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Quelles sont les règles pour établir un bulletin de paie ?

Juliette Boulay
, Rédactrice experte paie
Mise à jour le
11 mins
Modèle de bulletin de paie - Excel
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À retenir :

  • Le bulletin de paie est un document obligatoire remis à chaque salarié lors du paiement de son salaire, et ce, quel que soit son contrat de travail.
  • Son contenu est strictement encadré par le Code du travail. Il doit comporter certaines mentions obligatoires (comme le montant net social depuis le 1er juillet 2023).
  • Le bulletin de paie simplifié est entré en vigueur depuis 2018. En attendant sa nouvelle version (reportée au 1ᵉʳ janvier 2027 au lieu de 2026), les entreprises peuvent continuer d’utiliser le modèle “ adapté".

La gestion de la paie fait partie des obligations légales de l’employeur. Tous les mois, une entreprise doit délivrer à chacun de ses salariés un bulletin de paie au moment du versement de leur rémunération

Également appelé fiche de paie, ce document détaille l’ensemble des sommes versées à chaque collaborateur (salaire de base, primes, etc.), des cotisations prélevées ainsi que le montant net à payer. Pour être conforme, il doit être établi selon les règles prévues par le Code du travail.

Qu’est-ce qu’un bulletin de paie ?

Définition de la fiche de paie 

Le bulletin de paie, ou bulletin de salaire, est un document obligatoire que fournit l’employeur à chaque salarié pour justifier le versement de son salaire

Tous les collaborateurs de l’entreprise reçoivent leurs fiches de paie quels que soient : 

  • le type de contrat de travail ; 

  • le type et le montant de la rémunération ;

  • le niveau hiérarchique et l’emploi occupé par les salariés.

👉  À noter : la date d’édition de la fiche de paie constitue une preuve pour l’employeur qu’il rémunère son personnel en temps et en heure. 

Comment lire un bulletin de salaire ? 

Chaque fiche de paie est unique, car le calcul du coût d’un salarié dépend de son salaire, de ses avantages et de ses heures supplémentaires

Elle regroupe plusieurs montants qu’il convient de bien distinguer : 

  • le montant brut correspond au total du salaire de base, des primes, des indemnités et des heures supplémentaires ;

  • le montant net social est égal à la différence entre le montant brut et la somme des cotisations et prélèvements sociaux obligatoires (santé, retraite, famille, assurance chômage, etc.) ;

  • le montant net imposable sert à calculer le montant du Prélèvement À la Source (PAS) de l’impôt sur le revenu. Il équivaut à la différence entre le montant brut et les cotisations salariales. Cependant, on ajoute à ce total intermédiaire la part de CSG/CRDS non déductible et la cotisation patronale de la mutuelle santé ; 

  • le montant net à payer correspond au montant que verse réellement l’employeur à son salarié. Il retranche du salaire brut les cotisations salariales et le PAS. Il peut inclure des éléments non soumis à cotisations (comme le remboursement de frais professionnels ou la participation du salarié aux titres-restaurant).

Le taux de prélèvement à la source sur les bulletins de paie 2026 est impacté par la revalorisation du barème IR prévue au PLF 2026 (+0,9 %), entraînant une légère baisse des montants prélevés.

💡 Bon à savoir : depuis le 1er juillet 2023, le bulletin de paie clarifié impose à l’employeur de mentionner le montant net social. Cette information est ensuite déclarée par le salarié à la Caisse d’Allocations Familiales (CAF) ou à sa Mutualité Sociale Agricole (MSA) pour percevoir certaines prestations sociales. Il s’agit, par exemple, de la prime d’activité ou du RSA (Revenu de Solidarité Active).

Quelles sont les mentions obligatoires d’un bulletin de paie ?

Malgré l’entrée en vigueur du bulletin de salaire simplifié, les entreprises doivent tout de même y répertorier un certain nombre d’informations.

 Les mentions obligatoires d’un bulletin de paie suivantes sont prévues par l’article R. 3243-1 du Code du travail.

Mentions relatives à l’identification de l’employeur 

Le bulletin de paie inclut :

  • le nom/dénomination de l’entreprise ;

  • son adresse ;

  • le numéro de SIREN ;

  • et le code APE/NAF. 

👉  À noter : il doit mentionner sa convention collective pour la durée des congés payés ou les délais de préavis concernant la cessation du contrat. Si l’entreprise n’appartient à aucune convention, elle cite par défaut les articles qui figurent dans le Code du travail.

Mentions relatives à l’identification du salarié 

Le bulletin de salaire recense les informations suivantes pour identifier le salarié :

  • son nom et son prénom ; 

  • son numéro de Sécurité sociale ; 

  • sa qualification professionnelle ; 

  • sa position dans la classification conventionnelle. 

💡 Bon à savoir : il est possible de faire apparaître la date d’ancienneté dans l’entreprise et la date de début du contrat de travail.

