Aller au contenu principal

Comme son nom l'indique, le CPF est un compte personnel de formation qui permet à toute personne active, dès son entrée sur le marché du travail et jusqu’à la date à laquelle elle fait valoir l’ensemble de ses droits à la retraite, d’acquérir des droits à la formation tout au long de sa vie professionnelle. 

L’objectif du CPF est de contribuer, à l’initiative de la personne elle-même, au maintien de l’employabilité et à la sécurisation de son parcours professionnel. Il s’agit d’un véritable outil d’ évolution de carrière

Qu’en est-il du CPF pour l’employeur ? Quelles sont les obligations de l’employeur sur le compte CPF ? Comment est alimenté le CPF par l’employeur ? On vous explique.

CPF et employeur : quelles obligations ?

L’employeur est tenu d’assurer l’adaptation des salariés à leur poste de travail , notamment en proposant des formations pour le développement des compétences .

Il est également soumis à une obligation de maintien de salaire si la formation est suivie pendant le temps de travail du salarié.

Toutefois le CPF est utilisé à l’initiative des salariés , l’employeur ne peut donc pas lui imposer son utilisation pour financer une formation sans son accord. 

Dans le cas où le salarié souhaite suivre une formation financée dans le cadre du CPF, pour l’employeur, deux situations sont possibles :

  • la formation est suivie en totalité en dehors du temps de travail : elle ne nécessite pas l’autorisation de l’employeur ; 

  • la formation est suivie en tout ou en partie pendant le temps de travail : le salarié doit demander l’accord de son employeur

💡 Bon à savoir : la demande du salarié doit être formulée au minimum 60 jours avant le début de la formation d’une durée inférieure à 6 mois et au minimum 120 jours avant une formation d’une durée de 6 mois ou plus.

À compter de la réception de la demande, l’employeur dispose de 30 jours calendaires pour notifier sa décision. L’absence de réponse vaut acceptation .

⚠️ Attention : depuis le 6 avril 2026, la participation obligatoire du salarié pour mobiliser son Compte Personnel de Formation (CPF) s'élève à 150 euros (décret n° 2026-234 du 30 mars 2026). Cette somme peut être remboursée par l'employeur, qui n'y est toutefois pas obligé.

Comment fonctionne l’abondement du CPF par l’employeur ?

Comment l’employeur alimente le compte CPF ? Le financement du CPF par l’employeur entre dans le cadre du financement de la formation professionnelle et de l'alternance. 

À ce titre, l’employeur paie une contribution annuelle dont le montant dépend de sa masse salariale. 

En dehors de ce financement général, l’employeur peut être amené à alimenter le CPF dans certains cas. On parle d’ abondement du CPF

Abondement volontaire du CPF par l’employeur 

Un employeur peut réaliser un abondement volontaire dans 3 cas de figure

  • un accord collectif peut prévoir, sous conditions, des modalités d’alimentation du CPF ;

  •  de sa propre initiative ; 

  • lorsque le coût de la formation est supérieur au montant des droits du salarié, et sur demande du salarié.

💡 Bon à savoir : les abondements aux CPF par l’employeur ne peuvent être qualifiés ni de revenus d’activité, ni de revenus de remplacement. Ainsi, aucune contribution ou cotisation sociale n’est due sur ces sommes.

Abondement obligatoire du CPF par l’employeur

Il existe également des cas où l'employeur est contraint d'effectuer un abondement du CPF :

1. Dans les entreprises d'au moins 50 salariés

Lorsque deux conditions cumulatives sont réunies sur une période de 6 ans :

  • le salarié n'a pas bénéficié des  entretiens de parcours professionnel  obligatoires ;

  • ET le salarié n'a pas suivi au moins une formation non obligatoire (hors formations prévues à l'article L. 6321-2 du Code du travail).

L'employeur doit alors abonder le CPF du salarié à hauteur de 3 000 €

⚠️ Attention : La Cour de cassation a précisé dans son arrêt du 21 janvier 2026 que ces deux conditions sont cumulatives . Cela signifie que si le salarié a suivi au moins une formation non obligatoire durant les 6 ans, l'employeur est exonéré de l'obligation d'abondement de 3 000 €, même si aucun entretien professionnel n'a été réalisé durant cette période.

2. En application d'un accord de performance collective

Un salarié licencié suite au refus d'une modification de son contrat de travail peut bénéficier d'une dotation de 3 000 € minimum .

L'absence d'entretien professionnel seul ne suffit donc pas à déclencher l'obligation d'abondement.

Abondement de co-construction du CPF

L’employeur peut opter pour un abondement de co-construction sur la plateforme Mon Compte-Formation

La différence du système avec l’abondement classique réside dans son automatisation .  Plus clairement, l’abondement est décidé par l’employeur et non à la demande des salariés

Les employeurs peuvent ainsi choisir de verser un abondement pour une formation qui correspond aux besoins de l’entreprise .

L’abondement de co-construction peut créer auprès du salarié une forte incitation à mobiliser le CPF dans le sens souhaité par l’entreprise. Il s’agit donc d’un outil potentiellement précieux de financement du plan de développement des compétences .

Quelles nouveautés depuis la loi anti-fraude du 25 juin 2026 ?

