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Stress, épuisement professionnel, burn-out, violences ou encore harcèlement, les risques psychosociaux engendrent des conséquences tant physiques que mentales sur la santé des salariés. Véritable fléau du monde professionnel, ces risques peuvent néanmoins être prévenus. 

Les risques psychosociaux (RPS) sont les risques qui portent atteinte à la sécurité et à la santé physique et morale des travailleurs.

En tant qu’employeur, il est nécessaire de veiller à la prévention de ces risques psychosociaux . Cela participe à la bonne gestion du personnel .

Quels sont les facteurs de risques psychosociaux  ? Quel est le rôle de l’employeur dans la prévention des risques psychosociaux ? Quelles sont les mesures de prévention des risques psychosociaux ? On vous explique.

Quels sont les facteurs de risques psychosociaux  ? 

Avant de comprendre et d’analyser les mesures de prévention des RPS , il est important de saisir les facteurs de risques.

Ils s’entendent comme les éléments qui augmentent la probabilité de la réalisation des RPS en entreprise .

1 - Intensité du travail et du temps de travail

Le temps de travail d’un salarié peut avoir un impact sur sa santé physique et mentale. 

Il est, dès lors, indispensable de veiller au respect de la durée maximale de travail quotidienne et hebdomadaire, des temps de pause et du temps de repos .

En tant qu’employeur, il est également nécessaire de prêter attention à la surcharge de travail de vos salariés.

2 - Mauvaise qualité des rapports sociaux

Lorsque les relations entre les collègues et / ou avec les supérieurs hiérarchiques se dégradent, elles peuvent avoir des répercussions sur la santé du salarié.

Il convient, ainsi, d’évaluer la qualité des rapports sociaux de vos salariés avant de mettre en place un plan d’action de prévention des RPS .

3 - Conflits de valeurs

Les conflits de valeurs sont une opposition des valeurs portées par un travailleur et les missions qui lui sont confiées.

4 - Insécurité de la situation de travail

L’insécurité se manifeste par des changements importants tels que la modification du contrat de travail , une réduction des heures de travail ou encore la perte d’emploi .

Un accompagnement des salariés est, de ce fait, important pour éviter la réalisation des RPS. 

5 - Exigences émotionnelles

Ces exigences se traduisent par exemple par la peur induite par la pression dans le cadre du travail ou encore par le fait de devoir cacher ses émotions .

6 - Manque d’autonomie

Le manque d’autonomie se définit par une absence de marges de manœuvre dans la réalisation des tâches, un manque de prévisibilité et d’ anticipation du travail , une absence d’utilisation des compétences.

Tels sont les facteurs de risques à prendre en compte pour la prévention des risques psychosociaux.

Guide de l'inspection du travail et du contrôle URSSAF

La désattention au travail est-elle un facteur de RPS ?

Aux six facteurs historiques s'ajoute aujourd'hui un risque plus discret, mais tout aussi préoccupant : la désattention .

La désattention au travail : un facteur de RPS à ne plus sous-estimer

Notifications, sollicitations, réunions imprévues… les interruptions se multiplient et fragilisent la concentration de vos équipes.

D'après l'enquête Ipsos bva pour Uside « La désattention dans le monde du travail » menée auprès de 1 000 salariés français (juin 2026), le constat est sans appel :

  • 4,7 interruptions par heure  en moyenne, soit une toutes les  13 minutes  ;

  • 84 %  des salariés constatent des effets concrets sur leur travail : stress, baisse de productivité, problèmes de qualité ;

  • 33 %  développent un épuisement professionnel lorsque l'attention n'est pas protégée ;

  • 32 %  voient leur niveau de stress augmenter ;

  • 58 %  estiment que leur entreprise n'agit pas pour réduire ces déficits d'attention.

Pourquoi c'est un sujet RPS

La désattention agit comme un amplificateur des autres facteurs de risques. Une charge mentale fragmentée nourrit la surcharge ressentie, dégrade la qualité du travail rendu. À terme, elle alimente également le stress chronique et l'épuisement.

En tant qu'employeur, intégrer la protection de l'attention à votre plan de prévention des RPS devient un vrai levier de bien-être. Voici quelques pistes concrètes à inscrire dans votre DUERP :

  • définir des  plages sans réunion  ni notifications pour préserver le travail en profondeur ;

  • clarifier les  canaux de communication  : ce qui passe par mail, par messagerie instantanée, en synchrone ;

  • former les managers à  respecter les temps de concentration  de leurs équipes ;

  • mesurer la qualité du climat attentionnel via un baromètre QVT.

