À retenir
Les IJSS correspondent en principe à 50 % du salaire journalier de base, dans la limite des plafonds fixés par la Sécurité sociale.
Un délai de carence de 3 jours s’applique généralement avant le début de l’indemnisation.
Le plafond des indemnités journalières évolue en 2026, passant à 42,97 € par jour à partir du 1er juillet.
Les règles peuvent être complétées par la convention collective de l’entreprise. Il est donc essentiel de vérifier la convention applicable dans l’entreprise pour connaître les droits exacts du salarié.
L'indemnisation des arrêts maladie reste un sujet complexe pour de nombreuses entreprises. Selon le Baromètre RH 2026 Tissot x Payfit, 60 % des RH déclarent passer au moins la moitié de leur temps de travail à des tâches administratives. Pourtant, avec quelques repères essentiels, les mécanismes d'indemnisation deviennent beaucoup plus faciles à comprendre.
Lorsqu'un salarié est victime d'un accident ou souffre d'une maladie l'empêchant d'exercer son activité professionnelle, un médecin peut lui prescrire un arrêt maladie. Durant cette période, le contrat de travail est suspendu et le salarié ne perçoit plus sa rémunération habituelle en contrepartie de son travail.
Afin de compenser cette perte de revenus, le Code de la Sécurité sociale prévoit le versement d'indemnités journalières sous certaines conditions. Selon la situation du salarié, ces indemnités peuvent être complétées par un maintien de salaire assuré par l'employeur ou par un régime de prévoyance collective.
Qu'est-ce qu'une indemnité journalière en cas d’arrêt maladie ?
Le salarié ne percevant plus son salaire en arrêt maladie, il peut bénéficier d’Indemnités Journalières de Sécurité Sociale (IJSS) destinées à compenser partiellement sa perte de revenus. Ces indemnités sont, en principe, versées directement par la Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM), après application d’un délai de carence de trois jours.
Toutefois, l’indemnisation de l’arrêt maladie n’est pas automatique. Plusieurs démarches doivent être accomplies :
le salarié doit transmettre à la CPAM le certificat médical justifiant son incapacité de travail ;
l’employeur doit adresser une attestation de salaire à la CPAM afin de permettre le calcul des indemnités journalières ;
en cas de prolongation de l’arrêt maladie, le médecin doit établir la prescription avant l’expiration de la période d’arrêt initiale afin de garantir la continuité de l’indemnisation.
💡 Bon à savoir : certains revenus et aides sociales ne peuvent pas être cumulés avec l’indemnisation de l’arrêt maladie. Le chômage non indemnisé est par exemple compatible avec les IJSS, mais seulement pendant l’année suivant la rupture du contrat de travail. Des règles spécifiques s'appliquent en matière de chômage et d'arrêt maladie.
Arrêt maladie : indemnités et démarches
Qui peut bénéficier de l'indemnisation d'arrêt maladie ?
Pour prétendre aux IJSS, le salarié doit remplir certaines conditions d’attribution liées au volume d'heures travaillées ou au montant de ses cotisations. Ces conditions varient selon la durée de l’arrêt et sont alternatives (il suffit de remplir l'une des deux).
| Durée de l’arrêt de travail | Condition de temps travaillé | Condition de cotisation minimale |
|---|---|---|
| Moins de 6 mois | Avoir travaillé au moins 150 heures dans les 3 derniers mois ou 90 jours avant l’arrêt de travail | Avoir cotisé au cours des 6 mois précédant l’arrêt de travail sur la base d’une rémunération au moins égale à 1 035 fois le SMIC horaire brut fixé au début de cette période |
| Plus de 6 mois | Avoir travaillé au moins 600 heures dans les 12 mois précédant l’arrêt de travail | Avoir cotisé au cours des 12 derniers mois précédant l’arrêt de travail sur la base d’une rémunération au moins égale à 2 030 fois le SMIC horaire brut fixé au début de cette période + être affilié à la sécurité sociale depuis au moins 12 mois |
💡 Bon à savoir : la Sécurité sociale peut décider de continuer à verser la totalité ou une partie des indemnités journalières lorsque le salarié reprend son poste en travail léger pour raison médicale.
Boîte à outils pour gérer les arrêts maladie
Comment sont calculées les IJSS et quelles sont les nouveautés 2026 à connaître ?
Le calcul des indemnités journalières de Sécurité sociale repose sur des règles précises et des plafonds qui évoluent régulièrement.
Calcul des IJSS
Le montant des IJSS correspond à 50 % du salaire journalier de base du salarié.
Formule de calcul :
IJSS = ((Salaire brut du mois 1 + Salaire brut du mois 2 + Salaire brut du mois 3) ÷ 91,25) × 50 %
Simulateur d'IJSS
Estimez en quelques secondes le montant de l'indemnisation perçue par votre salarié pendant son arrêt maladie, IJSS et maintien de salaire compris.
Montant estimé de vos indemnités
Votre arrêt de 30 jours ouvre droit à 27 jours indemnisés, après 3 jours de carence.
Les salaires supérieurs à 2 613,82 € brut par mois (1,4 Smic) sont plafonnés : l’indemnité ne peut pas dépasser 42,97 € brut par jour.
