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À retenir

  • La période d’essai est une phase d’évaluation réciproque permettant de sécuriser le début de la relation de travail.

  • Sa durée dépend du statut du salarié et peut être aménagée par la convention collective applicable.

  • Elle peut être rompue librement par l’une ou l’autre des parties , sous réserve du respect d’un délai de prévenance.

  • À son terme, en l’absence de rupture, le contrat de travail est automatiquement confirmé.

Au moment de rédiger le contrat de travail, il est important de s’interroger sur l’opportunité de prévoir une période d’essai . Bien qu’elle ne soit pas obligatoire, celle-ci peut constituer un véritable outil d’adaptation , aussi bien pour l’employeur que pour le salarié.

La période d’essai permet à l’employeur d’ évaluer les compétences du salarié dans le cadre de ses fonctions, tandis que le salarié peut apprécier si le poste correspond à ses attentes.

Toutefois, lorsqu’elle est prévue, sa mise en place et son déroulement sont strictement encadrés par des règles qu’il convient de respecter.

Qu’est-ce qu’une période d’essai ? 

La période d’essai constitue une étape préalable au démarrage définitif de la relation de travail. Bien qu’elle ne soit pas systématiquement prévue dans tous les contrats, elle permet à l’employeur comme au salarié d’évaluer l’opportunité de poursuivre leur collaboration dans des conditions adaptées. Son recours et ses modalités obéissent toutefois à un cadre juridique précis.

Objectif 

La période d’essai est une phase facultative qui peut être prévue au début de la relation de travail afin de permettre aux deux parties de s’assurer que leur collaboration répond à leurs attentes respectives.

Durant cette période, l’employeur dispose d’un temps d’observation pour apprécier les compétences du salarié dans l’exercice concret de ses missions, notamment au regard de son expérience professionnelle, de son niveau d’autonomie, de sa capacité d’adaptation et de son intégration au sein de l’entreprise.

De son côté, le salarié peut également évaluer si les fonctions confiées, les conditions de travail, l’organisation de l’entreprise ou encore l’environnement professionnel correspondent à ses attentes et à son projet professionnel .

Mise en place et encadrement 

La mise en place d’une période d’essai n’est pas imposée par la loi. L’employeur et le salarié sont donc, en principe, libres de décider de l’insérer ou non dans le contrat de travail . Toutefois, il convient de vérifier les dispositions applicables au sein de l’entreprise : certaines conventions collectives peuvent prévoir des règles spécifiques, voire imposer son application dans certains cas.

Si le recours à la période d’essai relève du choix des parties, son fonctionnement est en revanche strictement encadré. La loi, ainsi que, le cas échéant, la convention collective applicable, déterminent notamment :

  • ses conditions de validité ;

  • la durée maximale ;

  • ses possibilités de renouvellement ;

  • les modalités de sa rupture .

Il est donc essentiel, au moment de la rédaction du contrat de travail, de s’assurer que la clause relative à la période d’essai est conforme aux règles applicables afin de sécuriser la relation de travail dès son commencement.

Quelle est la durée d’une période d’essai ? 

La durée de la période d’essai dépend du type de contrat de travail, du statut du salarié, mais également de la convention collective applicable à l’entreprise. 

Durée de la période d’essai d’un CDI 

Dans le cadre d’un contrat à Durée Indéterminée ( CDI ), la durée maximale de la période d’essai est fixée selon le statut du salarié. Ainsi, la période d’essai d’un CDI est de :

  • 2 mois pour les ouvriers et les employés ;

  • 3 mois pour les agents de maîtrise et les techniciens ;

  • 4 mois pour les cadres.

Elle commence à courir à compter du premier jour d’exécution effective du contrat de travail . Le calcul de la période d’essai s’effectue de plus en jours calendaires , c’est-à-dire en tenant compte de l’ensemble des jours du calendrier, y compris les week-ends et jours fériés.

💡 Bon à savoir : la convention collective applicable à l’entreprise peut prévoir des règles particulières concernant la durée de la période d’essai. Il est donc recommandé de vérifier systématiquement les dispositions conventionnelles avant la rédaction du contrat de travail.

