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À retenir

  • Une prime exceptionnelle salarié permet à un employeur de récompenser un collaborateur en lui versant un complément de salaire sans modifier son contrat de travail. Par définition, elle est versée de manière facultative et ponctuelle (sauf si un texte ou un engagement de l'entreprise l'impose).

  • Il existe plusieurs types de primes exceptionnelles pour un salarié (comme la prime de pouvoir d'achat, de rendement, etc.) qui se différencient des primes fixes. 

  • Depuis 2022, la Prime de Partage de la Valeur (PPV) remplace l’ ancienne prime de pouvoir d’achat (dite prime Macron ). 

  • À compter du 1er janvier 2027 , la PPV sera exonérée de cotisations sociales et assujettie à la CSG-CRDS et à l’impôt sur le revenu (et ce, quelle que soit la taille de l’entreprise et la rémunération du salarié).

Valoriser le travail accompli sur une période, motiver son équipe et lui témoigner sa reconnaissance, soutenir le pouvoir d’achat de ses collaborateurs : la prime exceptionnelle salarié est un véritable coup de pouce. C’est aussi un avantage concurrentiel pour une marque employeur qui souhaite attirer et fidéliser les talents.

Versée en complément du salaire , cet élément variable de la paie permet de récompenser un effort ponctuel ou un objectif atteint, sans modifier le contrat de travail.

La prime exceptionnelle reste toutefois encadrée par le Code du travail, le contrat et la convention applicable à l'entreprise en termes d'attribution, de montant, de versement ou encore d'avantages sociaux.

Qu'est-ce qu'une prime exceptionnelle pour un salarié ?

Face aux enjeux de pouvoir d'achat, de motivation et de fidélisation des équipes, certaines entreprises choisissent d'accorder une prime exceptionnelle à leurs salariés.

Définition de la prime exceptionnelle

La prime exceptionnelle salarié complète la rémunération mensuelle versée au personnel. Elle permet à l’employeur de gratifier ses équipes. 

Aux côtés des avantages en nature, elle vise à :

  • renforcer le pouvoir d’achat ;

  • encourager l’atteinte d’objectifs collectifs ;

  • améliorer la motivation et la fidélisation.

C’est une gratification facultative (soit une “prime bénévole” attribuée par l’employeur), sauf si elle est prévue par un contrat, une convention collective ou un usage.

⚠️ Attention : comme son nom l’indique, une prime exceptionnelle est généralement versée de manière ponctuelle et facultative . Elle ne doit pas être systématique sous peine de devenir un usage obligatoire. C’est pour cela qu’elle se distingue des primes dites “fixes” (telles que le 13ème mois, la prime de vacances ou d’ancienneté, etc.) généralement prévues par un accord ou une convention collective, versées de façon régulière selon des règles définies à l'avance. 

👉 À noter : une prime versée de manière généralisée, constante et fixe pendant au moins 3 années consécutives peut être requalifiée en usage d'entreprise par les juges (Cass. soc., 28 avril 2011, n° 09-72.165). L'employeur ne pourra alors la supprimer qu'en respectant la procédure de dénonciation d'usage : information préalable du CSE, information individuelle de chaque salarié et respect d'un délai de prévenance suffisant.

Salariés éligibles aux primes exceptionnelles

Cette forme de gratification financière peut être versée à tous les salariés :

  • en CDI (Contrat à Durée Indéterminée) ;

  • en CDD (Contrat à Durée Déterminée) ;

  • en alternance (contrat d’apprentissage ou de professionnalisation) ;

  • intérimaires ou saisonniers.

Les travailleurs handicapés en ESAT (Établissement et Service d'Accompagnement par le Travail) ont également droit aux primes exceptionnelles sous certaines conditions. Les stagiaires , en revanche, ne peuvent pas y prétendre. Ils peuvent, néanmoins, bénéficier d’une prime de fin de stage.

👉 À noter : la prime exceptionnelle salarié doit figurer sur la fiche de paie .

Différentes formes de primes exceptionnelles

Il existe différents types de primes exceptionnelles pour un salarié, qui varient selon le contexte ou l'objectif visé.

Chaque forme a ses propres modalités 

  • montant ;

  • conditions d’attribution ;

  • traitement social et fiscal ;

  • et modalités de versement. 

Pour connaître précisément le régime fiscal et social de chaque prime, la liste des primes imposables recense les gratifications soumises à cotisations et à l'impôt sur le revenu, ainsi que les exceptions bénéficiant d'exonérations sous conditions.