41,10 € brut
(38,35 € net) par jour
1 109,70 € brut
(1 035,35 € net) pour 27 jours indemnisés

Estimation pour un salarié du secteur privé, mensualisé, en arrêt maladie d’origine non professionnelle. L’indemnité journalière est égale à 50 % du salaire journalier de base, c’est-à-dire la somme des 3 derniers salaires bruts divisée par 91,25, chaque salaire étant retenu dans la limite de 1,4 Smic (2 613,82 € par mois), soit une indemnité maximale de 42,97 € brut par jour pour les arrêts débutant à compter du 1er juillet 2026 (articles L323-4 et R323-4 du Code de la sécurité sociale). Le nombre d’enfants à charge ne modifie plus le montant depuis le 1er juillet 2020.
La limite de 360 indemnités journalières s’apprécie sur toute période de 3 ans, tous arrêts maladie confondus. Les indemnités déjà perçues pendant cette période réduisent le nombre de jours restant indemnisables. Seule l’Assurance Maladie peut confirmer le solde de vos droits.
Le simulateur applique systématiquement un délai de carence de 3 jours. Ce délai peut notamment ne pas s’appliquer en cas de prolongation après une reprise d’activité n’excédant pas 48 heures, d’arrêts successifs liés à une même ALD, d’interruption spontanée de grossesse ou pour motif médical, ou dans certaines situations suivant le décès d’un enfant ou d’une personne à charge. Dans ces cas, le résultat affiché n’est pas adapté à votre situation.
Les arrêts en lien avec une affection de longue durée (ALD) obéissent à des règles particulières de carence et de durée maximale d’indemnisation. Ils ne sont pas couverts par cette simulation. Pour connaître vos droits, consultez votre compte Ameli ou contactez votre caisse d’Assurance Maladie.
Montant net après CSG (6,2 %) et CRDS (0,5 %). Selon votre ancienneté et votre convention collective, votre employeur peut compléter ces indemnités (maintien de salaire).
Malgré tout le soin apporté à ces informations, Payfit ne saurait être tenu responsable des erreurs ou omissions éventuelles. Ces informations ne constituent pas un conseil juridique. Mis à jour le 6 octobre 2026.
Plafonnement
Le montant des indemnités reste soumis à un plafond. Depuis le 1er avril 2025, le salaire brut mensuel pris en compte pour le calcul est limité à 1,4 fois le SMIC, contre 1,8 fois auparavant. Cette révision entraîne automatiquement une baisse du montant maximal des indemnités journalières.En 2026, deux plafonds successifs s'appliquent en raison de la revalorisation du SMIC au 1er juin 2026 :
Pour les arrêts débutant entre le 1er janvier et le 30 juin 2026 (SMIC mensuel brut de 1 823,03 €) : le salaire de référence est plafonné à 2 552,24 € bruts/mois, soit une indemnité journalière maximale de 41,95 €/jour.
Pour les arrêts débutant à compter du 1er juillet 2026 (SMIC mensuel brut de 1 867,02 €) : le salaire de référence est plafonné à 2 613,83 € bruts/mois, soit une indemnité journalière maximale de 42,97 €/jour.
💡 Bon à savoir : la date prise en compte est celle du début de l'arrêt (et non celle du versement). Un arrêt commencé en juin 2026 reste donc plafonné à 41,95 €/jour, même si l'indemnisation se poursuit en juillet.
Comment gérer le versement en tant qu’employeur ?
Avant tout, il est essentiel de vérifier votre convention collective. C’est elle qui fixe le plus souvent les modalités de maintien de salaire, lesquelles peuvent être plus favorables que le minimum légal de 50 % prévu par le Code du travail.
Concernant le versement des indemnités, deux situations peuvent se présenter sur le bulletin de paie : le versement par la CPAM et la subrogation par l’employeur.
Hypothèse 1 : Indemnités versées directement par la CPAM
Dans le cas le plus courant, les indemnités journalières sont versées directement au salarié par la CPAM. L’employeur ne paie alors que le complément de salaire d’arrêt maladie éventuel, qui apparaît sur la fiche de paie et vient compléter la rémunération brute.
Hypothèse 2 : Indemnités versées par l'employeur (subrogation)
Avec le mécanisme de subrogation pour maintien de salaire, l’employeur avance les indemnités journalières au salarié via la paie. Il perçoit ensuite le remboursement correspondant de la CPAM.
La subrogation reste en principe optionnelle, sauf si deux conditions sont réunies :
l’employeur est tenu de maintenir le salaire (totalement ou partiellement) ;
le salaire maintenu est au moins équivalent au montant des IJSS.
Lorsque ces conditions sont remplies, la subrogation s’applique automatiquement, sans nécessité d’accord du salarié. Dans les autres cas, l’accord explicite du salarié est requis.
💡 Bon à savoir : l’utilisation d’un logiciel de paie facilite fortement le traitement social de l’indemnisation de l’arrêt maladie sur le bulletin de paie. Il permet notamment de paramétrer la subrogation, d’éditer les attestations de salaire rapidement et de sécuriser les calculs en intégrant les plafonds applicables en 2026.
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