;
et, pour les entreprises de plus de 1 000 salariés, la possibilité d’un
congé de reclassement
à accepter dans les 8 jours.
💡
Bon à savoir
: être licencié pour motif économique donne le droit au salarié congédié de bénéficier d'une
priorité pour être réembauché
dans l'entreprise sur des postes compatibles avec sa qualification, pendant un an.
Préavis de licenciement
Une fois la lettre de licenciement économique notifiée, le salarié licencié doit effectuer un préavis dont la
durée dépend de son ancienneté
et de sa
convention collective
. Il commence le lendemain de la première présentation de la lettre de licenciement par courrier recommandé.
👉
À noter
: l’employeur peut dispenser un salarié d’effectuer son préavis, auquel cas ce dernier perçoit une indemnité compensatrice de préavis.
Aucun préavis n’est à effectuer si le salarié accepte un
CSP
, un
congé de reclassement,
dans les entreprises de plus de 1 000 salariés, ou un
congé de mobilité
.
Rupture du contrat et documents de fin de collaboration
le document récapitulatif de l'épargne salariale, le cas échéant.
Le
salarié licencié
pour motif économique peut bénéficier de différents types d’indemnités. Pour connaître les modalités précises du
calcul de l'indemnité de licenciement économique
, voici les différentes indemnités possibles :
indemnité légale de licenciement
: 1/4 de mois de salaire par année d'ancienneté jusqu'à 10 ans, puis 1/3 au-delà ;
indemnité compensatrice de préavis
, si le préavis n'est pas effectué ;
indemnité compensatrice de congés payés
pour les congés non pris ;
indemnité supra-légale
, si prévue par la convention collective ou négociée.
💡
Bon à savoir
: l'indemnité légale est exonérée d'impôt sur le revenu dans certaines limites.
Quelles sont les conditions pour un licenciement économique dans différentes conventions collectives ?
La procédure du licenciement économique peut différer en fonction de la convention collective applicable à l’entreprise.
En cas de licenciement économique, la procédure établie par la
convention HCR
prévoit une indemnité de licenciement généralement
plus favorable que le minimum légal
après un an d’ancienneté. Le salarié peut aussi bénéficier d’un préavis dont la durée dépend de son ancienneté, sauf dispense de l’employeur.
Aucune disposition spécifique sur un congé de reclassement, mais
l’accès au CSP est maintenu
pour les entreprises de moins de 1 000 salariés. Le respect de la procédure prévue par le Code du travail reste impératif.
Convention collective Syntec
Dans la
convention Syntec
, le licenciement économique doit
impérativement faire l’objet d’un entretien préalable
. Le salarié peut bénéficier d’un accompagnement renforcé pour le reclassement, avec parfois des accords d’entreprise proposant un bilan de compétences ou une formation de reconversion.
Le salarié licencié dans le cadre de cette convention peut
bénéficier d’une indemnité de licenciement plus avantageuse
que celle du droit commun selon l’ancienneté. Une attention particulière est portée aux critères d’ordre des licenciements (ancienneté, charges de famille, compétences, etc.).
Convention collective Audiovisuel (IDCC 2642 – salariés de la production audiovisuelle)
Dans le secteur de l’art audiovisuel, le recours au licenciement économique implique une
justification rigoureuse des motifs
(baisse d’activité durable, réorganisation…). Le salarié peut bénéficier de dispositifs spécifiques d'accompagnement, notamment s’il relève de structures soutenues par des fonds de soutien à l'emploi.
La
convention collective de l'audiovisuel
s'aligne sur le Code du travail en termes de
préavis, d’indemnité et d’obligations de reclassement
, mais certaines entreprises peuvent prévoir des accords internes plus favorables (PSE allégé, congé mobilité).
Le contrat de sécurisation professionnelle
est proposé aux salariés licenciés pour motif économique
dans les entreprises de
moins de 1 000 salariés
ou en redressement ou liquidation judiciaire. Il offre un accompagnement renforcé vers le retour à l'emploi et le versement d'une allocation spécifique. Le salarié dispose d’un délai de
21 jours pour accepter le CSP
.
La
durée d’un licenciement économique
varie selon le nombre de salariés concernés et la taille de l'entreprise. Elle peut s'étendre de
quelques semaines à plusieurs mois
, notamment en cas de PSE ou si l’entreprise doit attendre l’accord de l’inspection de travail, mener les entretiens préalables, etc.
Oui, le salarié est
en droit de contester la rupture de son contrat de travail
, mais aussi de dénoncer le
non-respect de la procédure de licenciement économique
. Le salarié licencié dispose d’un délai de 12 mois à compter de la notification du licenciement pour saisir le conseil de prud'hommes.
La rupture conventionnelle et le licenciement
répondent à des situations différentes. La
rupture conventionnelle
est un accord à l’amiable entre l’employeur et le salarié, et elle est réservée aux salariés en CDI. Le
licenciement
est à l’initiative de l’employeur, mais doit reposer sur une cause réelle et sérieuse (comme un licenciement économique).