Depuis le 27 juin 2026, le salarié titulaire d'un CPF doit s'inscrire et se présenter aux épreuves de certification prévues par l'organisme de formation. En cas d'absence non justifiée, il doit rembourser le coût de la formation à la Caisse des dépôts et consignations, y compris lorsque ce coût a été couvert en tout ou partie par un abondement de l'employeur.

💡 Bon à savoir : les droits inscrits sur le CPF ne peuvent plus financer une formation ou un bloc de compétences déjà obtenu par le salarié, sauf pour les formations linguistiques.

⚠️ Attention : en cas de retard de remboursement, une majoration de 10 % s'applique. Ce taux passe à 50 % lorsque le retard résulte d'une manœuvre frauduleuse.

Boîte à outils des entretiens d'évaluation

Quels changements pour la caisse des dépôts et consignations ? 

Depuis 2019, la gestion du CPF est à la charge de la Caisse des dépôts et consignations pour toutes les demandes de formation. Cette modification s’accompagne de la mise en ligne du nouveau site Mon Compte-Formation

Toutes les démarches relatives aux choix d’une formation et à la réalisation d’un dossier de demande de financement sont à faire sur cette nouvelle plateforme. 

Enfin, concernant la gestion des abondements CPF de l’employeur , la Caisse des dépôts et consignations assure également cette fonction. 

Le CPF n’est donc plus sous la responsabilité de l’employeur mais de cette caisse. 

Il s'agit d'un changement important, qui vise à un fonctionnement simplifié pour toutes les personnes titulaires d'un compte personnel de formation . Depuis la loi du 25 juin 2026 relative à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales, son pouvoir de contrôle est renforcé : elle peut désormais exiger un remboursement immédiatement exécutoire lorsque le retard de paiement résulte d'une manœuvre frauduleuse.

💡 Bon à savoir : les employeurs ayant embauché des salariés sous  contrat à durée déterminée  (CDD) au cours d’une année civile sont redevables d’une contribution spécifique : la contribution CPF-CDD .

Le CPF finance-t-il encore le permis de conduire en 2026 ?

À partir du 19 février 2026 , suite à la publication de la décision du Conseil constitutionnel sur le projet de loi de finances 2026 , les salariés ne peuvent plus utiliser leur CPF pour financer le permis de conduire. Seuls les demandeurs d'emploi conservent cette possibilité.

Les apprentis ont également perdu l'aide de 500 € qui leur était spécifiquement dédiée depuis 2019.

Cet avantage peut néanmoins être financé par l'employeur via le plan de développement des compétences si la conduite est nécessaire à l'exercice du poste. Cette option concerne notamment les métiers nécessitant des déplacements fréquents.

Les salariés peuvent par ailleurs être orientés vers les dispositifs de financement suivants :

  • permis à 1 € par jour  : pour les 15-25 ans, prêt à taux zéro de 600 € à 1 200 € ;

  • aide France Travail  : jusqu'à 1 200 € pour les demandeurs d'emploi ;

  • aides régionales  : montants variables selon les régions ;

  • bourse au permis communale  : permis financé en échange de bénévolat.

💡 Bon à savoir : cette suppression s'inscrit dans les mesures d'économies du PLF 2026 , le Conseil constitutionnel ayant validé la restriction aux seuls demandeurs d'emploi le 19 février 2026.

Foire Aux Questions (FAQ)

Oui, mais uniquement lorsque la formation est suivie en tout ou partie pendant le temps de travail : dans ce cas, le salarié doit obtenir l'accord de son employeur. La demande doit être formulée au minimum 60 jours avant le début d'une formation de moins de 6 mois, ou 120 jours avant une formation de 6 mois ou plus. L'employeur dispose ensuite de 30 jours calendaires pour répondre. Passé ce délai, l'absence de réponse vaut acceptation.

Dans les entreprises d'au moins 50 salariés, l'employeur doit abonder le CPF à hauteur de 3 000 € lorsque deux conditions cumulatives sont réunies sur 6 ans : l'absence d'entretien de parcours professionnel et l'absence de formation non obligatoire suivie par le salarié. La Cour de cassation a précisé dans son arrêt du 21 janvier 2026 que ces deux conditions sont cumulatives : si le salarié a suivi au moins une formation non obligatoire durant cette période, l'employeur est exonéré de cette obligation, même sans entretien professionnel réalisé.

Depuis le 27 juin 2026, la loi relative à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales impose au titulaire du CPF de se présenter aux épreuves de certification de sa formation. En cas d'absence non justifiée, il doit rembourser le coût de la formation à la Caisse des dépôts et consignations, y compris lorsque ce coût a été couvert en tout ou partie par un abondement de l'employeur. Un retard de remboursement entraîne une majoration de 10 %, portée à 50 % en cas de manœuvre frauduleuse.

Non. Les abondements versés par l'employeur au CPF ne sont qualifiés ni de revenus d'activité, ni de revenus de remplacement. Aucune contribution ni cotisation sociale n'est donc due sur ces sommes.

Les employeurs ayant embauché des salariés en contrat à durée déterminée au cours d'une année civile sont redevables d'une contribution spécifique, appelée contribution CPF-CDD, distincte de la contribution générale au financement de la formation professionnelle et de l'alternance.