Mentions relatives au temps de travail et au paiement du salaire 

La déclaration de la période et du nombre d’heures de travail distingue les heures au taux normal des heures majorées (comme les heures supplémentaires ou complémentaires).

Pour les salariés au forfait, le bulletin doit préciser la nature et le volume du forfait auquel se rapporte le salaire (forfait hebdomadaire ou mensuel en heures, ou forfait annuel en heures ou en jours).

Le bulletin de salaire peut aussi recenser les dates des congés, les absences pour maladie et les IJSS (Indemnités Journalières de la Sécurité Sociale). 

Mentions relatives aux cotisations et contributions sociales 

Dans la zone dédiée aux cotisations et contributions sociales, le bulletin de paie énumère :

  • l’ensemble des cotisations sociales regroupées en 5 catégories (santé, accident du travail et maladie professionnelle, famille, retraite et chômage) ;

  • le montant total des exonérations de cotisations ou contributions sociales. Cela peut concerner un allègement des charges patronales, certains contrats (apprentis,  “aides à domicile” ou les salariés agricoles en CDD d’usage, les gratifications des stagiaires, etc.) ;

  • le montant total versé par l’employeur ;

  • le montant correspondant à l’évolution de la rémunération liée à la suppression des cotisations chômage et maladie.

Mentions relatives au salaire net à payer et au salaire net imposable 

Le bulletin de paie distingue plusieurs montants comme : 

  • la rémunération brute ;

  • le salaire net à payer avant impôt sur le revenu ; 

  • la base de calcul pour le prélèvement à la source et le salaire net après prélèvement à la source ;

  • le montant payé au salarié et sa date de versement ;

  • la nature des autres versements et retenues (tickets-restaurant, transports, logement), ainsi que le taux des cotisations salariales.

Sur l’en-tête de la fiche, il est possible d’indiquer le mode de versement (virement, en chèque ou en espèces). 


⚠️  Attention : la loi fixe également des mentions interdites sur le bulletin de paie (comme l’activité de représentation des salariés ou l’exercice de droit de grève). De plus, la nature de l’activité et le montant de la rémunération pour les élus du CSE (Comité Social et Économique) doivent figurer dans un document annexe.

Bulletin de paie

Comment faire un bulletin de paie ?

Établir un bulletin de paie peut s’avérer fastidieux pour l’employeur et le responsable des ressources humaines. Cela impose de connaître l’ensemble des éléments de rémunération des salariés et respecter un certain formalisme dans la mise en œuvre des mentions obligatoires énoncées ci-dessus. 

Depuis 2023, les employeurs doivent utiliser le modèle du bulletin de paie simplifié. Celui-ci regroupe automatiquement les mentions obligatoires par catégories, afin de rendre les informations plus claires et plus lisibles.

En pratique, pour faire une fiche de paie efficacement, il existe une solution simple : recourir à un logiciel de fiche de paie en ligne intégrant de multiples fonctionnalités. Ce service confère d’autres avantages comme la centralisation, la disponibilité et la sécurisation des fiches.


💡 Bon à savoir : l’automatisation de la paie permet d’éviter les erreurs, l’omission des mentions obligatoires et fait gagner chaque mois un temps précieux à l’employeur.

Comment un logiciel dédié améliore la gestion des bulletins de paie ? 

Dans l’univers technique de la gestion de la paie, savoir décrypter un bulletin et interpréter ses données est aussi important pour l’employeur que pour le salarié. Entre les cotisations sociales, les mentions obligatoires et les évolutions réglementaires, la paie exige rigueur et précision.

Un logiciel spécialisé simplifie considérablement ces tâches grâce à une solution intuitive et complète. Les employeurs peuvent générer des bulletins de paie clairs, conformes et dématérialisés en quelques clics. L’automatisation des calculs réduit les risques d’erreurs, fait gagner un temps précieux et garantit le respect des obligations légales.

De plus, ces outils permettent de mettre les bulletins à disposition des collaborateurs via un espace sécurisé. Cette accessibilité favorise la transparence, facilite la consultation des documents à tout moment et renforce la confiance entre l’entreprise et ses équipes.

Opter pour un outil complet, c’est donc simplifier la gestion administrative, sécuriser les données sensibles et assurer une conformité permanente avec la réglementation en vigueur. Des modèles et documents téléchargeables peuvent également être proposés afin d’accompagner efficacement les employeurs dans leurs démarches.

Modèle de bulletin de paie - Excel

Quelles sont les autres modalités concernant le bulletin de paie ? 

Comme son nom l’indique, un bulletin de salaire présente en détail tous les éléments de la rémunération pour permettre aux salariés d’identifier le calcul des montants, des cotisations et des primes. 

Mais au-delà de son contenu, une fiche de salaire répond aussi à des règles précises sur sa remise à un collaborateur.

