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La médecine du travail est un service de prévention et de santé au travail obligatoire pour l'entreprise dès l'embauche de son premier salarié.
Son rôle principal consiste à protéger la santé physique et mentale des travailleurs tout au long de leur carrière professionnelle.
L'employeur est tenu d'organiser plusieurs visites médicales obligatoires, de l'embauche (visite d'information) jusqu'à la reprise après un arrêt maladie prolongé.
Le médecin du travail est le seul habilité à formuler des aménagements de poste ou à rendre un avis d'inaptitude nécessitant un reclassement.
En 2024, 17,4 millions de salariés étaient concernés par les dispositifs de prévention et de santé au travail.
Souvent réduits aux visites médicales, les Services de Prévention et de Santé au Travail (SPST) jouent pourtant un rôle bien plus large. Ils accompagnent les salariés tout au long de leur parcours professionnel, de leur embauche à leur maintien dans l’emploi, notamment à l’occasion de certains événements ou changements de situation.
Qu’est-ce que la médecine du travail ?
La médecine du travail est un service de prévention et de santé au travail dont la mission exclusive est d'éviter toute altération de la santé des collaborateurs du fait de leur activité.
Pour accomplir cette mission essentielle, ce service médical bénéficie d'un libre accès aux locaux de l'entreprise et organise le suivi individuel des salariés. Il veille notamment à surveiller plusieurs éléments déterminants au sein de l'environnement professionnel :
la charge de travail des équipes ;
les conditions de santé physique et mentale liées au poste ;
le niveau de bien-être et la qualité de vie au travail ;
la mise en place de mesures pour protéger le collaborateur contre l'exposition à des facteurs de risques.
Ce service mène également des actions de prévention de grande envergure concernant les risques professionnels, la lutte contre le harcèlement, la désinsertion professionnelle ou encore la prévention des addictions.
💡 Bon à savoir : l’adhésion à la médecine du travail est une démarche strictement obligatoire pour tout employeur, et ce, dès l’embauche du premier salarié.
Quelles sont les visites obligatoires auprès de la médecine du travail ?
L’employeur doit organiser des visites médicales auprès du SPST dans plusieurs situations. Il s’agit d’une obligation de l’employeur envers la médecine du travail, qui vise notamment à assurer le suivi de la santé des salariés.
Visite d’information et de prévention
La visite d’information et de prévention, anciennement connue sous le nom de visite médicale d'embauche, est une étape incontournable qui doit être réalisée dans un délai maximal de 3 mois suivant la prise de poste du salarié. Pour un apprenti, ce délai est raccourci à 2 mois maximum.
Durant ce rendez-vous, le professionnel de santé interroge le collaborateur sur son état de santé, l'informe sur les risques éventuels liés à son poste et le sensibilise sur les moyens de prévention à adopter. Le médecin peut également décider d'orienter le salarié vers un suivi plus poussé si des risques spécifiques sont identifiés.
Par ailleurs, l'entreprise peut être dispensée de cette organisation si le collaborateur a déjà bénéficié d'une visite équivalente dans les 5 années précédentes, à condition que :
Le salarié bénéficie de visites médicales périodiques auprès de la médecine du travail tout au long de sa carrière, au moins tous les 5ans. Le médecin du travail possède toutefois l'autorité pour fixer une échéance plus courte s’il estime que le collaborateur nécessite un suivi plus régulier en raison de son état de santé ou de son environnement de travail.
💡 Bon à savoir : pour certaines catégories de collaborateurs comme les travailleurs handicapés, les travailleurs de nuit ou les titulaires d’une pension d’invalidité, cette visite de suivi doit s'effectuer au minimum tous les 3 ans.
De plus, une visite spécifique de mi-carrière a été instaurée pour faire un bilan complet, l’année des 45 ans du salarié, qu’il soit en CDI, en CDD, en intérim ou en contrat d’apprentissage
Visite médicale de préreprise ou reprise
Les visites de reprise et de préreprise encadrent le retour au travail d'un collaborateur à la suite d'un arrêt maladie ou d'un accident. La visite médicale de préreprise vise à préparer sereinement le retour à l'emploi et à anticiper les adaptations nécessaires. Elle s'organise durant la suspension du contrat, pour les arrêts de plus de 30 jours, à l'initiative :
du salarié ;
du médecin traitant ;
ou du médecin conseil.
La visite de reprise, quant à elle, est une obligation stricte de l'employeur. Elle doit être planifiée dans les 8 jours calendaires suivant le retour physique du collaborateur dans l'entreprise.
Que peut faire la médecine du travail lors des visites médicales ?
Lors des différentes visites médicales, le médecin du travail évalue la situation du collaborateur pour émettre, si nécessaire, des propositions d’aménagement de poste, ou prononcer un avis d’inaptitude physique ou mentale. Ses conclusions s'imposent à l'employeur pour garantir la sécurité des équipes.
Propositions d’aménagement
Le rôle consultatif et prescriptif du médecin du travail est central pour maintenir les collaborateurs dans leur emploi. Le SPST peut en ce sens :
recommander des aménagements précis ;
prescrire des adaptations matérielles ou organisationnelles du poste de travail ;
préconiser un reclassement temporaire ou définitif du salarié ;
conseiller des formationsprofessionnelles ciblées pour faciliter une réorientation en interne.
Lorsque le professionnel estime que les mesures d'aménagement envisageables ne sont pas suffisantes pour protéger le collaborateur, il peut déclarer ce dernier inapte à son poste.
L'avis rendu peut s'assortir d'une obligation de reclassement, poussant l'employeur à rechercher un nouveau poste adapté aux capacités résiduelles du collaborateur.
📌 Exemple : si l'avis mentionne expressément que "le maintien du salarié dans son emploi serait gravement préjudiciable à sa santé" ou que "l'état de santé du salarié fait obstacle à tout reclassement", l'employeur est directement dispensé de son obligation de reclassement. Il doit alors engager la procédure de licenciement pour inaptitude sans délai additionnel.
L’adhésion à la médecine du travail est obligatoire, et son financement repose intégralement sur les épaules de l'employeur. Ce dernier doit ainsi s'acquitter d'une cotisation annuelle pour chaque collaborateur inscrit à l'effectif, garantissant la gratuité totale du suivi médical pour les salariés.
Un collaborateur a tout à fait le droit de demander un rendez-vous auprès de la médecine du travail à tout moment de sa carrière, sans avoir à s'en justifier. Cette demande peut même être formulée durant un arrêt maladie pour anticiper et faciliter le retour à l'emploi.
La fiche d’entreprise de la médecine du travail est un document officiel dans lequel le service dresse un état des lieux des différents risques professionnels présents dans les locaux. Elle indique notamment la nature des risques encourus et identifie les effectifs susceptibles d’y être directement exposés.
Le médecin du travail n'est pas habilité à prescrire un arrêt maladie, quel que soit l'état de santé du salarié. En cas d'urgence médicale ou d'incapacité de travail constatée, il orientera immédiatement le collaborateur vers son médecin traitant pour obtenir la prescription adéquate.