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Convention collective Boulangerie-Pâtisserie (IDCC 843) — Arrêt maladie

Comment fonctionne l'arrêt maladie en boulangerie-pâtisserie artisanale ?

L'arrêt maladie en boulangerie-pâtisserie artisanale obéit à des règles conventionnelles spécifiques, notamment en matière de maintien de salaire, de délai de carence et de garantie d'emploi. Cette page détaille les obligations du salarié et de l'employeur, les conditions d'indemnisation prévues par l'article 37 de la CCN et les particularités liées aux accidents du travail.

Nombre d'entreprises concernées par la CCN

Nombre d'entreprises concernées par la CCN

Environ 43 700 établissements et 293 000 salariés en France

Champ d'application

Champ d'application

Boulangerie artisanale, Boulangerie-pâtisserie artisanale, Pâtisserie artisanale, Viennoiserie artisanale

À retenir

  • Le salarié doit  prévenir son employeur dans les 48 heures  suivant le début de l'arrêt, puis transmettre un  certificat médical dans les 3 jours  ;

  • L' article 37  de la convention collective garantit un maintien de salaire à  90 % du salaire brut , sous condition d'un an d'ancienneté (sauf accident du travail ou maladie professionnelle) ;

  • Ce maintien s'applique pendant  180 jours maximum  par année civile, puis une garantie complémentaire de  60 %  prend le relais jusqu'au 1 095e jour ;

  • La  protection contre le licenciement  s'applique dès 2 ans d'ancienneté, pendant 6 mois, sauf faute grave ou nécessité de remplacement définitif ;

  • Depuis février 2026, le montant maximal de l'IJSS (indemnité journalière de la Sécurité sociale) maladie est plafonné à 41,95 € par jour.

Quelles sont les obligations du salarié en cas d'arrêt maladie en boulangerie ?

Lorsqu'un salarié relevant de la convention collective Boulangerie-Pâtisserie (IDCC 843) se trouve dans l'incapacité de travailler, il doit respecter les obligations de l'article 36 de la convention collective.

Le salarié doit prévenir son employeur dans un délai de 48 heures suivant le début de l'arrêt de travail. Il doit ensuite transmettre un certificat médical dans les 3 jours suivant le début de l'absence, précisant la durée prévisible de l'arrêt.

Le non-respect de ces formalités peut entraîner la perte du droit au complément employeur. Le contrat de travail est suspendu pendant toute la durée de l'arrêt.

Bon à savoir

Le délai de prévenance de 48 heures est une obligation conventionnelle. En l'absence de respect de ce délai, l'employeur peut refuser le versement du complément de salaire.

Comment fonctionnent les indemnités journalières de la Sécurité sociale (IJSS) ?

Le salarié en arrêt maladie perçoit des indemnités journalières de la Sécurité sociale (IJSS) , à condition de remplir les conditions d'ouverture de droits du régime général.

Un délai de carence de 3 jours s'applique pour les arrêts liés à une maladie non professionnelle. À compter du 4e jour, le salarié perçoit une indemnité journalière égale à 50 % du salaire journalier de base , calculé sur la moyenne des salaires bruts des 3 derniers mois précédant l'arrêt.

Depuis le 1er avril 2025, le salaire pris en compte pour le calcul des IJSS est plafonné à 1,4 SMIC (contre 1,8 SMIC auparavant). Le montant maximal de l'IJSS maladie en 2026 est de 42,97 € par jour .

Quel est le complément employeur prévu par l'article 37 de la CCN ?

L'article 37 de la CCN institue une garantie de maintien de salaire . Ce complément vient s'ajouter aux IJSS pour atteindre un niveau d'indemnisation plus élevé.

Conditions d'ancienneté

Pour bénéficier de cette garantie, le salarié doit justifier d'une ancienneté minimale d'un an dans la profession . Cette condition s'apprécie au premier jour de l'arrêt.

Exception : aucune condition d'ancienneté n'est requise pour les salariés victimes d'un accident du travail, d'un accident de trajet ou d'une maladie professionnelle.

Montant du maintien de salaire

L'indemnisation conventionnelle est fixée à 90 % du salaire brut moyen des 3 derniers mois précédant l'arrêt. Ce montant est versé sous déduction des IJSS brutes. Le total perçu (IJSS + complément) ne peut dépasser 100 % du salaire net .

Motif de l’arrêt Délai de carence conventionnel Durée maximale d’indemnisation
Accident du travail, accident de trajet, maladie professionnelle Aucun (dès le 1er jour d’indemnisation SS) 180 jours
Accident de la vie privée (arrêt > 45 jours) ou ALD 3 jours (indemnisation à partir du 4e jour) 180 jours
Maladie non ALD ou accident vie privée (arrêt < 45 jours) 7 jours (indemnisation à partir du 8e jour) 180 jours

Plafonnement annuel

Le nombre total de journées indemnisées ne peut pas dépasser 180 jours par année civile , tous arrêts confondus.

À retenir

Le complément employeur (90 % du salaire brut) est financé par une cotisation patronale de 0,73 % du salaire brut, dans la limite du plafond mensuel de la Sécurité sociale. Ce financement est intégralement à la charge de l'employeur.

Que se passe-t-il au-delà de 180 jours d'arrêt ?

L'article 37.2 de la CCN prévoit une garantie incapacité de travail complémentaire à compter du 181e jour d'arrêt.

Du 181e au 1 095e jour d'arrêt (environ 3 ans), le salarié perçoit des indemnités journalières complémentaires égales à 60 % du salaire journalier de référence , sous déduction des IJSS brutes.

