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Quelles sont les règles de l’indemnité kilométrique en 2026 ?

Amira Boughaba
, Juriste Rédacteur en Droit Social @PayFit
Mise à jour le
5 mins
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À retenir :

  • L'indemnité kilométrique compense les frais engagés par les salariés utilisant leur véhicule personnel à des fins professionnelles.
  • Le barème kilométrique 2026 (applicable aux frais 2025) n'a pas été revalorisé par rapport à 2025.
  • Une majoration de 20 % s'applique aux véhicules 100 % électriques.
  • Les déplacements professionnels sont totalement exonérés de cotisations sociales et d'impôt (dans la limite du barème).
  • Les trajets domicile-travail bénéficient d'une exonération limitée à 200 €/an (300 € si cumul avec transport en commun).

En France, selon l'ADEME (2025), 30 % des 114 millions de déplacements journaliers en voiture sont effectués pour un motif professionnel. Rendez-vous clients, livraisons, interventions techniques, mais aussi trajets domicile-travail en l'absence de transports en commun : ces déplacements représentent un coût réel pour les salariés qui utilisent leur véhicule personnel.

Le remboursement du transport par l’employeur pour les déplacements domicile-travail comprend deux volets. Tout d'abord, la prise en charge obligatoire qui doit représenter 50 % de l'abonnement aux transports en commun. Par ailleurs, une prise en charge facultative sous la forme d'indemnités peut être engagée pour les salariés utilisant leur véhicule personnel (sauf obligation prévue par convention collective ou accord d'entreprise).

C'est dans ce second cas que l'indemnité kilométrique intervient. Elle permet de compenser les frais de déplacements professionnels engagés par le salarié avec son véhicule personnel tels que le carburant, l'usure ou l'entretien du véhicule.

Qu’est-ce que l’indemnité kilométrique ?

L'indemnité kilométrique est une compensation financière versée par l'employeur aux salariés qui utilisent leur véhicule personnel à des fins professionnelles.

Les trajets professionnels regroupent les déplacements liés aux missions du salarié. Il peut s’agir d’un rendez-vous client, d’une livraison, d’un déplacement inter-sites, ou encore d’une intervention technique.

Elle couvre les frais réels liés à l'utilisation du véhicule :

  • carburant (essence, diesel, électricité) ;

  • usure et dépréciation du véhicule ;

  • entretien et réparations ;

  • assurance ;

  • contrôle technique ;

  • carte grise.

Le montant de l'indemnité est calculé en appliquant le barème kilométrique fiscal publié chaque année par l'administration.

💡 Bon à savoir : l'indemnité kilométrique peut se cumuler avec le forfait mobilités durables (FMD) pour les salariés pratiquant le covoiturage.

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Dans quels cas verser une indemnité kilométrique ?

1. Déplacements professionnels (missions)

L'indemnité kilométrique est versée lorsque le salarié effectue des déplacements dans le cadre de ses missions avec son véhicule personnel :

  • rendez-vous client ;

  • livraison de marchandises ;

  • déplacement inter-sites ;

  • intervention technique chez un client ;

  • participation à un salon professionnel.

La note de frais kilométrique doit mentionner la date du déplacement, la destination, le nombre de kilomètres parcourus et le nom du client.

Dans le cadre d'un déplacement professionnel, l'indemnité est totalement exonérée de cotisations sociales et d'impôt sur le revenu (dans la limite du barème fiscal).

⚠️ Attention : le véhicule ne doit pas être immatriculé au nom de la société. Si c'est un véhicule de fonction, l'entreprise prend directement en charge les frais.

2. Trajets domicile-travail (cas spécifiques)

Le remboursement des trajets domicile-travail n'est pas obligatoire, mais l'employeur peut le mettre en place si :

  • les horaires de travail ne permettent pas d'utiliser les transports en commun (travail de nuit, horaires décalés) ;

  • le lieu de travail est éloigné des transports en commun (zone rurale, ZI mal desservie) ;

  • le salarié réside dans une zone mal desservie par les transports publics.

La distance entre le lieu de travail et le domicile doit respecter les règles suivantes :

  • moins de 40 km : l'intégralité du trajet est prise en compte ;

  • plus de 40 km : la déduction des frais réels de transport est limitée à 40 km (sauf situations exceptionnelles : domicile en zone rurale, trajet frontalier).

💡 Bon à savoir : contrairement aux transports en commun (prise en charge obligatoire à 50 %), le remboursement des frais kilométriques domicile-travail reste facultatif, sauf obligation conventionnelle.

Comment calculer les indemnités kilométriques ?

Le remboursement des frais d'essence par l'employeur s’effectue à l’aide du barème établi par l’administration fiscale. 

💡 Bon à savoir : les barèmes kilométriques applicables en 2026 s'appliquent pour les frais de déplacement en voiture supportés au cours de l'année 2025. Ces barèmes sont publiés chaque année en avril par l'administration fiscale.

Le montant de l’indemnité kilométrique varie en fonction du véhicule personnel du salarié. Il est majoré de 20 % pour l’utilisation d’un véhicule électrique.

Deux facteurs sont pris en compte pour calculer les indemnités kilométriques du salarié :

  • les kilomètres parcourus

  • la puissance du véhicule. 

Si certaines conventions collectives prévoient des règles particulières, ce n'est pas le cas de l'indemnité kilométrique sous Syntec. Cette convention collective applique les calculs de l’administration comme indiqué ci-dessous.

💡 Bon à savoir : tout véhicule de 8 chevaux (8 CV) ou plus se voit appliquer le barème des véhicules de 7 chevaux (7 CV). 

Voici les différents barèmes kilométriques en fonction du type de voiture. Les tableaux s’appliquent pour les véhicules thermiques, hybrides ou à hydrogène. La valeur “d” correspond à la distance parcourue en kilomètres.