Modalités de remise du bulletin de paie 

Depuis le 1er janvier 2017, tout employeur peut utiliser le bulletin de paie dématérialisé. Il a le choix d’envoyer la fiche sous format papier ou d’éditer un bulletin de paie électronique sur une plateforme dédiée. 

⚠️  Attention : pour être en conformité avec le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD), les données doivent rester disponibles et confidentielles à tout moment.

Chaque salarié peut s’opposer à tout moment à la remise de son bulletin de paie en ligne grâce à son droit d’opposition. Pour cela, il doit en informer son employeur. Ce dernier doit répondre à sa requête dans les 3 mois. Au-delà, la fiche de paie est à nouveau délivrée soit en mains propres, soit par voie postale. 

remise bulletin de paie

Conservation des fiches de salaire par l’employeur

L’article L3243-4 du Code du travail oblige l’employeur à garder une copie de tous les bulletins de paie de chaque salarié pendant 5 ans. Les informations correspondantes sont disponibles en format papier ou numérique.

En cas de transmission dématérialisée, l’article D3243-8 du Code du travail fixe la durée de conservation des fiches de paie par l’employeur : 

  • soit pendant 50 ans  ; 

  • soit jusqu’à ce que le salarié ait atteint 75 ans. 

💡 Bon à savoir : il est recommandé au salarié de conserver l’ensemble de ses bulletins de paie jusqu’à la liquidation de sa retraite

Délai de remise du bulletin de paie 

La loi ne prévoit pas de délai légal de remise du bulletin de salaire aux collaborateurs. Toutefois, sa délivrance doit coïncider avec la date de versement des salaires

L’employeur est tenu de respecter 2 conditions cumulatives : 

  • la date de délivrance du bulletin de paie doit être similaire d’un mois à l’autre  

  • a remise du document s’effectue tous les 30 jours.

Sanctions en cas d’absence de délivrance du bulletin de paie 

Si l’employeur ne délivre pas le bulletin de paie (ou en cas de retard), il s’expose à : 

  • une amende de 450 € pour chaque bulletin de paie non remis ou remis tardivement  ; 

  • au versement de dommages et intérêts.

⚠️  Attention : le versement de dommages et intérêts s’effectue lorsque le non-respect des règles de délivrance du bulletin de paie a causé un préjudice au salarié.

Est-il possible de corriger un bulletin de paie en cas d’erreur ? 

Lorsqu’une anomalie est constatée sur un bulletin de paie, l’employeur se doit de la régulariser au plus vite. Toute erreur sur la fiche de paie fait l’objet d’une information au salarié pour trouver une solution à l’amiable. 

⚠️ Attention : un bulletin de paie modifié après son édition, sans en informer le salarié, est considéré comme falsifié. De même, tout prélèvement spontané qui est assimilé à une sanction pécuniaire peut faire l’objet de sanctions pénales à l’encontre de l’employeur. 

Généralement, l’erreur commise fait l’objet d’une régularisation sur le bulletin de paie du mois suivant


Lorsqu’une correction de bulletin de paie impacte les montants déclarés via la DSN mensuelle (cotisations sociales, salaires, primes), l’employeur doit également transmettre une DSN de substitution pour actualiser les données auprès des organismes sociaux.

Foire Aux Questions (FAQ)

Sur un modèle légal, les cotisations sociales du bulletin de paie doivent être présentées dans un ordre précis : 

  • cotisations santé (Sécurité sociale, invalidité-décès, complémentaire santé)  ;

  • accidents du travail ou maladies professionnelles  ;

  • cotisations de retraite  ;

  • retraite supplémentaire  ;

  • allocations familiales  ;

  • contributions dues à l’employeur (versement transport, participation à la formation professionnelle, etc. ) ;

  • cotisations statutaires ou figurant dans la convention collective  ;

  • Contribution Sociale Généralisée (CSG)  ;

  • allègement des cotisations  ;

  • montant net social  ;

  • montant total versé par l’employeur  ;

  • prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu.

Le salarié peut contester l’exactitude de sa fiche de paie ou la réalité du paiement qui a été effectué. Dans ce cas, il dispose d’un délai de trois ans à compter de la date de remise de la fiche pour intenter une action en justice.

Hormis la rémunération des élus du CSE, d’autres informations ne figurent pas directement sur le bulletin de paie. C’est le cas, par exemple, du nombre d’heures de repos compensateur ou de contrepartie obligatoire en repos après un remplacement. Le crédit de temps doit atteindre 7 heures pour activer un droit à repos. Dans ce cas, le document annexe indique l’obligation de le prendre dans un délai de 2 mois maximum.

En pratique, les employeurs sont tenus de respecter les  nouvelles règles établies avec la vérification des fiches de paie, ce qui permet de détecter les anomalies. Se tourner vers un logiciel de gestion de paie est une solution simple et efficace pour réduire drastiquement les erreurs.