Durée de la période d’essai d’un CDD 

Dans le cadre d’un contrat à durée déterminée (CDD), la durée de la période d’essai est calculée en fonction de la durée initialement prévue du contrat . Ce plafond s’applique même si le calcul d’un jour par semaine conduit à une durée supérieure.

Elle est fixée à un jour par semaine de contrat , dans la limite maximale de :

  • 2 semaines lorsque le CDD est conclu pour une durée de 6 mois ou moins ;

  • 1 mois lorsque le CDD est conclu pour une durée de plus de 6 mois .

Comme pour le CDI, il convient de vérifier si la convention collective prévoit des dispositions spécifiques applicables à l’entreprise avant de prévoir la période d’essai d’un CDD.

Modèle de lettre de renouvellement de période d'essai

Peut-on renouveler une période d’essai ? 

Le renouvellement de la période d’essai est possible, mais uniquement dans le cadre d’un CDI.

Les conditions du renouvellement de la période d’essai

Le renouvellement d’une période d’essai en CDI n’est pas automatique . Pour être valable, il doit respecter plusieurs conditions cumulatives.

Ainsi, le renouvellement n’est possible que si :

  • une convention collective ou un accord de branche étendu prévoit expressément cette possibilité ;

  • le contrat de travail ou la lettre d’engagement mentionne également la possibilité de renouveler la période d’essai ;

  • le salarié donne son accord au renouvellement , et ce avant l’expiration de la période d’essai initiale.

L’accord du salarié doit être clair et intervenir pendant la période d’essai en cours. L’employeur ne peut donc pas imposer un renouvellement unilatéralement .

💡 Bon à savoir : un modèle gratuit de demande d’accord du salarié pour le renouvellement de la période d’essai est mis gratuitement à disposition par l’administration.

Les limites applicables au renouvellement

Même lorsqu’il est autorisé, le renouvellement reste encadré. La période d’essai ne peut être renouvelée qu’une seule fois et pour une durée qui ne peut conduire à dépasser les plafonds légaux applicables.

La durée maximale, renouvellement compris , est donc de :

  • 4 mois pour les ouvriers et employés ;

  • 6 mois pour les agents de maîtrise et techniciens ;

  • 8 mois de période d’essai pour les cadres.

À titre d'exemple, pour la période d'essai d'un cadre initialement fixée à 4 mois, le total ne pourra pas dépasser 8 mois au total .

À l’issue de cette période, l’employeur devra soit confirmer définitivement le salarié dans ses fonctions , soit mettre fin au contrat avant le terme de la période d’essai.

💡 Bon à savoir : le renouvellement de la période d’essai par le salarié est une option autorisée dans les mêmes conditions.

période d'essai

Comment rompre une période d’essai ? 

La fin de la période d’essai intervient automatiquement au terme de celle-ci. L’employeur ou le salarié peuvent procéder à la rupture de la période d’essai librement, à tout moment avant son terme et sans formalisme précis. 

Même si aucun formalisme particulier n’est imposé par la loi, il est fortement recommandé de formaliser cette décision par écrit afin de sécuriser la rupture et d’éviter tout litige ultérieur.

Rupture de la période d'essai à l'initiative du salarié

Le salarié peut mettre fin à la période d’essai à tout moment, sous réserve de respecter un délai de prévenance dont la durée dépend de son ancienneté dans l’entreprise. Le délai de prévenance commence à courir à compter de la notification de la rupture à l’employeur.

Rupture de la période d'essai à l'initiative du salarié

Durée de présence du salarié dans l’entreprise Délais de prévenance
Inférieure à 8 jours 24 heures
Au moins 8 jours 48 heures

Rupture de la période d'essai à l'initiative de l'employeur

L’employeur peut également rompre la période d’essai librement avant son terme. Toutefois, il doit respecter un délai de prévenance , dont la durée varie selon le temps de présence du salarié dans l’entreprise.