Le salaire mensuel de référence correspond à la moyenne de la rémunération brute des 12 mois d'activité précédant l'arrêt, dans la limite du plafond mensuel de la Sécurité sociale. La cotisation de cette garantie (0,22 % de la tranche A) est exclusivement à la charge de l'employeur.

Quelles sont les règles spécifiques en cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle ?

Absence de délai de carence IJSS

Contrairement à la maladie non professionnelle, aucun délai de carence IJSS ne s'applique en cas d'AT ou de MP. L'indemnisation démarre dès le lendemain du jour de l'accident, le jour de l'accident étant intégralement payé par l'employeur.

Indemnisation renforcée par la Sécurité sociale

Les IJSS en cas d'AT/MP sont plus élevées : 60 % du salaire journalier de référence pendant les 28 premiers jours, puis 80 % à partir du 29e jour .

Complément employeur sans condition d'ancienneté

Le complément de salaire est versé sans aucune condition d'ancienneté et dès le 1er jour d'indemnisation SS. Le maintien à 90 % du salaire brut s'applique pendant 180 jours maximum.

Comment fonctionne la protection de l'emploi pendant l'arrêt maladie ?

La CCN prévoit une garantie d'emploi au bénéfice des salariés en arrêt. À partir de 2 ans d'ancienneté , le salarié bénéficie d'une protection contre le licenciement pendant 6 mois .

Au-delà, l'employeur peut procéder à un licenciement si l'absence prolongée perturbe le fonctionnement de l'entreprise et rend nécessaire un remplacement définitif. Ce licenciement ne peut jamais être fondé sur l'état de santé (article L. 1132-1 du Code du travail).

En cas d'AT/MP, la protection est renforcée : pendant toute la suspension du contrat, l'employeur ne peut licencier que pour faute grave ou impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger à l'accident ou à la maladie (article L. 1226-9 du Code du travail).

La contre-visite médicale patronale est-elle possible ?

L'employeur peut organiser une contre-visite médicale pour vérifier le bien-fondé de l'arrêt. Les modalités sont précisées par le décret n° 2024-692 du 5 juillet 2024 , relatif à l'article L. 1226-1 du Code du travail.

Le salarié doit communiquer à l'employeur les horaires de présence et, le cas échéant, son lieu de repos s'il diffère de son domicile. Si le salarié refuse la contre-visite ou si le médecin conclut à l'absence de justification, l'employeur peut suspendre le complément de salaire. Les IJSS continuent d'être versées indépendamment.

Quel est l'impact de l'arrêt maladie sur les congés payés et l'ancienneté ?

Impact sur les congés payés

En cas de maladie non professionnelle , la loi du 22 avril 2024 prévoit l'acquisition de 2 jours ouvrables de congés payés par mois d'absence , dans la limite de 24 jours ouvrables par période de référence.

En cas de maladie professionnelle ou d'accident du travail , le salarié acquiert 2,5 jours ouvrables par mois , dans la limite d'une durée ininterrompue d'un an (article L. 3141-5 du Code du travail).

Impact sur l'ancienneté

Les périodes d'AT/MP sont intégralement assimilées à du temps de travail effectif pour le calcul de l'ancienneté.

La subrogation dans la CCN Boulangerie-Pâtisserie

La subrogation permet à l'employeur de percevoir directement les IJSS de la CPAM, en contrepartie du maintien de salaire versé au salarié. Elle est possible dès lors que le complément employeur est au moins égal aux IJSS.

Le régime de prévoyance conventionnel, dont AG2R Prévoyance est l'organisme mentionné par la CCN, complète ce dispositif pour les arrêts de longue durée.

Période Source Taux Conditions
Jours 1 à 3 (maladie non professionnelle) Aucune IJSS (carence SS) 0 % (IJSS)
Jours 1 à 7 ou 1 à 3 (carence conventionnelle) IJSS seules (si applicable) 50 % du salaire journalier (IJSS) Selon motif
Jour 4 ou 8 à jour 180 IJSS + complément employeur 90 % du brut (IJSS déduites) 1 an dans la profession (0 pour AT/MP)
Jour 181 à jour 1 095 IJSS + prévoyance (art. 37.2) 60 % du salaire journalier de référence (IJSS déduites) Relais après épuisement du maintien

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Information à caractère informatif, sans conseil juridique. Dernière vérification le 2026-07-07.

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FAQ — Arrêt maladie dans la CCN Boulangerie-Pâtisserie (IDCC 843)

Le salarié doit justifier d'une ancienneté minimale d'un an dans la profession. En cas d'AT, d'accident de trajet ou de maladie professionnelle, aucune condition d'ancienneté n'est requise.

L'indemnisation est fixée à 90 % du salaire brut moyen des 3 derniers mois, sous déduction des IJSS brutes. Le total ne peut pas dépasser 100 % du salaire net.

Le délai varie selon le motif : aucun délai pour un AT/MP, 3 jours pour un arrêt > 45 jours ou une ALD, 7 jours pour un arrêt < 45 jours lié à une maladie non ALD.

Le maintien est assuré pendant 180 jours maximum par année civile. Au-delà, la garantie incapacité (article 37.2) prend le relais à 60 % du salaire de référence jusqu'au 1 095e jour.

À partir de 2 ans d'ancienneté, le salarié bénéficie d'une garantie d'emploi de 6 mois. En cas d'AT/MP, la protection est renforcée pendant toute la suspension du contrat.

Oui. En maladie non professionnelle, le salarié acquiert 2 jours ouvrables par mois d'absence (max 24/an). En AT/MP, il acquiert 2,5 jours ouvrables par mois (droits complets).

Oui, dès lors que le complément de salaire est au moins égal aux IJSS. L'employeur avance le salaire et se fait rembourser par la CPAM.

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