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À retenir

  • Un intérimaire perçoit  la même rémunération  qu'un salarié permanent de l'entreprise utilisatrice à poste et qualification équivalents (principe d'égalité de traitement).

  • À la fin de mission, l'intérimaire touche deux indemnités :  l'indemnité de fin de mission (IFM)  et  l'indemnité compensatrice de congés payés (ICCP) , chacune au moins égale à 10 % de la rémunération brute.

  • La gestion et le versement du salaire sont  assurés par l'agence d'intérim (ETT) , pas par l'entreprise utilisatrice.

  • En cas de défaillance de l'ETT, l' entreprise utilisatrice peut se substituer  au paiement des rémunérations dues, via la garantie financière obligatoire de l'agence.

Pour recruter un salarié, une société peut avoir recours à l’intérim . Le contrat de travail temporaire lie trois parties : l'intérimaire, l' agence d'intérim (ETT) et l' entreprise utilisatrice .

L’intérimaire en CTT (Contrat Temporaire de Travail) est ainsi mis à disposition de l’entreprise utilisatrice pour réaliser une mission définie dans le temps .

Mais une question essentielle se pose : comment est calculé le salaire d’un intérimaire et quelles règles encadrent sa rémunération ?

En France, la rémunération en intérim est strictement encadrée par le droit du travail. Elle repose sur un principe fondamental : l’égalité de traitement avec les salariés de l’entreprise utilisatrice , auquel s’ajoutent des indemnités spécifiques et des mécanismes de rémunération complémentaires.

À quoi correspond le salaire d’un intérimaire ? 

Le salaire d’un intérimaire est fixé dans le contrat de mission, mais il est encadré par une règle essentielle : le principe d’égalité de traitement .

Le principe du "à travail égal, salaire égal"

En intérim, le salaire doit respecter les minimums légaux (SMIC) ou conventionnels . En vertu du principe "à travail égal salaire égal", l'intérimaire doit percevoir une rémunération au moins équivalente à celle des collaborateurs permanents occupant :

  • le même poste ;

  • avec une qualification équivalente ;

  • et des missions comparables.

En ce sens, il n’y a aucune différence de traitement salarial entre un CDI, un CDD et un CTT

📌 Exemple : si l'entreprise utilisatrice emploie un cariste en CDI rémunéré 13,00 € brut de l'heure avec une prime de panier de 6 € par jour , un intérimaire embauché comme cariste avec la même qualification et sur les mêmes horaires devra percevoir exactement le même taux horaire ( 13,00 € brut ) et la même prime de panier ( 6 € ). Il n'y a aucune différence de traitement salarial.

Les primes et accessoires de salaire

Le principe d'égalité s'applique également aux "à-côtés". L'intérimaire bénéficie des mêmes avantages financiers que les salariés permanents, proratisés selon son temps de présence, tels que :

  • les tickets restaurant ou primes de panier ;

  • le remboursement des frais de transport (ex : 50 % de l'abonnement aux transports en commun ) ;

  • les primes de 13ème mois , de risque, de froid ou de rendement.

💡 Bon à savoir : une agence d'intérim peut embaucher en CDI des intérimaires ce qui leur ouvre le droit au versement d’une rémunération mensuelle minimale garantie.

Les indemnités spécifiques 

En plus de la rémunération de base, l'intérimaire a droit à deux primes versées à la fin de la mission.

Indemnité Compensatrice de Congés Payés (ICCP)

L'ICCP est au moins égale à 10 % de la rémunération totale brute perçue par l'intérimaire, incluant l'IFM. Elle est due quelle que soit la durée de la mission. Pour calculer cette indemnité, certaines périodes d'absence sont assimilées à du temps de mission :

  • les périodes de congé légal de maternité et d'adoption ;

  • les périodes de suspension du contrat de mission pour cause d' accident du travail ou de maladie professionnelle , limitées à une durée ininterrompue d'un an ;

  • les périodes d’ enrôlement dans l’armée , à condition que le point de départ de ces périodes se place au cours d'une mission.

Indemnité de fin de mission

L’ indemnité de fin de mission , appelée la prime de précarité, est due, sauf si :

  • un CDI est conclu à la fin de la mission ; 

  • un complément de formation professionnelle est dispensé au travailleur ; 

  • l'intérimaire rompt le contrat de manière anticipée ;

  • le contrat est rompu pour faute grave ou force majeure ; 

  • le contrat était à caractère saisonnier et la convention ou l'accord applicable ne prévoit pas d'indemnité de fin de contrat. 

Le montant de l’indemnité de fin de mission est égal à au moins 10 % de la rémunération brute totale perçue au cours de la mission.

📌 Exemple de calcul des indemnités (IFM et ICCP) : un salarié a effectué une mission d'un mois. Son salaire de base pour cette période s'élève à 2 000 € brut :

  • IFM : 10 % de 2 000 € = 200 € brut .

  • ICCP : Elle se calcule sur la base du salaire ET de l'IFM (soit 2 000 € + 200 € = 2 200 €). 10 % de 2 200 € = 220 € brut .

