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À retenir :

  • L’astreinte désigne une période pendant laquelle le salarié doit être joignable et disponible hors de son temps de travail si cela s’avère nécessaire.
  • Seul le temps réellement passé en intervention est considéré comme du temps de travail effectif.
  • Toute période d’astreinte donne droit à une compensation, sous forme de repos ou de rémunération.
  • La mise en place de l’astreinte dépend d’abord de l’accord collectif applicable. En l’absence d’accord, l’employeur peut l’organiser après avis du CSE et information de l’inspection du travail.

L’astreinte est un mode d’organisation du temps de travail qui consiste à demander à un salarié de rester disponible pour intervenir en cas de besoin, sans être présent sur son lieu de travail.

Elle peut concerner différents secteurs d’activité, notamment lorsque l’entreprise doit assurer une continuité de service en dehors des horaires habituels.

Sa mise en place répond toutefois à des règles précises. L’employeur doit notamment prévoir les modalités d’organisation des astreintes et informer les salariés concernés.

Qu’est-ce que l’astreinte ? 

L’astreinte est définie par le code du travail, comme une période pendant laquelle le salarié doit être en mesure d'intervenir pour accomplir un travail au service de l'entreprise, sans être présent sur son lieu de travail, ni à la disposition permanente et immédiate de l'employeur.

L’astreinte est caractérisée lorsque le salarié n’est pas sur son lieu de travail, mais le code du travail n’impose pas au salarié de rester à son domicile le temps de l’astreinte. 

Par exemple, le fait d’imposer au salarié d’être en permanence disponible sur son téléphone est suffisant pour caractériser l’astreinte, on parle plus communément d’astreinte téléphonique. 

💡 Bon à savoir : l’astreinte peut s’appliquer à tous les salariés de l’entreprise, exception faite des cadres dirigeants.

Durant le temps d'attente, le salarié n'est pas soumis aux directives de son employeur, en revanche il est soumis au lien de subordination pendant le temps d'intervention.

⚠️ Attention : depuis une décision de la Cour de Justice de l'Union européenne (CJUE, 9 mars 2021), une astreinte peut être requalifiée en temps de travail effectif si les contraintes imposées au salarié sont si fortes qu'elles l'empêchent réellement de vaquer à ses occupations personnelles (délai d'intervention très court, obligation de rester dans un périmètre restreint, etc.). La Cour de cassation a confirmé cette analyse dans un arrêt du 26 octobre 2022.

Quelle est la différence avec la garde ? 

L’astreinte se déroule en dehors du lieu de travail. Le salarié doit rester joignable afin d’intervenir si nécessaire, mais il n’est pas à la disposition immédiate et permanente de l’employeur.

La garde implique au contraire une présence sur place, par exemple dans l’entreprise ou dans un établissement de santé. Le salarié est alors disponible immédiatement pour travailler. Cette période est en principe traitée comme du temps de travail effectif.

Comment mettre en place l’astreinte ? 

L’astreinte est un dispositif qui peut être mis en place par un accord collectif ou, à défaut, par une décision unilatérale de l’employeur.

Mise en place par accord collectif

L’astreinte peut être instaurée dans la société par une convention ou un accord d'entreprise, à défaut, une convention collective ou un accord de branche

La convention ou l’accord fixe : 

  • le mode d'organisation des astreintes ;

  • les modalités d'information ;

  • les délais de prévenance des salariés concernés par l’astreinte ;

  • la compensation de l’astreinte.

Chaque convention ou l’accord peut, ainsi, prévoir des modalités spécifiques de mise en œuvre de l’astreinte, telles que la durée maximale de l’astreinte, l’astreinte de nuit ou encore, le montant de l’indemnité d’astreinte.

Par exemple, la Convention collective Syntec (qui couvre les bureaux d'études, les sociétés de conseil et le numérique) encadre les astreintes des ingénieurs et techniciens : délai de prévenance minimum, compensation spécifique pour les astreintes de nuit et de week-end, et obligation pour l'employeur de remettre un planning mensuel. Chaque secteur fixe ainsi ses propres règles, qu'il s'agisse de la santé, du BTP ou de l'IT.

Mise en place par l’employeur

En l'absence d'accord ou de convention, l'employeur peut décider de mettre en place l’astreinte dans l’entreprise. Dans ce cas, il fixe le mode d'organisation des astreintes et leur compensation, après avoir sollicité l’avis du Comité Social et Économique (CSE) et informé l'agent de contrôle de l'inspection du travail.