💡 Bon à savoir : protéger l'attention de vos salariés, c'est aussi protéger votre entreprise. Un collaborateur concentré commet moins d'erreurs, prend de meilleures décisions et reste durablement engagé.

Quel est le rôle de l’employeur dans la prévention des risques psychosociaux ?

L’employeur a une obligation générale de sécurité : il doit assurer la sécurité de ses salariés et protéger leur santé.

En ce qui concerne les risques psychosociaux, l’obligation de l’employeur consiste à mettre en œuvre des mesures afin d’éviter qu’ils ne se réalisent.

Pour ce faire, il est nécessaire de prendre en compte les facteurs de risques psychosociaux, de les évaluer au niveau de l’entreprise et de prendre les mesures nécessaires pour éviter qu’ils ne se concrétisent.

Le respect de cette obligation doit être assurée par l'employeur ou par son délégataire en cas de délégation de pouvoir ou de subdélégation de pouvoir .

Quelles sont les mesures de prévention des risques psychosociaux ?

Pour prévenir les risques psychosociaux en entreprise , l’employeur doit appliquer les principes généraux de prévention qui sont énoncés dans le Code du travail.

Identification des risques psychosociaux

Tout d’abord, les risques psychosociaux et leurs facteurs doivent être identifiés pour chaque unité de travail. 

Pour cela, l’employeur doit établir un document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) dans lequel il évalue les risques pour la sécurité et la santé physique et morale que peuvent encourir les travailleurs.

Ce document doit régulièrement être mis à jour :

  • au moins une fois par an (dans les entreprises d'au moins 11 salariés) ;

  • lors de toute décision d'aménagement modifiant les conditions de travail ou impactant la santé ou la sécurité des salariés de l’entreprise ;

  • lorsque l'employeur a connaissance d'une information supplémentaire intéressant l'évaluation d'un risque dans une unité de travail.

En outre, le DUERP doit être accessible à tous les salariés, au comité social et économique (CSE) ainsi qu’au médecin du travail et autres professionnels de santé. L’employeur doit informer les salariés des modalités d’accès à ce document et des mesures de prévention des RPS .

⚠️ Attention  : en l'absence de DUERP ou de mise à jour du document, deux sanctions peuvent désormais se cumuler :

  • une  contravention pénale  de 1 500 € (3 000 € en cas de récidive) ;

  • une  amende administrative  pouvant atteindre  4 000 € par salarié concerné  (doublée à 8 000 € en cas de récidive), créée par l'article 48 de la loi de lutte contre les fraudes sociales et fiscales adoptée le 11 mai 2026.

L'employeur reste par ailleurs redevable de dommages et intérêts envers les salariés ayant subi un préjudice.

Les RPS peuvent également être identifiés grâce à la mise en place d'un baromètre QVT (qualité de vie au travail), c'est-à-dire qu'un questionnaire anonyme sur le climat social de l'entreprise.

Mise en œuvre d’un plan d’action contre les RPS

L’employeur doit agir en amont pour éviter la survenance des risques psychosociaux en mettant en place des plans de prévention

Un exemple de plan de prévention des risques psychosociaux : établir une meilleure répartition des tâches afin d’éviter la surcharge de travail. La mise en place d’activités ou d’espaces dédiés à la détente (machine à café, etc.) peut également être une piste intéressante pour améliorer le bien-être des salariés au travail.

Dans le cas où il est impossible de travailler sur l’origine du risque, un accompagnement de chaque salarié devra être mis en place. Cet accompagnement peut, par exemple, porter sur la formation. Un salarié formé saura s’adapter plus facilement à l’évolution de son métier ce qui permettra de chasser certaines de ses angoisses.

💡  Bon à savoir : l’employeur doit prévenir les risques psychosociaux dans le cadre du télétravail . Les mêmes mesures de prévention des RPS doivent s’appliquer pour s’assurer que la charge et les conditions de travail du salarié en télétravail sont équivalentes à celles qu’il aurait en présentiel.

Quelles sont les sanctions en cas d’absence de prévention des RPS ?

À défaut de prévention des RPS , l’employeur manque à son obligation de sécurité et engage donc sa responsabilité. 

En cas d’accidents de travail ou de maladie professionnelle, la faute de l’employeur peut être caractérisée de faute inexcusable si deux critères sont remplis : 

  • l’employeur avait conscience du risque ;

  • mais, il n’a pas pris les mesures nécessaires pour éviter que celui-ci ne se réalise.

La responsabilité de l’employeur peut être écartée s’il rapporte la preuve qu’il a mis en œuvre toutes les mesures nécessaires de prévention des RPS et qu’il est intervenu immédiatement en cas d’une atteinte à la sécurité ou à la santé d’un salarié.