  • rémunération brute totale : 2 000 € (salaire) + 200 € (IFM) + 220 € (ICCP) = 2 420 € brut .

Ces indemnités expliquent pourquoi le salaire en intérim est souvent plus élevé qu’en CDI .

Comment fonctionnent les acomptes, les heures supplémentaires et le CET ?

La rémunération en intérim offre plusieurs mécanismes de flexibilité permettant d’adapter les revenus aux besoins des travailleurs. 

Les acomptes sur salaire

L'intérim offre une certaine souplesse financière, notamment grâce à la possibilité pour l'intérimaire de demander un acompte sur salaire . En cas de besoin de trésorerie avant la fin du mois, il peut solliciter directement son agence.

Cet acompte est calculé sur la base des heures déjà effectuées. Selon la pratique de l'agence, il peut représenter une part significative de la rémunération acquise, généralement autour de 70 à 80 % .

👉 À noter : En tant qu'entreprise utilisatrice, vous n'intervenez pas directement dans le versement de l'acompte : c'est l'agence d'intérim qui le gère, à la demande de l'intérimaire.

La rémunération des heures supplémentaires

Lorsque la durée légale du travail (35 heures par semaine) est dépassée dans le cadre d’une mission, les heures supplémentaires sont rémunérées et majorées.

Les taux de majoration applicables sont ceux en vigueur dans l' entreprise utilisatrice . À défaut d’accord spécifique, les règles légales s’appliquent : 25 % de majoration pour les huit premières heures supplémentaires, puis 50 % pour les suivantes.

Le Compte Épargne Temps (CET)

De nombreuses agences de travail temporaire proposent à leurs intérimaires un Compte Épargne Temps (CET). Ce dispositif permet de placer certaines sommes, notamment les IFM et les ICCP.

Le CET constitue ainsi un outil d’épargne flexible , permettant de constituer une réserve financière, souvent valorisée par un taux d’intérêt attractif.

 Guide de la gestion RH

Qui paie le salaire des intérimaires ? 

Le paiement du salaire obéit à des règles spécifiques selon la situation de l'ETT .

Paiement du salaire dans les conditions normales

Contrairement à un salarié en CDI ou CDD, l'intérimaire n'est pas salarié de l'entreprise utilisatrice et ne fait pas partie de ses effectifs : il reste employé par l'agence d'intérim. Cela a une incidence directe sur le circuit de paiement du salaire.

L’entreprise utilisatrice verse ainsi le salaire à l’ETT , qui reverse à son tour le salaire à l’intérimaire et lui fournit son bulletin de paie. La gestion de la paie (calcul du salaire, versement, cotisations, bulletin de paie) est donc entièrement assurée par l’agence d’intérim .

Paiement du salaire en cas de défaillance de l'agence d'intérim

Les entreprises de travail temporaire ont l’obligation de disposer d’une garantie financière destinée à assurer le paiement des salaires et indemnités dus aux intérimaires.

En cas de défaillance de l’agence d’intérim, cette garantie permet en principe de couvrir les sommes dues. Toutefois, si la garantie s’avère insuffisante ou inexistante, l’entreprise utilisatrice peut être amenée à se substituer à l’agence d’intérim pour assurer le paiement des rémunérations restant dues aux intérimaires.

Combien coûte réellement un intérimaire à l'entreprise utilisatrice ?

Le tarif facturé par l'agence d'intérim ne se limite pas au salaire brut de l'intérimaire. Il intègre également les charges sociales, l'IFM, l'ICCP, ainsi qu'un coefficient de facturation qui rémunère l'ETT pour son rôle (recrutement, gestion administrative, paie). En pratique, le coût total pour l'entreprise utilisatrice est généralement compris entre 1,8 et 2,3 fois le salaire brut, selon la qualification et l'agence choisie.

💡 Bon à savoir : ce coefficient de facturation est négociable, surtout pour les missions longues ou récurrentes. N'hésitez pas à comparer les grilles tarifaires de plusieurs ETT.

Foire Aux Questions (FAQ)

La fixation du salaire d'un intérimaire suit les mêmes règles que celles applicables aux salariés de l'entreprise utilisatrice occupant un poste équivalent. Il doit respecter le SMIC ou les minimums conventionnels et tenir compte de la qualification de l'intérimaire.

Le calcul de la prime de précarité, ou indemnité de fin de mission, correspond généralement à 10 % du salaire brut total perçu durant la mission . Certaines situations prévues par la loi peuvent toutefois exclure son versement (embauche en CDI à l'issue de la mission, rupture anticipée par l'intérimaire, faute grave, contrat saisonnier…).

Oui. Les jours fériés sont rémunérés dès lors que les collaborateurs de l’entreprise utilisatrice bénéficient également de ce maintien de salaire , sans condition d’ancienneté.

Le salaire des intérimaires est généralement versé par l’agence d’intérim le mois suivant la période travaillée , le plus souvent entre le 10 et le 15 du mois (par exemple, autour du 12 juin pour les missions effectuées en mai).