💡 Bon à savoir : ces primes sont soumises aux cotisations sociales et à l’impôt sur le revenu, sauf exonération spécifique selon le contexte de l’entreprise.

Quelles sont les primes exceptionnelles les plus fréquentes qu’un employeur peut verser à ses salariés ?

Il existe diverses primes exceptionnelles qu’il convient de distinguer, parmi lesquelles la prime de partage de la valeur, et la prime de rendement.

1. Prime exceptionnelle de pouvoir d’achat

Également appelé Prime de Partage de la Valeur (PPV) , ce dispositif remplace l’ ancienne prime Macron instaurée en 2018 .

Elle concerne tous les salariés sous contrat de travail (CDI, CDD, alternance) ainsi que les agents d’EPIC/EPA/ESAT et les intérimaires sous certaines conditions. 

Le montant de la PPV est :

  • fixé librement ;

  • mais plafonné à 3 000 euros par an (ou à 6 000 euros si l’entreprise met en place un dispositif d'intéressement et de participation pour les salariés sachant que les associations peuvent bénéficier de ce plafond de 6 000 euros pour la PPV sans condition d’intéressement) ;

  • et varie généralement selon des critères objectifs (comme la rémunération, l’ancienneté, la présence, la classification).

Jusqu’au 31 décembre 2026, la PPV est exonérée de cotisations sociales, CSG/CRDS et forfait social dans la limite des plafonds :

  • l’exonération d’impôt sur le revenu s’applique aux salariés d’entreprises de moins de 50 personnes ;

  • et à ceux dont la rémunération est inférieure à 3 fois le SMIC (Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance), ou si la prime est placée sur un plan d’épargne, avec 15 jours pour formuler son choix.

⚠️ Attention : conformément à la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) 2025 , à compter du 1er janvier 2027 , la PPV sera exonérée de cotisations sociales mais assujettie à la CSG-CRDS et à l' impôt sur le revenu , quelle que soit la taille de l'entreprise et la rémunération du salarié.

2. Prime de rendement ou de performance

La prime de rendement ou de performance est une gratification versée par l'employeur pour récompenser les résultats obtenus par un salarié, une équipe ou l'ensemble de l'entreprise. Son objectif est d' encourager l'engagement des collaborateurs et de valoriser les efforts fournis pour atteindre des objectifs précis.

Cette prime peut être attribuée de manière individuelle , par exemple lorsqu'un salarié dépasse ses objectifs commerciaux, améliore sa productivité ou atteint certains indicateurs de performance. Elle peut également être collective lorsque les résultats d'un service ou de l'entreprise dépassent les attentes fixées. Son montant est généralement défini à l'avance et peut prendre la forme d'une somme forfaitaire ou d' un pourcentage du salaire ou des résultats réalisés.

En plus de reconnaître le travail accompli, la prime de performance constitue un levier efficace de motivation. Elle favorise l'implication des salariés, renforce leur sentiment de reconnaissance et contribue à améliorer la performance globale de l'entreprise.

Guide de la gestion des primes

L’attribution d’une prime exceptionnelle aux salariés est-elle obligatoire ?

En principe, le Code du travail ne prévoit aucune obligation pour les employeurs de verser des primes exceptionnelles à leurs salariés. 

Le versement d’une prime exceptionnelle salarié peut toutefois être rendu obligatoire lorsqu’il est prévu par :

  • les conventions ou accords collectifs ;

  • le contrat de travail ;

  • la décision unilatérale de l’employeur ;

  • l’usage de l’entreprise, c’est-à-dire s’il s’agit d’une pratique générale de l’entreprise qui est généralisée, constante et fixe.

En outre, ces textes collectifs définissent les conditions suivant lesquelles la prime exceptionnelle doit être versée.

⚠️ Attention : les critères d’attribution de la prime exceptionnelle salarié ne doivent pas être discriminatoires, ni porter atteinte aux droits et aux libertés des salariés.

Quels sont les délais de versement d'une prime exceptionnelle ?

Les délais de versement d’une prime exceptionnelle dépendent de son cadre juridique. 

Lorsqu’elle est prévue par un accord collectif, un contrat de travail ou une décision unilatérale, les modalités de versement (mensuel, annuel, en une ou plusieurs fois) doivent être précisées.

En cas de PPV (ex prime Macron), le versement peut être effectué en une ou deux fois maximum par an , avec un délai maximal fixé par l’accord ou la décision, dans la limite d’un versement par trimestre

Pour toute autre prime exceptionnelle librement décidée par l’employeur, celui-ci fixe librement la date de versement, à condition qu’elle figure sur la fiche de paie du mois concerné. 