Dans le cas d’une mise en place unilatérale de l’astreinte, la programmation individuelle des périodes d'astreinte doit être portée à la connaissance des salariés dans un délai de 15 jours à l'avance. En cas de circonstances exceptionnelles, les salariés doivent être informés au moins 1 jour franc à l'avance.

👉 À noter :  en l'absence de modalités spécifiques pour les entreprises rattachées à une convention collective, l'employeur est libre de fixer les règles encadrant l'astreinte à condition de respecter les modalités précitées, comme c’est le cas avec l'astreinte sous Syntec.

Modèle de lettre de programmation des heures d'astreinte

Comment sont rémunérées les heures d’astreinte ?

Les heures d'astreinte font l'objet d'une contrepartie, qui peut prendre la forme d’une compensation financière ou d’un repos. 

Les modalités de rémunération de l’astreinte sont déterminées par l’accord ou la convention, ou à défaut par la décision de l’employeur. Un accord collectif peut prévoir, par exemple, une rémunération de l’astreinte sur la base du taux horaire fixé par le contrat de travail.

Lorsque le salarié est amené à intervenir durant la période d’astreinte, la durée de cette intervention est considérée comme un temps de travail effectif

💡 Bon à savoir : en fin de mois, l'employeur est tenu de remettre à chaque salarié intéressé un document récapitulant le nombre d'heures d'astreinte accomplies au cours du mois écoulé ainsi que le détail de la compensation correspondante.

Comment avoir une bonne gestion des astreintes ?

La gestion des astreintes peut vite devenir un casse-tête : périodes qui changent à la dernière minute, intervention ajoutée le week-end, oubli découvert après la clôture de paie... Plus le volume d'astreintes augmente, plus le risque d'erreur grandit, et avec lui le risque de contentieux ou de plaintes salariées.

Centraliser la pose des astreintes

Un logiciel de paie dédié vous permet de planifier les périodes d'astreinte directement depuis l'interface, salarié par salarié ou par équipe. Vous renseignez les plages concernées (nuit, week-end, jour férié), et le système :

  • calcule automatiquement la compensation prévue par votre accord ou convention collective ;

  • intègre les éventuelles interventions comme du temps de travail effectif ;

  • alimente directement le bulletin de paie sans ressaisie ;

  • génère le document récapitulatif mensuel obligatoire (article R. 3121-2 du Code du travail).

👉 À noter : la pose centralisée évite les doubles saisies entre fichier Excel, planning RH et logiciel de paie. Un seul point d'entrée, zéro divergence entre les outils.

Régulariser une astreinte au passé sans tout recommencer

Un salarié vient signaler une intervention oubliée sur le mois précédent ? Une période d'astreinte n'a pas été enregistrée à temps ? Inutile de rouvrir une paie déjà clôturée.

Le module de régularisation permet de corriger la situation directement sur le bulletin du mois suivant, avec :

  • le détail de la régularisation (période, nature, montant) visible pour le salarié ;

  • le bon traitement social et fiscal automatiquement appliqué ;

  • la conservation de l'historique pour un audit éventuel.

💡 Bon à savoir : la régularisation a posteriori est essentielle pour rester conforme. Le salarié peut réclamer le paiement des astreintes oubliées sur les 3 dernières années (article L. 3245-1 du Code du travail).

Document récapitulatif du nombre d'heures d'astreinte

Foire Aux Questions (FAQ)

Le salarié ne peut pas forcément refuser une astreinte si le dispositif est prévu par un accord collectif ou par les règles mises en place dans l’entreprise. En revanche, l’employeur doit respecter les modalités d’information, de prévenance et de compensation prévues par le Code du travail.

Oui. Lorsqu’une astreinte n’a pas été prise en compte à temps, elle doit être corrigée. Avec le module de régularisations PayFit, l’employeur peut traiter un oubli après la clôture de paie et reporter la correction sur la paie suivante.

La durée d’une astreinte dépend des règles prévues par l’accord collectif applicable ou par l’organisation définie dans l’entreprise. Le salarié doit toutefois continuer à bénéficier des temps de repos obligatoires, sauf lorsqu’une intervention vient les interrompre. Dans ce cas, le repos doit être accordé dans les conditions prévues par le Code du travail.

Non, la période d’astreinte n’est pas considérée comme des heures supplémentaires. Seul le temps d’intervention réalisé pendant l’astreinte constitue du temps de travail effectif. Si cette intervention entraîne un dépassement de la durée légale ou conventionnelle de travail, elle peut toutefois donner lieu au versement d’heures supplémentaires.