Rupture de la période d'essai à l'initiative de l'employeur

Durée de présence du salarié dans l’entreprise Délais de prévenance
Inférieure à 8 jours 24 heures
Entre 8 jours et 1 mois 48 heures
Entre 1 mois et 3 mois 2 semaines
Après 3 mois 1 mois

💡 Bon à savoir : vous pouvez trouver un modèle gratuit de lettre de rupture de la période d'essai par l'employeur, proposé par le Gouvernement.

L’employeur peut également décider de dispenser le salarié d’exécuter son délai de prévenance. Dans ce cas, il devra lui verser une indemnité compensatrice correspondant à la rémunération qu’il aurait perçue s’il avait travaillé jusqu’au terme de ce délai.

Comment valider une période d’essai ?

À l’issue de la période d’essai, si aucune décision de rupture n’a été prise dans les délais applicables, la relation de travail se poursuit automatiquement et le salarié est considéré comme définitivement intégré au sein de l’entreprise.

La validation de la période d’essai correspond à la confirmation du salarié dans ses fonctions à l’issue de cette phase d’évaluation. Elle intervient donc de manière tacite lorsque le salarié continue d’exercer ses missions après le terme de la période d’essai.

Aucune obligation légale de notification n’est imposée à l’employeur. Toutefois, il est recommandé d’ anticiper la fin de la période d’essai , car une fois celle-ci expirée, il n’est plus possible de rompre le contrat selon le régime simplifié applicable.

En pratique, cette validation peut prendre la forme d’un courrier de validation de la période d’essai , remis au salarié ou transmis par tout moyen permettant d’en conserver une preuve.

Foire Aux Questions (FAQ)

Lorsqu’un salarié en CDD est recruté en CDI sur le même poste ou un poste similaire dans la même entreprise, son expérience antérieure est prise en compte , notamment pour la période d’essai du CDI après le CDD.

En effet, le Code du travail prévoit que la durée du CDD effectué précédemment dans l’entreprise peut être déduite , en tout ou partie, de la période d’essai du CDI , dès lors que les missions sont équivalentes.

En revanche, cela ne signifie pas une reprise automatique de l’ensemble de l’ancienneté : cette prise en compte concerne principalement la période d’essai et ses modalités, qui doivent respecter les règles légales en vigueur.

La période d’essai débute toujours le premier jour d’exécution effective du contrat de travail. Son calcul s’effectue en jours calendaires, ce qui inclut donc les week-ends et les jours fériés.

La détermination de sa date de fin doit être réalisée avec rigueur, car une erreur peut avoir des conséquences importantes pour l’employeur , notamment en cas de rupture du contrat. Il est donc recommandé d'utiliser une méthode de calcul fiable et systématique , en tenant compte du premier jour d'exécution effective du contrat et des absences éventuelles du salarié

Lorsque le salarié est absent pendant sa période d’essai (arrêt maladie, congés, formation, etc.), son contrat de travail est en principe suspendu .

Cette suspension entraîne généralement une prolongation de la période d’essai, à hauteur de la durée réelle de l’absence . L’objectif est de permettre à l’employeur de disposer d’une période d’évaluation effective correspondant au temps de travail effectivement réalisé.

La période d’essai applicable aux employés et ouvriers est plus courte que celle prévue pour les cadres . Elle est strictement encadrée par le Code du travail et varie en fonction du poste occupé ainsi que d'éventuelles dispositions conventionnelles applicables.

En principe la période d’essai d’un non-cadre est de deux mois pour les employés et les ouvriers en CDI.

Durant la période d’essai, la rupture est libre et ne nécessite pas de motif formel . Cette liberté n’est toutefois pas absolue : si la rupture est motivée par des raisons discriminatoires et non professionnelles, elle peut être requalifiée en rupture abusive devant le conseil de prud'hommes.

Oui, si la rupture de la période d’essai est à l’initiative de l’employeur , le salarié peut bénéficier des allocations chômage , sous réserve de remplir les conditions d’affiliation requises.

En revanche, si la rupture est à l’initiative du salarié (assimilée à une démission), l’indemnisation n’est en principe pas ouverte , sauf dans certains cas de démissions considérées comme légitimes par France Travail.