⚠️ Attention : une prime exceptionnelle versée en janvier d'une année est imposable au titre de cette même année (revenus 2026 déclarés en 2027).

Foire Aux Questions (FAQ)

Pour demander à percevoir une prime exceptionnelle , assurez-vous d’abord de sa présence via les documents internes de l’entreprise : note RH, Intranet, accord collectif ou bulletin de paie mentionnant une décision unilatérale de l’employeur.

Si le dispositif existe, soumettez la demande à votre employeur ou au service RH , en vérifiant bien que vous remplissez les conditions d’éligibilité (présence, type de contrat…) et en citant l’accord ou la communication officielle.

En cas de silence ou de refus, il est recommandé de contacter les représentants du personnel (CSE). Ceux-ci peuvent relayer la demande ou vérifier l’application des critères retenus. Si elle est prévue par accord, le salarié peut en dernier recours envoyer une lettre recommandée avec avis de réception à l’employeur pour formaliser sa demande. Enfin, en cas de non-paiement injustifié, il convient de saisir le conseil de prud’hommes pour demander la mise en œuvre de la prime.

Un salarié peut solliciter une prime exceptionnelle non prévue par le contrat de travail, une convention ou un usage d’entreprise en adressant une demande écrite à son employeur, en exposant de manière claire et factuelle les raisons de sa requête (atteinte d’objectifs, mission particulière, initiative bénéfique à l’entreprise).

Cette demande, bien que facultative pour l’employeur, a plus de chances d’être acceptée si elle repose sur des éléments mesurables et récents , en lien direct avec l’activité de l’entreprise ou une hausse de sa performance. Il est recommandé d’envoyer cette demande par écrit (idéalement par courrier recommandé avec accusé de réception) et de conserver une copie , même si l’employeur reste libre d’accepter ou non cette gratification exceptionnelle.

Lorsque la prime exceptionnelle salarié est prévue contractuellement , l’employeur est tenu de verser celle-ci à tous les salariés . Il peut s’aider d’un modèle de lettre de prime exceptionnelle pour informer les salariés de l'attribution de l’avantage ainsi que de son montant.

Les salariés qui ne souhaitent pas percevoir cette gratification ont le droit de la refuser (de même qu’un avantage en nature). Dans ce cas, les salariés concernés peuvent notifier à l’employeur leur refus de bénéficier de la prime exceptionnelle.

Le recours à la prime de partage de la valeur diminue depuis 2023 . Selon la DARES (rapport "Participation, intéressement et épargne salariale" 2025), les entreprises ont versé 2,9 milliards d'euros de PPV en 2025, contre 4,6 milliards en 2023 (soit -37 %). Cette baisse s'explique par le reflux de l'inflation (+0,9 % en 2025 vs +4,7 % en 2023).

Le dispositif conserve ses avantages fiscaux : exonération de cotisations sociales jusqu'à 6 000 euros par an et par salarié, possibilité de deux primes par an. Pour les entreprises de 11 à 49 salariés (constituées en société, avec bénéfice ≥1 % des recettes sur trois exercices), le versement reste obligatoire.

Il existe différents types de primes qui peuvent être attribuées par l’employeur, régulièrement ou non selon la situation. 

Par exemple, la prime de vacances permet de soutenir le pouvoir d'achat des salariés durant les congés payés . Lorsqu’elle n’est pas prévue par la convention collective applicable à l’entreprise, cette aide est facultative .

La prime de 13e mois correspond à un mois de salaire supplémentaire versé en décembre ou de manière mensualisée. Cette prime annuelle est obligatoire dès lors qu’elle est prévue par la convention ou un accord collectif.

La prime d’ancienneté reconnaît la fidélité du salarié . Souvent définie par convention ou par le contrat de travail, elle est versée périodiquement ou à des paliers d’ancienneté (exemple : au bout de 5 ans, 10 ans).

L’employeur peut également verser :

  • une prime d’assiduité pour la présence continue ;

  • une prime de panier ou d’astreinte en cas de contraintes horaires ;

  • une prime de pénibilité pour compenser l'exposition à des conditions de travail difficiles (travail de nuit, efforts physiques, bruit, températures extrêmes) ;

  • une prime de tutorat pour valoriser l'accompagnement d'un apprenti ou alternant (obligatoire dans certaines conventions collectives) ;

  • une prime de mariage/PACS ;

  • une prime de fin d’année ou prime de Noël ;

  • une prime de froid, etc.