Barème kilométrique applicable aux voitures en 2026

Puissance administrative du véhicule (en CV) Jusqu’à 5 000 km Entre 5 001 et 20 000 km Au-delà de 20 000 km
3 CV et moins d x 0,529 € (d x 0,316) + 1 065 € d x 0,370 €
4 CV d x 0,606 € (d x 0,340) + 1 330 € d x 0,407 €
5 CV d x 0,636 € (d x 0,356) + 1 395 € d x 0,427 €
6 CV d x 0,665 € (d x 0,374) + 1 457 € d x 0,447 €
7 CV et plus d x 0,697 € (d x 0,394) + 1 515 € d x 0,470 €

Barème kilométrique applicable aux deux-roues de plus de 50 cm3 (motos, scooters) en 2026*

Puissance administrative (en CV) Jusqu’à 3 000 km Entre 3 001 et 6 000 km Au-delà de 6 000 km
1 ou 2 CV d x 0,395 € (d x 0,099) + 891 € d x 0,248 €
3 à 5 CV d x 0,468 € (d x 0,082) + 1 158 € d x 0,275 €
5 CV et plus d x 0,606 € (d x 0,079) + 1 583 € d x 0,343 €

Barème kilométrique applicable aux cyclomoteurs en 2026

Jusqu’à 3 000 km Entre 3 001 et 6 000 km Au-delà de 6 000 km
d x 0,315 € (d x 0,079) + 711 € d x 0,198 €

Les trois tableaux suivants concernent uniquement les véhicules 100 % électriques.

Barème kilométrique applicable aux voitures électriques en 2026

Puissance administrative du véhicule (en CV) Jusqu’à 5 000 km Entre 5 001 et 20 000 km Au-delà de 20 000 km
3 CV et moins d x 0,635 € (d x 0,379) + 1 278 € d x 0,444 €
4 CV d x 0,727 € (d x 0,408) + 1 596 € d x 0,488 €
5 CV d x 0,763 € (d x 0,428) + 1 674 € d x 0,512 €
6 CV d x 0,798 € (d x 0,449) + 1 748 € d x 0,536 €
7 CV et plus d x 0,836 € (d x 0,473) + 1 818 € d x 0,564 €

Barème kilométrique applicable aux deux-roues électriques de plus de 50 cm3 (motos, scooters) en 2026

Puissance administrative (en CV) Jusqu’à 3 000 km Entre 3 001 et 6 000 km Au-delà de 6 000 km
1 ou 2 CV d x 0,474 € (d x 0,119) + 1 069 € d x 0,298 €
3 à 5 CV d x 0,562 € (d x 0,098) + 1 390 € d x 0,330 €
5 CV et plus d x 0,727 € (d x 0,095) + 1 900 € d x 0,412 €

Barème kilométrique applicable aux cyclomoteurs électriques en 2026

Jusqu’à 3 000 km Entre 3 001 et 6 000 km Au-delà de 6 000 km
d x 0,378 € (d x 0,095) + 853 € d x 0,238 €

💡 Bon à savoir : notre fiche pratique vous aide à y voir plus clair sur la gestion des éléments variables de paie.

Foire Aux Questions (FAQ)

Mis en place en 2020, le forfait mobilités durables favorise les modes de transport plus écologiques. En dehors des transports en commun, les trajets domicile-travail peuvent être effectués à vélo, en trottinette ou en covoiturage. En 2026, le plafond d’exonération pour le FMD est de 600 euros par an. Si le salarié cumule son mode de transport alternatif avec un abonnement ou une prime énergie, ce plafond est revalorisé à 900 euros par an.


Le traitement de justificatifs, comme l’attestation de covoiturage ou l’abonnement transport, remplace la gestion des notes de frais kilométriques. Le FMD n’est pas obligatoire, contrairement aux indemnités, mais les sociétés le proposent de plus en plus pour traduire leurs engagements Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE).

Les indemnités kilométriques couvrent les trajets professionnels du salarié à partir d’un barème fiscal. Le remboursement de frais réels concerne les dépenses indépendantes de l’achat et du fonctionnement du véhicule comme : 

  • les tickets de parking ;

  • les tickets de péage ;

  • les frais de réparation en cas d’accident ;

  • le covering (habillage) voiture pour mettre en avant l’entreprise (frais publicitaires), et bien d’autres encore.

Cela dépend du type de déplacement.

Dans le cas des déplacements professionnels (missions) :

  • les indemnités sont totalement exonérées d'impôt sur le revenu ;

  • elles ne doivent pas être déclarées si elles respectent le barème fiscal ;

  • pas de cotisations sociales.

Pour les trajets domicile-travail :

  • l'exonération est limitée à 200 € / an (ou 300 € si cumul avec prise en charge transports en commun) ;

  • la fraction au-delà de ce plafond est imposable ;

  • les indemnités sont à déclarer sur la déclaration de revenus (case 1 AK).

💡 Bon à savoir : si vous optez pour la déduction des frais réels (au lieu de l'abattement forfaitaire de 10%), vous pouvez déduire vos frais kilométriques domicile-travail sans limite de 200 €, mais dans la limite de 40 km (aller simple).

L'indemnité kilométrique couvre deux types de déplacements distincts.

Les déplacements professionnels (missions clients, livraisons, interventions) sont totalement exonérés de cotisations sociales et d'impôt, sans limite géographique. Ils nécessitent une note de frais détaillée.

Les trajets domicile-travail ne sont remboursables que si le salarié est contraint d'utiliser son véhicule (horaires décalés, éloignement). L'exonération est limitée à 200 € par an et la distance plafonnée à 40 km (aller simple).

💡 Bon à savoir : un salarié peut cumuler les deux types d'indemnités dans le même mois.